Thursday, February 23, 2012
 
 

Predators : chasse ouverte en chute libre

Posted by nathalie dassa On juin - 30 - 2010 Commentaires fermés

Le mercenaire Royce se retrouve obligé de mener un groupe de combattants d’élite sur une planète étrangère. Ils vont vite comprendre qu’ils ont été rassemblés pour servir de gibier. A une exception près, tous sont des tueurs implacables, des prédateurs humains, à présent traqués et éliminés par une nouvelle génération de Predators extraterrestres…

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Avec un scénario efficace, basé sur un postulat de départ simple et innovant « un chasseur extra-terrestre vient spécialement sur Terre pour faire un safari », le grand John McTiernan (Piège de Cristal, Une journée en enfer, A la poursuite d’octobre rouge) avait su transporter le spectateur en décimant un par un tout un commando d’élite en mission, excepté un homme, dans le cultissime Predator. Ce long-métrage d’action SF révéla le cinéaste à l’international aux côtés de Schwarzie, alors star bankable avec Terminator et Commando.

Le second opus – pourtant écrit par les mêmes scénaristes Jim et John Thomas avec une autre tête d’affiche Danny Glover (L’arme fatale) – fut le début d’une franchise décevante, mise à mal par les deux AVP (Alien vs Predator).

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Au milieu de la prolifération de remakes, reboots et autres prequels hollywoodiens, Predators de l’hongro-américain Nimrod Antal (Blindés) représente la suite du film de 1987. Malheureusement, elle reproduit le schéma de la saga, même avec un Robert Rodriguez aux commandes de la production chez Troublemakers Studios. Les scénaristes Alex Litvak et Michael Finch se contentent de broder des idées ici et là sur une storyline brillante à disposition. Pourtant, PredatorS (en référence à AlienS) promettait beaucoup en revenant aux sources, dans le superbe décor de la jungle hawaïenne, après s’être perdu dans la ville de Los Angeles (Predator 2), en Antarctique (AVP) et dans l’état du Colorado (AVP Requiem).

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Predators - Adrien Brody et Alice Braga

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La scène d’ouverture de Predators jette une bande de têtes brûlées dans le vide, armées jusqu’aux dents, parachute sur le dos – avec en chef de file, Adrian Brody. Cette première demi heure – pêchue et jouissive – dans laquelle personne ne comprend ce qu’il se passe ni où il se trouve, laisse alors présager le meilleur. Hélas, passé l’introduction, le récit narratif est plombé par des dialogues explicatifs sans fin, des clins d’œil à répétition, un semblant de retournement installé trop tard dans le scénario et surtout par une absence de caractérisation dans la composition des personnages.

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Dans le champ du cinéma d’action SF hollywoodien des années 80, le cliché archétypal de l’unité de soldats d’élite – testostéronée à mort avec des gros pecs – que proposait notamment Predator et Aliens, prenait une tournure différente au fil de l’histoire. Predators jette en pâture un mercenaire, une sniper de l’armée israélienne, un yakuza, un soldat des forces spéciales russes, un narcotrafiquant, un serial killer condamné à mort, un médecin et un guerrier africain. Au final, ces dignes prédateurs terriens se révèlent être ce qu’ils sont sans surprise, au milieu d’intrigues secondaires ténues, face à de nouveaux Predators, toujours collectionneurs de trophées humains.

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Pourtant la force et la réussite de Predator de McT résidaient dans la psychologie des personnages, mise en avant par un combat d’intelligence – sur les traces de David et Goliath – entre Schwarzie et le Predator géant aux dreadlocks. 23 ans plus tard, la suite n’exploite rien d’autre que le vaste jeu de chasse à l’homme, développé dans les suites. Avec ce camouflage qui les rend invisibles, les Predators – toujours incarnés par des acteurs en combinaison et créés à l’aide d’effets spéciaux en plateau – paraissent plus grands, plus lourds et plus sophistiqués que la première créature humanoïde, également présente dans le film.

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Après avoir incarné un expert scientifique en demi-teinte dans Splice, Adrien Brody endosse le costume de mercenaire badass sans prétention. La brésilienne Alice Braga (Je suis une légende), qui campe la seule femme du groupe, est dans le jeu émotionnel du regard. On regrette que son personnage, loin derrière les figures féminines imposantes, représentées dans le cinéma d’action SF tels Alien, Terminator, Matrix ou encore Underworld, n’ait pas été plus approfondi et exploité. Quant à la prestation de Laurence Fishburne, dont le surplus de poids physique tranche avec le contexte du film, elle n’apporte hélas rien à la crédibilité de son rôle de seul survivant sur la planète.

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Sortie en salles le 14 juillet

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Coco Chanel & Igor Stravinsky : interview Carlo de Boutiny

Posted by nathalie dassa On juin - 27 - 2010 Commentaires fermés

les coulisses d’une collaboration sereine entre un coadaptateur et son réalisateur

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[Copyright©ND - archive web janv 2010] Scénariste et fondateur de La Gazette des Scénaristes, Carlo de Boutiny cosigne l’adaptation de Coco Chanel & Igor Stravinsky de Jan Kounen, basée sur le scénario du roman éponyme Coco & Igor de l’auteur et scénariste, Chris Greenhalgh. Il nous dévoile sa présence active dans la seconde étape de la fabrication du film. Si si, cela existe des réalisateurs qui collaborent sereinement, font confiance et impliquent leur scénariste !

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Jan Kounen et vous, c’est une longue histoire. Comment vous êtes vous rencontrés ?

Carlo de Boutiny : Aux Arts Déco à Nice. On avait 20 ans. Je travaillais sur des expos d’art contemporain. Des étudiants réalisaient souvent des courts-métrages en pellicule et avaient besoin de coups de main. J’ai donc été amené à travailler sur des tournages amateur, au cours desquels on apprend à devenir polyvalent : scripte, assistant… On s’est liés d’amitié avec Jan et on a écrit ensemble son travail de sortie d’école : l’adaptation en long-métrage d’une nouvelle S.F. de Serge Brussolo, rien que ça ! On a commencé à créer un mini laboratoire où l’on accumulait des projets farfelus et infaisables, car nous n’avions aucune expérience, ni réseau. Puis Jan s’est passionné pour le travail expérimental de Norman Mac Laren, et la possibilité de faire voler des gens en pixilation (image par image). On a adapté cette technique à des sorcières volant sur des balais et cela a donné Gisèle Kérozène, qui a remporté le Grand Prix d’Avoriaz. Ce film a été un déclic : on a très vite rencontré un producteur de clips qui nous a permis de réaliser des clips, des publicités… Et d’embrayer sur de nombreux autres courts-métrages qui étaient parfois des bandes annonces pour nos projets de longs, comme Vibroboy.

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Coco Chanel & Igor Stravinsky de Jan Kounen

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Quelle a été votre part de travail sur l’adaptation de Coco Chanel & Igor Stravinsky ?

CdB : Trois mois avant le tournage, j’ai traduit et adapté les dialogues en français. Ce qui a été compliqué dans le passage de l’anglais au français, c’était de trouver un phrasé dans les dialogues, qui soit plus nuancé et en accord avec l’époque. Ensuite, on a commencé à travailler ensemble avec Jan pour retoucher la structure. Le scénario à l’origine était plus long, il faisait plus de 2h30. Il nous a semblé nécessaire de resserrer la tension entre Coco et Igor qui s’effeuillait un peu, au détriment de l’histoire d’amour passionnée entre les deux personnages. On était à 4/5 semaines du tournage, tout ce qu’on réécrivait était rapidement transmis à l’équipe qui travaillait intensivement à la préparation du film. Il nous fallait tenir compte de tous les paramètres : les suggestions de Mads Mikkelsen et d’Anna Mouglalis, imprégnés de leurs personnages respectifs, mais aussi des impératifs du plan de travail. On écrivait à peu près une version tous les 3/4 jours qu’il fallait aussitôt traduire car Mads ne parle pas français. La version était envoyée à Chris, l’auteur originel, qui nous retournait ses remarques. Un vrai travail d’équipe !

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Coco Chanel & Igor Stravinsky de Jan Kounen

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Comment s’accomplit le travail d’adaptation sur un scénario déjà adapté d’un roman par l’auteur lui-même ? Avez-vous rencontré Chris Greenhalgh?

CdB : Avant que je ne travaille sur le projet, Jan a rencontré Chris Greenhalgh pour réinsuffler des idées du roman dans le scénario. Ce qui est intéressant, c’est que je suis arrivé vraiment à froid, sans être influencé. Je jugeais le script sur pièce et sur ce que je ressentais. J’ai travaillé sur l’adaptation à la base de mes propres recherches sur Coco et Igor, via la documentation que la production me transmettait (livres et extraits d’interviews). Je n’ai rencontré l’auteur original qu’à Cannes, le soir de la projection. Il était plus simple que je collabore avec le réalisateur comme si on démarrait une nouvelle aventure. J’étais plus utile ainsi. Pour l’anecdote, la première fois que Mads a eu la nouvelle version du scénario, mis en place avec Jan, il a passé la nuit à découper scène à scène les deux scénarios. Il est arrivé le lendemain avec les deux découpages pour essayer de comprendre à plat ce qu’on avait fait, et de pouvoir argumenter… Il a fait des suggestions et c’est devenu un brainstorming général. Même s’il prenait des cours de français, de russe et de piano, Mads a trouvé le temps de s’investir dans le scénario – un vrai pro et aimable en plus. C’était cocasse d’inventer, pour lui, les dialogues d’un danois qui joue un russe parlant mal le français. Et de les lui faire répéter alors qu’il ne comprenait pas le sens de ces mots.

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Coco Chanel & Igor Stravinsky de Jan Kounen

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Comment s’est organisé le plan de travail ?

CdB : On travaillait ensemble soit à la production, soit chez Jan, j’ai visité quelques décors. Je m’enfermais uniquement pour reprendre les nombreuses notes accumulées dans la journée. Le premier jour, un vendredi, on a travaillé tard la nuit avec des post-it au mur comme si on faisait un court-métrage. On retouchait, inversait les scènes très vite, puis on remettait tout au propre. On s’est revu le lendemain pour réécrire. Le dimanche, on a fait une relecture générale de la version puis traduit les parties dialoguées, même si ce n’était pas définitif. J’ai glissé la version sous la porte de Mads le lundi vers minuit. Le mardi matin 9h, on travaillait tous ensemble à partir de cette nouvelle base. Pas le temps de souffler ! Comme pour la plupart des plans de travail, les assistants ont annulé des scènes ou les ont renumérotées A, B, C… Mais, la première assistante a fini par craquer et quelqu’un a passé deux jours à refaire tous les renvois entre les anciennes scènes, celles qui n’existaient plus, et celles qui ont été rajoutées…

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Quelles ont été les difficultés et qu’avez-vous modifié ?

CdB : Je ressentais la nécessité de resserrer la tension dramatique dans la maison de Coco. Et d’imprimer un rythme plus crescendo jusqu’à la rupture du couple. Certaines scènes traitaient de la maladie d’Elena ou du malaise des enfants. Etait-ce vraiment important ? Ne pouvait-on pas les remplacer par un simple regard ? On est allé vers l’épure, en privilégiant les sentiments du triangle Chanel/Igor/Elena. Au delà de cela, nous n’avions pas de temps à l’expérimentation, le premier jour de tournage approchait. Ce qui ne nous a pas empêché de passer une semaine à réfléchir à un long mouvement, au cours duquel Stravinsky pète les plombs. Il y avait une fête, les ballets russes qui débarquent dans la villa, Massine ivre mort, une vision onirique dans la forêt. Ce grand mouvement regroupait la lettre d’Elena avant son départ, la présentation du nouveau spectacle du Sacre du Printemps, mêlé à une Chanel qui délaisse Stravinsky durant la fête… Finalement, cette idée s’est terminée par un simple dîner assis. Il n’y a pas eu pour autant de dépit. C’est le film lui-même qui nous a imposé de ne pas garder ce mouvement, d’avoir une vision plus clinique des événements.

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Coco Chanel & Igor Stravinsky de Jan Kounen

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Combien de temps vous a pris le travail d’adaptation sur le scénario ?

CdB : Entre le fait de se documenter, de traduire, de rentrer dans le projet, d’apporter des idées et des modifications au moment de la traduction, de travailler avec les acteurs… à peu près 2 mois de travail. Globalement, tout s’est fait très vite. Entre l’arrivée de Jan sur le projet et la sortie du film à Cannes, une dizaine de mois sont passés. La projection à la clôture du Festival était presque une projection témoin. Jan découvrait pour la première fois le film devant un public. Cela a été en quelque sorte un banc d’essai pour nous tous. Pour l’anecdote, c’était aussi le cas pour notre ami Gaspar Noé.

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La scène d’ouverture sur la représentation historique du Sacre du Printemps est forte et intense. Comment s’est-elle articulée dans le scénario avec tout ce qu’elle comporte (le décor, l’œuvre musicale anticonformiste qui accompagne le ballet de Nijinski, la réaction des spectateurs et la présentation des protagonistes) ?

CdB : Jan en avait une idée précise (au moins, il donnait cette impression). Cette ouverture était un travail de pure mise en scène, dans la réflexion. Jan devait surtout réfléchir au temps de tournage et au moyen dont il disposait. Il l’a d’ailleurs tournée très vite avec une sacrée énergie, chapeau l’artiste ! Il y avait plus de backstage et de dialogues dans le scénario original, mais au final, il n’y a pas eu tellement de réécriture. L’intention était là, il fallait surtout fluidifier entre la salle, le backstage, le mouvement où Igor est avec Elena, et les dérapages des russes. Il y avait des points d’orgue dans ce mouvement général qui ont servis de repères, le reste c’est de la mise en scène et du montage.

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Coco Chanel & Igor Stranvinsky de Jan Kounen

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Comment s’est faite la composition sur la psychologie des personnages ?

CdB : Le travail de composition est un échange de perception et tout est une question d’interprétation, surtout pour un cas comme Chanel. J’avais la vision de Chris, de Jan et d’Anna Mouglalis, qui connaissait elle-même la vision de Karl Lagerfeld. Après, c’est une question d’intuition. Car comment la percevoir ? En Shirley MacLaine téléfilmesque ? En épopée romanesque, celle d’une petite couturière qui termine au firmament de la scène parisienne ? En femme dure, manipulatrice, très en dedans, qui a une telle envie de réussir qu’elle est prête à tout ? Chacun tire sa compréhension du protagoniste, entre ce qu’on perçoit au travers de ses interviews, des albums photos, de son histoire, de ses amants. Quelque fois, c’est un détail qui peut éclairer. Par exemple, j’ai été surpris d’apprendre que Chanel ne collectionnait pas les œuvres d’art de ses illustres amis artistes, alors qu’elle était au centre de la plus fantastique effervescence artistique du siècle. Pour faire court, je pense que c’est une personnalité qui s’est faite rattraper par le personnage qu’elle s’était elle-même inventée. Pour Igor, on peut le percevoir plus rapidement me semble-t-il. Je n’ai jamais vu une seule photo de lui en train de sourire, ni avec sa famille, ni ses amis. Il est de marbre. Sa biographie montre que c’était un personnage totalement investi dans son art, sa seule raison de vivre.

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Coco Chanel & Igor Stravinsky de Jan Kounen

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Qu’est ce qui vous a attiré le plus dans ce projet ?

CdB : C’était un vrai challenge par rapport à ce que fait habituellement Jan sur ses films. Ce qui m’a plu, c’est l’aventure entre potes, la rapidité d’exécution, le doux délire qui consiste à débarquer brusquement sur un projet de cette ampleur et se mettre humblement au service du film, d’être au centre d’un prisme où convergent les envies du réalisateur, les réflexions des producteurs et les peurs ou les joies des acteurs.

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Qu’avez-vous tiré de cette expérience ?

CdB : J’ai vécu ce film comme un retour aux sources. Les conditions de travail m’ont rappelé Vibroboy, les courts-métrages… C’était une belle expérience, qui est l’exemple type de ce que les réalisateurs peuvent et doivent faire pour investir un scénariste et tirer le meilleur dans la fabrication d’un film, du scénario au tournage. Toute l’équipe connaissait les enjeux et pourtant il n’y avait pas de tension palpable. J’ai entendu beaucoup de scénaristes qui, à juste titre, se plaignent du fait qu’ils ne sont pas assez investis dans la fabrication du film. Jan, lui, m’a vraiment impliqué, c’est la preuve d’une vraie intelligence. Et c’est tout naturellement que, par exemple, j’ai fait une lecture complète du scénario avec la productrice Claudie Ossard pour repérer les problèmes de ton dans les dialogues. J’ai vu 80% des rushes à la production. Jan sait utiliser le potentiel des personnes avec qui il travaille et en tirer le meilleur, sans les cloisonner, sans tensions inutiles. Malheureusement, certains réalisateurs utilisent leur scénariste comme un fusible, en se déversant émotionnellement sur lui, en leur projetant leurs peurs. J’apprécie vraiment la manière dont Jan a évolué humainement, en cherchant à éviter le piège du réalisateur un peu surpuissant. Cela ne l’empêche pas d’être très exigeant. C’est ce qui lui permet d’avancer, de s’ouvrir sur le monde. Le meilleur est devant lui.

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Jan Kounen, Carlo de Boutiny et Mads Mikkelsen - Cannes 2009

Carlo de Boutiny a développé plusieurs courts et longs-métrages avec Jan Kounen (Vibroboy, Gisèle Kérozène, Capitaine X, Le Dernier Chaperon Rouge, Blueberry…), Marc Caro, Albert Dupontel (Désiré), Philippe Decouflé et Guillaume Bréaud. Il a écrit des bibles littéraires pour les séries d’animation, Code Lyokô et Combo Ninos et un documentaire consacré à Walt Disney (Il était une fois…Walt Disney) pour Arte.

En parallèle, il a fondé le magazine trimestriel La Gazette des Scénaristes. Actuellement sur les écrans, il a participé à l’adaptation du long-métrage Coco Chanel et Igor Stravinsky de Jan Kounen et travaille avec Giacomo Battiato (Résolution 819) et Marie Garel Weiss (Atomik Circus).


Affaire Polanski – interview Jan Kounen

Posted by nathalie dassa On juin - 27 - 2010 Commentaires fermés

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[Copyright©ND - archive web oct 2009] Entretien avec le cinéaste Jan Kounen, suite au retrait de son film Coco Chanel et Igor Stravinsky, le vendredi 2 octobre, de la programmation du Festival International du Film de Zurich, en soutien à Roman Polanski.

