2001 - LOdyssee de lEspace

2001 – L’Odyssée de l’Espace

Le 71e Festival de Cannes célèbre le cinquantième anniversaire de 2001 : l’Odyssée de l’Espace, qui ressort dans les salles obscures en version restaurée le 13 juin. L’occasion pour Mémoires du Cinéma de revenir sur cet immense chef-d’œuvre cinématographique.

 

 

 

 

2001- affiche US

2001- affiche US

Le 2 avril 1968, le Uptown Theatre de Washington présente la première mondiale de 2001 : l’Odyssée de l’Espace de Stanley Kubrick. Quelques mois après la sortie et le succès de Docteur Folamour en 1964, dans le contexte de la Guerre froide et de la course à l’Espace, le réalisateur écrit à Arthur C. Clark, auteur de science-fiction mais aussi scientifique réputé, pour l’informer de son intention de réaliser un film sur la relation de l’homme à l’univers et sur la possibilité d’une vie extraterrestre. Un projet auquel il envisage de l’associer en tant que coscénariste.

 

Première et seule expérience de Kubrick avec la science-fiction, et son premier film en couleurs, 2001: L’Odyssée de l’Espace allait marquer l’Histoire du cinéma de science-fiction mais aussi celle du cinéma.

 

Le contexte de la Guerre froide et de la course à l’Espace

 

Le 31 mars 1964, Stanley Kubrick évoque dans une lettre adressée à l’écrivain de science-fiction britannique Arthur C. Clarke son intention de réaliser « le film de science-fiction qui fera date ». Un genre que le réalisateur n’a pas encore abordé… Malgré Hiroshima et Nagasaki, dans le contexte de la Guerre froide, la course aux armements nucléaires oppose les États-Unis et l’URSS, l’Ouest et l’Est. En parallèle, Américains et Russes s’affrontent dans la course à l’Espace. Depuis 1949, l’armée américaine a déjà expérimentée des fusées-sondes, mais les Soviétiques prennent de l’avance. Le 4 octobre 1957, ils mettent sur orbite un satellite, Spoutnik 1, puis, le 3 novembre, ils envoient Spoutnik 2 avec à son bord la chienne Laïka, première passagère de l’Espace. Le 12 avril 1961, Youri Gagarine devient le premier homme à avoir effectué un vol dans l’Espace. Les Américains réagissent.

 

C’est la création en juillet 1958 de la NASA (National Aernautics and Space Administration), qui place la conquête de l’Espace sous la responsabilité d’un organisme civil, et l’intervention de John F. Kennedy devant le Congrès le 25 mai 1961, qui vont relancer cette course avec, notamment, le lancement du programme Apollo qui doit permettre d’envoyer des hommes sur la Lune. Le 20 février 1962, John Glenn est le premier Américain à effectuer un vol orbital autour de la Terre. Quelques mois auparavant, de graves tensions ont éclaté entre les deux superpuissances à propos du Cuba. Elle aboutissent, en octobre 1962, à la crise des missiles de Cuba. Le monde est au bord du gouffre…

 

2001- Stanley Kubrick et Arthur C Clarke - Copyright MGM Warner Bros

2001- Stanley Kubrick et Arthur C Clarke – Copyright MGM Warner Bros

Le projet d’un film de science-fiction

 

Ce danger d’une catastrophe nucléaire ne fait que renforcer le pessimisme de Stanley Kubrick qui déclarera en 1968 : « Je pense que tout le monde serait d’accord pour dire qu’aujourd’hui, la technique a progressé plus vite que les valeurs morales et que l’homme a maintenant créé les moyens de se détruire lui-même, sans avoir trouvé une manière profonde de résoudre ses problèmes ». Peu après la crise de Cuba, en janvier 1963, il tourne Docteur Folamour ou : comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe (Dr Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb), comédie à l’humour noir et reflet de ses préoccupations, qu’il avait un temps conçu comme un documentaire réalisé par des extraterrestres avant d’y renoncer.

