VOD/ Outrage Coda de Takeshi Kitano : critique

Publié par CineChronicle le 3 décembre 2017

Synospis : Cinq ans après avoir survécu à la guerre entre les Sanno et les Hanabishi, deux grandes familles du crime organisé Japonais, l’ancien chef Yakuza Otomo travaille maintenant en Corée du Sud pour M. Chang, un intermédiaire de renom dont l’influence s’étend jusqu’au Japon. Un incident, pourtant mineur, va entrainer de fortes tensions entre Chang Entreprises et les lointains mais puissants Hanabishi. Ce conflit larvé va finir par éclater au grand jour et mettre le feu aux poudres, provoquant notamment une lutte de pouvoir féroce parmi les plus hauts gradés de la famille Hanabishi. Lorsque la vie de M. Chang sera mise en péril, le dévoué Otomo reviendra au Japon pour régler les choses… définitivement !  Coups de poignards dans le dos, double-trahisons et volées de balles. C’est enfin le grand final de la trilogie OUTRAGE et c’est une guerre Totale !

♥♥♥♥♥

 

Outrage Coda - affiche

Outrage Coda – affiche

La plateforme e-cinema.com ouvre enfin au public sa première salle de cinéma en ligne, qui proposera par la suite des films en première exclusivité chaque vendredi à 14h. Pour son lancement ce 1er décembre, il s’agit du nouveau film de Takeshi Kitano qui conclut sa trilogie après Outrage (2010) et Outrage Beyond (2012). Sans surprise, Kitano reprend les mêmes motifs : dans le milieu des yakuzas, un incident provoque un enchaînement de réactions exponentiel, le tout dans la violence la plus crue qui soit. Dans la trilogie, les yakuzas, pour qui l’honneur et la fierté sont le pinacle de l’existence s’adonnent à des combines d’escroquerie toujours sous le joug d’une hiérarchie très hermétique. Une sorte de Parrain japonais mais sans stylisation. En effet, Kitano ne cherche pas à impressionner par des mouvements de caméra, des chorégraphies élaborées ou des mises en scène tapageuses. Il montre les coulisses d’une vie interlope sans fard, surtout en ce qui concerne la violence. Dans les films précédents, il y avait déjà des scènes remarquables d’agressivité : des doigts tranchés, des visages lacérés, des torture et mise à mort excentrique (comme le matraquage à la balle de baseball dans Outrage Beyond), des séquences du même acabit se retrouvent ici. Malheureusement, cette explosion de brutalité ne fait jamais décoller le récit. Contrairement à d’autres films où il savait traiter des sujets plus personnels (Hana-Bi), les dialogues sont purement explicatifs, voire facultatifs. Ils représentent pourtant une bonne partie de la narration. Ils devraient mettre en scène justement les enjeux du pouvoir, les liens de filiations entre chaque personnage mais ils sonnent toujours creux et difficile de ne pas croire qu’ils sont juste un prétexte.

 

Outrage Coda

Outrage Coda

 

L’escalade de la violence porte en elle une sorte de nihilisme et d’absurdité. Les vengeances semblent sans fondements et l’ampleur finale paraît exacerbée par rapport à l’outrage initial, ce qui est probablement le but du film. À aucun moment, l’empathie n’est créée avec un personnage, si ce n’est par la scène d’introduction à la pêche qui est plus une saynète, une rêverie qu’un plan annonciateur de la tragédie à venir. Le personnage d’Otomo, incarné par Kitano lui-même, est le seul fil conducteur de la trilogie, pourtant il n’est clairement pas un personnage principal. Il apparaît peu à l’écran et si ses interventions sont souvent décisives, ses ambitions, ses envies et ses émotions ne sont jamais accessibles. Quelques séquences sortent néanmoins du lot grâce à l’implication de Kitano dans la réalisation : un cadrage juste associé à un montage qui ne coupe pas à tout va. À la fin notamment lorsque les actions importantes ne sont pas reléguées hors-champ, où l’action ne laisse pas de part à l’interprétation mais elle s’impose d’elle-même. Kitano propose alors des images que l’on voit peu au cinéma et s’affirme par extension comme un réalisateur nécessaire. Il faut seulement espérer qu’il revienne avec des histoires plus consistantes pour nous redonner l’amour de sa mise en scène.

 

Alexander Pierzak

 

 

 

  • OUTRAGE CODA
  • Sortie VOD : 1er décembre 2017
  • Réalisation : Takeshi Kitano
  • Avec :  Takeshi Kitano, Toshiyuki Nishida, Nao Ohmori, Pierre Taki, Sansei Shiomi, Tatsuro Nadaka, Ken Mitsuishi, Ikuji Nakamura,…
  • Scenario : Takeshi Kitano
  • Production : Masayuki Mori
  • Photographie : Katsumi Yanagijima
  • Montage : Takeshi Kitano, Yoshinori Ota
  • Musique : Keiichi Suzuki
  • Distribution : e-cinema.com
  • Durée : 1h44

 

Commentaires

A la Une

Nouveau trailer de Ready player One de Steven Spielberg

Comme prévu, voici l’exaltante nouvelle bande annonce de Ready Player One de Steven Spielberg programmé sur les écrans en mars 2018.  … Lire la suite >>

Big Little Lies renouvelée pour une saison 2 mise en scène par Andrea Arnold

HBO a commandé une deuxième saison de Big Little Lies qui sera réalisée par Andrea Arnold.       L’une… Lire la suite >>

Le potentiel Star Trek de Quentin Tarantino serait estampillé R

La saga Star Trek devrait franchir une nouvelle étape. Le quatrième volet pourrait être classé R, comme la majorité des… Lire la suite >>

Quentin Tarantino pourrait réaliser le prochain Star Trek produit par JJ Abrams

JJ Abrams prépare le quatrième épisode de Star Trek avec potentiellement Quentin Tarantino aux commandes de la réalisation.    … Lire la suite >>

Black Mirror saison 4 se dévoile dans deux teasers

Netflix a livré deux premiers teasers de la saison 4 de Black Mirror pour les épisodes Arkangel réalisé par Jodie… Lire la suite >>

Box OFFICE France

Titre Cette sem. Nbr Sem. Cumul
1 COCO 948 846 1 1 016 059
2 LE BRIO 273 598 2 686 012
3 C'EST TOUT POUR MOI 250 306 1 250 306
4 JUSTICE LEAGUE 242 746 3 1 496 208
5 LA VILLA 193 463 1 193 463
6 LE BONHOMME DE NEIGE 121 112 1 121 112
7 AU REVOIR LA-HAUT 103 523 6 1 842 737
8 EPOUSE-MOI MON POTE 88 233 6 2 405 141
9 HAPPY BIRTHDEAD 87 213 3 458 131
10 L'EXPERIENCE INTERDITE - FLATLINERS 84 506 2 227 916

Source: CBO Box office