Wednesday, May 30, 2012
 
 

Après le marché européen, StudioCanal pénètre le marché américain

Posted by GGJ On février - 17 - 2011 Commentaires fermés

StudioCanal exerce une influence importante sur le cinéma en France et Europe, par le financement, l’acquisition et la distribution des films. Aujourd’hui, en route pour les César avec 13 nominations pour 4 films, la société s’affirme en parallèle comme un concurrent sérieux sur le marché américain. Tour d’horizon.

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StudioCanal – filiale à 100% de Canal+ Groupe et créée sous ce label en 2000 – produit la même année le second long-métrage de Christophe Gans, Le Pacte des Loups qui a enregistré plus de 5 millions d’entrées en France. La machine est lancée. Très vite la société mise sur de nombreux films qui sont récompensés à Cannes, à Berlin, aux Oscars, à Venise, aux César … (La chambre du fils, Intimité, Le Pianiste, Vera Drake, Je vais bien ne t’en fais pas...). D’autres encore connaissent un gros succès au box-office (Les rivières pourpres 2, Fauteuils d’orchestre, Prête-moi ta main…). Lors de la cérémonie des César, le 25 février prochain, quatre films produits par StudioCanal seront en compétition, avec au total 13 nominations : La Princesse de Montpensier (7), Carlos (3), Bus Palladium (2) et Les émotifs anonymes (1). Avec plus de 10 millions d’entrées et une vingtaine de longs-métrages sortis en France en 2010, StudioCanal se classe 9e parmi l’ensemble des distributeurs et 3e distributeur français après EuropaCorp et Pathé laissant les premiers rangs aux habitués tels Warner Bros, 20th Century Fox et Walt Disney, qui ont réalisé environ 20 millions d’entrées avec le même nombre de films sortis (sources CBO box office et Le Film Français). La réussite ne se dément donc pas et la politique de développement à l’étranger conduit StudioCanal à se trouver en concurrence avec les américains sur le financement d’un film US !

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Lionsgate et StudioCanal concluent un accord pour distribuer mondialement le catalogue DVD de Miramax

Le 11 février 2011, Steve Beeks, Président de Lionsgate, Olivier Courson, Président du Directoire de StudioCanal et Mike Lang, Président de Miramax suite à la vente du studio par Disney (lire notre article) ont annoncé officiellement la création d’un accord de distribution mondiale en ‘Home Entertainment’. Il portera sur plus 550 titres (dont Shakespeare in Love, Le patient anglais, Pulp Fiction, Trainspotting et Will Hunting) issus du catalogue Miramax, via les supports suivants : DVD, Blu-ray, EST/Vidéo à la Demande (VOD) sur internet et VOD sur le câble. Cet accord confirme StudioCanal en leader pour la distribution des titres au Royaume Uni et en Europe et accroît un partenariat existant depuis 2007 avec Lionsgate, qui distribue le catalogue StudioCanal aux Etats-Unis. Le studio hollywoodien de son côté, possède maintenant l’un des plus grands et des plus prestigieux catalogues de l’industrie du divertissement avec approximativement 13 000 titres de films et d’épisodes de télévision.

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StudioCanal et Universal Pictures ont, de leur côté, renouvelé en juillet 2010 les accords de distribution de leurs titres respectifs, initiés en 2008 par le biais d’une structure commune ‘Universal StudioCanal Video GIE’, pour les films Robin des Bois, l’Amour c’est mieux à deux, l’Arnacoeur, Moi, Moche et Méchant, Le Voyage Extraordinaire de Samy. Cependant les deux sociétés sont déjà liées depuis 1999, par le studio britannique Working Title. Cette année-là, Universal rachète cette société majeure européenne et s’associe au studio français pour cofinancer et distribuer leurs films (Good Morning England, Burn After Reading, Le Journal de Bridget Jones, A Serious Man, Hot Fuzz …).

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StudioCanal s’impose au 61e Festival du Film de Berlin

La firme a proposé les dernières productions de Working Title au Marché du Film Européen pendant la Berlinale du 11 au 20 février : le film d’espionnage de Tomas Alfredson, Tinker, Taylor, Soldier, Spy, adapté du roman éponyme de John Le Carré, avec Colin Firth et Gary Oldman, et le premier film en tant que réalisateur du scénariste Joe Cornish, Attack the Block, avec Nick Frost et Jodie Wittaker, produit par Big Talk, Channel 4 et Optimum Releasing. Voir le Line-up

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Par ailleurs, StudioCanal s’est associé à Mark Cuban et Todd Wagner (2929 Entertainment) et Gary Levinsohn (Mutual Film Co) pour produire Blackbird, le prochain film de l’autrichien Stefan Ruzowitzky, oscar du meilleur film étranger en 2007 pour Counterfeiters (Les Faussaires). La société française distribuera le long métrage en France, au Royaume Uni via sa filiale Optimum Releasing, et en Allemagne via sa filiale Kinowelt et revendra également les droits à d’autres pays du monde (source Variety). Cette acquisition s’inscrit dans la stratégie axée sur l’accès à des projets de qualité, qui est une des priorités de production de StudioCanal et porte sur des films dont les budgets s’élèvent à plus de 30M$. Pour la première fois, sa politique de croissance et d’expansion internationale, a conduit StudioCanal à pénétrer le marché hollywoodien, pré carré des américains. A ce sujet, Gary Levinsohn, cofondateur de Mutual, déclare : « En tant que producteur, rien ne me fait plus plaisir que de voir un distributeur tel que StudioCanal, être aussi offensif pour acquérir à la fois les droits de distribution sur son propre territoire et investir dans les droits pour le reste du monde ».

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Le tournage de Blackbird, au budget de 25M$, démarrera au début du mois de mars à Montréal sur un scénario original de Zach Dean, qui mélangera action, drame et romance, selon le cinéaste. Il réunira Eric Bana (Hulk) et Olivia Wilde (Tron L’Héritage), un frère et une sœur en fuite après le braquage d’un casino et qui vont rencontrer un jeune boxeur (Charlie Hunnam) tout juste sorti de prison. Sissy Spacek et Kris Kristofferson interprèteront les parents du boxeur. Blackbird devrait sortir sur les écrans américains au premier trimestre 2012.