 

Dans le courrier envoyé à Clarke, le réalisateur fait allusion à l’existence d’une forme de vie intelligente extraterrestre. Une forme de vie (ou une civilisation) grâce à laquelle l’humanité menacée du suicide nucléaire trouverait son salut ? Kubrick se méfie des films de science-fiction. Le genre doit donner à rêver, mais « le cinéma rêve pauvrement. Nous restons toujours ou presque, sur notre faim ». Néanmoins, il s’intéresse à la SF et notamment aux extraterrestres, des sujets découverts par le grand public après les premières apparitions d’ovnis aux États-Unis dès 1946. Le 17 février 1964, il déjeune avec un proche collaborateur et ami, Roger Caras, et lui parle de son projet. Celui-ci lui recommande comme coscénariste Arthur C.Clarke qu’il connaît. John Baxter, l’un des biographes du cinéaste, fit remarquer par la suite que si Caras avait proposé Isaac Asimov, Robert Heinlein ou Ray Bradbury, 2001 aurait été bien différent.

 

La collaboration entre Stanley Kubrick et Arthur C.Clarke

 

Anglais vivant à Colombo (Sri Lanka), Arthur C. Clarke est non seulement un auteur de SF, mais aussi un scientifique réputé, passionné par l’astronomie et l’astronautique. Exigeant sur ses sources documentaires, il s’est toujours refusé à extrapoler sur des données qu’il jugeait dépourvues de sens. Ce souci de la précision ne pouvait que convenir à Stanley Kubrick qui trouvent là le conseiller scientifique idéal. Les deux hommes se rencontrent le 22 avril 1964 à New York et passent un contrat le 28 mai. Trois nouvelles vont servir de base au scénario : Rencontre à l’aube (Encounter in the Dawn), L’Ange gardien (Guardian Angel), toutes les deux de 1950, mais surtout La Sentinelle (The Sentinel) écrite en 1948, qui raconte la découverte sur la Lune d’un objet mystérieux qui pourrait avoir été laissé par des extraterrestres.

 

Ils auraient également visionné Le jour où la Terre s’arrêta, de Robert Wise, La guerre des mondes, de Byron Haskin, ou encore Planète interdite, de Fred M. Wilcox, mais aussi un documentaire canadien Universe, de Roman Kroitor et Colin Low, ainsi que deux films de l’Est, le long métrage tchèque Ikarie XB 1, de Jindřich Polák, et celui venu de l’URSS, En route pour les Étoiles, de Pavel Klushantsev, dont certaines images présentent une similitude troublante avec d’autres de 2001. Dans son livre The Lost Worlds of 2001 (1972), Arthur C. Clarke indique que Kubrick avait une idée très précise de son but ultime. Le film devait se focaliser sur la relation de l’homme à l’univers. Les deux auteurs optent pour une méthode de travail inédite et développent l’histoire sous la forme d’un roman.

 

Fin 1964, le manuscrit, intitulé provisoirement  Journey Beyond the Stars, est pratiquement terminé. Il permet au réalisateur de démarcher la MGM qui a produit Docteur Folamour. Compte tenu du succès remporté par le film, mais aussi par crainte de la concurrence, le studio, auquel s’associe Cinerama, accepte le projet et lui accorde un budget de 6,5 millions de dollars, un montant nettement supérieur aux 1,5 millions de budget moyen d’une production hollywoodienne de l’époque.

 

2001 - The Dawn of Man - Moonwatcher - Copyright MGM Warner Bros

2001 – The Dawn of Man – Moonwatcher – Copyright MGM Warner Bros

De l’écriture du roman à celle du scénario

 

Voyage au-delà des étoiles se situe dans un futur proche, au XXIe siècle, la Lune est explorée et le système solaire serait en passe de l’être. Des hommes s’embarquent pour un voyage intersidéral. Après de nombreuses années, à leur arrivée sur une planète encore inexplorée, ils découvrent une civilisation extraterrestre particulièrement développée. L’histoire se devait de coller au plus près de l’actualité de la conquête de l’espace et le film de sortir avant le premier vol habité vers la Lune !

 

Comme le souligne Clarke, il fallait éviter de ne pas être dépassé par les événements des années à venir, tout en restant dans une optique réaliste. Si le duo allait trop loin, alors le public risquait de ne pas suivre… et la MGM de perdre beaucoup d’argent. Il se dit que Kubrick aurait songé à assurer le film contre la découverte d’une vie extraterrestre avant la sortie. La célèbre Lloyd de Londres aurait accepté, mais devant les tarifs demandés le cinéaste aurait renoncé. Entre la version définitive du roman, puis l’écriture du scénario au cours du premier semestre de 1965, de nombreux changements vont intervenir. Kubrick va prendre ses distances avec le roman qu’Arthur C. Clarke n’a pas l’autorisation de publier, ce qui va créer des tensions entre les deux auteurs. C’est au mois d’avril que le titre définitif est trouvé par Stanley Kubrick. Avec 2001 : l’Odyssée de l’Espace, il entend se démarquer des titres des autres films de science-fiction et faire référence à L’Odyssée d’Homère.