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« Je ne peux pas aller à un festival qui sert de piège à la justice »

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Quelles ont été vos motivations en retirant votre film du Festival ? Le Festival a-t-il eu raison de continuer et de maintenir l’hommage à Polanski ?

Jan Kounen : La raison principale du retrait de mon film « Coco Chanel et Igor Stravinsky » est simple. Je ne peux pas aller à un festival qui sert de piège à la justice, pour capturer un homme. J’ai lu les premières déclarations du festival. Ils étaient consternés, mais ne pouvaient s’exprimer sur une affaire judicaire. Le Festival a dû continuer et je n’y suis pas allé car je suis consterné par cette mollesse.

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Comment expliquez-vous l’embrasement médiatique et le déchaînement démesuré de l’opinion publique ? Cette attitude touche même ceux qui soutiennent le cinéaste…

Jan Kounen : C’est assez triste et terrifiant, en fait. Le soutien massif qu’il a reçu, n’a pas aidé Polanski et a déplacé le débat vers « l’artiste est-il au dessus des lois ? ». Ce soutien a été perçu comme une réaction corporatiste. La réalité est autre. Seuls les gens du cinéma connaissent un peu cette affaire très complexe et la vie de Polanski. Il faut avant tout connaître l’histoire afin d’émettre un point de vue. Dans le grand public, la majorité n’était pas informée : c’était une affaire oubliée ou inconnue des nouvelles générations, présentée dans la presse en deux lignes. Malheureusement, l’hyper vitesse et la simplification des médias, ont complètement tronqué toute cette affaire.

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La pétition internationale et la levée de boucliers ont dérangé certaines personnalités françaises (Besson, Cohn-Bendit…) qui considèrent que « Personne n’est au-dessus des lois et que Polanski doit être jugé ». Qu’en pensez-vous ?

Jan Kounen : Bien sûr, personne n’est au dessus des lois, et je suis sûr qu’aucun des autres signataires pensent qu’un cinéaste est au dessus des lois, mais ce n’est pas la question ici. Vu ce qui s’est passé et ce qui arrive aujourd’hui, la question est plutôt : l’artiste peut-il être en dessous de ces lois, c’est-à-dire finalement souffrir plus car il est connu ?

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La justice américaine ne se déclare-t-elle pas elle-même au dessus des lois puisqu’elle ne prend pas en compte la volonté de la victime qui, à plusieurs reprises, a demandé l’abandon des poursuites ?

Jan Kounen : Effectivement, je connaissais ce point. La victime dit avoir plus souffert dans cette histoire, de la médiatisation qu’il y a eu à l’époque… Hélas, cette information a mis beaucoup de temps à arriver jusqu’au public. Elle aurait du être placée en premier.

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Pourquoi êtes-vous contre l’extradition ? Si Roman Polanski est renvoyé aux US et s’il y a procès, sera-t-il équitable ?

Jan Kounen : Je n’en sais rien, je connais mal les rouages de la justice américaine. Je suis contre l’extradition en premier lieu tout simplement, car je me range à l’avis de la victime. Ensuite, je pense qu’après 30 ans, il faut regarder si l’homme est dangereux : pour moi non. Et de regarder la situation. La victime a une famille ; tous vont souffrir du déchainement médiatique. Le prévenu, un homme de 76 ans, a lui aussi une famille ; tous souffrent dans cette affaire. Et qu’il soit cinéaste ou boulanger, c’est une affaire de justice, un cauchemar kafkaïen. Je ne connais ni la victime ni Polanski. Mais j’espère pour eux que l’extradition n’aura pas lieu. Et j’espère qu’ils laisseront Polanski sortir de prison en Suisse. C’est simplement une question de respect humain.

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  1. La Suisse refuse d’extrader Roman Polanski
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Affaire Polanski – decryptage

Posted by nathalie dassa On juin - 27 - 2010 Commentaires fermés

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[Copyright©ND - archive web oct 2009] Depuis l’arrestation en Suisse de Roman Polanski le 26 septembre 2009 et la levée de boucliers des personnalités du cinéma à travers le monde, c’est l’embrasement médiatique et le déchainement démesuré de l’opinion publique.

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L’affaire Polanski ou les diabolus ex machina d’un mauvais scénario

américano-suisse

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Suite à un mandat d’arrêt américain émis en 2005, les conditions d’arrestation de Roman Polanski le 26 septembre 2009 sur le sol suisse, alors qu’il s’apprêtait à recevoir un prix pour l’ensemble de sa carrière au Festival du film International de Zurich, ont fait bondir le monde cinématographique. Une pétition internationale est lancée le 28 septembre par la SACD, le Festival de Cannes, la Cinémathèque française, l’ARP, la SRF en soutien au cinéaste. Plus de 700 personnalités à travers le monde ont déjà signé. Depuis, c’est l’embrasement médiatique. Une guerre d’opinions discordantes, virulentes, démesurées et passionnées déferle sur les sites d’informations et les réseaux sociaux. Recherché par la justice américaine dans le cadre d’une procédure ouverte en 1977 pour « relations sexuelles illégales » avec une mineure âgée de 13 ans à Los Angeles, l’homme et artiste divise. Voici les dates clés de l’affaire. Aujourd’hui, Roman Polanski est toujours emprisonné en Suisse. Sa demande de remise en liberté provisoire sous caution a été rejetée par l’office fédéral le 6 octobre, de crainte qu’il ne s’enfuie de nouveau. Il risque une peine de 50 ans de prison en cas d’extradition.

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Roman Polanski - Wanted and Desired

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« Personne n’est au-dessus des lois »

Les partisans de l’extradition sont pour une application stricto sensu de la loi, qui doit être la même pour tous. Une grande partie de la presse américaine : New York Times, Washington Post, Los Angeles Times, USA Today ont déjà sonné l’hallali, qu’il passe ou pas par la case procès. Car personne n’est au dessus des lois. Le viol d’un enfant est un crime grave imprescriptible. Est ce qu’impunité rimerait avec célébrité ? lance un bloggeur du NouvelObs« La célébrité de Polanski l’a aidé à échapper à une peine significative pendant plus de trois décennies. Maintenant il est temps de montrer que la justice, pas la célébrité, a plus de poids » expose USA Today. La secrétaire d’État, Hillary Clinton, quant à elle, a rejeté la requête de Bernard Kouchner et de son homologue polonais pour solliciter la clémence des Etats-Unis envers le cinéaste : « Cela regarde la justice américaine ». Toutefois, dans un article nuancé du 28 septembre, le Los Angeles Times juge curieux que « le district attorney du comté de Los Angeles, alors que l’État de Californie est en proie à d’immenses difficultés financières et à une surpopulation carcérale « scandaleuse », cherche à boucler Polanski pour une affaire vieille de 32 ans et alors même que la victime a exprimé le souhait que les poursuites cessent ».

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En France, ce sont principalement les politiques qui abondent dans le sens des américains, tel Daniel Cohn-Bendit rebondissant sur les propos de soutien, à chaud et maladroits, du Ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand : « c’est un problème de justice » dans la mesure « où il y a eu viol sur une jeune fille de 13 ans » (…) « C’est un problème de justice et je trouve qu’un ministre de la Culture, même s’il s’appelle Mitterrand, devrait dire : j’attends de voir les dossiers ». Chez les artistes français, le cinéaste Luc Besson prend le contre-pied de ceux qui soutiennent Polanski :« J’ai beaucoup d’affection pour lui. C’est un homme que je connais un petit peu. Nos filles sont très amies en plus. Mais il y a une justice, c’est la même pour tout le monde. Je n’y connais rien dans cette affaire mais je pense que, quand on ne se présente pas à un procès, on se met en faute ». Quant à l’opinion publique, dans sa majorité, elle condamne celui qui a commis un crime inexcusable, allant jusqu’à le stigmatiser violeur/pédophile, empreint d’un mal obsessionnel dérivé de ses œuvres cinématographiques répulsives et sataniques.

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Roman Polanski - Wanted & Desired de Marina Zenovich

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« Personne n’est au-dessous des lois »

Les partisans du cinéaste, eux, pointés du doigt et accusés de complicité, se sentent contraints de se justifier. Leurs revendications, plus en nuance, se déterminent sur les conditions de l’arrestation, la remise en question de l’équité du procès en 1977, les interrogations sur les véritables motifs de la justice californienne et du procureur zélé Steve Cooleyfriand de dossiers de célébrités et impatient d’être sous les feux de la rampe pour redorer le blason de la Californie en faillite déclarée.

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Sur son blog, Serge Toubiana, Directeur Général de la Cinémathèque française, a dû censurer certains messages à caractères « haineux, insultants, caricaturaux », suite à la pétition lancée et approuvée par la plupart des internautes, car comme il le formule « question de style ». Outre le fait que le Festival, dont la présidente du Jury, l’actrice américaine Debra Winger a affiché son soutien au cinéaste, ait maintenu son hommage, l’association suisse des scénaristes et réalisateurs de films a dénoncé cette arrestation : « c’est une farce judiciaire et un énorme scandale culturel (…) juridique qui nuira à la réputation de la Suisse à travers le monde » et une « claque dans le visage de tous les acteurs culturels dans notre pays ».

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Le quotidien Financial Times, du 28 septembre, établit l’hypothèse d’un lien entre « les graves soucis de l’Union des banques suisses (UBS) aux États-Unis et l’empressement inhabituel de Berne à exécuter la demande d’arrestation formulée par la justice américaine à l’encontre de Roman Polanski ». De son côté, France 24 interroge : « À ceux qui disent que l’Oscar du meilleur réalisateur et Palme d’or à Cannes pour « Le Pianiste » n’est pas au-dessus des lois, Me Kiejman répond : « Il n’est pas en dessous des lois non plus. Si la Suisse se rappelait qu’elle a adhéré à la Convention européenne des droits de l’Homme, dont la lettre et l’esprit sont tout à fait contraires à l’idée du procès inéquitable qui risque de lui être fait aux États-Unis, il devrait, au moins pour des raisons juridiques, être relâché ».

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Imprescriptibilité et extradition

L’accord d’extradition entre la Suisse et les États-Unis a été signé en 1990 et mis en vigueur en 1997. Les américains disposent officiellement de 40 à 60 jours pour faire leur demande. Selon ses deux avocats, Me Temime et Me Kiejman, cette demande serait limitée au seul délit pour lequel Polanski a plaidé coupable lors du procès en 1977 : relations sexuelles illégales avec une mineure.Plusieurs tentatives d’extradition ont été lancées par les Etats-Unis sans jamais être suivies d’effet : au Royaume-Uni en 1978, au Canada en 1986, en Allemagne, en Suède, au Danemark et au Brésil en 1988, en Thaïlande en 2005 et sur le sol israélien en 2007. Le journal suisse Le Temps nous éclaire sur la prescriptibilité. Aux Etats-Unis, le délai de prescription pour des abus sexuels sur des mineurs, même consentants, n’existent pas. En revanche, il y en a une pour celui qui commet un meurtre !? Il ajoute qu’un « référendum helvète récent a aboli toute prescription pour les crimes sexuels commis sur des mineurs. Cela offrait un terrain juridique favorable à une éventuelle extradition de la Suisse vers les Etats-Unis ».

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Roman Polanski - Wanted & Desired

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« Pourquoi un fugitif aussi « voyant » n’a-t-il pas été arrêté avant? »

Selon le journal 20minutes, le mandat d’arrêt américain, émis en 2005, n’a pas interdit à l’Office Fédéral de justice (OFJ) d’autoriser, quelques mois plus tard, à Roman Polanski l’acquisition d’un chalet à Gstaad. On peut noter que ce même mandat international lancé par Interpol, a contraint cette fois la Suisse le 26 septembre 2009  à avoir une attitude pragmatique et non politique pour l’appliquer. Le journal poursuit dans un autre article que le cinéaste s’acquitte de la taxe foncière sans bénéficier d’un quelconque traitement de faveur pour riches étrangers.

Le quotidien anglais, Financial Times, quant à lui, précise que « Depuis des années, Monsieur Polanski est propriétaire d’un chalet à Gstaad, la station de ski VIP adorée par les personnalités d’Hollywood. Cette année, il y a passé plusieurs semaines à travailler sur son dernier métrage. Les « locaux » disent qu’il n’a nullement cherché à se  dissimuler. De plus, la Suisse est un pays où le passe temps national consiste à surveiller ce que font les étrangers. Donc pourquoi un fugitif aussi « voyant » n’a-t-il pas été arrêté plus tôt ? ». Ou comme dirait le cinéaste Terry Gilliam « Polanski traité comme l’ennemi public n°1, comme s’il était John Dillinger ! » (…) « Roman Polanski venait de passer deux mois à Gstaad, et personne n’a rien trouvé à redire ». C’est donc clairement en Monsieur Tout-le-monde et en homme libre qu’il pouvait circuler. On peut alors se demander quelles sont les réelles motivations de la Suisse à décider de procéder à cette arrestation aujourd’hui.

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Roman Polanski - Wanted and Desired

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Les années 60-70 : autres temps, autres moeurs

Rappelons tout de même que la société et la justice des années 60-70 n’étaient pas les mêmes que celles d’aujourd’hui. Elles ne répondent plus aux mêmes critères. Comme le mentionne un journaliste sur son blog du Figaro : « En réalité, au-delà du cas Polanski, c’est le procès des mœurs des années 60 et 70 que certains voudraient aujourd’hui intenter. Or, pour le mener à son terme, il faudra prévoir des box d’accusés très spacieux car, comme le souligne le quotidien britannique The Daily Telegraph (conservateur) : « Le crime de Polanski contre Samantha Gailey était totalement condamnable, mais les années 70 étaient une autre époque, et son comportement n’était pas aberrant au regard des normes qui prévalaient alors dans ce milieu (…) Si tous les rockeurs britanniques ayant séduit une mineure lors d’une tournée en Amérique avaient été arrêtés, notre secteur musical aurait été décimé ».

Preuve de ce changement de perception : le cliché controversé de Brooke Shields, âgée de 10 ans, très maquillée et posant nue dans une baignoire, pris en 1975 par Gary Gross et reshooté en 1983 par Richard Prince, a été retiré au tout début du mois d’octobre, d’une exposition à la Tate Modern de Londres. Aujourd’hui, jugé indécent, ce cliché avait été exposé à la BNF de Paris et au Guggenheim de New York pendant des années. Le Figaro indique qu’en 1983, la justice américaine, elle-même, avait établi que cette photographie n’était ni sexuellement provocante, ni pédophile ou encore pornographique. Force est de constater que ce qui passait à l’époque ne peut plus se passer aujourd’hui. La justice américaine d’aujourd’hui saura-t-elle prendre en considération dans son jugement contre Polanski les mœurs américaines de l’époque ?

Quoi qu’il en soit, la responsabilité de Roman Polanski est engagée et il n’est nullement question de le nier. Mais qu’en est-il de la protection des parents ? Peut-on laisser son enfant de 13 ans seule, toute une soirée et toute une nuit, pour une séance de photos semi-nue, même s’il s’agit d’un magazine aussi réputé que Vogue Homme ?

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Et la victime ?

Le documentaire Wanted & Desired de Marina Zenovich, diffusé en octobre 2009 au Reflet Medicis à Paris, relate et éclaire sans concession ni parti pris le procès de 1977. Il met en exergue la place relative de la victime, Samantha Geimer (née Gailey). L’ensemble des interviewés remet en question l’équité du procès du juge Rittenband, décédé en 1993. La victime confirme que le juge s’intéressait davantage à sa publicité et sa cote de popularité qu’aux deux plaignants.

Aujourd’hui, Samantha Geimer a refait sa vie. A plusieurs reprises, elle a demandé l’abandon des poursuites pour pouvoir mener une vie normale. Même 30 ans plus tard, cette affaire prend une dimension qui dépasse largement la victime et Polanski, « condamnés à perpétuité tous les deux ». Sa vie et celle de ses proches sont constamment éclaboussées par l’acharnement des médias et de la justice américaine. La justice ne se déclare-t-elle pas elle-même au-dessus des lois car elle se trouve en droit de poursuivre une affaire sans besoin du consentement de la victime ? Et quelle valeur donne-t-on à cette justice américaine aujourd’hui si elle ne reconnaît pas les bases de l’accord des trois parties il y a trente ans ?

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Samantha Geimer a pris position publiquement par deux fois : dans un article publié par le Los Angeles Times à l’occasion de la cérémonie des Oscars en 2003 et lors de la sortie de Wanted & Desired. Quelle valeur peut-on donner à cette arrestation aujourd’hui, si la victime, mariée, 3 enfants, a accepté l’accord d’indemnisation et demandé l’abandon des poursuites à plusieurs reprises ? Hollywood, de son côté, a déroulé un véritable tapis rouge au cinéaste lors de la cérémonie du 23 mars 2003 pour Le Pianiste (Oscar du Meilleur Réalisateur, Meilleur Acteur et Meilleure Adaptation) et ce, en toute connaissance de cause. Depuis sa fuite en 1978, le cinéaste a tourné dix longs-métrages, mis en scène des pièces de théâtre et un opéra sans se cacher. Aujourd’hui, ce même Hollywood, qui a produit et distribué certains de ses films, le condamne.

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Alors, si Roman Polanski, âgé de 76 ans, est extradé vers les États-Unis, aura-t-il cette fois réellement un procès équitable sans qu’il n’y ait un quelconque traquenard économico-politico-judiciaire basé sur l’unique acharnement à condamner un fugitif célèbre et friqué ? A suivre…

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100 BO cultes

Posted by nathalie dassa On juin - 26 - 2010 Commentaires fermés

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100 BO cultesOlivier Cachin et Christophe Geudin – deux journalistes spécialisés dans la presse musicale – font paraître en 2008 les 100 BO cultes, à l’occasion du centenaire de la musique de films, dont la préface est signée par le groupe Air.

Apparue en 1908, la première musique de film est signée Camille Saint-Saëns – pianiste virtuose, organiste et critique musical alors au sommet de sa notoriété – pour L’assassinat du Duc de Guise d’André Calmettes et Charles Le Bargy, court-métrage de 15 minutes. Il devint ainsi le premier compositeur de renom à composer une musique spécialement pour le cinéma. Beaucoup de ses partitions furent reprises par la suite dans diverses œuvres cinématographiques telles la Belle et la Bête des studios Disney, Les moissons du ciel de Terence Malick, La Règle du jeu de Jean Renoir ou encore la neuvième porte de Roman Polanski.