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Toujours dans le cadre de la Berlinale, StudioCanal a acquis les droits de distribution en France de Bel Ami, film adapté du roman éponyme de Guy de Maupassant avec Robert Pattinson, Uma Thurman, Kristin Scott Thomas et Christina Ricci. Le film devrait être présenté à Cannes ou à Venise.

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Production cinématographique  française : retour du monopole de Canal +

De récents évènements sur le marché français, passés presque inaperçus, ont changé la donne pour les producteurs. Lors de la conférence de presse commune tenue le mercredi 19 janvier 2011, Stéphane Richard, Directeur Général d’Orange (marque phare de France Telecom SA) et Bertrand Meheut, Président du groupe Canal+, ont annoncé la fusion de leurs chaînes de télévision cinéma ‘Orange cinéma séries’ et ‘TPS Star’. La nouvelle chaîne créée, ‘Orange Ciné Star’, est détenue à 50/50 par les deux partenaires et la gouvernance sera assurée à parité. Mais cette fusion risque d’avoir des conséquences sur le financement des films français, le Groupe Canal+ étant, comme cet article le relate, un acteur majeur dans le cinéma national et européen via sa filiale ‘Studiocanal’. Dans l’hexagone, les antennes sont tenues d’investir dans la production cinématographique afin de bénéficier gratuitement du réseau hertzien. L’arrivée de TPS dans le paysage audiovisuel de 1996 à 2007, puis celle d’Orange en 2008 permettaient donc aux producteurs de faire jouer une saine concurrence. Or selon le Nouvel Obs.com, avec cette fusion Canal+ explique qu’il va changer sa façon de produire, car il en a assez des gaspillages et des films inutiles, et mettra moins d’argent dans le système. Cela laisse présager un nombre de longs-métrages revu à la baisse et des grosses productions qui risquent d’avoir plus de tracas à boucler leurs budgets.

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Par ailleurs, StudioCanal – qui a semble-t-il une volonté d’omniprésence – innove concernant la VOD et devient partenaire d’expositions événements. Il offre depuis septembre 2010, un sous-titrage destiné aux sourds et malentendants, adapté à tous les films français diffusés à la demande. Pour l’instant, deux titres ont été proposés (L’Amour, c’est mieux à deux, Tête en Friche) et le concept sera applicable à terme sur l’ensemble du catalogue. Enfin, après ‘Brune, Blonde’ et la vente du coffret DVD, l’exposition ‘Kubrick’ bénéficiera du mécénat du studio français (lire notre article), toujours à la Cinémathèque de Paris.

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Par GGJ

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  3. 2011, l’odyssée de Kubrick
  4. Kubrick/Brune Blonde : deux expos événements à la Cinémathèque Française

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Reboot, prequel, remake : grand lifting à Hollywood !

Posted by nathalie dassa On août - 4 - 2010 Commentaires fermés

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Hollywood est entré dans l’ère du lifting de tous les grands succès interplanétaires des décennies précédentes triomphantes. Focus sur la folie des REBOOT, PREQUEL, REMAKE… pour tenter de s’y retrouver !

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Si le phénomène du remake et du sequel (ou séquelle) n’est pas nouveau, leur forte concentration aujourd’hui en est presque exaspérante ; de plus, depuis les années 2000, le reboot et le prequel (ou préquelle) envahissent également le paysage cinématographique. Pourtant cette prolifération encore bien bordélique pour tout le monde (il faut le dire) démontre la tendance boulimique des enjeux économiques des majors hollywoodiennes.

  1. reboot (Spider-Man, The Crow…)
  2. prequel (Alien, La Planète des Singes…)
  3. remake (Footloose, L’arnacoeur, LOL, Conan le Barbare…)
  4. sequel (Ghost Rider 2, Men in Black 3…)
  5. cross-over (Freddy vs Jason, Alien vs Predators, La ligue des gentlemen extraordinaires)
  6. spin-off (Elektra)
  7. et autres démontages de films !

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Depuis le début de l’année 2010, les projets sont annoncés les uns après les autres dans une cadence frénétique en vue de relancer des films à grands succès afin de toucher les nouvelles générations. Hollywood semble vouloir revivre ses « gloires » passées. Dans certains cas, les studios n’attendent même plus qu’une franchise ait une durée de vie de plus de dix ans (projet Jason Bourne en reboot ou en prequel).

L’industrie du cinéma hollywoodien use de la stratégie d’un système de rentabilité à moindre risque. Entre racheter les droits d’un ancien long-métrage dans des catalogues longs comme le bras, reprendre les ingrédients d’un film à succès avec un scénario remodelé sans profondeur, intégrer les récentes technologies de pointe et mettre des stars bankable, l’investissement financier est soi-disant plus rentable que le lancement d’une création originale qui ne garantit pas la réussite au box-office.

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Les producteurs ont donc trouvé le bon filon avec le prequel, dont l’univers antérieur va expliquer l’action qui se développe dans la franchise (projet Alien) et le reboot qui la fait repartir à zéro lorsque celle-ci s’essouffle ou se plante. L’un des premiers à avoir lancé la tendance du style reboot en titillant le prequel est le talentueux Christopher Nolan avec Batman Begins en 2005 où il revisitait les origines de l’homme chauve-souris. Le cinéaste a d’ailleurs atteint la consécration trois ans plus tard avec The Dark Knight : Le Chevalier Noir en franchissant la barre du milliard au box-office mondial. Ont suivi Casino Royale de Martin Campbell (2006) avec Daniel Craig et Eva Green ou encore L’incroyable Hulk de Louis Leterrier (2008) de la version d’Ang Lee en 2003… (lire cet article sur le reboot).