 

Le scénario final

 

Même en se démarquant du roman, Stanley Kubrick va encore se poser des questions au cours de l’élaboration du scénario. 2001 se divise finalement en quatre parties : l’aube de l’humanité, des vaisseaux dans l’Espace, la mission Jupiter et Jupiter et au-delà de l’infini. Dans des paysages désertiques, des singes découvrent un monolithe noir. Après l’avoir touché, ils ont l’idée d’utiliser un os comme outil, puis comme arme pour tuer du gibier.

 

Quatre millions d’années plus tard, en 1999, un scientifique américain le Dr Heywood Floyd (William Sylvester), se rend sur la Lune pour enquêter sur la découverte d’un monolithe noir qui semble d’origine extraterrestre. En 2001, le vaisseau Discovery One est en direction de Jupiter. À son bord cinq hommes, dont trois sont endormis et un ordinateur, HAL 9000. Les deux astronautes Dave Bowman (Keir Dullea) et Frank Poole (Gary Lockwood), s’interroge sur l’étrange comportement de l’ordinateur pourtant réputé infaillible. La machine va provoquer la mort de Poole et des trois membres en hibernation. Bowman est amené à le déconnecter. Seul à bord de Discovery, Dave Bowman arrive près de Jupiter. Un monolithe noir est en orbite autour de la planète. L’astronaute sort du vaisseau avec une capsule afin de l’observer.

 

Au terme d’un voyage à très grande vitesse dans un couloir spatial, il pénètre dans une chambre de style Louis XVI en compagnie d’un vieillard… Pendant un temps Kubrick songe à un prologue de dix minutes pour commencer le film. Tourné en noir et blanc, alors que 2001 : L’Odyssée de l’Espace est son premier film en couleurs, il était constitué d’entretiens de personnalités scientifiques et de théologiens sur la question des extraterrestres. Une idée qu’il abandonne rapidement.

 

2001- La station spatiale - Copyright MGM Warner Bros

2001- La station spatiale – Copyright MGM Warner Bros

La production

 

En août 1965, la production a commencé avec l’engagement des acteurs et la construction des décors. Le tournage débute le 29 décembre de la même année, en Grande-Bretagne, aux studios Shepperton puis dans ceux de Borehamwood, non loin du lieu où réside le réalisateur, près de Londres. Personne, ni journaliste ni photographe, ne peut y assister. Stanley Kubrick veut éviter de faire une Série B et s’entoure de conseillers scientifiques et techniques pour les effets spéciaux. Harry Lange est un ancien conseiller de la NASA. Tom Howard reconstruit en studio une savane préhistorique. Wally Veevers construit des maquettes de différentes tailles, dont un bus lunaire de 60 centimètres et la navette Discovery de 16 mètres de long. Des techniques anciennes sont réutilisées, comme l’arrêt sur image, la double exposition ou le « rotoscoped matte » (superposition de dessins sur des images), mis au point par les studios Disney dans les années 30, et de nouvelles sont développées, comme une tireuse optique inventée par Douglas Trumbull.

 

Le monolithe aurait dû être un cube, mais la transparence pose un problème technique de taille et il devient un parallélépipède rectangle noir, probablement inspiré par un motif dans les œuvres du peintre Georges Yatridès. La salle de commande de Discovery nécessite la construction d’un cylindrique rotatif de près de 30 tonnes, et d’un coût de 750.000 $. Plusieurs entreprises américaines, Pan Am, Boeing, Bell Telephone, Chrysler, General Electric ou Whirlpool s’associent au projet par un apport technologique. IBM n’apprécie pas le rôle négatif de l’ordinateur HAL 9000. D’autant que, suite à un malencontreux hasard, il s’avère que les lettres H, A, L sont celles précédant I, B,M dans l’alphabet ! 

 

Les effets spéciaux, la musique

 

Perfectionniste, Stanley Kubrick prend son temps. À la fin des quatre mois de tournage avec les acteurs, commence le travail sur les 205 plans comportant des effets spéciaux. Pendant un an et demi, il mobilise 106 personnes. Le budget est largement dépassé (il atteindra les 10 millions de dollars). La date de sortie du film initialement envisagée, celle de décembre 1966, ne sera pas tenue. Il se murmure que 2001 sera la date de sortie dans les salles !