Toutefois, avant que la musique ne devienne un complément indispensable au film sonore, sa fonction est réduite à une simple illustration d’images en mouvement, poussant le compositeur Igor Stravinsky à la considérer comme « papier peint », devant supporter l’image et l’histoire sans prendre le pas.

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Avec une sélection de films incontournables – en partant du Chanteur de Jazz (1927) jusqu’à There will be blood (2008) – Cachin et Geudin racontent et expliquent l’importance du rapport entre le son et l’image. Avec le long-métrage d’Alain Crosland considéré comme le premier film parlant, cinéastes, producteurs et musiciens ont compris le rôle du son et de la musique dans un film. Les auteurs retracent l’histoire de la bande originale et de son évolution, en s’appuyant sur les oeuvres de grands compositeurs tels Bernard Herrmann (Psychose, Obsession, Taxi Driver), Lalo Schifrin (Dirty Harry, Bullitt), Ennio Morricone (Mon nom est personne, Il était une fois en Amérique), John Barry (les James Bond), Jerry Goldsmith (La planète des singes), François de Roubaix (Le Samouraï) ou encore James Brown (Black Caesar), Miles Davis (Ascenseur pour l’échafaud) avec l’apport du jazz et de la musique noire en général.

Grâce à eux, la musique sur grand écran devient une « composante essentielle de la dramaturgie cinématographique ». La bande originale ne se contente plus systématiquement d’illustrer les images. Certaines servent de contrepoint au récit, tandis que d’autres font partie intégrante du scénario et définissent une situation, une émotion ou le caractère dans la composition d’un personnage.

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Dès l’apparition du rock, les réalisateurs n’hésitent pas s’octroyer les tubes du moment diffusés en radio, dans leurs films, engendrant ainsi des ventes record des BO (The harder they come, Easy Rider, Le flic de Beverly Hills ou encore Pulp Fiction).

Au fur et à mesure, des collaborations naissent entre réalisateurs et compositeurs, comme notamment le duo John Williams et Steven Spielberg. En 1975 sort au cinéma Les dents de la mer. Les auteurs racontent que le compositeur propose au cinéaste – dubitatif devant le minimalisme de la mélodie – un thème principal au piano sur « un simple motif binaire portant sur un Fa et un Fa dièse, inspiré de l’ouverture du Sacre du Printemps d’Igor Stravinsky ». Ce score à deux notes, célèbre dans le monde entier, allié à l’image, anticipe l’apparition du requin blanc; il augmente et s’accélère dès son approche imminente, et transforme radicalement l’attente du spectateur en véritable angoisse (extrait) + un autre extrait sur l’importance de la musique de John Williams.

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De Tangerine dream (Sorcerer) à Air (The Virgin Suicides), de Quincy Jones (L’or se barre) aux Goblin (Suspiria) de Howard Shore (La Mouche) à Clint Mansell (Requiem for a dream)… les auteurs dégagent l’essentiel des différentes étapes de travail - du scénario aux enregistrements - sur deux colonnes de texte, où se mêlent portraits des compositeurs, anecdotes et explications des séquences musicales, accompagnés de visuel(s) des pochettes de disques.

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Les auteurs

Christophe Geudin est journaliste dans la presse musicale spécialisée (Muziq, Recording Musicien). Il est également auteur du Petit dictionnaire du cinéma rock et du rockumentaire (Les Cahiers du rock).

Olivier Cachin est journaliste et écrivain. Fondateur du magazine L’Affiche et de l’émission télévisée Rapline, il est spécialisé dans les musiques urbaines. Il a écrit une dizaine de livres parmi lesquels L’offensive rap, Eminem le prince blanc du hip hop, 100 albums essentiels du reggae et Rap Stories, ainsi que les biographies de Nino Ferrer et de Boris Bergman.

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Quelques extraits de BO en images

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Requiem for a dream de Darren Aronofsky (2000)

Ce long-métrage marque la seconde collaboration entre Darren Aronofsky et Clint Mansell après Pi. C’est aussi la seconde adaptation sur grand écran pour l’écrivain Hubert Selby Jr, qui fut un véritable accro à l’héroïne après la publication du très controversé Last exit to Brooklyn, réalisé par Uli Edel en 1989. Hormis les jeux radicaux de Hellen Burstyn, Jared Leto et Jennifer Connelly, la différence entre ces deux films provient essentiellement du score de Clint Mansell : tripal, oppressant, addictif. Une poésie de l’enfer qui vous pulvérise l’estomac et accompagne «  l’un des meilleurs films jamais réalisés sur le thème de la dépendance aux psychotropes » ainsi que le formulent les auteurs.

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L’or se barre de Peter Collinson (1969)

Lorsque Quincy Jones compose la musique de la comédie british loufoque de Peter Collinson, il a à son actif plus de 1600 morceaux écrits pour les plus grands – de Franck Sinatra à Charlie Parker - plus d’une quinzaine de bandes originales telles La chaleur de la nuit de Norman Jewison, avec une liste infinie de récompenses. La course poursuite en Austin mini sur The self Preservation Society, interprétée par Michael Caine lui-même, est l’une des scènes les plus mémorables et délirantes dans l’histoire du cinéma. Un remake librement inspiré du film, Braquage à l’italienne, est réalisé en 2003 par F. Gary Gray avec Mark Wahlberg, Charlize Theron, Donald Sutherland, Mos Def, Edward Norton, incluant cette fameuse scène avec des Mini Cooper.

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Orange mécanique de Stanley Kubrick (1972)
Adapté du roman A clockwork orange d’Anthony Burgess paru en 1962, Orange Mécanique a été interdit pendant plus de 20 ans en Angleterre en raison de son ultraviolence. Dans la plupart des longs-métrages de Kubrick, les musiques sont tirées d’œuvres classiques orchestrales : de Richard Strauss dans 2001 l’odyssée de l’espace, à Bach et Mozart (entre autres) dans Barry Lyndon en passant par Béla Bartok dans Shining. A l’affût des dernières innovations, Kubrick le perfectionniste engage Walter Carlos – qui deviendra plus tard Wendy Carlos – pour sa proposition de réécriture de la 9ème symphonie de Beethoven sur un instrument révolutionnaire à l’époque : le synthétiseur de Robert Moog. Les oeuvres du compositeur ont gagné une puissance inédite.

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Il était une fois en Amérique de Sergio Leone (1984)

Ennio Morricone a signé de nombreux scores pour la plupart des cinéastes italiens (Bellocchio, de Sica, Risi, Argento, Bevilacqua, Fulci, Pasolini, Bertolucci), mais également pour Verneuil (Peur sur la ville), Fuller (Dresser pour tuer), Carpenter (The Thing), de Palma (Les incorruptibles), Polanski (Frantic), Tarantino (Inglourious Basterds) et bien d’autres… Dans Il était une fois en Amérique, il compose l’ultime bande originale pour Sergio Leone qui décèdera cinq ans plus tard, et aussi l’une des plus ambitieuses. Ce chef d’œuvre cinématographique, d’une durée totale de 4h, a subi les coupes franches des producteurs afin d’être présenté dans une version de 2h aux Etats-Unis. Mais il va supporter une autre sanction tout aussi grave. Ce score historique ne fut même pas nominé à la course pour l’Oscar de la Meilleure Musique car « la maison de production, the Ladd Company, a négligé l’inscription obligatoire ».

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Ascenseur pour l’échafaud de Louis Malle (1958)

Alors âgé de 31 ans, Miles Davis signe son contrat deux jours avant d’entrer en studio et compose sa première bande originale pour le premier long-métrage du cinéaste, qui signe ici un polar noir. L’extrait est l’une des séquences clé du film « l’errance de Jeanne Moreau sur les Champs-Élysées, à la recherche de son amant introuvable ».

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Psychose d’Alfred Hitchcock (1960)

Ce film marque la 5ème collaboration entre Bernard Herrmann et Alfred Hitchcock. La plus célèbre scène dans l’histoire du cinéma devait initialement se dérouler dans un silence total. Ordre catégorique du maître… avant que le compositeur ne le fasse changer d’avis avec une bande-son truffée de pincements de cordes de violons, répétitifs. Pour rappel, le compositeur écrivit sa première bande originale sur Citizen Kane d’Orson Welles en 1941.

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Dead Man de Jim Jarmusch (1996)

Le cinéma de Jim Jarmusch s’articule autour d’anti-héros décalés, marginaux et désabusés, campés principalement par des acteurs-musiciens tels Tom Waits, John Lurie, Screamin’ Jay Hawkins, qu’il plonge dans un récit narratif où se mêlent humour pince-sans-rire, poésie et rock & folk (Stranger than paradise, Dawn by law, Mystery train, Coffee & Cigarettes). Considéré comme l’un des artistes les plus tristes de l’histoire du rock et du folk, dans la lignée des auteurs, poètes et chanteurs des années 70 empreints d’un profond pessimisme, Neil Young ne pouvait que croiser le chemin de Jim Jarmusch. Dans Dead Man, il « signe le score instrumental du récit symboliste de l’éveil spirituel de William Blake », un comptable, au patronyme homonyme du célèbre poète, interprété par Johnny Depp. Ce dernier récite d’ailleurs certains passages des poèmes dudit auteur. On peut découvrir également Iggy Pop dans le casting. Le son particulier de la guitare électrique dans ce western en noir & blanc transporte le spectateur dans un autre monde.

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Assaut sur le central 13 de John Carpenter (1976)

Second long-métrage dans la filmographie de John Carpenter, inspiré de Rio Bravo de Howard Hawks. Le célèbre thème principal, qui « s’articule autour de cinq notes sur une boîte à rythme », sera repris, copié, samplé de nombreuses fois. Ce film a fait l’objet d’un remake réussi en 2005 par Jean-François Richet - cinéaste du diptyque de Jacques Mesrine - avec Ethan Hawke et Laurence Fishburne.

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Le Samouraï de Jean-Pierre Melville (1967)

Autodidacte, François de Roubaix fait ses gammes dans les clubs de Jazz du côté de Saint-Germain des Prés, fortement soutenu par un père réalisateur et producteur. Sa carrière s’étale sur une dizaine d’années au cours desquelles il a composé principalement pour Robert Enrico (Le vieux fusil), Jean-Pierre Mocky (L’étalon), José Giovanni (La scoumoune). La bande originale du Samouraï qui dure en totalité 16mn34s, accompagne un film au scénario quasiment sans dialogues. Les consignes du cinéaste : « la musique doit fonctionner comme un portrait intérieur de Costello (Alain Delon). Un personnage marqué par un passé et surtout un destin ». Le thème est dévoilé dès les premières minutes du film.

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Rocky de John G. Avildsen (1976)

Premier scénario écrit par le jeune italo-américain Sylvester Stallone, alors acteur débutant. Les auteurs résument en une ligne la pleine signification du thème principal de Gonna fly now du compositeur Bill Conti, connu dans le monde entier et même dans l’espace : cette musique appelle aux vertus de l’endurance physique et de la résistance morale.

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Suspiria de Dario Argento (1977)

Seconde BO composée par les Goblin pour Dario Argento après Profondo Rosso, considéré comme le meilleur giallo. Alors que la carrière du groupe est au point mort, la musique du film rencontre un succès phénoménal engendrant plus d’un million d’albums vendus en dix mois.

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Le cinéma d’horreur

Posted by nathalie dassa On juin - 22 - 2010 Commentaires fermés

Cinema d'horreurDans ce livre, les auteurs – Jonathan Penner et Steven Jay Schneider – proposent un voyage au coeur du cinéma d’horreur dans une belle rétrospective visuelle et textuelle, qui réunit les films incontournables : Nosferatu, Dracula, Les dents de la mer, Vaudou, Les yeux sans visage, L’exorciste, The Wicker Man, L’invasion des profanateurs de sépulturesPsychose, Rosemary’s baby, Alien, Le loup-garou de Londres

Rares sont les livres traduits en France qui ont trait uniquement au cinéma fantastique, horreur, science-fiction. Pourtant, ce genre devenu, dès les débuts du cinéma, le plus populaire dans le monde n’a eu de cesse de se renouveler, soulignant les névroses et angoisses profondes de la société.

Au travers des images uniques issues des archives de David Del Valle, les auteurs retracent - dans les grandes lignes - l’histoire et l’évolution des classiques de l’horreur qui ont marqué au fer rouge les différentes époques depuis un siècle. Des thèmes fondamentaux traités et analysés en plusieurs catégories : tueurs psychopathes et serial killers ; cannibales, monstres et dégénérés ; la revanche de la nature ; science-fiction ; les morts-vivants ; fantômes et maisons hantées ; possessions, démons et mauvais génies ; vaudou, sectes et satanistes ; vampires et loups-garous et enfin les monstres féminins.

Ce livre est à posséder pour les amateurs du genre et à découvrir pour les plus réticents. Car comme le formulent si bien les auteurs « ceux qui prétendent ne pas aimer l’horreur sont dans le déni ».

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Joan Crawford - La meurtrière diaboliqueLes auteurs

Jonathan Penner a écrit pour le cinéma, la télévision, des magazines et des blogs, il a fourni aussi d’importantes prestations comme acteur, scénariste et producteur. Ses films récompensés sont, entre autres, le film culte L’ultime souper, Let the devil wear black inspiré d’Hamlet et le court métrage pour lequel il fut nominé aux Oscars, Down on the Waterfront.

Steven Jay Schneider a obtenu son titre de Master of Arts en philosophie au Birkbeck College (Université de Londres), il prépare aussi un doctorat de cinéma à l’Université de New York. Il est l’auteur ou l’éditeur de nombreux ouvrages sur le cinéma.

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L’éditeur

Paul Duncan a dirigé la publication de plus de 40 titres sur le cinéma et est l’auteur des ouvrages Alfred Hitchcock et Stanley Kubrick dans la collection Film Series.


Moon : retour aux fondamentaux de la SF

Posted by nathalie dassa On juin - 21 - 2010 Commentaires fermés

Sam Bell s’apprête à retourner sur terre retrouver sa femme et sa fille, après une mission de trois ans dans la station lunaire de Selene, où il gère l’extraction de l’hélium 3, seule solution à la crise de l’énergie sur Terre. Mais deux semaines avant la fin de son contrat pour l’entreprise Lunar, il se met à voir et à entendre des choses étranges…

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Moon de Duncan Jones

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Pour ce premier long-métrage, Duncan Jones – fils de David Bowie – foule le sol lunaire, destination fantasmée par de nombreux écrivains, réalisateurs et scénaristes de SF, tout comme Mars et autre Jupiter. Moon revisite les films de science-fiction à l’imagerie visuelle des années 70 en se plongeant dans un décor de surface de planète tout en maquette et d’intérieur stylisé blanc immaculé. Jones rend hommage avec talent à cet âge d’or du cinéma de science-fiction après l’effet 2001 : l’odyssée de l’espace, duquel il s’est nourri. A l’arrivée, le cinéaste nous livre un thriller SF cérébral et poignant, basé sur un scénario simple et progressif plutôt efficace, coécrit avec Nathan Parker.

Avec un budget limité de 5 millions de dollars, ce huis-clos évolue dans un cadre minimaliste, épuré et aseptisé. Jones se concentre sur le facteur humain et principalement sur la notion d’individualité et sa capacité d’introspection. Si l’esthétique de 2001 : l’odyssée de l’espace et de Hal planent au-dessus du film, le cinéaste puise également ses ressources sur le thème écologique du sauvetage de la planète de Silent Running de Douglas Trumbull, dans l’exploitation démesurée de l’homme d’Outland de Peter Hyams ou encore dans la nature de l’amour entre rêve et imaginaire de Solaris de Steven Soderbergh (remake du film du même nom de Tarkovski).

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Moon de Duncan Jones_

Dans ce foisonnement de références cinématographiques, Moon tire intelligemment son épingle du jeu et trouve son identité propre, tant au travers de la réflexion philosophique et sociale du clonage que par l’excellente performance de Sam Rockwell, trop rare au cinéma. L’acteur de Box of moonlight, Choke, confessions d’un homme dangereux ou encore Frost/Nixon porte sur ses épaules, seul à l’écran dans une double prestation brillamment accomplie, le récit pendant toute la durée du métrage. Jones n’hésite pas à confronter Rockwell – dont le scénario a été spécifiquement écrit pour lui – à un face à face en demi-teinte avec lui-même. Un travail de jeu de rôle en profondeur pour extirper son double à la fois si proche et si différent. Au delà de cette expérience inédite, rares sont les films projetant un personnage seul à l’écran. Dans les plus connus, on peut citer Je suis une légende de Francis Lawrence, Seul au monde de Robert Zemeckis ou encore Silent Running et Alien dans la seconde partie de l’histoire.

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Au travers des thèmes classiques de science-fiction évoqués – comme l’intelligence artificielle, le clonage et l’écologie planétaire, Jones offre une lecture sur les enjeux économiques et humains liés à la conquête de l’espace. Tel le patron d’entreprise, Jones pense profit et rentabilité, économie de moyen et de main d’œuvre. Devant la pénurie de matières premières sur la terre, l’objectif n’est donc plus scientifique, mais de puiser dans les richesses d’énergie sur les autres planètes. Le clonage humain de chair et de sang – exit les clones robotisés – devient alors la solution à toutes problématiques économiques et financières. De ce constat, Jones pose un regard plus analytique et philosophique sur la solitude, les souvenirs, les peurs et angoisses. Si les machines tels Hal ou ici Gerty – paré d’un smiley et doté de la voix douce et calme de Kevin Spacey – sont capables d’éprouver une conscience et des sentiments, pourquoi pas les clones. Le cinéaste fait coexister toute cette intelligence artificielle d’une manière subtile et sobre en insufflant une dimension humaine. Tout comme Gerty, on verse notre petite larmiche…

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Moon - Sam Rockwell_

Présenté pour la première fois au Festival de Sundance avant de sortir sur grand écran aux Etats-Unis et au Canada, Moon a atterri en DTV (direct to video) chez nous. Selon le distributeur Swift Productions « le film n’aurait pas forcément rencontré son public dans les salles de cinéma. En revanche, France Télévisions Edition, qui a la charge d’éditer le film en DVD et Blu-ray, a prévu une grosse opération pour sa sortie le 16 juin ». On en vient à penser qu’il y a quelque chose de pourri au royaume de la distribution tant cette décision est incompréhensible…

Distingué aux Baftas 2010 du Meilleur Premier Film britannique, dans plusieurs festivals tels Gerardmer et Sitgès et acclamé par la critique, Moon a pourtant rencontré son public, au-delà de la sphère des geeks, nerds ou autres shootés de la SF par intraveineuse. Ce premier essai cinématographique concluant met à jour les questions sur l’évolution de l’humanité et plonge le spectateur dans une tension dramatique palpable, grâce à l’excellente bande originale de Clint Mansell (Requiem for a dream), à un incroyable travail de montage et à une photographie claire obscure sublime.