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D’ailleurs, les films à vocation d’être liftés proviennent souvent du cinéma fantastique et de science-fiction, suivis de près par les films d’animation et d’action/aventure. De plus, nombreux sont ceux qui entrent au panthéon des plus grands succès au box-office mondial de tous les temps : Avatar, The Lord of the Rings, Pirates des Caraïbes, The Dark Knight, Harry Potter, L’Age de glace, Star Wars, Spiderman, Shrek, Nemo, Le roi lion, ET

Ces résultats ne peuvent donc qu’entretenir les rêves des producteurs et exciter les portefeuilles d’investissement. Certains mêmes sont déjà des remakes ou des suites ou des entre-deux indescriptibles, tandis que d’autres sortent tout droit de Platinum Dunes de Michael Bay, le spécialiste des reprises de qualité de plus en plus foireuse, de films d’horreur cultes (A nightmare on Elm Street, Vendredi 13) qui ont marqué la génération des 30/40 ans.

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Le remake du Dîner de cons de Francis Veber, sorti aux US le 30 juil 2010 a déjà engendré 23,3M$ de recette en première semaine. Ce remake sous le nom de "The Dinner" sort en salles françaises le 1er décembre

Peut-on en conclure pour autant que les américains manquent sérieusement d’inspiration et d’idées aujourd’hui ? Oui et non.

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Oui car visiblement Hollywood est incapable de savoir comment attirer le public dans les salles obscures autrement qu’en proposant un produit connu ou en présentant des films récupérés de l’autre côté de l’atlantique : les films français en tête (Le Dîner de cons, Plein Soleil « Le talentueux Mr Ripley » et en projet LOL, L’arnacoeur, Bienvenue chez les Ch’tis…), suivis par les asiatiques (Infernal Affairs, Ring, Dark Water, Grudge…) et les espagnols (REC, Ouvre les yeux…)… Ces films, qui ont explosé au box-office dans leur pays, sont moins ou pour ainsi dire pas connus du public américain et deviennent alors à ses yeux des œuvres originale (lire cet article des remakes dans l’Express).

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Et non car au milieu de cette frénésie de refaire du neuf avec du vieux de différentes façons possibles, Hollywood produit et sort encore régulièrement des chefs d’œuvre avec des scénarios blindés : en fiction (Inception), en animation (Toy Story 3) et en séries TV (Mad Men, Dexter, 24h, Lost…). De plus certaines reprises sont de belles réussites telles La colline a des yeux d’Alexandre Aja ou encore Assaut sur le central 13 de Jean-François Richet…

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Découvrez ci-dessous un petit condensé des projets en REBOOT, PREQUEL, REMAKE… dans les tuyaux hollywoodiens pour tenter de s’y retrouver ! Cette liste n’est bien évidemment pas exhaustive et sera mise à jour régulièrement…

  1. => Reboot : films en projet
  2. => Prequel : films en projet
  3. => Remake : films en projet

Remake : films en projet

Posted by nathalie dassa On août - 4 - 2010 Commentaires fermés

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Petit condensé des projets en REMAKE dans les tuyaux hollywoodiens pour tenter de s’y retrouver ! Cette liste n’est bien évidemment pas exhaustive et sera mise à jour régulièrement…

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Lire le dossier

  1. => Article intro // Reboot, prequel, remake : grand lifting à Hollywood !
  2. => Reboot : films en projet
  3. => Prequel : films en projet

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Premiers clichés du remake de LOL de Lisa Azuelos avec Demi Moore et Miley Cyrus

LOL de Lisa Azuelos

Après avoir conquis l’hexagone avec près de 3,5 millions de spectateurs, LOL (Loughing Out Loud), comédie romantique sur l’adolescence de Lisa Azuelos, sorti en mai 2009, serait dans les tuyaux américains pour un remake fraîchement confectionné par la cinéaste française elle-même. Selon la presse américaine, Lisa Azuelos aurait rencontré l’actrice et productrice Demi Moore à Los Angeles, très impatiente avec Miley Cyrus (Hannah Montana) de reprendre les rôles respectifs de Sophie Marceau et de Christa Theret.

Aux dernières nouvelles, LOL avance rapidement niveau casting. Gina Gershon (Cocktail, Bound) vient de signer, suivie par Ashley Greene (Twilight), Fisher Stevens (Lost), Ashley Hinshaw (Gossip Girl), George Finn (How i met your mother), Thomas Jane (Hung)….Aucun studio n’est encore associé au projet.

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L’arnacoeur

Autre grand succès français, la comédie romantique pétillante de Pascal Chaumeil avec Vanessa Paradis et Romain Duris, sortie sur les écrans en mars 2010 cumulant plus de 3,6 millions d’entrées en France, va avoir droit légitimement à son remake américain, les droits ayant été achetés par Working Title (Coup de foudre à Nothing Hill).

Selon Première, Jeremy Doner – l’un des auteurs de la série Damages – se chargerait de l’écriture de Heartbreaker. Pour l’instant, pas de réalisateur ni d’acteur affilié au projet.

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Steve Carell

Bienvenue chez les Ch’tis

Bien évidemment, personne n’est passé à côté de l’information. Le plus gros succès français avec plus de 20 millions d’entrées aura son adaptation américaine, dont l’action se déroulera dans le Dakota du Nord.

Le rôle interprété par Danny Boon sera repris par Steve Carell (Crazy Night, Bruce tout puissant, Dinner for Schmucks).

Pour mémoire, les droits du film, rebaptisé Welcome to the Sticks, ont été achetés auprès de Pathé International par Warner Bros et Overbrook Entertainment, société de production de Will Smith.

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Kevin Bacon - Footloose

Footloose de Craig Brewer

Le teen movie musical culte de 1984 du réalisateur Herbert Ross, qui a révélé à l’international Kevin Bacon aux côtés de John Lithgow, Lori Singer, Dianne West, Sarah Jessica Parker et feu Chris Penn et qui a fait danser toute une génération, adepte des musiques thèmes de Kenny Loggins (Top Gun, Over the Top), prend place dans la tambouille des remakes américains.

