DVD/ Orgy of the Dead de Stephen C. Apostolof : critique

Publié par Thierry Carteret le 28 décembre 2017

Synopsis : John et sa petite-amie Shirley partent à la recherche d’un cimetière afin que John trouve l’inspiration pour écrire son prochain roman. Alors qu’ils errent parmi les sépultures, ils assistent à une bien funeste cérémonie…

♥♥♥♥♥

 

Orgy of the Dead - jaquette

Orgy of the Dead – jaquette

Bach Films exhume une rareté du cinéma bis au titre évocateur Orgy of the Dead. Le film de Stephen C. Apostolof est disponible depuis le 4 décembre à la vente. Les fans des zombies à la Romero en seront pour leur frais, croyant tenir un nouvel opus du genre avec ce titre trompeur et opportuniste. Orgy of the Dead se rapproche plutôt de l’univers de Ed Wood, réalisateur du cultissime Plan 9 from Outer Space (1959) et justement auteur du roman original dont Orgy of the Dead est l’adaptation. Pour l’anecdote, Ed Wood lui-même est assistant sur le tournage. À l’instar de ses films, on a un patchwork de genres sans souci de cohérence. Orgy of the Dead a les atours d’un film gothique dérivant vers le spectacle burlesque. L’intrigue se déroule dans un cimetière. On devine que la machine à fumée, employée plus que de coutume, a dû servir pour dissimuler la pauvreté des décors. En réalité, l’histoire d’un couple perdu la nuit et kidnappé par une orde de créatures démoniaques n’est que le prétexte à proposer des scènes centrées sur les attributs de mortes-vivantes présumées. Ces dernières ressemblent davantage à des nymphettes dénudées qu’à des cadavres en décomposition sortant de terre. À L’instar de nos deux infortunés héros, John (William Bates), écrivain assez minable, et Shirley (Pat Barrington), petite amie aux courbes avantageuses, on assiste à un défilé de danseuses lascives et en tenues (très) légères. À noter que Pat Barrington sera élue « pire scream queen de l’histoire du cinéma » après sa prestation. L’actrice incarne d’ailleurs un deuxième rôle ici, la Gold Girl, danseuse recouverte de peinture dorée tout droit inspiré d’un célèbre épisode de James Bond.

 

Orgy of the Dead

Orgy of the Dead

 

À l’image du ballet Casse-noisette de Tchaïkovski, Orgy of the Dead présente des séquences de danses sur une musique lancinante, avec des corps dénudés de danseuses de burlesque de la côte ouest. Le tout est orchestré par un maître de cérémonie en habit de conte Dracula, joué par l’acteur Criswell, fidèle collaborateur et ami de Ed Wood. Criswell jouait le voyant qui introduisait l’histoire de Plan 9 from Outer Space, et d’ailleurs médium à ses heures. Il avait prévu, par exemple, que la prise de LSD pouvait faire changer de sexe, que la chute d’un météore allait raser Londres ou qu’un attentat contre JFK allait avoir lieu en novembre 1963. Criswell étant incapable de retenir deux phrases de dialogues, il devait les lire sur de grands cartons placés face à lui. Sur le tournage, les cartons de textes sont tenus par Ed Wood en personne. À ses côtés, l’actrice Fawn Silver (devenue par la suite docteur en psychologie) incarne une femme vampire sexy à l’apparence de Elvira. Ils sont aidés par des serviteurs qui incarnent des monstres classiques du cinéma d’épouvante, comme le loup-garou et la momie, ainsi que deux gardes semblant sortir d’un mauvais péplum.

 

Qualitativement, Orgy of the Dead est loin d’être un chef-d’œuvre et le spectacle s’avère plutôt répétitif et assez ennuyeux. Cet OFNI (objet filmique non identifié) est surtout à apprécier comme une curiosité un peu déviante destinée aux amateurs. Orgy of the Dead est sorti en France de façon assez discrète sous le titre Orgie Macabre le 8 mai 1968, en pleine révolution des mœurs. Il a été projeté sur les écrans du Scarlett et du Midi Minuit, célèbres cinémas parisiens alors dédiés à un cinéma d’exploitation en marge du circuit classique et disparus depuis les années 80. L’affiche le présentait alors comme « le premier film en Sexycolor ! ».

 

Orgy of the Dead

Orgy of the Dead

 

D’autres titres en DVD, certain en double programme, sont déjà disponibles ou vont sortir très prochainement chez Bach Films. On peut citer Le justicier contre la reine des crocodiles, Au pays de la magie noire, deux perles du cinéma d’exploitation indonésien et philippin ; Robot wars, Crash and burn, deux productions Full Moon des années 80 assez sympathiques, avec Barbara Crampton (pour le premier) ; Commando Cody – Sky Marshal of the Universe, un serial des années 50 produit par le studio Republic Pictures ; Le loup-garou de Washington, Teenage Monster, deux séries B de monstres assez distrayantes ; Silent night, bloody night, un slasher plutôt pas mal grâce à une photographie soignée. Et enfin Subspecies et La chauve-souris du diable, le premier est initiateur d’une série vampirique avec feu Angus Scrimm (la saga Phantasm), et le second un petit classique de l’épouvante avec l’illustre et inquiétant Béla Lugosi.

 

 

DVD : Sans atteindre le nirvana, la qualité technique de Orgy of the Dead est plus que satisfaisante, tant au niveau de l’image que du son. L’ensemble est proposé uniquement en version originale sous-titrée français. Côté suppléments, le disque offre un mini-documentaire Le pire bonus de tous les temps réalisé par Carine Bach et Yannick Delhaye. Ce bonus se penche sur la carrière de Ed Wood réputé -à raison ou à tort- comme le pire réalisateur de tous les temps. Un supplément intéressant composé d’extraits des films et d’interviews de passionnés du cinéma de Ed Wood rencontrés à l’occasion de l’Étrange Festival, à l’image des réalisateurs Marc Caro, Guy Maddin ou encore Hideo Nakata. On peut également découvrir un making of du tournage de Orgy of the Dead, muet et illustré par la musique du film qui a le mérite de nous montrer le cinéaste Ed Wood sur le plateau. Enfin, la bande annonce complète joliment l‘édition.

 

 

 

  • ORGY OF THE DEAD (Orgy of the Dead)
  • Sortie vidéo : 4 décembre 2017
  • Format : DVD
  • Réalisation : Stephen C. Apostolof
  • Avec : Criswell, Fawn Silver, Pat Barrington, William Bates, Mickey Jines, Barbara Nordin…
  • Scénario : Edward D. Wood jr.
  • Production : Stephen C. Apostolof, William Bates, L.S. Jensen, Neil B. Stein
  • Photographie : Robert Caramico
  • Montage : Donald A. Davis
  • Décors : Ernest Bouvenkamp
  • Costumes : Robert Darieux
  • Musique : Jaime Mendoza-Nava
  • Édition vidéo : Bach Films
  • Tarif : 10 € 
  • Durée totale : 1h30
  • Sortie initiale : 1 juin 1965 (États-Unis) – 8 mai 1968 (France)

 

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