Synopsis : Les membres d’équipage du vaisseau Covenant, à destination d’une planète située au fin fond de notre galaxie, découvrent ce qu’ils pensent être un paradis encore intouché. Il s’agit en fait d’un monde sombre et dangereux, cachant une menace terrible. Ils vont tout tenter pour s’échapper.

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Alien Covenant - affiche

Alien Covenant – affiche

Ridley Scott signe ici un retour aux sources de sa création mythique, qui a redéfini le genre en 1979 avec l’une des meilleures taglines de tous les temps. Sources qu’il aurait pu soumettre en lieu et place de Prometheus, genèse première d’Alien. Mais dans sa proposition, outre les manques et autres scories narratives, Prometheus offrait un spectacle visuel impressionnant, quelques scènes bien gores, une tension soutenue et une mise en scène toujours aussi maîtrisée. Cinq ans et quelques promos marketing excitantes plus tard, Scott livre un nouvel épisode, et deux autres devraient suivre, soit quatre prequels à Alien. Car entre temps Hollywood est entré dans l’ère de « l’univers cinématographique », à l’image de Marvel et même bientôt de James Cameron avec Avatar, le tout précédé par George Lucas. Pour ce second chapitre, Scott fait s’entrecroiser le mythe de Prométhée et celui de Frankenstein, tout en citant l’entrée des Dieux dans Valhalla de Wagner, le paradis perdu de Milton et l’Empire ruiné représenté dans le poème Ozymandias de Shelley. Si la première partie s’annonce intéressante, prometteuse, tenue et viscérale, le reste s’avère un surprenant foutoir bien décevant. Ridley Scott offre un film Alien au cachet régressif de série B délectable pour les fans de la première heure, voire même pour ses récents adeptes, mais sans la tension ni la puissance horrifique de son modèle. Le traitement narratif manque d’originalité, de profondeur et d’inattendu, la psychologie des personnages est sous-exploitée, la figure féminine, incarnée par Katherine Waterston, totalement inconsistante, et les intrigues secondaires sans grand intérêt. Sans parler de l’imbroglio du montage ; on se demande encore l’intérêt de la scène érotique sous la douche entre deux scènes d’action sous tension. À l’instar de Prometheus qui souffrait déjà d’un trop-plein de personnages fonctionnels, la vacuité du récit d’Alien Covenant reproduit la même erreur, servi cette fois par une majorité d’acteurs plus connus du grand public.

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Alien Covenant

Alien Covenant

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On suit donc l’équipage du Covenant de la société Weyland-Yutani aux confins de la galaxie. Après un accident qui a endommagé le vaisseau et immolé le capitaine, brièvement incarné par James Franco, remplacé par Billy Crudup, les membres reçoivent un signal mystérieux d’une planète voisine. Ils décident d’y faire halte pour découvrir si ce paradis potentiel peut être habitable pour les quelques milliers de passagers endormis à bord. Mais dès leur arrivée, deux des membres sont infectés par des spores dont les germes font éclater de leur corps nos joyeuses bestioles. Cette première moitié d’Alien Covenant est extrêmement efficace et augure même le meilleur. Hélas, les scénaristes John Logan et Dante Harper décident ensuite d’expliciter la genèse du Xénomorphe, qui démystifie toute la complexité de ce parfait organisme à la plastique coriace.

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Ridley Scott déconstruit le concept initial, imaginé par un Dan O’Bannon brillamment torturé avec la collaboration de Ronald Shusett, et dissèque encore davantage, après les Ingénieurs, tout ce qui a fait le mystère de cette belle bête fascinante au sang acide, créée par HR Giger. Alien Covenant se résume à une histoire d’androïde tuant son père créateur pour s’affranchir des préceptes humains établis afin de mieux s’en emparer. Car les ambitions de David ont pris de l’ampleur depuis Prometheus, qui s’interrogeait sur les origines de l’Humanité et son anéantissement potentiel. Le regard de Scott sur l’intelligence artificielle a aussi beaucoup évolué dans sa façon de montrer comment cet androïde, moins équivoque car bien plus méprisant, a renié son créateur, apprenant à développer seul ses facultés infinies et sa propre conscience. La notion de double ou la place accordée à cette dualité entre David, de retour tel un naufragé d’un monde mort, stérile et vide, et Walter, modèle nouvelle génération, renvoyant toujours à leurs prédécesseurs et aux Replicants de Blade Runner, tend à réduire celle des Xenomorphes.

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Alien Covenant

Alien Covenant

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Alien Covenant détourne ainsi les fondements, phagocyte la mythologie fédératrice, ravive en demi-teinte les anciennes tensions, dont on sent Scott curieusement prisonnier, et continue de décortiquer jusqu’à l’os le but et les raisons de leur existence. Après six chapitres, adieu donc mystères et symbolisme. Nous savons aujourd’hui qui sont les Ingénieurs (les Space Jokey), d’où ils viennent, ce qu’ils ont voulu faire, comment est née cette majestueuse espèce hostile et ce qu’elle est en train de devenir. Dans cette volonté assénée de justifier le pourquoi du comment, le suspense, le hors champ, l’angoisse et la peur de l’inconnu, générés dans les deux premiers opus de la tétralogie, ne peuvent plus exister. Tout est ici banalisé et familier. Rien n’est effrayant dans Alien Covenant car tout devient convenu.

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Restent une intrigue malgré tout rythmée, la mise en scène stylisée d’un cinéaste d’atmosphère réputé, une intense lumière basse de Dariusz Wolski, des CGI et des décors impeccables cependant génériques, une musique retravaillée par Jed Kurzel sur la base de celles du grand Jerry Goldsmith (Alien) et de Marc Streitenfeld (Prometheus) et puis surtout, un double rôle androïde pour Michael Fassbender, véritable star ici, qui éclipse le reste de la distribution.

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  • ALIEN COVENANT réalisé par Ridley Scott en salles le 10 mai 2017.
  • Avec : Michael Fassbender, Katherine Waterston, Billy Crudup, Danny McBride, Demian Bichir, Carmen Ejogo, Callie Hernandez…
  • Scénario : John Logan, Dante Harper
  • Production : David Giler, Walter Hill, Ridley Scott, Mark Huffam, Michael Schaeffer
  • Photographie : Dariusz Wolski
  • Montage : Pietro Scalia
  • Décors : Chris Seagers
  • Costumes : Jante Yates
  • Musique : Jed Kurzel
  • Distribution : Twentieth Century Fox
  • Durée : 2h02

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Source: CBO Box office