Paramount a confié la réalisation et le scénario à Craig Brewer (Black Snake Moan avec Samuel L. Jackson et Christina Ricci) pour redonner de la voix, 20 ans plus tard à cet adolescent révolté amateur de rock dans une ville où la danse est interdite.

Le personnage de Ren McCormack, incarné par Kevin Bacon, devait être endossé par Zac Efron, ensuite par Chace Crawford (High school musical) puis plus rien. Reuters annonce que le rôle serait maintenant proposé à Kenny Wormald, danseur professionnel américain de 26 ans.

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Total Recall de Len Wiseman

Columbia Pictures a annoncé que Len Wiseman – ancien spécialiste FX et réalisateur des trois volets Underworld et de Die Hard 4 – dirigerait la nouvelle version de Total Recall, dont le scénario serait écrit par Kurt Wimmer (scénariste de Sphère et réalisateur d’Equilibrium).

Aucune annonce sur les successeurs de Schwarzie et de Sharon Stone pour le moment.

Avec un budget de 65 millions de dollars, Total Recall, adapté de la nouvelle We can Remember it for You Wholesale de Philip K. Dick, fut porté à l’écran par le réalisateur néerlandais Paul Verhoeven (Starship Troopers, Basic Instinct) en 1990 avec une BO signée Jerry Goldsmith (à l’écoute sur Deezer) et avait engendré plus de 2 millions d’entrées en France et plus de 260 millions de dollars de recette mondiale.

ACTUALISÉ : Total Recall : Colin Farrell dans la peau de Douglas Quaid

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Judge Dredd de Pete Travis

Le projet a été confié au réalisateur Pete Travis (Angles d’attaque, Endgame), avec au scénario, Alex Garland (28 jours plus tard et Sunshine de Danny Boyle). Selon ComingSoon, les producteurs du film, Andrew MacDonald et Allon Reich, ont confirmé que l’acteur néo-zélandais Karl Urban (également au casting du prochain Star Trek) sera le nouveau Judge Dredd « I am the law ».

Le tournage devrait débuter à Johannesburg en Afrique du Sud. La nouvelle version devrait être tournée en 3D.

Judge Dredd de Danny Cannon est sorti en 1995, adapté du comic éponyme crée par John Wagner et Carlos Ezquerra, qui furent également coscénaristes en charge des personnages de cette première version cinématographique. Après avoir été accusé d’avoir tué un journaliste, le juge Dredd (Stallone) doit prouver son innocence dans cette société futuriste où il était chargé de faire respecter la loi.

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Breck Eisner

Escape from New York de Breck Eisner

Le projet est dans les tuyaux de la New Line depuis deux ans. Les infos se dévoilent un peu plus dans la presse américaine aujourd’hui. La réalisation devrait se faire sous la direction de Breck Eisner (remake The Crazies de George A. Romero) – qui devrait également prendre en main Flash Gordon – avec au scénario Allan Loeb (Wall Street : l’argent ne dort jamais).

L’un des candidats pressentis pour le rôle de Snake Plissken  avait été un temps l’acteur Gerard Butler (300, l’abominable vérité) et devrait revenir à Timothy Olyphant (Scream 2, The Crazies, Die Hard 4), mais rien n’est encore confirmé. Aux dernières nouvelles lors d’une interview accordée à Comingsoon, le réalisateur indique que « la prison sera très différente de la version de Carpenter » et que « l’anxiété du monde, en particulier celle de Manhattan du post 11 septembre, sera là » et qu’il devrait également garder le costume et les traits de caractère bien bad-ass de Snake « I thought you were dead » (Je te croyais mort).

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Flash gordon de Mike Hodges (1980)

Flash Gordon de Breck Eisner

Breck Eisner devrait se charger de porter à l’écran Flash Gordon en 3D. Le film sera plutôt adapté de la BD originale créée par Alex Raymond en 1934, que des 5 longs-métrages qui ont été réalisés, ou encore des versions TV et autres séries d’animations.

Le plus connu est de Mike Hodges sorti en 1980 avec une BO signée du groupe Queen.

Les scénaristes Matt Sazama et Burk Sharpless, embauchés par les studios Sony, planchent sur le scénario.

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Pierre Morel

Dune de Pierre Morel

Après le carton de Taken sorti en 2008, coécrit avec Luc Besson et produit par EuropaCorp, le studio Paramount a décidé de confier la réalisation de la nouvelle adaptation de Dune au réalisateur français Pierre Morel.

D’après le chef d’œuvre de 1965 de science-fiction fragmenté en plusieurs parties de Frank Herbert, Dune a été porté à l’écran par David Lynch en 1984 avec Kyle Maclachlan, Sean Young, Sting, Max von Sydow et une BO signée Toto.

Dans la version prévue pour 2012, les producteurs Kevin Misher et Richard Rubinstein ont recruté Chase Palmer pour retravailler le scénario au plus près de l’œuvre originale.

Pour l’anecdote, avant l’adaptation de Lynch, Alejandro Jodorowsky (El Topo, La montagne sacrée) avait en projet ce film avec à la direction artistique Moebius et H.R Giger (créateur d’Alien), aux décors Salvador Dali et à la bande-son les Pink Floyd. Autant dire une tuerie cinématographique, mais qui a tourné court dans les années 70.

ACTUALISÉ : Paramount et Dune, c’est fini

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Commando de David Ayer

La 20th Century Fox prépare un remake de Commando. Les majors hollywoodiennes se sont mises d’accord pour reprendre un à un les films cultes des années 80 de la filmographie de Schwarzenegger, car elles n’ont plus aucune inspiration !

25 ans plus tard, le film est en préparation, avec à l’écriture et à la réalisation, l’ancien officier de marine David Ayer, qui a signé le scénario de U-571 en 2000 et de Training Day en 2001. On ne sait pas encore qui sera l’Action Man pour reprendre le rôle de l’ex commando d’élite, le colonel John Matrix, pour sauver à nouveau sa fille, kidnappée par son ancien ennemi, le général Arius.