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Moon est disponible en DVD depuis le 16 juin avec en bonus un making of de 15 minutes

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Coco Chanel, l’initiatrice

Posted by nathalie dassa On juin - 19 - 2010 Commentaires fermés

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[Copyright©ND - archive presse mai 2009] Jeune orpheline d’origine modeste, Gabrielle Chanel est devenue une créatrice de mode qui a su imposer un style à contre-courant des conventions du début du XXe siècle, avec génie et détermination. Coco avant Chanel est avant tout un portrait de femme, écrit en toute sobriété. Rencontre avec la coscénariste Camille Fontaine.

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Un projet ambitieux

Coco avant Chanel est une commande de la production Haut et Court, lancée en 2006. Les productrices Caroline Benjo et Carole Scotta souhaitaient faire un film sur Gabrielle Chanel, adapté du roman L’irrégulière ou mon itinéraire Chanel d’Edmonde Charles-Roux, avec Anne Fontaine à la réalisation. À l’époque, la cinéaste hésitait encore sur l’idée de faire un biopic, très en vogue aujourd’hui.

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Après avoir lu quelques scénarios de Camille Fontaine, les productrices lui demandèrent de rejoindre l’équipe. Celle-ci leur fit une proposition de 5/6 pages, basée essentiellement sur la première partie de la vie de Coco, la moins connue et la plus émotionnelle : ses années d’apprentissage. Ce résumé débutait au cabaret et se terminait au château à Royallieu. Anne et Camille se rencontrèrent et l’idée générale fut validée. Mais il fallait aller plus loin en montrant Chanel à Paris. Restait aussi un point crucial à régler pour Anne : obtenir l’accord d’Audrey Tautou pour interpréter le rôle-titre. En janvier 2007, Anne et Camille rédigent un traitement élaboré d’une trentaine de pages.

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En juin, la comédienne accepte. Pour mener à bien son premier film d’époque, au budget ambitieux de 20 millions d’euros, Anne Fontaine tient à réunir sur le scénario comme consultants : Christopher Hampton (oscarisé pour la Meilleure Adaptation pour Les liaisons dangereuses) et Jacques Fieschi (collaborateur attitré sur Augustin, roi du Kung-fu, Comment j’ai tué mon père et Nathalie et consultant sur La fille de Monaco). Camille Fontaine co-signe ainsi son plus important scénario : « Le luxe n’est pas un de mes domaines de prédilection, mais l’histoire de Chanel est très romanesque. Rares sont les femmes avec autant de charisme. Je ne le soupçonnais pas avant de me plonger dans ce projet. Coco a compris très tôt que sa différence était un atout. Elle a créé un style neuf à partir de sa propre vie. Je trouve passionnant qu’elle n’ait jamais voulu devenir couturière. Dans le film, elle essaie d’être chanteuse, danseuse, actrice… Être orpheline à son époque n’offrait aucune possibilité d’avenir. On était soit courtisane, soit petite main dans les maisons de couture, ce qu’elle refusait absolument. Et on se mariait avec un serveur de restaurant, au mieux avec un fonctionnaire des chemins de fer. Qui aurait pu croire qu’elle bâtirait un véritable empire de la mode ? ».

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Coco avant Chanel d'Anne Fontaine

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Jamais un mot de trop

Les deux femmes ont développé le traitement jusqu’à aboutir à « un scène à scène » très précis. Camille écrivait soit chez Haut et Court, soit chez Ciné@, le coproducteur du film. Elles travaillaient chacune de leur côté et se retrouvaient une à deux fois par semaine au bureau de Anne ou se contactaient par téléphone : « Anne réagissait, annotait, me guidait, corrigeait, reformulait.

Le « scène à scène » terminé, sur lequel Christopher Hampton est intervenu, j’ai commencé à écrire les dialogues. J’ai proposé à Anne une trentaine de pages qu’on a réécrites. Ce qui est difficile pour moi dans les dialogues, c’est d’être seule. Avec Anne, on jouait la scène et je notais toutes ses remarques et changements à effectuer. Quand on collabore avec elle, il n’y a jamais un mot en trop ! Le travail d’écriture a été plus difficile ensuite ; elle était en prépa, puis en tournage sur La fille de Monaco et de mon côté, j’étais enceinte. On se contactait le plus souvent par téléphone. Jacques Fieschi, lui, est intervenu plus tard vers la fin, je ne l’ai pas rencontré. Il a apporté son regard neuf sur le scénario en resserrant la structure ».

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L’écriture du scénario a duré un an et demi. Haut et Court s’est chargé de préparer une documentation assez riche, notamment en images d’archives de l’Ina et en partitions de chansons de l’époque que Camille souhaitait avoir. Ses lectures ont été nombreuses pour saisir la complexité du personnage, allant des classiques tels que Colette, Cocteau pour s’imprégner de l’atmosphère, en passant par les biographies jusqu’aux romans de gare à l’eau de rose que Chanel affectionnait tout particulièrement. Mais L’Allure de Chanel de Paul Morand fut l’élément déclencheur pour capter sa personnalité et son vocabulaire. Ses répliques et citations ont été, pour la plupart, inventées ou inspirées. La citation de Jules Renard « J’ai le dégoût très sûr » est une réplique qu’elle formulait vraiment. En revanche, « Un jour, ils se battront pour dîner à notre table » est un dialogue inventé : « Je voulais en ajouter d’autres, mais ses expressions les plus connues sont dites quand elle est célèbre. Anne me freinait car au début de sa vie, Coco n’avait pas la maturité pour les dire.

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Il nous a été très difficile de la cerner et de discerner le vrai du faux, cette femme mentait sans arrêt avec l’obsession de ne jamais dire qu’elle était orpheline. Elle était à la fois très dure, maligne, drôle et surtout excessivement menteuse et orgueilleuse ; un personnage atypique à plusieurs facettes. Mais une fois que nous avions compris que le principe de sa vie créait son style, les événements réels nous importaient peu. Nous nous sommes concentrées sur l’idée de la vraisemblance par rapport à la vérité ».

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Coco avant Chanel d'Anne Fontaine

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Des personnages déterminants

Lorsque Camille s’est plongée dans la construction des personnages masculins, le plus facile à percevoir fut Étienne Balsan, incarné par Benoît Poelvoorde, décrit notamment dans L’irrégulière : « C’est un personnage que j’adore car c’est l’âme sensible, l’homme blessé derrière la goujaterie. Il y a une contradiction du personnage entre ce qu’il montre et ce qu’il est. C’est un peu le cliché du bourgeois de l’époque. Dans la réalité, c’était un homme libre qui n’aurait jamais épousé Chanel et qui ne lui aurait même jamais proposé. Ce qui n’est pas le cas dans le film. À ses yeux, elle était une excentrique qui l’importait peu et qu’il cachait par honte. Après en avoir discuté avec Anne, nous avons rencontré Edmonde Charles-Roux. Il s’avère que Balsan était dévasté lorsqu’elle est partie car il comprend trop tard qu’il est amoureux d’elle. Une confidence qui n’est pas évoquée frontalement dans le roman. Et c’est ce qu’on a utilisé dans le scénario. »

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Boy Capel, incarné par Alessandro Nivola, son premier et véritable amour, qui fut le seul à croire en elle, a été plus difficile à créer. Les descriptions de lui étaient trop élogieuses et sans faille : « Ce qui a réussi à débloquer la situation de manière périphérique, c’est Lewis et Irène de Paul Morand ; une histoire un peu inspirée de celle de Chanel et Boy. Lewis est un peu un salaud, davantage obsédé par ses affaires que par les femmes. Le lien était là : Boy est un bâtard, Chanel orpheline. Il s’est fait tout seul, elle également. Ils étaient faits pour se marier. Mais leurs points communs ont fait une différence. Il a un désir de réussir beaucoup plus fort. L’intégrité de Chanel commence là où s’arrête celle de Boy ; il préfère un mariage de raison pour faire partie de la haute. Lorsque j’ai compris cela, Boy est né ».

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Les personnages féminins ont été modelés sur la personnalité de plusieurs femmes pour le besoin du scénario et pour une compréhension plus simple. En réalité, Adrienne est la tante de Chanel qui avait un an de différence avec elle et la même volonté de réussir. Marie Gillain prend l’identité de la sœur de Chanel en s’inspirant du caractère de la tante : « En terme de dramaturgie, elle l’humanise et à statut égal, elle montre également un autre destin de femme. Anne et moi sous-entendons qu’elle n’épousera jamais son baron alors que dans la vie, il l’a épousée… 20 ans plus tard ». Émilienne, campée par Emmanuelle Devos, est en revanche la véritable danseuse et courtisane Émilienne d’Alençon, qui s’inspire également de la comédienne Gabrielle Dorziat. Elle est l’une des premières à porter ses chapeaux et à l’encourager à poursuivre dans cette voie.

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Coco avant Chanel d'Anne Fontaine

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Des ellipse nécessaires

À partir de la mort de Boy Capel jusqu’à la scène finale sur l’escalier de la Maison Chanel rue Cambon, le parti pris des ellipses est volontaire. Camille et Anne se sont longtemps penchées sur l’intérêt de décrire son investissement personnel dans la création : « On ne voulait pas s’attarder sur le travail de couture en lui-même. En réalité, la mort de Boy dans un accident de voiture est arrivée bien plus tard. Leur relation a duré plus de 4 ans alors que dans le scénario, on peut l’estimer à un an et demi. En terme de dramaturgie, déplacer sa mort était nécessaire pour montrer qu’elle devient Chanel. Elle n’est plus modiste, elle crée des vêtements. Chez Warner Bros, les Américains l’ont souligné également. Ils n’arrivaient pas à cerner le temps qui s’était écoulé entre la mort de Capel et le défilé. Anne et moi avons donc ajouté un carton à la fin du film ». Dans le plan précédant la scène finale, élégante et toute en retenue, Chanel triture un tissu en tweed rose évoquant le célèbre tailleur de Jackie Kennedy. Le film se termine alors par le premier défilé de Coco, mais présente les modèles, créés sur plusieurs années.

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« C’est une expérience que j’aie beaucoup aimée. » conclut Camille Fontaine « Collaborer avec Anne Fontaine et Christopher Hampton fut constructif. J’ai trouvé vraiment stimulant de réussir à « fictionner » une histoire vraie et à combiner une cohérence et une progression dramatique à une vie et à son fouillis. Comme disait Truffaut « le cinéma, c’est la vie sans les embouteillages ». ».

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Splice : fusion(s) réussie(s)!

Posted by nathalie dassa On juin - 18 - 2010 Commentaires fermés

Clive et Elsa – deux scientifiques experts en génétique – poussent l’expérience, au-delà des limites autorisées par le laboratoire pharmaceutique, en fusionnant secrètement de l’ADN animal à de l’ADN humain. Le résultat s’appelle Dren.

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Par ses approches ingénieuses et novatrices, le scénariste, réalisateur et storyboarder canadien, Vincenzo Natali – mordu de SF depuis sa prime jeunesse – se révèle un peu plus dans chacun de ses films, dans lesquels on retrouve son acteur fétiche, David Hewlett. Spécialiste de la mise en scène géométrique, il nous avait bluffé avec Cube en 1997, primé dans de nombreux festivals, dont Prix du Meilleur Premier Film au TIFF et Prix de la Critique et Prix du Public à Gerardmer. Ce premier long-métrage plongeait un groupe de personnes dans un labyrinthe, constitué de pièces cubiques, où chacun avait une fonction précise afin de résoudre l’énigme et de trouver la sortie. Cypher projetait son personnage dans l’espionnage industriel futuriste. Quant à Nothing, cette comédie fantastique potache propulsait deux rejetés de la société dans un monde parallèle, au décor minimaliste, d’une immensité lumineuse à la texture élastique.

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Après dix longues années de gestation et de bataille, son projet Splice – initialement titré Hybrid – va enfin prendre corps sur grand écran. Coproduit par Guillermo del Toro (Mimic, Le labyrinthe de Pan) – qui a donné une forte légitimité à la concrétisation du film – Natali met les petits plats dans les grands en combinant Whale, Cronenberg avec un zest de Zulawski. A l’arrivée, Splice – au budget supérieur à ses précédents films réunis – est un psychodrame SF horrifique plutôt efficace, qui propose un regard analytique sur les dérives des manipulations génétiques et la folie de l’homme.

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Natali part du postulat fondé sur le mythe de Frankenstein et du désir insatiable du scientifique d’avoir l’apanage du monde et de la vie. A partir de ce constat, en créant l’hybride à base de génome humain, c’est-à-dire un humain à son image sans l’aide de Dieu, le cinéaste pousse plus loin son expérimentation et franchit la zone interdite. Entre facteur humain – un des thèmes fondateurs – métamorphoses et manipulations génétiques, il n’hésite pas à fouler les terres d’Embryo, de La Mouche et même de Possession en pénétrant les névroses de l’être humain et ses perversions refoulées : un monstre dort en chacun de nous. Alors oui on peut dire que Natali fait dans le recyclage de concept, mais… avec talent et ingéniosité ! En se réappropriant les genres, son film mue, tend vers l’horreur et offre au spectateur une réflexion multiple.

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Le travail d’Howard Berger – maquilleur américain sur des films de Romero, Raimi, Craven, Carpenter, Rodriguez ou encore Lynch – sur les effets spéciaux et celui de Bob Munroe (Mimic, Cube…) pour les effets visuels, projettent à l’écran un résultat bluffant de réalisme. Dren est un mélange d’humain, de digital et de prothèses sur laquelle ils ont travaillé les détails de la peau, des yeux, de la queue, et des jambes qui possèdent une troisième articulation. Dren bébé est à 100% en images de synthèse; lorsqu’elle devient enfant incarnée par Abigail Chu, elle ne l’est plus qu’à 50%, pour terminer à 30% en tant qu’adulte avec Delphine Chanéac. Les yeux de l’actrice élargis au-delà de la norme humaine ont été substitués aux yeux de Dren enfant, grâce à une technique d’infographie. Ce travail colossal a permis à l’actrice française, Delphine Chanéac, de faire passer avec justesse toute une gamme d’émotions au travers de son visage grimé, et ce, dans une absence totale de dialogues.

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L’intérêt du film réside essentiellement dans les personnages, dont Dren (Nerd à l’envers) est le point d’ancrage.  Sarah Polley et Adrian Brody campent leurs rôles – en pleine découverte d’eux-mêmes après avoir mis au monde leur progéniture tant espérée – de manière complémentaire et progressive. L’opposition dans la composition des personnages et leur conflit génèrent l’empathie envers cette créature fascinante, d’une beauté androgyne, à la fois dangereuse et vulnérable, imprévisible et prédatrice, agile et endurante. Dans ce triangle familial particulier, Natali soulève la question morale sur les ravages de la génétique, l’hérédité, la maternité, la maltraitante, la torture, les bouleversements du corps, l’éducation, l’inceste et les traumatismes chez l’enfant : le monstre n’est pas toujours celui qu’on croit

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Avec des images cadrées souvent serrées dans trois décors principaux (le labo, la grange, la forêt), Splice semble s’essouffler à chaque fin d’action et tomber dans le déjà-vu. Certaines scènes d’ailleurs peuvent virer au ridicule, mais par des rebondissements et retournements, installés intelligemment dans le scénario – coécrit avec Antoinette Terry Bryant et Doug Taylor – le cinéaste rattrape le spectateur au vol…. d’oiseau ! Superbe !

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A découvrir en salles le 30 juin!




Naissance d’Un Prophète

Posted by nathalie dassa On juin - 14 - 2010 Commentaires fermés

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[Copyright©ND - archive web oct 2009] Multi-primé avec 9 César – dont Meilleur Scénario, Meilleur Acteur, Meilleur Réalisateur et Meilleur Film – le Grand Prix du Jury au Festival de Cannes 2009 ou encore le Bafta du Meilleur Film Étranger, Un Prophète est avant tout l’histoire d’un coup de foudre unanime, portée par les protagonistes à l’origine du projet. Retour sur un film magistral et révélateur d’un réel travail d’écriture qui conquiert avec sa structure scénaristique inédite. Rencontre avec Abdel Raouf Dafri, Nicolas Peufaillit et Thomas Bidegain.

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L’idée originale est née en 2003. Abdel Raouf Dafri, nourri par les films américains qui abordent le plus souvent la communauté tel Le Parrain de Francis Ford Coppola (son œuvre suprême de référence), s’est interrogé sur la place des arabes en France et a imaginé un personnage qui se servirait de son esprit pour se structurer. Pour cela, il faudrait un parrain. le scénariste a puisé dans sa propre vie : son éducation, ses lectures. Le Parfum de Süskind l’a beaucoup marqué. L’idée de ce personnage vierge de tout, qui grandit comme un organisme sans avoir conscience qu’il est un être humain, l’a fasciné : il a juste un talent. « Malik est comme cela. Il a une capacité à se fondre, à plier et à comprendre instinctivement où est son intérêt. Il est débarrassé de tous les oripeaux de l’orgueil. Petit à petit, il se constitue, observe, écoute et baisse la tête car il sent qu’il pourra la relever un jour. Les corses l’ont choisi, cela aurait pu être les albanais. Une organisation criminelle peut se fonder dans les quartiers, mais pas avec les voyous des banlieues car ce sont des individualistes complètement désorganisés. Ceux susceptibles de la créer sont les musulmans car ils recadrent. Ils ont l’aura du respect lié à la religion. Même le voyou le plus barbare s’y plie. La première religion présente dans les prisons est musulmane, c’est un fait fondé. Si Malik doit monter une organisation et la structurer, ce sera avec eux».

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Un Prophète de Jacques Audiard

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Rencontres décisives

Abdel Raouf Dafri et Nicolas Peufaillit se sont rencontrés en 2002 sur la base d’un autre projet chez Canal+ Écriture : « Quand Abdel m’a parlé du Prophète et du personnage, c’était une vraie réalité française avec un tel souffle épique qu’il était impossible de travailler sur un autre projet » indique Nicolas Peufaillit. « Nicolas est beaucoup plus posé, plus réfléchi, il est meilleur que moi en structure » poursuit Abdel Raouf Dafri, « je voulais quelqu’un comme lui pour ne pas tomber dans le film ethnique. Le personnage principal n’est pas arabe et je suis très porté sur mes origines, mais je ne voulais pas aller vers le Spike Lee ».

