Dans un laboratoire, des scientifiques expérimentent un traitement sur des singes pour vaincre la maladie d’Alzheimer. Mais leurs essais ont des effets secondaires inattendus : ils découvrent que la substance utilisée permet d’augmenter radicalement l’activité cérébrale de leurs sujets. César, est alors le premier jeune chimpanzé faisant preuve d’une intelligence remarquable. Mais trahi par les humains qui l’entourent et en qui il avait confiance, il va mener le soulèvement de toute son espèce contre l’Homme dans un combat spectaculaire.

 

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Rupert Wyatt redynamise l’une des plus mythiques sagas de science-fiction, inspirée du roman de Pierre Boulle, en signant une brillante genèse sur l’invasion des anthropoïdes sur Terre. Si le premier opus de 1968 de Franklin J. Schaffner avec Charlton Helston, sur un scénario de Rod Serling avec son fameux twist final, rythmé par une bande son animale de Jerry Goldsmith, reste incontestablement un chef d’œuvre du genre, ce prequel/reboot de La Planète des Singes lui octroie une version contemporaine insufflant profondeur, émotion et intensité. Cette réussite émane à la fois d’un scénario construit essentiellement sur la sincérité des êtres et des sentiments, de l’interprétation magistrale chargée d’émotion de la performance capture d’Andy Serkis dans le rôle de César – à qui l’on peut décerner d’emblée un Oscar – des singes photo-réalistes saisissants, le tout avec des effets numériques exceptionnels de WETA, conçus non plus en studio mais en prises de vues réelles, marquant une avancée considérable dans l’histoire des effets spéciaux depuis Avatar. Ce film en live-action évite donc tout tape-à-l’œil et reste concentré sur le fondamental, à savoir la nature profonde de l’Homme avec son éternel soif de puissance et de pouvoir se considérant comme le démiurge d’un monde qui lui échappera toujours. Rick Jaffa et Amanda Silver développent ainsi avec sensibilité les thèmes ancestraux sur l’homme et son rapport à l’autre, à la science et aux lois de la Nature qu’il défie sans cesse jusqu’au point de rupture.

 

 

 

Les origines reprend les éléments du quatrième volet de la franchise sorti en 1972, La Conquête de la Planète des Singes, qui montrait César, fils de Zira et Cornelius, menant les siens à la révolte pour un nouvel ordre mondial. Le duo propose donc une réécriture basée cette fois sur les conséquences et les dangers des tests génétiques avec leurs remèdes et non plus sur la conclusion irresponsable de la bombe atomique. Il ne s’agit plus non plus de version dystopique, voyage dans le temps ou de planète étrangère, les auteurs placent l’action dans un futur immédiat dans la ville de San Francisco. A l’instar de La Conquête, ils prennent le parti narratif de centraliser toute l’intrigue du point de vue de ce chimpanzé, doué d’intelligence et de réflexion, et de son individualité face à l’homme dans une brillante analyse détaillée du comportement. Rupert Wyatt saisit au plus près les conflits générés par les différentes personnalités des primates (le chimpanzé du mâle dominant, l’orang-outan sage, le gorille agressif et coléreux) face aux hommes - de la bienveillance de la famille humaine de César composée par le scientifique Will Rodman (James Franco) qui commet son pire pêché d’orgueil, sa petite amie vétérinaire (Freida Pinto) et son père atteint d’Alzheimer (John Lithgow), à la cupidité du patron du laboratoire pharmaceutique Gen-Sys (David Oyelowo) en passant par les tortionnaires (Brian Cox et Tom Felton) qui dirigent une ménagerie/mouroir pour les singes.

 

 

Le spectateur suit ainsi son évolution émotionnelle, cognitive et psychologique, semblable à celle d’un humain – situation inverse de celle de Charlton Helston au milieu des singes – et s’identifie pleinement à l’hypersensibilité de César dont le cœur se voit totalement déchiré. Si l’idée d’un énième projet à l’écrit sur La Planète des Singes avait tous les risques de tomber dans la pâle copie comme la tentative de reboot décevante de Tim Burton en 2001 qui n’apportait rien de nouveau à la mythologie de la saga, Les origines de Rupert Wyatt marque également sa différence à l’image. Le réalisateur parvient à contrôler son œuvre via une caméra maitrisée et aérienne qui manipule habilement gros plans pour capter les émotions, travellings et mouvements de grue pour offrir des vues panoramiques superbes de la montée des singes sur le Golden Gate Bridge, accompagnés de la bande son atmosphérique et entrainante de Patrick Doyle.

 

 

 

‘La Planète des Singes : Les origines’ (Rise of the Planet of the Apes) de Rupert Wyatt en salles le 10 août avec James Franco, Freida Pinto, John Lithgow, Brian Cox, Tom Felton, David Hewlett, Tyler Labine et Andy Serkis. Scénario : Rick Jaffa et Amanda Silver. Production : Rick Jaffa, Amanda Silver, Peter Chernin, Dylan Clark. Effets Spéciaux : Weta Digital. Superviseur des Effets Visuels : Joe Letteri, Dam Lemmon. Photo : Andrew Lesnie. Costumes : Renée April. Décors : Claude Paré. Compositeur : Patrick Doyle. Coordinateur cascades : Terry Notary. Distribution : 20th Centuury Fox. Durée : 2h.

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Source: CBO Box office

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