Selon Deadline Hollywood, David Ayer « souhaiterait un personnage moins bodybuildé, plus porté sur l’infiltration tactique avec un armement adéquat ». Commando de Mark L. Lester, sorti en 1985, est considéré comme un véritable nanar musclé teinté d’humour.

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Conan 2011 - image officielle - Jason Momoa aka Conan

Conan le barbare de Marcus Nipel

Après les remakes annoncés de Total Recall, Commando et la suite de Predator, c’est le énième film culte de Schwarzie revu par les majors. Conan le barbare a donné lieu à une adaptation cinématographique en 1982, sous la direction de John Milius (producteur de la série Rome, scénariste d’Apocalypse Now, L’inspecteur Harry, Les dents de la mer), coécrit avec Oliver Stone et produit par Dino de Laurentis.

30 ans plus tard, le personnage de fiction crée par Robert R. Howard en 1932, reprendra corps avec au scénario Thomas Dean Donnelly, Joshua Oppenheimer et Sean Hood sous la houlette de Marcus Nipel (Pathfinder). Il signera ainsi son troisième remake après Massacre à la tronçonneuse en 2004 et Vendredi 13 en 2009.

Le successeur de Schwarzie est Jason Momoa (Stargate Atlantis) qui tiendra l’affiche avec l’incroyable « gueule » Ron Perlman (L’ultime souper, Au nom de la rose, La guerre du feu) dans le rôle du Corin, père de Conan et Rose McGowan (Planète terreur, Boulevard de la mort).

Programmé sur les écrans pour 2011, le tournage a apparemment déjà débuté. La nouvelle version, produite par Lionsgate, Millenium Films, Nu Images et Paradox Entertainment, racontera les « aventures de Conan à travers le continent d’Hyboria dans une quête pour venger l’assassinat de son père et le massacre des habitants de son village ».

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Vampire vous avez dit vampire ? (Fright Night) de Craig Gillepsie

DreamWorks a racheté les droits auprès du studio Screen Gems, pour tourner en 3D le remake du cultissime Fright Night à l’esprit potache de Tom Holland (Chucky : jeu d’enfant), sorti dans les années 80, avec le suceur de sang so sexy, Chris Sarandon, sur une BO signée Brad Fiedel (Terminator). Ce projet n’est pas nouveau et avance doucement.

Les studios ont confié la direction à Craig Gillespie (Une fiancée pas comme les autres) avec à l’écriture, la scénariste Marti Noxon (Buffy contre les vampires, Mad Men). Au casting, Anton Yelchin (Alpha Dog, Terminator Renaissance) incarnera Charley Brewster, Colin Farrell (Phone Game, La recrue) deviendra le voisin mystérieux et séducteur et Toni Colette (Little Miss Sunshine, Le sixième Sens) campera la mère de ce jeune tueur de vampire. On ne sait pas encore qui sera engagé pour endosser le costume de Peter Vincent, le grand tueur de vampire, interprété par Roddy McDowall (La planète des Singes). Fright Night suivait les aventures de Charley Brewster découvrant qu’un vampire a élu domicile près de chez lui. L’adolescent engage alors Peter Vincent, un présentateur de films d’horreur pour tuer le monstre.

MISE À JOUR mai 2011 : Trailer du remake de Fright Night de Craig Gillespie

 

 


Reboot : films en projet

Posted by nathalie dassa On août - 4 - 2010 Commentaires fermés

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Petit condensé des projets en REBOOT dans les tuyaux hollywoodiens pour tenter de s’y retrouver ! Cette liste n’est bien évidemment pas exhaustive et sera mise à jour régulièrement…

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Lire le dossier

  1. => Article intro // Reboot, prequel, remake : grand lifting à Hollywood !
  2. => Prequel : films en projet
  3. => Remake : films en projet

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Nick Cave

The Crow de Stephen Norrington

D’après le comic culte de James O’Barr publié en 1989, The Crow prévu en 2011 est tiré de l’adaptation d’Alex Proyas (Dark City, I, Robot) sorti en 1994, avec à l’époque Brandon Lee dans le rôle-titre, décédé d’une balle à « blanc » durant le tournage. Le film de Proyas a eu plusieurs suites avec Vincent Perez en 1996, Eric Mabius (Ugly Betty) en 2000 et Edward Furlong (American history X) en 2005. Le producteur du reboot, Edward R. Pressman aurait fait appel à Nick Cave pour reprendre le scénario, initialement écrit par le cinéaste Stephen Norrington (Blade, La ligue des gentlemen extraordinaires), connu d’abord pour son travail sur les effets spéciaux d’Aliens et d’Alien 3. Compositeur de nombreux films (L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, Sin Nombre, La route), Nick Cave est également l’auteur de deux scénarios de John Hillcoat (Ghosts of the civil war et The Proposition). Dans une interview accordée à MTV News, Pressman annonce que Norrington souhaite « revenir aux sources de la BD originale où le Corbeau doué de personnalité est un personnage à part entière ».

ACTUALISÉ : The Crow ressuscite avec le réalisateur de 28 semaines plus tard / Les frères Weinstein font barrage au reboot de The Crow

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Spider-Man de Marc Webb

Après de nombreux désaccords entre Sam Raimi (les trois volets de Spider-Man, Evil Dead, Jusqu’en enfer) et Sony Pictures, le reboot de ce qui devait être Spider-Man 4 devrait débuter son tournage en 3D à la fin de l’année, sous la direction de Marc Webb (500 jours ensemble), avec toujours à la production Laura Ziskin et Avi Arad, d’après un scénario de James Vanderbilt (scénariste de Zodiac et de X Men Origins : Wolverine). L’acteur britannique Andrew Garfield (trilogie The Red Riding, Boy A, The Social Network sorti en salles le 13 octobre 2010) succède à Tobey Maguire en endossant le costume de Peter Parker, l’homme araignée.