Avec une histoire embryonnaire de 5 pages, Canal+ les dirige vers Marco Cherqui, qui a acheté les droits, avancé les fonds sans réalisateur attitré et investi sur deux inconnus sur la promesse d’un personnage puissant qui évolue dans un milieu carcéral : « on ne voulait pas qu’un producteur arabe ou noir s’empare du projet » confie Abdel Raouf Dafri, « il en aurait fait un film ethnique avec un parti pris ethnique. Lorsque Norman Jewison réalise Dans la chaleur de la Nuit, il est toujours plus intéressant qu’un blanc traite d’un personnage noir qu’un Spike Lee ».

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Un Prophète de Jacques Audiard

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Scénario original

Leur rencontre avec Jacques Audiard s’est faite sur la base d’un traitement. Au départ, il n’était que conseiller à l’écriture. Son nom était juste apposé sur la page de garde. Les scénaristes avaient des séances de travail informelles avec lui chaque mois : « Quand il l’a eu en main, il nous a dit « Très bien, il y a 6h de films » raconte Nicolas Peufaillit. « C’était pour le coup trop de rise & fall. On a réécrit pendant plus d’un an la V1 et la V2 et Jacques nous posait des questions. Il a vraiment été un scénariste avec nous : l’histoire toujours l’histoire. Lorsqu’il l’a récupéré, il a mis du temps avant d’accepter ».

Leur scénario se divisait en deux : une partie intérieure prison et une partie extérieure tel Full Metal Jacket de Stanley Kubrick. L’histoire commençait dans un centre pour mineur où Malik (14 ans) commettait un acte terrible : « ce n’était ni un costaud, ni un middle-man dans une organisation, il était dans la survie » explique Nicolas Peufaillit, « il fallait montrer le contraste entre le fait qu’on lui donnait 2 jours dans cette prison et l’empathie que l’on ressentait à cet instant car il avait plus fort que lui en permanence. Il se laissait sous estimer car de cette manière, il pouvait se construire ». Les langues corses et arabes étaient déjà présentes dans leur version : « Ce qui m’excitait au départ, c’est que mon personnage était un jeune caïd qui devenait vraiment un gros caïd » précise Abdel Raouf Dafri.

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Un Prophète de Jacques Audiard

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Déstructuration du scénario

Jacques Audiard a validé le projet en 2006. Thomas Bidegain avait déjà travaillé avec le cinéaste sur De battre mon coeur s’est arrêté à la production Why Not. « Leur scénario dégageait une énergie folle ! C’est en discutant avec Jacques et en proposant « les permissions » de Malik que j’ai pu être sur le projet. Pour que cela reste intéressant et génère de l’ironie, il était nécessaire qu’il rentre en prison au début et qu’il en sorte à la fin. Il devait avoir, au milieu, des perms qui lui permettent de faire dehors en temps compté, ce qu’il faisait en prison en totale liberté. Il fallait qu’il s’endurcisse ».

Après un an et demi d’échanges, Jacques et Thomas ont écrit un traitement d’une trentaine de pages en quatre mois sur la base du scénario original. Thomas a livré une V0 de 150 pages environ qui comportait toutes leurs idées. Ils ont ensuite élagué et réécrit tous les jours pendant 3 ans en s’isolant en dehors de la capitale. Ce fut un travail à quatre mains avec de véritables avancées où les règles se fixaient progressivement : « Malik nous intéresse quand il apprend », le « wysiwyg » (what you see is what you get), le passage du temps, le chapitrage…

Environ 6 versions définitives ont été écrites. Ce qui les a beaucoup aidés, ce fut d’arrêter de travailler en actes, un long processus de déstructuration du scénario. Leur difficulté : la machine à faire passer le temps : « Leur version se passait sur une dizaine d’années » explique Thomas Bidegain, « il aurait fallu trois comédiens pour jouer Malik. Nous avons réduit le temps à 6 ans. En abandonnant la structure en actes, méthode venue des séries où il n’y a pas de rise & fall, de dedans/dehors et d’histoire en 3 actes, cela a donné plus de souffle, de liberté et d’insécurité ; à savoir pas de repère visible, un personnage peut arriver sans qu’on s’y attende. C’est l’effet de réel. Ce scénario fonctionne par épisode, d’où le chapitrage chronologique et thématique du film ».

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Un Prophète de Jacques Audiard

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Work in progress

Le personnage de Malik est désormais présenté comme un sdf sans identité et non plus comme un jeune caïd. Ses facultés d’apprentissage vont devenir le centre d’intérêt ; il apprend à lire, à écrire, le corse, le business et à manipuler tout le monde : « nous avions une règle le « wyziwyg », explique Thomas Bidegain. « Le danger, c’est apprendre pour devenir omniscient ; à savoir un personnage parti de très bas qui tout d’un coup devient savant et prévoit le mouvement des uns et des autres. Malik est dans cette dynamique. Le spectateur doit le voir répéter sa leçon, apprendre le corse… Il comprend vite ce qu’on attend de lui et la place qu’on va lui donner. Il n’est donc plus un inadapté mais un suradapté. Le personnage fantôme « Reyeb » est la première humanité qu’il enlève et cela devient son acte fondateur qui va lui donner une conscience et lui permettre de s’imaginer ailleurs, d’observer et de comprendre. Tout le côté folklore corse et imam faisait partie du « papier peint ». Malik devait naviguer entre plusieurs communautés. C’est la fiction qui nous intéressait, pas de partir sur un fait de société ».

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Un Prophète

Jacques Audiard et Thomas Bidegain ont transmis à Abdel Raouf Dafri et Nicolas Peufaillit le scénario définitif. « Le Prophète » était devenu « Un Prophète » : « notre version tendait vers le polar, le film noir, dur, tendu, nerveux. Leur version a beaucoup plus de hauteur de ton avec la comédie, le fantastique, l’onirisme et la poésie » précise Nicolas Peufaillit. « Ils ont rendu Malik plus humain, plus touchant et plus empathique » renchérit Abdel Raouf Dafri, « ils ont montré tout le background qu’on ne voulait pas forcément montrer. Jacques Audiard a compris ce que le mental arabe voulait dire. Sa version du film est inédite quand on voit la production habituelle du cinéma français. On a vraiment eu la chance d’avoir un grand metteur en scène qui est en plus un grand scénariste. C’est comme Scorsese, Stone ou Coppola, car à la base ce sont des auteurs ! ».

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De g. à dr. : Thomas Bidegain, Nicolas Peufaillit, Jacques Audiard, Tahar Rahim, Hichem Yacoubi et Abdel Raouf Dafri

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Thomas Bidegain

Après avoir été distributeur (Ice Storm de Ang Lee, sélectionné à Cannes en 1997), producteur chez Why not et écrivain (Arrêter de fumer tue, publié en 2007), Thomas Bidegain s’affirme aujourd’hui comme scénariste. Il a coécrit avec Bernard Chambaz et Marion Doussot, le film S qui sera réalisé par Gilles Porte, adapté librement du roman Indochine Camp 117. Il travaille actuellement sur le prochain film de Jacques Audiard, adaptation d’Un goût de rouille et d’os du canadien Craig Davidson, sur une série TV, Berlucci, créée par Abdel Raouf Dafri, produite par Tetra Média pour Canal+, et sur le prochain long-métrage de Nicolas Bary, Soda, coécrit avec Nicolas Peufaillit.

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Nicolas Peufaillit

Coscénariste sur Chrysalis, Les enfants de Timpelbach et consultant sur Un coeur simple et La Horde de Yannick Dahan et Benjamin Rocher, Nicolas Peufaillit travaille actuellement avec l’humoriste Manu Payet, sur une comédie produite par LGM ainsi que sur un film noir, inspiré de la vie d’Antonio Ferrara, produit par la Pan Européenne. Pour la télévision, il a développé avec Haut et Court Les Revenants, une série de 10×52′ pour Canal+, dont il a créé la bible et les personnages. Il travaille actuellement sur Berlucci d’Abdel Raouf Dafri. En parallèle, il est le créateur d’une jeune société de production, pépinière de jeunes auteurs, spécialisée dans le développement et le script doctoring : 3 projets originaux (cinéma et télévision) sont en train de voir le jour.

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Abdel Raouf Dafri

Créateur de la série La commune sur Canal+ et scénariste sur le diptyque Jacques Mesrine, Abdel Raouf Dafri travaille sur le prochain film de Romain Gavras, produit et distribué par Gaumont, avec Tahar Rahim dans le rôle-titre. Créateur de la série TV, Berlucci, il écrit avec Thomas Bidegain et Nicolas Peufaillit. Il travaille également avec ce dernier sur Les Tuniques bleues, produit par Marco Cherqui. Il a terminé l’écriture de L’Aviseur avec Gérard Depardieu, réalisé par Pierre Morel.


Festival du Film Sexy de Paris 2010

Posted by nathalie dassa On juin - 10 - 2010 Commentaires fermés

SIPFF


Le Festival International du Film Sexy de Paris 2010 démarre du 24 au 27 juin au cinéma le Grand Action, au Yono Bar et au Nouveau Latina!

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Le festival – qui a pour vocation de faire découvrir les meilleurs films indépendants du monde entier en explorant les thèmes de la sexualité, l’amour, la romance, la séduction, les rapports humains et de l’érotisme – propose une soirée d’ouverture aux couleurs du Japon, 12 sessions de films so sexy, des performances uniques, des rétrospectives, une sélection sur la célébration de la femme au cinéma (courts-métrages réalisés par des femmes francophones sur le thème du désir), les 5 films X-Femmes réalisés par Zoé Cassavetes, Toni Marshall, Mélanie Laurent, Laetitia Masson, produits par SecondSexe et diffusés sur Canal+.

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Plus d’infos : le sitela page facebook SIPFF

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A cette occasion so sexy, retrouvez sur CinéChronicle : Best of bikinis au cinémaBest Of scènes torrides


Le combat de Martin Scorsese

Posted by nathalie dassa On juin - 8 - 2010 Commentaires fermés

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Martin Scorsese poursuit sa lutte ardue avec la World Cinema Foundation, qui a pour vocation de sauvegarder le patrimoine cinématographique mondial dans les pays en voie d’émergence.

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Conférence de presse de la WCF à Cannes en 2009, de gauche à droite : Efe Cakarel (président de The Auteurs), Kent Jones (écrivain US et directeur executif de la WCF), Martin Scorsese (président de la WCF), Chris Hyams (fondateur de B.Side) et Peter Becker (président de Criterion)

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Chaque année, Martin Scorsese profite du Festival de Cannes pour présenter les avancées conséquentes de la World Cinema Foundation depuis sa création en 2007. Ces dernières années, les films se détériorent et de nouvelles problématiques viennent avec les questions de technologie. Cette association, à but non lucratif, arbore sa troisième année sous de bons auspices. Sept films ont été restaurés et d’autres sont en cours, par le Service des Archives du Cinéma de Bologne en Italie. Elle regroupe aujourd’hui plus d’une quinzaine de réalisateurs internationaux, des ayants droits, des financiers majeurs tels Georgio Armani et Cartier…

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L’arrivée de nouveaux partenaires en 2009 permettent de rendre les films accessibles à travers le monde : The Auteurs, cinémathèque virtuelle et réseau social qui rassemble les cinéphiles du monde entier, et B-Side, fournisseurs d’accès qui facilite la construction du site de la Fondation et contribue à coordonner le réseau de distribution des films.

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De son côté, la cinémathèque virtuelle Criterion a donné son accord pour distribuer ses titres sur DVD. Aux États-Unis, l’accent est mis principalement sur certains genres (le réalisme, la nouvelle vague française) ; à noter aussi qu’il est difficile d’acquérir les droits des films provenant d’Afrique, d’Amérique Latine, d’Asie et d’Europe Centrale. Deux cent festivals, dont le Festival de Cannes, collaborent avec la Fondation et permettent d’établir des contacts essentiels et décisifs.

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L’important pour la Fondation est d’avoir accès à des films qui ont été négligés. Les œuvres complètes telles Greed d’Erich Von Stroheim de 1925, The rogue song, premier film parlant de Laurel & Hardy ou encore Mickey & Nicky de la scénariste et réalisatrice Elaine May ont été soit tronquées, soit perdues ou détruites : « Si on arrive à toucher une personne sur cent, une personne sur mille, on aura réussi » précise Martin Scorsese « La restauration de ces films est importante à condition que le public puisse les voir ! ».

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Depuis le 15 mai 2009 – date de la conférence de presse au Festival de Cannes – les quatre films restaurés et projetés à Cannes Classics sont disponibles gratuitement à l’échelle planétaire : The Red Shoes de Michael Powell et Emeric Pressburger (1948), The mummy de Shadi Abdel Salam (Egypte, 1969), A Brighter summer day d’Edward Yang (Taïwan, 1991) et Redes d’Emilio Gomez Muriel (Mexique, 1936).

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Un résultat révolutionnaire !


Samson & Delilah : belle histoire d’amour au pays des kangourous

Posted by nathalie dassa On juin - 8 - 2010 Commentaires fermés

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[Copyright©ND - archive web nov 2009] En 2008, l’univers violent et carcéral de ‘Hunger’ de l’anglais Steve McQueen remportait la Caméra d’Or au Festival de Cannes. 2009, le jury a privilégié une histoire d’amour en peu de mots, écrite et réalisée par l’Aborigène Australien, Warwick Thornton.

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Samson & Delilah est une ode à l’amour. Partant de sa définition la plus pure, celui que l’on éprouve et découvre pour la première fois, ce tout jeune scénariste-réalisateur-chef opérateur-compositeur signe une histoire d’amour universelle et lui donne consistance, profondeur et force dans un univers inconnu du grand public, loin des clichés touristiques. Au delà des inévitables maladresses d’un premier film, Warwick Thornton réussit à nous plonger dans son monde, à Alice Springs, situé dans le désert central australien, où il est né et a grandi. Un scénario classique en 3 actes, dénué de tout dialogue, plaçant l’histoire du point de vue d’un garçon de 15 ans incapable de parler.

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Même si le film manque par moment de fluidité par rapport aux pivots et tensions dramatiques successifs (les deux accidents), Warwick montre d’une manière poétique et esthétique la vie et la culture dans ces communautés aborigènes pauvres, qui vivent dans des conditions insalubres, où se mêlent violence et injustice des punitions traditionnelles, et de la difficulté d’y survivre. Samson (Rowan McNamara) et Delilah (Marissa Gibson), comédiens amateurs et véritables aborigènes de la communauté, font leurs premières apparitions dans un premier rôle à l’écran et évoquent dans cette justesse, le rejet de la différence et la ghettoïsation, réalité australienne d’aujourd’hui. Via un casting atypique qui montre des visages burinés, typés et marqués par leurs origines, Warwick se démarque des films américains où les beaux faciès bien lisses sont privilégiés. Cette histoire de survivance révèle la beauté de ces enfants solitaires, leur force et leur vérité qui, face à l’adversité, s’unissent, érigent, renforcent et cristallisent leur amour.

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Les premières scènes, trop souvent répétées, montrent de manière trop prononcée la routine de vie de nos principaux protagonistes et de ses habitants dans la communauté. Toutefois, elles mettent en exergue deux situations dans la constitution du personnage de Samson : son incapacité à exprimer son désir d’ailleurs et son tâtonnement à la conquête de Delilah. Comme une ombre en attente de prendre corps, il la suit, l’observe, la fixe et la contemple, la matérialisant comme le changement possible. Sa seule échappatoire est de sniffer l’essence dans une boite de conserve. Delilah, elle, est plus posée, le visage constamment fermé et tendu, ne se soucie pas de Samson. Elle est très proche de Nana, sa grand-mère, interprétée par la magistrale, touchante et drôle Mitjili Napanangka Gibson, sa grand-mère par alliance dans la vie. Par sa volonté, Delilah installe une distance avec Samson car à aucun moment elle n’envisage une quelconque relation, contrairement à sa grand-mère qui pressent en lui, un bon époux. La mort de Nana, élément déclencheur trop attendu, va rompre ce cycle et cette distance. Les us et coutumes, qui nous sont inconnus, nous montrent que Delilah est tenue pour responsable de ce décès et la punition traditionnelle est brutale. En signe de deuil, elle se cisaille les cheveux, symbole d’une fracture de vie où le changement devient alors nécessaire car à présent, plus rien ne la retient.

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Le voyage initiatique commence et propulse les personnages à l’extérieur de la communauté, sans argent ni direction précise. Après l’immobilisme et la protection dans la communauté, il s’agit maintenant pour eux de survivre à l’extérieur, dans cette nouvelle vie qui les rejette. Warwick met en évidence trois situations : affronter l’inconnu pour deux individus en tant que tels, sans protection ni repère, faire front à leur différence dans la société blanche australienne et s’arracher malgré eux à l’enfance pour pénétrer de force dans le monde adulte. Leur tentative de survie est fracturée par des facteurs extérieurs dramatiques qui font sombrer peu à peu les personnages dans l’inévitable : Samson, le nez rivé dans sa bouteille d’essence, perd peu à peu le contact avec le monde et Delilah, brisée et désespérée, succombe à son tour d’une manière plus dure et tragique.

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Cette quête d’un bonheur dans un monde meilleur devient alors un retour personnel à la vie où chacun tente de sauver l’autre. C’est la dernière partie qui prend enfin la direction qu’ils avaient espéré. La caméra à l’épaule, brute et directe, les gros plans, la bande originale rock, la ritournelle reggae et tous les sons musicaux, qui se fondent et accompagnent l’image tout au long du film, renforcent cette réalité difficile. Pour atteindre ce résultat accompli, Warwick Thornton n’a utilisé ni machino, ni électro, ni grues, ni rails de travelling et très peu de lumière additionnelle. Il a cadré le film lui-même pour ne rien avoir entre les acteurs et lui… sauf la merveilleuse caméra 35mm de Panavision. Selon une analyse faite par Atmosphères53, plus d’une vingtaine de films de fictions et documentaires recensés ont trait aux Aborigènes. Cette étude indique que les « plus connus et les plus brillants sur la question Aborigène ne sont pas des films d’Aborigènes, mais des plaidoyers de whitefellas, de réalisateurs blancs ».