 

La MGM s’inquiète même si Kubrick leur montre quelques rushes. C’est en décembre 1967 qu’il contacte Alex North pour la bande originale. Le compositeur a déjà travaillé avec lui sur Spartacus. Mais une bien mauvaise surprise l’attend. Pendant l’écriture du scénario, Kubrick et Clarke écoutent le « Carmina Burana » de Carl Orff. Ils sollicitent le compositeur allemand pour qu’il écrive la musique du film. Âgé de 72 ans, celui-ci refuse. Kubrick songe également au groupe Anglais, les Pink Floyd, ils refusent  à leur tour ce qu’ils diront regretter plus tard. En attendant, le réalisateur fait avec ce qu’il a. Au fur et à mesure du montage, il habille les images de musiques classiques existantes : un extrait du ballet Gayaneh d’Aram Khatchatourian, Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss, Le Beau Danube bleu de Johann Strauss, Lux Aeterna, Atmosphère et Requiem de György Ligeti. Un procédé qu’il appliquera sur ses autres films à l’exception de Full Metal Jacket (1987). Bien que malade, Alex North a travaillé de son côté. En janvier 1968, il a déjà composé 40 minutes de musique quand Kubrick lui annonce qu’il renonce à sa collaboration !

 

2001- Stanley Kubrick sur le tournage - Copyright MGM Warner Bros

2001- Stanley Kubrick sur le tournage – Copyright MGM Warner Bros

De la première de 1968 à l’hommage cannois de 2018

 

La première de 2001 : L’Odyssée de l’Espace a lieu à Washington le 2 avril 1968. Un pari est déjà gagné puisque Apollo 8, le premier vaisseau avec des humains à bord mis en orbite autour de la Lune, ne sera lancé que le 21 décembre 1968. Suivent ensuite la présentation à New York le 3, puis à Los Angeles le 4. Les réactions des spectateurs amènent Stanley Kubrick à effectuer quelques coupes en un temps record pour la sortie le 10 avril dans les grandes villes américaines. La durée est ainsi ramenée de 161 à 142 minutes. L’accueil critique aux États-Unis est, dans l’ensemble positif, en dehors d’une partie de la presse new-yorkaise.

 

En France, quand 2001 sort quelques mois plus tard, les avis sont partagées. Mais au box-office, c’est un succès rapide. Le film rapportera près de 57 millions de dollars sur le seul territoire nord-américain. Le roman d’Arthur C. Clark est enfin publié cet été là. Il écrira 2010 qui sera adapté au cinéma par Peter Hyams en 1984. Dans un rare entretien accordé à la presse, au magazine Playboy du mois de septembre, Kubrick déclarera « (…) J’ai tenté de créer une expérience visuelle, qui contourne l’entendement et ses constructions verbales, afin de pénétrer directement l’inconscient avec son contenu émotionnel et philosophique… J’ai voulu que le film soit une expérience intensément subjective qui atteigne le spectateur à un niveau profond de sa conscience juste comme fait la musique (…). Vous avez la liberté de spéculer à votre gré sur la signification philosophique et allégorique du film (…).

 

S’il n’a remporté qu’un Oscar, celui des meilleurs effets spéciaux visuels, 2001 L’Odyssée de l’Espace est aujourd’hui unanimement reconnu comme un chef-d’œuvre du Septième Art, y compris par la majorité de ses premiers détracteurs. De nombreux réalisateurs, et non des moindres, comme George Lucas et Steven Spielberg, puis Christopher Nolan, n’ont jamais caché leur admiration pour le film et sur l’influence qu’il a exercé sur eux.

 

Le 7 mars 2001, 2001 a fait l’objet d’une ressortie dans une version 70 mm d’origine avec un son restauré. En 2010, au Festival de Toronto, deux documentaires ont évoqué l’un et l’autre les 19 minutes d’images coupées par Stanley Kubrick. Elles auraient été retrouvées dans un coffre d’une ancienne mine du Kansas appartenant à la Warner… Il est cependant très peu probable qu’elles figurent dans la version qui sera présentée par Christopher Nolan, le 12 mai prochain au Festival de Cannes, pour célébrer les 50 ans du film.

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Source: CBO Box office