Aux dernières nouvelles, après le refus de Michael Fassbender – qui a préféré accepter le personnage de Magneto dans le prochain X-Men : First Class de Matthew Vaughn - Christoph Waltz (oscarisé Meilleure Acteur dans un second rôle dans Inglourious Basterds) aurait également décliné ma proposition du studio pour incarner le lézard, le Dr Curt Connors.

La sortie de Spider-Man est programmée pour le moment en juillet 2012. Les trois premiers opus de la saga ont engrangé près de 2,5 milliards de dollars de recette mondiale.

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Daredevil 2.0

Adapté du comic de Stan Lee en 1964, Daredevil écrit et réalisé par Mark Steven Johnson (Ghost Rider) fut un échec cuisant lors de sa sortie en 2003. Le director’s cut rattrapa modérément, mais le spin-off Elektra de Rob Bowman en 2005 avec Jennifer Garner brisa les possibilités de projets futurs.

Selon Deadline Hollywood, les studios américains – en l’occurrence ici la 20th Century Fox – doivent constamment réinventer les super héros franchisés Marvel pour ne pas perdre leurs personnages au profit de Disney, qui a acquis les droits des comics books Marvel.

Pour l’instant aucune annonce sur le réalisateur et le successeur du justicier aveugle en costume rouge incarné à l’époque par Ben Affleck. L’écriture du reboot est confiée à David Scarpa (Le jour où la terre s’arrêta).

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Fantastic Four Reborn

Toujours produit par la Fox avec Akiva Goldsman aux commandes (scénariste de Batman Forever, Batman & Robin, I, Robot et producteur de Je suis une légende), Les 4 fantastiques devrait subir un ravalement de façade avec un nouveau casting et repartir à zéro sur des bases plus solides et moins puériles que les deux premiers volets réalisés par Tim Story en 2005 et 2007 avec dans les rôles principaux Loan Gruffudd, Jessica Alba, Chris Evans et Michael Chiklis.

L’écriture du scénario est confiée à Michael Green, coscénariste de Green Lantern en préparation et producteur sur Smallville et Heroes.

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Police Academy

Sorti sur dix ans, entre 1984 et 1994, la saga Police Academy compte 7 longs-métrages avec un réalisateur différent par opus et a engendré plus de 200 millions de dollars de recette mondiale, produit à l’époque par Ladd Compagnie et Warner Bros.

Aux dernières nouvelles, New Line est à l’origine de l’idée du reboot et c’est Paul Maslansky, producteur de la saga originale, qui a officialisé la nouvelle, avec l’intention de garder le score musical original et de faire revenir certains acteurs qui ont marqué le succès des films.

Aucune annonce pour l’instant sur le réalisateur ou le scénariste de cette nouvelle mouture.

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Michael Bay

Les tortues Ninja

Selon Deadline Hollywood (1) et (2), Paramount et Nickelodeon – qui a acquis les droits de la franchise Tortues Ninja pour la somme de 60 millions de dollars – se sont associés à Platinum Dunes de Michael Bay afin de relancer le projet d’un film live des Tortues Ninja.

La saga de trois longs-métrages est sortie pendant les années 90 produite par New Line, tirée des dessins animés apparus à la télévision dès 1987, eux-mêmes adaptés de la BD culte de Kevin Eastman et Peter Laird en 1984. Deux films d’animation sont également sortis sur grands écrans.

Aucune annonce à ce jour sur le futur réalisateur de projet de reboot ou de remake, telle est la question.

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Godzilla

Selon The Wrap, Warner Bros et Legendary Pictures (Batman Begins, The Dark Knight) ont l’intention de lancer le projet reboot de Godzilla, dont le remake américain réalisé par Roland Emmerich (Le jour d’après, 10 000, 2012) en 1998 avec Mathew Broderick et Jean Reno, d’après la version originale de 1954 créée par les studios Toho, fut un bide critique et public.

Warner et Legendary Pictures sont à la recherche d’un réalisateur pour mettre au point « un retour glorieux et surprenant du lézard géant », qui a à son actif plus d’une trentaine de versions cinématographiques ainsi que des jeux vidéo.


Prequel : films en projet

Posted by nathalie dassa On août - 4 - 2010 Commentaires fermés

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Petit condensé des projets en PREQUEL dans les tuyaux hollywoodiens pour tenter de s’y retrouver ! Cette liste n’est bien évidemment pas exhaustive et sera mise à jour régulièrement…

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Lire le dossier

  1. => Article intro // Reboot, prequel, remake : grand lifting à Hollywood !
  2. => Reboot : films en projet
  3. => Remake : films en projet

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Alien de Ridley Scott

Dans le pipe depuis au moins deux ans, la 20th Century Fox a décidé de mettre en œuvre le prequel de la saga d’Alien et d’expliquer l’univers du « huitième passager » avant l’arrivée de la plus grande héroïne féminine de fiction de tous les temps, le lieutenant Ellen J. Ripley, créée par l’excellent scénariste Dan O’Bannon, décédé le 17 décembre 2009. Au scénario, Damon Lindelof (l’un des créateurs de Lost) aurait été engagé par la major pour la réécriture de la première mouture de Jon Spaith. Il travaille en parallèle sur le sequel de Star Trek de JJ Abrams avec Alex Kutzman et Roberto Orci (Fringe).

Ridley Scott – qui a signé le premier opus en 1979 – est attaché au projet pour la réalisation mais rien n’est encore signé. Il planche sur plusieurs autres sujets : Gucci, The Passage ainsi que The Wolf of Wall Street avec Leonardo DiCaprio, produit par Martin Scorsese et Scott Free… (source Deadline). Pour info, le coffret Alien Anthology : 6 Blu-ray – Edition collector limitée devrait sortir le 27 octobre 2010

ACTUALISÉ : Quand le prequel d’Alien devient ‘Prometheus’ /  Ridley Scott retrouve H.R. Giger pour le prequel d’Alien

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La Planète des singes de Ruper Wyatt

La 20th Century Fox ajoute un autre prequel à la liste des films annoncés. La Planète des singes, inspiré du roman français de Pierre Boulle paru en 1963, baptisé pour le moment Rise of the Apes, racontera comment les singes (dont les personnages de synthèse seront créés par Motion Capture) ont pris le pouvoir sur les hommes.