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Behind the scene avec Warwick Thornton

Le cinéaste, présent lors d’une avant-première du film au Cinéma du Panthéon, indique que Samson & Delilah est devenu le plus gros succès de l’année pour un film australien, avec plus de 3M$ au Box-office. Il se place juste derrière Australia de Baz Luhrmann et Happy Feet, avec un budget bien inférieur. Selon lui « un film de 2 heures au cinéma a plus de pouvoir de changer les mentalités que plus de 10 ans de reportages dans les journaux télévisés australiens ».

Avant son film, le cinéma aborigène était comme empoisonné, il fallait des fonds et un public, mais personne ne voulait investir. Samson & Delilah a été financé par des fonds publics. Ils ont eu moins d’argent, mais pas d’obligation de rembourser. Une liberté fondamentale car le cinéma est une arme et un combat culturels. Le fait que les films australiens soient vus est une lutte cruciale, car il s’agit de parler de l’Australie dans un marché cinématographique envahi par le cinéma américain. Warwick Thornton précise que « la citoyenneté australienne a été donnée aux Aborigènes à la fin des années 60, début 70 et aujourd’hui la plupart vit à côté de la société blanche ; certains s’en sortent bien et d’autres choisissent de vivre en dehors ».

De son côté, la productrice, Kath Shelper, indique qu’il existe depuis quelques années une prise de conscience croissante concernant la situation des Aborigènes. La sortie du film a, de surcroît, pu bénéficier d’un bon timing politique et social. Début 2008, le nouveau gouvernement travailliste a, pour la première fois, présenté des excuses officielles aux Aborigènes pour les « générations volées » (occidentalisation et évangélisation forcées des populations aborigènes entre 1870 et 1970).

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La place du scénario vue par Warwick Thornton

Sa réflexion sur Samson & Delilah est née de Danse avec les Loups en 1990, film aux 7 oscars dont Meilleur Scénario Adapté, écrit par Michael Blake et réalisé par Kevin Costner. Déçu et choqué par la façon dont l’histoire fut racontée par rapport à cette réalité mal montrée et peu crédible, notamment l’histoire d’amour entre l’indienne et l’homme blanc, le cinéaste s’est alors mis à réfléchir sur sa propre identité d’aborigène. Tout comme les films sur les Aborigènes, l’histoire de Danse avec les Loups ne rend pas compte du peuple indien. L’Australie a fait aux aborigènes ce que l’Amérique a fait aux indiens. Pour lui, le fait d’écrire lui est pénible car il n’est pas allé à l’école. En revanche, il a adoré penser et réfléchir le film pendant un an. Ce scénario se lit comme un roman où il parle de paysages, de soleil, de la distance entre Samson & Delilah :  »le scénario dicte toujours au réalisateur comment le film doit être mis en scène. Il doit s’adapter à son histoire et non l’inverse. Et ce scénario commandait de collaborer avec une petite équipe et des acteurs non professionnels qui travaillent avec le cœur ».

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Samson & Delilah est sorti en salles le 25 novembre 2009

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Enfin du cul-te !

Posted by nathalie dassa On juin - 7 - 2010 Commentaires fermés

Entre déferlement et banalisation des images, entre marketing et ostracisme, entre scènes mal filmées, mal éclairées, mal montées et/ou mal mises en musique, l’art du langage corporel et de la nudité dans les séquences torrides, pourtant si consubstantiel au cinéma, reste une affaire difficile à réaliser.

Dans la longue liste des films aux ébats sulfureux, maintes fois cités dans les top ten (9 semaines ½, Basic Instinct, Proposition Indécente, Ghost, Fatale ou encore L’Empire des Sens, Un dernier tango à Paris), la sélection ci-dessous a plutôt le désir d’en extraire une singularité – comme un penchant, un instant furtif, une mise en scène, une ambigüité, un lieu, un fantasme, une atmosphère ou encore une pratique de la sexualité – dans ce paysage qui censure et se conforme de plus en plus au politiquement correct. Heureusement, des exceptions naissent de ces règles établies et grâce à elles, certains films sont devenus cultes…

CinéChronicle transgresse les interdits en abordant les quelques scènes de sexe marquantes sur grand écran – des plus récentes aux plus anciennes – qui mettent également en exergue l’intérêt réel et précieux de certains cinéastes à s’interroger sur le sens et les limites de l’érotisme au cinéma.

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Enter the Void - Paz de la HuertaEnter the void de Gaspar Noé (2010)

Le concept unique inédit d’Enter the void, au milieu de la production française actuelle, fait de ce long-métrage un véritable ovni psychédélique, une performance artistique, une expérience sensorielle.

Présenté en sélection officielle au Festival de Cannes en 2009, ce film – au budget extravagant et rarissime de 10 millions d’euros dans ce type de registre – a enfin vu le jour après 8 longues années de préparation. Le réalisateur controversé d’Irréversible s’est inspiré du Livre tibétain des morts, qui décrit «  les états de conscience et les perceptions se succédant pendant la période qui s’étend de la mort à la renaissance ».

C’est l’histoire d’un frère, Oscar – petit dealer de drogue – et d’une sœur, Linda – strip-teaseuse dans une boîte de nuit – qui se sont jurés de ne jamais s’abandonner. Mais un soir, Oscar est touché par une balle lors d’une descente de police. Tandis qu’il agonise, son esprit refuse de quitter le monde des vivants.

Tout en caméra subjective, Noé filme son personnage central de dos dans ses déambulations jusqu’à sa mort. Puis il déplace la caméra. La mise en scène se fait alors plus aérienne et tout prend de la hauteur. Vue du ciel – à la manière d’un Yann Arthus Bertrand sous acide – il plonge le spectateur dans l’âme de ce mort, qui erre au-dessus de Tokyo, ville éclairée de lumières de couleurs clignotantes, et dans son agonie hallucinatoire, chaotique et cauchemardesque.

Le chapitre sur le fameux Love Hotel, entièrement créé en studio, met en scène, de chambres en chambres, d’hallucinantes copulations lumineuses non simulées…

Fish TankFish Tank d’Andrea Arnold (2009)

Prix du Jury au Festival de Cannes en 2009 après celui de Red Road en 2006, Bafta 2010 du Meilleur Film, Fish Tank continue dans la lignée des récompenses de la scénariste et réalisatrice britannique, Andrea Arnold, également oscarisée Meilleur Court-Métrage pour Wasp en 2005.

Dans Fish Tank, elle évoque les premiers émois d’une jeune rebelle de 15 ans, Mia, interprétée par Katie Jarvis, envers le nouvel amant de sa mère, campé par Michael Fassbender (Hunger, Inglourious Basterds).

La cinéaste – caméra à l’épaule filmant de manière subjective du point de vue de Mia – joue tout en poésie sur l’ambigüité des relations entre adultes et adolescents.

Après la danse hip hop – à laquelle Mia voue sa vie – sur une reprise de California Dreamin’ des Beach Boys, tout le monde retient son souffle lors de la scène d’amour qui sonne l’interdit…

Brokeback MountainLe secret de Brokeback Mountain de Ang Lee (2006)

Adapté de la nouvelle d’Annie Proulx, récompensée par le Prix Pulitzer, qui est parue pour la première fois dans Le New Yorker en 1997, Brokeback Mountain est une superbe histoire d’amour épique entre deux cow-boys (dont l’un s’est marié des années après leur rencontre), qui vécurent une véritable passion secrète pendant 20 ans.

Dans ce western, Ang Lee marque un tournant décisif en parvenant à neutraliser les clichés et préjugés sur l’homosexualité – avec deux comédiens phares du moment (feu Heath Ledger et Jake Gyllenhaal). Dans le même type d’approche, le cinéaste israélien Haim Tabakman brise les conventions dans Tu n’aimeras point en 2009. Sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes, ce film plonge  ses personnages – dont l’un est marié avec enfants – en plein cœur de l’orthodoxie religieuse juive.

Le secret de Brokeback Mountain a reçu une pluie de récompenses, dont 3 Oscars (Meilleur Réalisateur, Meilleur Scénario Adapté et Meilleure Musique de Film), 4 Golden Globes (Meilleur Film Dramatique, Meilleur Réalisateur, Meilleur Scénario, Meilleur Chanson), 4 Baftas (Meilleur Film, Meilleur Réalisateur, Meilleur Second Rôle Masculin pour Jake Gylenhaal et Meilleure Adaptation), le Lion d’Or à la Mostra de Venise…

ShortbusShortbus de John Cameron Mitchell (2006)

D’abord intitulé The Sex Film Project sur lequel les acteurs ont collaboré à l’écriture avec le réalisateur, ce film prend  finalement le nom de Shortbus, en référence au car scolaire réservé aux enfants dits « handicapés, caractériels ou surdoués ». Il suit le fameux schoolbus jaune avec tous les enfants normaux.

Présenté hors compétition au Festival de Cannes en 2006, cet ovni du cinéma underground indépendant est une ode à l’amour et au sexe, montrés d’une manière déculpabilisée, décomplexée et dédramatisée. Il suit plusieurs personnages new-yorkais dans leurs relations amoureuses et sexuelles.

Nonobstant la scène d’ouverture mémorable de l’auto-fellation non simulée, Shortbus – interdit aux moins de 16 ans en France (avec avertissement) – n’a pas subi le couperet de la censure, aux motivations que «  le climat général de cette comédie met en scène des adultes à la recherche de leur épanouissement sexuel sans jamais être placés dans des situations de contrainte et d’un ton globalement amusé qui permet au spectateur de prendre de la distance par rapport aux images proposées ».

L’actrice canadienne Soon-Yin Lee – qui campe Sofia, une sexologue qui va enfin atteindre l’orgasme (photo ci-contre) – a reçu des menaces de licenciement de son employeur pour avoir accepté de s’adonner à des scènes de sexe explicites, mais ce dernier s’est ravisé grâce au succès du film et au soutien de personnalités tels Francis Ford Coppola.

A History of ViolenceA history of violence de David Cronenberg (2005)

Un des chefs d’œuvre de David Cronenberg ! A history of violence - basé sur le roman graphique de John Wagner et de Vince Locke – est son troisième film présenté en sélection officielle au Festival de Cannes, après Crash en 1996 (Prix Spécial du Jury) et Spider en 2002.

Tourné à Toronto – la ville natale du cinéaste – ce film puise sa force dans les faux-semblants et dans l’histoire d’un personnage, marié avec enfants, menant une existence normal basée sur des valeurs importantes de vie, qui ne peut échapper à son destin, se révélant un autre homme au passé violent. Le trio Ed Harris (un gangster avec un œil mort), Maria Bello (ex reine de promo) et Viggo Mortensen composent leurs rôles de manière saisissante, violente et sans concession.

Cronenberg filme le couple Mortensen/Bello dans deux scènes terriblement excitantes, accomplissant notamment un court mais superbe 69 dans l’histoire du cinéma – pour lequel l’actrice revêt une tenue de pom pom girl (photo ci-contre) – et un acte sexuel, brutal et sensuel, dans les escaliers.

Le cinéaste a l’art et la manière de savoir filmer les scènes torrides. Neuf années avant A history of violence, Crash, adapté du roman éponyme de James Graham Ballard, mettait en scène Holly Hunter, James Spader, Deborah Hunger, Rosanna Arquette et Elias Koteas dans un enchaînement de scènes érotiques, fondées sur les traumatismes émotionnels et les blessures intérieures provoqués par des accidents de voitures. Le tout, rythmé par une musique lancinante.

Ken Park 2002Ken Park de Larry Clark (2003)

Avec une dizaine de films à son actif, le réalisateur américain Larry Clark s’intéresse principalement à l’adolescence avec ses utopies, ses conflits intrafamiliaux et ses questionnements sur les relations amoureuses et sexuelles. Son cinéma est percutant, tant sur les messages qu’il véhicule que sur les scènes chocs.

Tout comme Kids, censuré aux Etats-Unis, Ken Park suscite la controverse en posant un regard peu flatteur sur la famille américaine. Ce long-métrage aux scènes de sexe non simulées - avait initialement reçu une interdiction aux moins de 16 ans en France. Il fut réévalué – tout en faisant déjà une bonne carrière sur grand écran – pour obtenir le sceau 18, qui l’a privé de diffusion en télévision.

Larry Clark fait sauter tous les verrous dans une dernière scène (photo ci-contre), au cours de laquelle les trois adolescents s’abandonnent au plaisir de la chair et de l’interdit, afin de se libérer du monde adulte et du carcan du politiquement correct.

La secrétaireLa Secrétaire de Steven Shainberg (2003)

Elle est la soeur de Jake Gyllenhaal (Jarhead, Brokeback Mountain) avec lequel elle a joué dans l’excellent thriller psychologique SF, Donnie Darko de Richard Kelly en 2002, où elle y interprétait le rôle de sa sœur.

Maggy Gyllenhaal est révélée par son interprétation – sexy, mutine, soumise, maladroite et adepte de l’automutilation – dans La Secrétaire qui aborde un sujet délicat : la relation sado-masochiste d’une secrétaire avec son patron.

Le réalisateur de Fur donne au récit, basé sur une nouvelle écrite par Mary Gaitskill dans le recueil Bad Behavior, un ton décalé et jubilatoire rendant la pratique pleine d’amour et de sensualité. Le film récolte de nombreux prix dans les festivals, dont le Prix spécial du Jury au Festival de Sundance et Maggy est citée aux Golden Globes de la Meilleure actrice. Quant à James Spader, après Sexe, mensonge et vidéo, Bad Influence et Crash, il reprend le genre de rôle qu’il manipule avec brio.

Si vous souhaitez savoir comment taper à la machine, faire le café, remettre le courrier et/ou classer les dossiers… Dans La Secrétaire, vous apprendrez à quatre pattes à assurer votre position !

In the cutIn the Cut de Jane Campion (2003)

La cinéaste néo-zélandaise Jane Campion dresse le plus souvent des portraits de femmes atypiques. Elle a remporté de nombreuses récompenses, dont la Palme d’Or pour La leçon de piano en 1993, révélant l’actrice Holly Hunter, oscarisée Meilleure Actrice.

D’après le roman A vif de Susanne Moore, In the Cut, thriller érotique à tonalité policière – fortement inspiré de Klute d’Alan J. Pakula – propulse Meg Ryan dans un registre plus sombre et plus intense que ses comédies mélos habituelles, aux côtés de Jennifer Jason Leigh et du sexy Mark Ruffalo.

Témoin dans un bar d’une scène intime entre un homme – dont le visage est caché dans l’ombre – et une femme à genoux à l’allure de prostituée, Frannie – une professeure de lettres new-yorkaise – les observe fascinée et remarque un tatouage sur le poignet de l’homme. Le lendemain, elle apprend que le meurtre de cette femme a été commis tout près de chez elle et rencontre le détective Malloy, chargé de l’enquête et tatoué au poignet.

Par l’intensité de cette scène d’ouverture, Campion aborde l’idée du voyeurisme, plaçant son personnage sous l’œil de la caméra afin de voir sans être vu. Elle installe le spectateur dans une atmosphère moite et trouble de laquelle émane un désir qui ne diminue pas jusqu’au dénouement. Quant à Meg Ryan, elle révèle une sensualité et une sexualité charnelles à l’écran, qui la mettent totalement à nue (au sens propre comme au sens figuré), notamment dans une scène pour un plaisir solitaire.

Mulholland DriveMulholland Drive de David Lynch (2001)

Prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 2001 (ex æquo avec The Barber de Joel Coen), César 2002 du Meilleur Film Étranger ainsi qu’une nomination à l’Oscar du Meilleur Réalisateur pour David Lynch, Mulholland Drive révèle Naomi Watts et Laura Elena Harring.

A sa sortie, le film a fasciné, rebuté, dérangé, réveillé et surtout suscité de nombreuses questions et interprétations.

Lynch signe une œuvre à multiples faces, placé dans les coulisses du cinéma à Hollywood, où tout n’est qu’illusion et dont la clé des songes en est à la fois la réponse, la solution et l’assouvissement des désirs intérieurs.

Entre jeux de miroir, superpositions et permutations, le cinéaste joue avec la relation amoureuse de ses deux personnages féminins, où se mêlent rêve et réalité : de Betty, la blonde assurée/perdue (Naomi Watts) à Rita, la brune amnésique/accomplie (Laura Elena Harring) et vice versa.

Sous l’oeil de la caméra du maître de l’étrange, la scène d’amour lesbienne est l’une des plus excitantes dans l’histoire du cinéma. Elle succède à celle de Bound - première réalisation des frères Wachowski (Matrix) – avec Jennifer Tilly et Gina Gershon, fondée sur la relation d’une complicité criminelle.

Inimité de Patrice ChereauIntimité de Patrice Chéreau (2001)

Patrice Chéreau et sa coscénariste Anne-Louise Trividic (Persécution, Gabrielle, Son frère) signent un film à fleur de peau, en toute intimité.

C’est l’histoire de deux amants – Jay (Mark Rylance) et Claire (Kerry Fox) – qui se retrouvent dans le sous-sol d’une petite maison londonienne chaque mercredi pour y faire l’amour. Ils ne savent rien de leur vie respective jusqu’au jour où Jay veut en savoir plus sur sa maîtresse.

Le cinéaste de La Reine Margot centre la première partie du film – du point de vue unique du personnage masculin – sur le pacte entre ces deux êtres, qui ne se connaissent pas, qui ne se parlent pas, qui ne se promettent rien et qui se donnent l’un à l’autre sans contrainte. Tout est alors pulsionnel et sensitif. La chair est aux commandes. D’une main de maître, il filme ces scènes intimistes successives de manière frontale, urgente et moite comme un aveu de dernier instant. Mais cette osmose se brise dans la seconde partie lorsque Jay décide d’en savoir plus et de la suivre. La réalité et la parole s’immiscent alors et viennent envenimer la situation dans laquelle chacun se découvre une vie, un(e) conjoint(e), des enfants…

Ce film a été récompensé par l’Ours d’Or du Meilleur Film et l’Ours d’Argent de la Meilleure Actrice pour Kerry Fox au Festival de Berlin en 2001. On peut aussi y découvrir Marianne Faithfull, chanteuse et ex-compagne de Mick Jagger. Le film s’octroie également une bande originale excellente (David Bowie, The Clash, Iggy Pop et The Stooges, Nick Cave, The Chemical Brothers…).

Tourné à Londres et en anglais, Intimité est librement inspiré de l’un des ouvrages de l’écrivain anglo-pakistanais, Hanif Kureichi, dont le plus connu My beautiful laundrette a été également porté à l’écran par Stephen Frears et cité à l’Oscar du Meilleur Scénario, écrit par Kureichi. L’écrivain place son personnage principal, un garçon homosexuel d’origine anglo-pakistanaise, en plein cœur de Londres dans les années 1980.