Sous la direction du réalisateur Rupert Wyatt (Ultime évasion), le scénario sera écrit par Amanda Silver et Rick Jaffa (La main sur le berceau). Parmi les seconds rôles, on retrouvera l’actrice indienne Freida Pinto (Slumdog Millionnaire), John Lithgow (L’esprit de Caïn), Brian Cox (Zodiac) et dans le rôle principal du jeune scientifique, James Franco (Spider-Man). L’acteur britannique Andy Serkis, connu pour avoir prêté son corps à Gollum dans Le Seigneur des Anneaux et au Gorille dans King Kong (tous deux réalisés par Peter Jackson), restituera les gestes du singe Caesar. La section Weta Digital du studio de postproduction Weta fondé par Peter Jackson, prend en charge les effets spéciaux. La sortie est prévue pour le moment en juin 2011.

Pour rappel, l’adaptation cinématographique de La Planète des singes a connu 7 volets depuis 1968 avec Charlton Heston, dont le dernier, réalisé par Tim Burton en 2001 avec Mark Wahlberg, Tim Roth et Helena Bonham Carter, a engendré près de 360 millions de dollars dans le monde.

RÉACTUALISÉ : Trailer de Rise of the Planet of the Apes de Rupert Wyatt

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X-Men : First Class de Matthew Vaughn

Le projet du nouvel opus X-Men de la 20th Century Fox s’étoffe rapidement, sous la direction de Matthew Vaughn (Kick Ass) avec au casting un face à face entre l’écossais James McAvoy (Le dernier roi d’Ecosse) en Charles Xavier/Professeur X et l’anglais Michael Fassbender (Hunger, Fish Tank) en Erik Lensherr/Magneto.

Ils partageront l’affiche avec Edi Gathegi (Twilight 1 et 2), Rosemund Pike (La faille), Alice Eve (Droit de passage), Nicholas Hoult (Le choc des Titans)… Bryan Singer (réalisateur des deux premiers volets) ainsi que Stan Lee, cocréateur avec Jack Kirby des personnages des comics X-men de Marvel, sont aux commandes de la production.Quant à l’écriture du scénario, confiée à Jamie Moss, Josh Schwartz et Jane Goldman, elle devrait subir des modifications. Selon L.A Times, des scènes ressemblent fortement à certaines du dernier long-métrage de Christopher Nolan, Inception. Le projet X-Men Origins : Magnéto devrait être inclus dans le film. X-Men : First Class est programmé pour l’instant en juin 2011. Il suivra les jeunes années des X-Men, notamment de Charles Xavier/Professeur X et Erik Lensherr/Magneto – deux amis en pleine découverte de leurs pouvoirs – avant qu’ils n’endossent les identités de Professeur X et de Magneto et ne deviennent des ennemis.

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Rambo

Aux dernières nouvelles lors de sa promo sur The Expendables : unité spéciale écrit et réalisé par Stallone (en salles le 18 août), l’acteur a annoncé envisager de tourner un prequel de la Saga Rambo. Rien n’est encore décidé, excepté que le projet Rambo 5, lancé début 2009, est tombé à l’eau.

Pour rappel, John Rambo – personnage de fiction crée par David Morell dans son roman First Blood – a été porté à l’écran par Ted Kotcheff en 1982 et a donné lieu a trois suites, dont le quatrième opus John Rambo, sorti en 2008, a été coécrit et réalisé par Sylvester Stallone.

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The Bourne Legacy

Adaptés de la trilogie de Robert Ludlum, décédé en 2001, les films portés à l’écran, dont les deux derniers volets (La mort dans la peau, La vengeance dans la peau) réalisés par Paul Greengrass (Green Zone également avec Matt Damon), ont été le plus gros succès de la filmographie de Matt Damon.

Le cinéaste fétiche de l’acteur n’avait pas l’intention de replonger dans Bourne 4 sans un scénario béton. Il n’a pas fallu longtemps pour que l’acteur ne décide de se retirer. Sauf que Universal Studio a quand même décidé de lancer l’écriture sans leur accord, toujours avec Tony Gilroy (scénariste de la série Jason Bourne, Dolores Clayborne, L’échange) avec un autre duo acteur/réalisateur sous la forme d’un prequel ou d’un reboot.

ACTUALISÉ : Tony Gilroy dirigera Bourne 4 / ‘The Bourne Legacy’ ou comment faire du Bourne Sans Damon

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Le magicien d’Oz de Sam Raimi

Selon Deadline Hollywood, Sam Raimi aurait conclu un accord avec Disney pour réaliser un prequel en 3D du Magicien d’Oz, intitulé pour le moment Oz, the Great and Powerful.

Porté à l’écran en 1939 par Victor Fleming (Autant on emporte le vent, Dr Jekyll et Mr Hyde), d’après le roman de L. Frank Baum sorti en 1900, le prequel de Sam Raimi serait tourné avec l’acteur Robert Downey Jr, mais rien n’est encore signé.

ACTUALISÉ : Sam Raimi en route pour Oz avec les Studios Disney / Le casting s’étoffe au pays d’Oz de Sam Raimi avec Mila Kunis

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Matthijs van Heijningen Jr

The Thing de Matthijs van Heijningen Jr.

Le tournage du prequel du remake de John Carpenter sorti en 1982, tiré de la version originale La Chose d’un autre monde de Christian Nyby en 1951, elle–même inspirée de la nouvelle Who goes there de John W. Campbell, a déjà commencé son tournage. Les producteurs de Universal – Marc Abraham et Eric Newman (L’armée des morts, Les fils de l’homme) – ont choisi un réalisateur venu de la pub, Matthijs van Heijningen Jr. qui signe ici son premier long-métrage.