Boys don't cryBoys don’t cry de Kimberly Peirce (2000)

Premier grand rôle dans la carrière d’Hilary Swank, qui obtient le Golden Globes et l’Oscar de la Meilleure Actrice pour son incroyable interprétation.

Elle incarne Teena Brandon, une jeune adolescente du Nebraska – dont l’actrice est également originaire – qui a du mal à supporter sa condition de femme. Elle devient alors Brandon, un garçon aux cheveux courts, et fait la rencontre de Lana (Chloé Sévigny), la petite amie de John (Peter Sarsgaard) dont elle tombe amoureuse.

Basé sur des faits réels de la vie de Teena Brendon qui ont eu lieu en 1993, Boys don’t cry a permis d’ouvrir les yeux des américains sur la transsexualité et les personnes qui en souffre. Kimberly Peirce – connue comme étant une réalisatrice lesbienne – s’est intéressée à ce sujet durant ses études. Après avoir lu un papier dans The Village Voice, elle rédige d’abord un article, puis se lance dans des recherches et assiste au procès des deux suspects. Un court-métrage en ressort en 1995, puis Boys don’t cry quatre ans plus tard. La scène érotique intense entre ces deux femmes devient troublante lorsque Lana entraperçoit la poitrine de Brandon…

On retrouvera trois ans plus tard, Chloé Sévigny dans le film culte qui fit scandale aux États-Unis et au Festival de Cannes en compétition officielle, The Brown Bunny de Vincent Gallo (Buffalo 66) dans lequel elle accomplit avec dextérité une fellation – soi-disant non simulée – sur l’acteur-réalisateur. Rumeur apparemment démentie par la réalisatrice Claire Denis qui affirme avoir reconnu la prothèse pour simuler l’acte dans Trouble every day et dans lequel Gallo joue également.

Risky BusinessRisky Business de Paul Brickman (1984)

Risky Business – « satire sociale dans sa description des rites de passage auxquels les adolescents américains sont soumis » – marque le début de carrière de Tom Cruise en acteur de premier plan.

Ce rôle, de jeune lycéen qui profite d’un départ en congés de ses parents pour amener chez lui une sulfureuse call-girl qui va faire basculer sa vie, lui vaut une citation aux Golden Globes du Meilleur Acteur. Mais c’est avec Top Gun qu’il trouve, deux ans plus tard, la reconnaissance internationale.

La séquence Faire l’amour dans un vrai train, avec le couple Tom Cruise/Rebecca de Mornay (La main sur le berceau), sur la musique envoûtante de Tangerine Dream, reste pour tous les trentenaires nostalgiques une des scènes les plus intenses des teen movies.

Les predateurs - Susan Sarandon et Catherine DeneuveLes prédateurs de Tony Scott (1983)

Adapté de l’un des romans d’horreur de Withley Strieber (Wolfen, Le jour d’après), Tony Scott – frère cadet de Ridley Scott – signe un film bien ancré dans son époque, aux allures clipesques, où se mêlent atmosphère gothique, vampirisme et amour saphique, dont les effets spéciaux (prothèses de vieillissement) ont été conçus par le grand Dick Smith (Little big man, L’exorciste, Scanners).

Miriam (Catherine Deneuve) – une femme-vampire née en Egypte il y a 4000 ans – possède le don de l’immortalité et de la jeunesse. Depuis 300 ans, elle vit à New York avec John (David Bowie), qui est soudainement frappé d’un processus accéléré de vieillissement. Pour le sauver, Miriam rencontre Sarah (Susan Sarandon) – docteur spécialiste des mécanismes du vieillissement – sur laquelle elle jette son dévolu…

La scène d’amour lesbienne entre Susan Sarandon et Catherine Deneuve, ponctuée d’inserts de sang, ainsi que leur nudité à l’écran, restent l’une des plus ensorcelantes, érotiques, luxurieuses, charnelles et sensuelles. La séquence de séduction sur le duo des Fleurs extrait de Lakmé de Léo Delibes est quant à elle, tout simplement hypnotique (extrait).

Sorti au moment de la vague sida qui frappa en premier la communauté homosexuelle, Les prédateurs fut très mal accueilli et mal perçu aux Etats-Unis. Avec le temps, c’est devenu un film culte du cinéma fantastique.

Le facteur sonne toujours deux foisLe facteur sonne toujours deux fois de Bob Rafelson (1981)

Bob Rafelson signe le remake du même titre de Tay Garnett de 1946 avec Lana Turner, John Garfield et Cecil Kellaway, basé sur un des classiques du roman noir américain de James M. Caine (Mildred Pierce, Assurance sur la mort, également adaptés à l’écran).

Le réalisateur de Cinq pièces faciles – avec déjà dans le rôle-titre Jack Nicholson  – réunit deux monstres sacrés en pleine apogée de leur carrière. Le film des années 1980 donne une version moins aboutie mais plus extravertie que l’originale, régie à l’époque par le code Hays (comité de censure cinématographique  de 1930 à la fin des années 1960), qui use essentiellement de la suggestion et de l’ellipse.

Résultat : cette fameuse scène de sexe soutenue, âpre et brutale  - magnifiée par l’admirable Jessica Lange - avec le gros plan sur l’arrachage de petite culotte sur la table de la cuisine trouve sa place au panthéon cul-inaire.

Quant à la question sur la signification du titre Le facteur sonne toujours deux fois, elle reste sans réponse et donne matière à interprétation. L’auteur du livre avoue l’avoir nommé spontanément sans corrélation avec l’histoire, avant la signature du contrat avec l’éditeur.

Bad Timing - Theresa RusselBad Timing de Nicolas Roeg (1980)

Le réalisateur (Ne vous retournez pas) et directeur de la photographie britannique (Fahrenheit 451) signe un thriller psychologique (ou drame sentimental) efficace sur les ravages de la passion, qui fit scandale lors de sa sortie au Royaume-Uni, en mettant en scène plusieurs ébats sulfureux entre Theresa Russell et Art Garfunkel. Le film de Roeg a souffert de son titre dès le départ. Ironie du sort, pourrait-on dire !

Bad Timing est l’histoire d’une rencontre amoureuse passionnelle au mauvais moment (comme son titre l’indique) et qui n’aurait jamais dû se produire, entre une jeune américaine Milena – provocatrice, excentrique et fantasque – et un psychanalyste Alex – introverti, possessif, calculateur et jaloux maladif. Cette relation, basée sur le jeu de la provocation et de la domination, va se terminer par la tentative de suicide de cette femme. Alors qu’elle est emmenée à l’hôpital, Alex reconstitue leur histoire avec l’inspecteur Netusil (Harvey Keitel), chargé de l’enquête.

Dans une atmosphère érotico-destructrice, Roeg structure son film dans un flash-back en puzzle, captive le spectateur par cette relation passionnelle, intime et complexe, puis abat les cartes dans une scène ultime, franchissant outrageusement les barrières du politiquement correct. La force du film réside également dans le jeu froid et rigide d’Art Garfunkel, qui ne représente en rien l’archétype même du passionné.

Bad Timing est le premier de la liste de films (Une nuit de réflexion, Cold Heaven…) tournés avec l’actrice avec laquelle il fut marié.

Zabriskie PointZabriskie Point de Michelangelo Antonioni (1970)

Ce road-movie italo-américain, produit par la MGM, surfe sur la vague du mouvement de la période Woodstock pendant les contestations étudiantes et la guerre du Vietnam.

Sur une bande originale psychédélique contenant des morceaux de Pink Floyd, Antonioni expose sa vision sur la révolution mentale, esthétique et sexuelle de l’Amérique.

C’est l’histoire de la révolte d’une étudiante idéaliste contre la société américaine et son tout confort et d’un militant radical qui s’enfuit après avoir été témoin d’une fusillade au cours de laquelle un étudiant noir est abattu par un policier. Ces deux personnages se rencontrent tout près de la vallée de la Mort, appelée Zabriskie Point

Ce film culte – bien ancré dans son époque – atteint son paroxysme dans deux séquences célèbres, totalement fantasmées : la scène d’amour dans le désert, qui se multiplie à l’envi jusqu’à devenir une gigantesque orgie dans les dunes et la séquence finale des explosions, filmée au ralenti, à consonance terroriste avec le désir inassouvi de faire sauter toute cette société consumériste.

More de Barbet SchroederMore de Barbet Schroeder (1969)

Dans ce premier long-métrage, le cinéaste Barbet Schroeder (Barfly, JF partagerait appartement) – cofondateur des Films du Losange avec Eric Rohmer – signe un film culte emblématique pour toute une génération, avec la collaboration pour la bande originale, du groupe britannique le plus influent et psychédélique des années 1960/1970, Pink Floyd.

Placé dans le décor paradisiaque et rocailleux, inondé de soleil, de l’île d’Ibiza – qui deviendra le lieu de rencontre du mouvement hippie – le film raconte l’histoire tragique éternelle d’un couple impossible – Stefan, un jeune allemand (Klaus Grünberg) et Estelle, une jeune américaine (Mimsy Farmer) – pris au piège dans l’enfer de la drogue.

More symbolise toute la culture hippie avec ses libertés, ses envies de nouvelles perceptions sensorielles et sa volonté de vivre d’amour et d’eau fraîche, dénuées de tout aspect matériel et de tout tabou. Schroeder s’attache plus particulièrement à dresser le portrait d’une femme fatale en tshirt, caressée par le soleil, sous les traits enfantins de Mimsy Farmer, alors star de quelques films de Roger Corman. On la retrouvera plus tard aux côtés de réalisateurs tels Visconti, Lautner, Argento ou encore Ferreri.

Sélectionné à la Semaine de la Critique à Cannes en 1969, More a fait scandale lors de sa sortie, tout en rencontrant un succès immédiat ; Schroeder en effet, n’a pas hésité à mettre en scène de manière frontale la nudité masculine et à explorer de nouvelles sensations à trois.



Le bikini au cinéma

Posted by nathalie dassa On juin - 6 - 2010 Commentaires fermés

Femmes en costume de bain

Exit le costume de bain 6 pièces minimum début 1900 ! Exit celui en laine tricotée des années 30, de 360g sec à plus de 3kg trempé ! Exit la jupe de bain ! Place à l’invention de moins de 100g de l’ingénieur Louis Réard : le bikini « la première bombe an-atomique ! » voit le jour en 1946.

Et pourtant, trop avant-garde, ce vêtement révolutionnaire – dont le nom a été choisi en référence à l’Atoll de Bikini des îles Marshall aux Etats-Unis, réputé pour ses nombreux essais nucléaires –  est rejeté en bloc par l’establishment moral et religieux, choqué par le peu de tissu que portait Micheline Bernardini, une célèbre danseuse nue du Casino de Paris, lors du premier défilé à la piscine Molitor à Paris.

D’abord interdit dans plusieurs pays d’Europe, dont l’Italie, la Belgique, l’Espagne et la France, il dresse son étendard et devient populaire vingt ans plus tard, dès son apparition sur grand écran au début des années 1960. Des stars de cinéma telles Brigitte Bardot, Ursula Andress, Marilyn Monroe, Sue Lyon, Raquel Welch, Jane Fonda ou encore les pin-up comme Bettie Page deviennent alors des figures de proue, défiant le politiquement correct des règles de la société. Le bikini est synonyme de séduction, de sex-appeal et le symbole de la libération du corps de la femme.

En ce début d’été 2010, CinéChronicle dresse un panorama cinématographique des fameuses scènes itsi bitsi teenie weenie, tout petit petit bikini au cinéma…

BB ManinaC’est d’la bombe BB !

Avec Et dieu créa la femme de son premier mari Roger Vadim (1956), l’icône Brigitte Bardot est consacrée « sex-symbol » du cinéma international à 22 ans. Elle devient l’emblème de l’émancipation des femmes et de la liberté sexuelle.

Diabolisée par la majorité des communautés religieuses, BB  s’impose dès le début en se revendiquant une femme libre, provocatrice, sensuelle, ingénue et sans compromis jusqu’à faire de l’ombre aux icônes du moment telle Gina Lollobrigida…

Si son bikini en vichy devient populaire en France, il faut toutefois rappeler que BB apparait déjà dès 1952 en deux-pièces moderne dans le second rôle de sa carrière au cinéma, Manina, la fille sans voiles aka The girl in the bikini aux États-Unis (photo ci-contre) de Willy Rozier. L’histoire d’un étudiant qui s’associe avec un aventurier, pour récupérer un trésor enfoui dans l’épave d’un navire au large des côtes corses et qui rencontre Manina, la fille du gardien du phare, un véritable petit trésor (presque) nu sur les rochers…

Ursula Andress - Dr No

James Bond 007 contre Dr No de Terence Young (1962)

La scène culte du premier volet de la série 007 fait date : Honey Ryder (Ursula Andress) – ramasseuse de coquillage – sort de l’eau, vêtue d’un deux-pièces blanc et d’un poignard accroché à la ceinture (extrait).

La carrière de l’actrice – qui récolte un Golden Globes – fait un « bond » de géant dès ce troisième long-métrage. Ursula Andress est considérée comme la « quintessence de la James Bond Girl ». Quant au bikini, il est désormais mondialement de toutes les convoitises.

Son célèbre deux-pièces – qu’elle a elle-même cousu, selon sa déclaration faite au Toronto Star en mars 2009 – a été vendu aux enchères chez Christie’s à Londres pour 41 250 livres sterling, acquis par Robert Earl, co-fondateur des restaurants Planet Hollywood.

Sur les 22 opus de la saga, James Bond 007 contre Dr No fait partie des plus gros succès au box-office France avec Bons baisers de Russie, Opération Tonnerre (réalisés également par Terence Young) et Goldfinger de Guy Hamilton.

Marilyn Monroe - Something's got to giveSomething’s got to give de George Cukor (1962)

Deux ans après la comédie musicale Le Milliardaire aux côtés d’Yves Montand, George Cukor retrouve Marilyn Monroe dans ce film inachevé avec Dean Martin et Cyd Charisse, qui marque les tout derniers moments de l’actrice.

Le tournage fut éprouvant, suite à ses absences répétées : sur 30 jours, elle n’a été présente que treize jours. Marilyn est décédée dans la nuit du 4 au 5 août 1962.

Sur les 500 minutes de rushes de Something’s got to give, qui ont été retrouvées dans les archives de la Fox, 37 minutes de films ont été montées. On peut ainsi la découvrir resplendissante, vêtue d’un affriolant bikini blanc, et dans la magnifique scène où elle se baigne nue dans la piscine.

Lolita - Sue LyonLolita de Stanley Kubrick (1962)

Sue Lyon est âgée de 15 ans lorsqu’elle interprète le rôle-titre dans Lolita en exhibant son corps de jeune fille en fleur dans un bikini imprimé. Ce film fait scandale.

Deux ans plus tard, elle endosse un rôle tout aussi controversé dans La nuit de l’iguane de John Huston, adapté de la pièce de Tennessee Williams, aux côtés de Richard Burton, Ava Gardner et Deborah Kerr, où elle apparaît également dans un deux-pièces à pois. Sue Lyon est alors promise à une belle carrière… qui finalement ne décollera jamais.

En 1998, elle déclare à l’agence Reuters que Lolita a « causé sa destruction en tant que personne » et arrête le cinéma en 1980. Aujourd’hui, elle vit à Los Angeles avec son 5ème mari.

Raquel Welch - Un million d'années avant J.CUn million d’années avant JC de Don Chaffey (1966)

Ce film, au scénario dénué de tout dialogue et de toute velléité paléontologique et dont les effets spéciaux ont été conçus par Ray Harryhausen, est le second plus grand rôle du début de carrière de Raquel Welch après Le Voyage Fantastique.

Elle donne au bikini sa version peau de bête préhistorique de luxe. « Si les femmes de la préhistoire ressemblaient à Raquel Welch, alors nous avons beaucoup régressé ! » déclare Harryhausen dans une interview publiée dans le livre Stop-motion.

On retrouve l’actrice en 1968, à nouveau vêtue d’un deux-pièces au côté de Frank Sinatra dans le second opus des aventures du détective Tony Rome, La femme en ciment, signé Gordon Douglas.

La Piscine - RomyLa piscine de Jacques Deray (1969)

La Piscine est une plongée en eau trouble qui réunit le couple mythique Delon/Schneider ainsi que Maurice Ronet et Jane Birkin au bord de la piscine dans une villa à St Tropez. Ce film est un tournant décisif dans la carrière cinématographique du cinéaste puisqu’il y débute sa collaboration avec Alain Delon (Borsalino, Trois hommes à abattre…).

Dans ce récit, Deray réussit à combiner le beau, l’ennui et l’intérêt en créant une tension dramatique palpable, à tonalité policière, dans la seconde partie du film. Romy Schneider s’affiche dans plusieurs maillots de bain, dont le fameux bikini noir taille basse qu’elle affectionne particulièrement et qu’elle porte également dans l’incestueux My Lover, My Son de John Newland (1970) et dans César & Rosalie de Claude Sautet (1972).

California Hotel - Jane FondaCalifornia Hotel de Herbert Ross (1978)

Jane Fonda – féministe, militante pacifiste et engagée politiquement dans la défense entre autres du leader des Blacks Panthers – est une des chefs de file de l’émancipation de la femme.

Dans Barbarella : queen of the galaxy de son ex-mari Roger Vadim en 1968, elle donne une version détournée, très scopitone et out of space du bikini.

Mais c’est dans la comédie California Hotel (California Suite) de Herbert Ross avec Maggie Smith, Michael Caine, Walter Matthau, Richard Pryor et dans le drame familial La Maison du Lac de Marc Rydell en 1982 aux côtés de son père et de Katharine Hepburn (extrait), qu’elle affirme en plus – au passage de la quarantaine – un corps magnifique, ferme et athlétique.

Phoebe Cates - Fast Times at Ridgemond HighFast times at Ridgemont High de Amy Heckerling (1982)

Sorti directement en DVD, ce teen-movie réunit une pléiade d’acteurs : Sean Penn, Jennifer Jason Leigh, Forrest Whitaker et Phoebe Cates, qui sera révélée en France grâce à Gremlins en 1984.

Mais c’est dans Fast Times at Ridgemont High qu’elle devient célèbre aux Etats-Unis. On la voit enlever le haut de son bikini rouge dans une séquence fantasmée au ralenti, dans l’imagination de Judge Reinhold. Aujourd’hui, mariée à Kevin Kline, l’actrice a mis un terme à sa carrière pour élever ses trois enfants.

Carrie Fischer - StarWarsStar Wars, le retour du Jedi de George Lucas (1983)

Fille de Debbie Reynolds – qui apparaît également dans un bikini vert dans Adorablement vôtre (How sweet it is) de Jerry Paris en 1968 – Carrie Fischer démarre une carrière fulgurante dès son second long-métrage, avec l’épisode IV de Star Wars : Un nouvel espoir en 1977.

Le bikini en métal doré de la princesse impériale Leïa dans L’épisode VI : Le Retour du Jedi a fait le tour du monde, transformant cette héroïne en objet de tous les fantasmes.

Natalie Portman a suivi la tradition en reine Padmé Amidala dans la nouvelle trilogie Star Wars.

Isabelle Adjani - L'été meurtrierL’Eté meurtrier de Jean Becker (1983)

Adapté du roman éponyme de Sébastien Japrisot, L’Eté meurtrier remporte 4 César, dont celui de la Meilleure Actrice pour Isabelle Adjani (seconde récompense après Possession d’Andrzej Zulawski en 1981).

Dans ce drame psychologique, elle incarne Eliane (aka Elle) une écorchée vive d’une vingtaine d’années, névrosée, terriblement belle, provocante, sensuelle et prête à tout jusqu’à se détruire et détruire sa relation avec Florimond dit « Pin Pon » (Alain Souchon), pour retrouver les violeurs de sa mère qui sont à l’origine de sa naissance.

Entre les tenues d’été eighties très apprêtées en passant par les deux-pièces rouge ou blanc, Isabelle Adjani haut perchée sur des talons, plonge littéralement dans son personnage avec l’aide de la costumière Thérèse Ripaud.

Kelly Lynch - CocktailCocktail de Roger Donaldson (1988)

Cocktail est un des premiers rôles dans la carrière de Kelly Lynch (Drugstore Cowboy, Road House) qui fait une entrée remarquée en « grande peau rouge blonde ».

Le réalisateur de Sens unique, La Mutante et de La Recrue n’hésite pas à exhiber la plastique de cet ancien mannequin de l’agence Élite dans des bikinis importables pour le commun des mortels : du style Pocahontas au fameux modèle noir (photo ci-contre) où on la découvre de dos descendant l’échelle face à Tom Cruise, vêtue d’un maillot de bain qui tient seulement par… par quoi d’ailleurs!?

Salma Hayek - Une nuit en enferUne nuit en enfer de Quentin Tarantino & Robert Rodriguez (1996)

Découverte par Robert Rodriguez, Salma Hayek fait ses premiers pas au cinéma en décrochant le rôle principal dans Desperado en 1995 (second long-métrage et suite d’El Mariachi du cinéaste) aux côtés d’Antonio Banderas et de Steve Buscemi.

L’année suivante, on la retrouve lascive et endiablée en Santanico Pandemonium, reine des vampires dans Une nuit en enfer. L’actrice mexicaine nous offre une scène de danse torride – sur la musique After Dark - avec pour accessoires un itsi bitsi teenie bikini, des plumes et un énorme serpent blanc lové autour du cou (extrait).

Bridget Fonda - Jackie Brown

Jackie Brown de Quentin Tarantino (1997)

Dans la lignée familiale, la belle Bridget Fonda – mariée au compositeur Danny Elfman, qui signe la majorité des musiques de films de Tim Burton et de nombreux autres succès américains - est la fille du beau Peter Fonda (aka Wyatt « Captain America » dans le mythique Easy Rider réalisé par Dennis Hopper, décédé le 29 mai 2010), nièce de la belle Jane (voir plus haut) et donc petite fille du beau Henry.

Dans Jackie Brown, Bridget Fonda incarne une junky sexy, vêtue d’un shorty en jean, qui fait défiler les hauts de maillots de bain, du noir aux couleurs pop acidulées. Le fétichiste des pieds la filme aux côtés de Robert de Niro et Samuel L. Jackson, en gros plans visage et orteils bagués et vernis (extrait).

Une vraie blondeUne vraie blonde de Tom Dicillo (1997)

Elizabeth Berkley campe la doublure blonde platine de Madonna en bikini rouge à poids blancs dans les clips de la chanteuse. Ce personnage est le point central de cette comédie new-yorkaise, où Mary (Catherine Keener), Joe (Matthew Modine) et Bob (Maxwell Caulfield) tentent d’atteindre leur idéal dans le monde superficiel du cinéma, de la mode et de la télévision. Y a-t-il une place pour les rêves et les idéaux ?

L’année précédente, Elizabeth Berkley endossait le costume d’une strip-teaseuse dans Showgirls de Paul Verhoeven. On se souvient de la fameuse scène de danse privée torride avec Kyle MacLachlan.

Richards et Campbell - Wild ThingsWild Things de John McNaughton (1998)

Le réalisateur de Mad Dog and Glory et d’Henry, portrait d’un serial killer signe ici un thriller à tiroirs qui révèle l’ex épouse de Charlie Sheen, Denise Richards, un an après Starship Troopers de Paul Verhoeven.

Avec ce côté mi-ange/mi-démon qui la caractérise, celle qui décide de poser nue au Bahamas dans Playboy en 2004, pour un million de dollars, échange dans Wild Things des baisers sulfureux et parties de jambes en l’air avec Neve Campbell, Matt Dillon et Kevin Bacon sur fond de meurtres, manipulations et de rebondissements scénaristiques.


Virginie Ledoyen - La PlageLa Plage de Danny Boyle (2000)

A l’arrivée, cette adaptation du roman d’Alex Garland, publié en 1996 et vendu à plus de 5 millions d’exemplaires, est un ensemble d’images de cartes postales, conçu par le directeur de la photographie, Darius Khondji (Delicatessen, La Cité des enfants perdus ou encore Seven).

Dans un décor paradisiaque sur une île située en Thaïlande, Virginie Ledoyen incarne une jeune française qui succombe au charme de Leonardo DiCaprio, un jeune américain amateur de sensations fortes.

Dans La Plage, Danny Boyle dresse un portrait symbolique sur la nature humaine et sur l’esprit communautaire dans sa quête du paradis perdu.

Elizabeth Hurley - EndiabléEndiablé de Harold Ramis (2001)

Scénariste d’American College et réalisateur d’Un jour sans fin et de Mafia Blues 1 et 2, Harold Ramis signe ici le remake de Fantasmes de Stanley Donen de 1967 avec Raquel Welch, Dudley Moore et Peter Cook.

Dans cette comédie romantique et sans prétention avec Brendan Fraser, Elizabeth Hurley campe une diablesse sulfureuse, de rouge vêtue de la tête aux pieds.

On peut également la découvrir dans un deux-pièces aux côtés de Sean Penn dans le thriller puzzle Le poids de l’eau de Katherine Bigelow (2002), dont le récit se déroule essentiellement à bord d’un voilier. Une photographe (Catherine McCormack) enquête sur un double meurtre qui a eu lieu par une nuit de 1873. Elle revit la tragédie au fil de l’affaire et découvre des analogies entre sa propre vie et celle de la seule rescapée du carnage. En parallèle, elle soupçonne son mari (Sean Penn) d’avoir une liaison avec la compagne de son frère (Liz Hurley).

Angelina Jolie - Tomb Raider filmLara Croft : Tomb Raider de Simon West (2001)

C’est en prêtant ses traits et ses courbes à l’héroïne  de jeu vidéo Lara Croft qu’Angélina Jolie – fille de l’acteur Jon Voight, qui interprète le rôle de Lord Richard Croft  - rencontre la célébrité mondiale. Elle redonne également souffle au bikini sportwear.

Cette adaptation a engendré près de 275 millions de dollars de recettes, mais n’a pas rencontré les faveurs de la critique. A l’arrivée, le réalisateur de Con Air en fait un film pour adolescent, cousu de fil blanc, bourré d’effets spéciaux et de clichés, en s’octroyant en revanche la crème du rock alternatif dans la bande originale : Nine Inch Nails, Missy Elliot, The Chemical Brothers, Groove Armada, Moby…

Halle Berry - Meurs un autre jourMeurs un autre jour de Lee Tamahori (2002)

Autre scène culte dans la saga James Bond et dans l’histoire du bikini au cinéma. Pour la nouvelle génération, c’est au tour de Jinx (Halle Berry) de sortir de l’eau, la démarche sensuelle, dans un maillot de bain orange signé Eres, sous l’œil connaisseur au travers de ses jumelles, de Pierce Brosnan 007 (extrait).

Après Golden Eye, Demain ne meurt jamais et Le monde ne suffit pas, Meurs un autre jour est le dernier des 4 volets James Bond, interprété par Pierce Brosnan, qui a cumulé le plus d’entrées au Box-office France.

Inconditionnelle du bikini, Halle Berry – ex dauphine Miss USA, première afro-américaine a avoir remporté un Oscar de la Meilleure Actrice (À l’ombre de la haine) et primée d’un Razzie Award pour Catwoman –  fait d’autres apparitions en deux-pièces dans Opération Espadon de Dominic Sena (2001) au côté de John Travolta et dans Nos souvenirs brûlés de Susan Bier (2008) avec Benicio de Toro et David Duchovny.

Ludivine Sagnier - Swimming poolSwimming pool de François Ozon (2003)

Dans cette comédie dramatique, qui surfe sur la vague eau plate Deray, François Ozon retrouve Ludivine Sagnier et Charlotte Rampling qu’il avait dirigées respectivement dans 8 femmes (2002) et Sous le sable (2001).

Ludivine Sagnier transpose son précédent rôle de garçon manqué en une sulfureuse lolita oisive, vêtue d’un superbe bikini bariolé noir & blanc, qui vient perturber la vie d’une romancière (Charlotte Rampling).

La réussite du film – tourné en langue anglaise – et le succès de 8 femmes a permis à Ozon de pouvoir distribuer Swimming Pool aux États-Unis.

Cameron & Moore - Charlie's AngelsCharlie’s Angels – les anges se déchaînent de McG (2003)

Le second volet adapté à l’écran de la série TV – créée par Ivan Goff et Ben Roberts, diffusée sur ABC de 1976 à 1981 et en France à partir de 1978 – est un bis repetita haut en couleurs et pêchu mais moins prenant que Charlie et ses drôles de dames.

Le réalisateur de Terminator Renaissance et du futur Terminator 5 prévu pour 2011 tombe dans l’excessif et enchaîne les scènes d’actions et les clins d’oeil (Terminator 2, Les nerfs à vif ou encore Flashdance) à la manière du cinéma parodique, même si à l’arrivée, notre trio nouvelle génération est toujours aussi sexy et redoutable.

Le style surfeuses en bikinis façon Diaz/Moore (entre les deux, 10 ans les séparent) trouve sa place dans le top de l’histoire du deux-pièces au cinéma. Et pour compléter le tableau des ficelles hollywoodiennes, une des vraies drôles de dames, Jaclyn Smith (Kelly) fait une apparition en donnant la réplique à Drew Barrymore.

Jessica Simpson - Sherif fais moi peurSherif fais moi peur de Jay Chandrasekhar (2005)

Autre adaptation à l’écran de la série TV populaire Sherif fais moi peur – créée par Gy Waldron et diffusée de 1979 à 1985 sur CBS et en France à partir de 1980 - avec la réussite, la classe, le punch et l’humour en moins.

Le long-métrage a été nominé six fois aux Razzie Awards, dont celle du pire second rôle pour Jessica Simpson, qui campe une Daisy Duke complètement décervelée. La somptueuse Lynda Carter aka Wonder Woman fait une apparition dans ce film.

Jessica Alba - Bleu d'enferBleu d’Enfer de John Stockwell (2006)

L’acteur, scénariste et réalisateur John Stockwell – aka Dennis dans Christine et/ou Cougar dans Top Gun – est un amateur de grand bleu. En 2003, il réalise Blue Crush, un film de surf au scénario quelconque avec des surfeuses en bikinis, des compétitions, des planches, du vague à l’âme, du sable…

Et trois ans plus tard, Bleu d’enfer. Résultat : du beau sans profondeur. Ce film, sur fond de chasse au trésor, qui a tendance à ramer sur le sable des eaux bleues des Caraïbes, a pour principal mérite de dévoiler la superbe plastique de Jessica Alba dans un bikini dépareillé, aux côtés de Paul Walker, yeux bleus et torse « muské ».

Pour ce rôle, elle n’a eu qu’à réviser ses connaissances en plongée. Elle avait déjà appris « la plongée en bouteille et en apnée pour les besoins de la série télévisée australienne Les Nouvelles aventures de Flipper de 1995 à 1997″.

Laura Smet - U.VU.V de Gilles Paquet-Brenner (2007)

Gilles Paquet-Brenner, scénariste et réalisateur des deux catastrophiques Gomez & Tavarès, adapte ici le roman homonyme de l’écrivain Serge Joncour, qui a reçu le Prix France Télévisions en 2003.

Ce long-métrage – coécrit avec la romancière Lolita Pille (Hell, également adapté à l’écran par Bruno Chiche) – est un néant scénaristique caniculaire, qui se déroule dans un cadre idyllique au bord de la piscine sur une île. Au centre, il y a la sublime Laura Smet en bikini, aux côtés de Jacques Dutronc et de Marthe Keller, dont on se demande ce qu’ils font dans ce film tant il ne se passe rien.

Louise Bourgoin - La fille de MonacoLa fille de Monaco d’Anne Fontaine (2008)

Louise Bourgoin – aux faux airs de Bardot dans Et dieu créa la femme – tient le rôle-titre pour ce premier long-métrage dans sa carrière cinématographique, pour lequel elle a reçu une citation du Meilleur Espoir Féminin aux César 2009.

Elle incarne une présentatrice météo monégasque complètement délurée, sans tabou, ni complexe, et sort la panoplie de bikinis coquillages & crustacés, sous le regard transi de Bertrand Beauvois (Fabrice Lucchini), un avocat à la tchatche innée qu’elle parvient à laisser sans voix!


La leçon de cinéma des Dardenne

Posted by nathalie dassa On juin - 6 - 2010 Commentaires fermés

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[Copyright©ND - archive web oct 2009] Jean-Pierre et Luc Dardenne, deux personnalités complices et complémentaires au tempérament calme et homogène, ont une seule et même vision du 7ème art qui suit une même inspiration et un même objectif. Retour sur leur leçon de cinéma post-cannoise.

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J-P Pelissier/Reuters - Festival de Cannes 2009

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Initiés d’abord aux vidéos militantes, dans le cadre de leurs études respectives, qui mêlent l’art filmique et les aspects sociaux basés sur leur cinéma engagé, les frères Dardenne font leur début dans le documentaire. Ils mettent en scène à « la gâchette sans table de montage » des gens à l’écart qui se battent contre l’injustice, dans la Wallonie en déclin. C’est en 1987 que leur carrière prend un tournant décisif. Avec Falsch, leur première œuvre de fiction, et Je pense à vous en 1992, les frères Dardenne sont marqués par leur rencontre et collaboration avec Jean Gruault, le scénariste de François Truffaut. Pour eux, c’était comme appartenir à une famille : celle de Truffaut, de Resnais, de Godard…Un véritable apprentissage pour réussir à extraire leurs personnages de documentaire trop implantés.

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L’expérience sur Je pense à vous, avec une équipe de 60 personnes et un budget conséquent de 16MF, les pousse à revoir leur méthode. Avec La Promesse, ils se méfient alors de la technique des machines sur un plateau. Ils décident de travailler avec des personnes proches d’eux, qui n’ont pas fait de longs-métrages de fiction, de répéter davantage avec les acteurs et de plus se tourner vers la continuité de l’histoire. Ils trouvent ainsi leur voie cinématographique. Sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs en 1996, La Promesse leur permet de débuter leur parcours cannois. Le film reçoit au cours de l’année une pluie de récompenses et révèle un comédien, Jérémie Rénier.

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En 1999, ils reçoivent la reconnaissance internationale avec Rosetta (Palme d’Or et Prix d’interprétation féminine pour Émilie Dequenne). C’est le résultat d’un travail d’équipe, réparti entre les cinéastes, le chef opérateur et le cadreur. Jean-Pierre et Luc Dardenne favorisent toujours l’éclairage naturel dans leur filmographie et ce, avec un cadre qui bouge en permanence. Ils réussissent à donner vie à ce qu’ils veulent en travaillant sur la confiance et en se relayant entre eux. Ils posent ainsi un regard à la fois professionnel et spectateur. En 2002, Olivier Gourmet remporte le Prix d’interprétation masculine pour Le fils et en 2005, seconde palme d’Or pour L’enfant qui confirme leur talent de cinéastes.

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Progressivement, ils marquent leur préférence sur des éléments essentiels :

  1. un casting anonyme. Le regard du spectateur ne doit pas être faussé par un comédien connu et marqué par plusieurs rôles. Il doit être le plus neuf possible. Ils font rarement appel au maquillage, hormis dans Le silence de Lorna.
  2. le rapport au corps. Le mouvement et la gestuelle de l’acteur s’expriment et prennent sens à l’image au travers d’un montage de plans qui viennent renforcer une atmosphère particulière.
  3. l’objet. Tout aussi important que les sentiments et les émotions, cela passe beaucoup à travers la manipulation des accessoires par le personnage et des rapports qu’il a avec, autant qu’à travers les paroles.
  4. le son. Ils tournent dans des espaces souvent bruyants. Ils essaient alors de toujours amener le son dans les plans et de le mêler aux bruits naturels. Comme dans le cinéma de Bresson, qu’ils affectionnent particulièrement, le « son est souvent plus subjectif même que l’image ».

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Le changement de registre s’effectue avec Le silence de Lorna (Prix du Meilleur scénario à Cannes en 2008), via un scénario plus complexe, des personnages plus nombreux et une réalisation plus stable. Ils écrivent et filment leur première séquence d’amour et de sexe. Cette scène s’est décidée par rapport à la construction du personnage ; une femme mystérieuse, stratégique, cloisonnée et qui doit réfléchir à ce qu’elle doit dire et ne pas dire, afin de gagner et réaliser ses plans. Pour eux, ce moment clé imprévu est le seul instant où le personnage peut s’abandonner complètement, sans mentir ni tricher.

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La leçon de cinéma – inaugurée en 1991 par Gilles Jacob – remporte un vif succès et encourage le Président du Festival à innover et proposer sur le même modèle : La leçon de musique en 2003 et La leçon d’acteur en 2004. A quand La leçon de scénario ?


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