A l’écriture, les scénaristes Ronald D. Moore (les séries Battlestar Galactica, Roswell et Star Trek Nouvelle Génération) et Eric Heisserer (A nightmare on Elm Street 2010) et dans le rôle principal, une femme, Mary Elizabeth Winstead (Boulevard de la Mort).

Les événements se dérouleront avant le film de Carpenter, toujours dans le milieu polaire.

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Vincent Tulli : « qui a écrit le scénar ? » (verbatim)

Posted by nathalie dassa On juillet - 25 - 2010 Commentaires fermés


Vincent Tulli - Ingénieur du Son et Mixeur

[Copyright©ND - archive presse fev 2009] Avec plus d’une trentaine de films à son actif, récompensé par deux César du Meilleur Son pour ‘Jeanne d’Arc’ et ‘Taxi’ et nominé pour ‘La Haine’ et ‘Les Rivières pourpres’, Vincent Tulli, ingénieur du son et mixeur dernièrement sur ‘Coco Chanel & Igor Stravinsky’ de Jan Kounen, explique l’importance et le maniement du scénario dans son métier.

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« J’ai la chance depuis quelques années de choisir de faire un film en fonction du scénario. Généralement, il m’est transmis six mois avant le tournage par le réalisateur ou le producteur. Je le lis d’abord d’une traite pour avoir une vue d’ensemble, puis plusieurs fois de suite pour m’imprégner de l’histoire, du texte. Une fois que tout est acté, les scénarios sont répartis au metteur en scène et aux postes clé : scripte, ingénieur du son, perchman et sur certains films au chef op’. Mon métier d’Ingénieur du son consiste à enregistrer les sons seuls (dialogues, claquement de porte, morceau de musique…) et directs (dialogues, bruitages, effets sonores, ambiances, musique), récupérés pendant le tournage et qui passent par une console à travers le perchman, avec lequel je forme un team à part entière. Pour cela, j’ai un chariot avec un ou deux magnétophones et la console qui sert à mélanger les sons qui arrivent des différents micros autour de la caméra. Plus le scénario, pour les raccords et pour savoir surtout ce qui va se dire. C’est le matériel avec lequel je travaille et dont je ne peux me passer. Je transmets ensuite mes enregistrements au monteur son ; un métier que j’ai exercé pendant 15 ans. Le montage final arrive dans la console dédiée au mixage qui reçoit 100 à 200 pistes, voire plus, et les réduit en 6 (5.1). Je mixe et mélange ces différentes sources sonores et je n’ai plus qu’à les ajuster au bon niveau.

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Les scénarios se présentent en format A5 pour le mettre plus facilement dans la poche arrière du pantalon et surtout pour l’avoir toujours avec soi. L’assistant-réalisateur nous transmet la dernière version, c’est-à-dire les derniers additifs ou changements revus et corrigés la veille au soir. C’est un « jour après jour » ou un ensemble de feuilles agrafées avant le PAT (Prêt-à-Tourner) qui correspond à des séquences extraites du scénario qui vont être tournées dans la journée. Ce sont les numéros et intitulés de séquences, des mini résumés d’une séquence qui peuvent faire plusieurs pages et les indications pour les acteurs (arrivée plateau, maquillage, coiffure…). Ces renseignements sont en partie de la recopie du scénario. Si on change du texte en live, on le reporte directement dessus. L’assistant réal’ relève toutes les annotations pour faire le dépouillement son qui sont les continuités de son pendant et après une scène (dialogues, brouhaha, musique…). Je dois à la fois les enregistrer, rechercher toutes les informations relatives au son et faire des essais. Par exemple : « Stravinsky apprend à Gabrielle Chanel à jouer du piano. Voix off : Madame, votre voiture est prête ».

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L’assistant réal’ annote « enregistrer son seul du dialogue off ». Ou encore « Une grosse fête parisienne bat son plein dans une ambiance de musique russe ». Même procédé « enregistrer son seul musique russe ». Toutes ces indications sont déjà mentionnées dans le scénario. Sur La Haine, la bande son était écrite en toutes lettres : « Said est de dos, mouvement de grue au-dessus de lui, il découvre les CRS encadrant le commissariat ». C’est un des plans qui montre un rythme, une vitesse. Ou encore sur Coco Chanel & Igor Stravinsky : « Arrivé Stravinsky devant le théâtre des Champs-Élysées, 7h du soir, 1923, les teuf-teuf, mouvement de grue, 600 personnes attendent ». Le procédé devient plus facile quand je fais le mixage car je connais le scénario par cœur. Mais si l’indication son annotée n’est pas précise ou que le dialogue de l’acteur est mal dit, tout doit être refait au mixage. La plupart du temps, j’échange et j’interviens avec le metteur en scène, rarement, voire jamais, avec le scénariste. Je ne l’ai jamais vu intervenir au moment du tournage. C’est trop tard, son rôle est en amont. Quand il vient, c’est en tant qu’observateur pour découvrir ses personnages. Avec les acteurs, c’est peut-être différent. Je crois qu’un des scénaristes de Coco Chanel & Igor Stravinsky est venu et a réécrit quelques passages dans une caravane.

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IL INSPIRAIT À TOUS LE RESPECT

Le scénario est un manuel d’utilisation. Travailler sans scénario est impossible, même avec un pitch de 10 lignes, on ne peut pas s’en passer, sinon on part en freestyle total. Sans histoire et sans indication de jeu, de son, d’effet visuel, etc, comment réaliser concrètement un film ? Le scénario évolue tout le temps. Au moment du tournage, il est en perpétuelle réécriture. Ce qui peut se produire, c’est qu’un rôle entier peut disparaître, comme cela a été le cas sur Coco Chanel & Igor Stravinsky, ou que des dialogues soient supprimés ou inversés par rapport à certains personnages. Comme pour tout film, il existe plusieurs copies de scénario qui sont nécessaires pour des raisons de confidentialité. Il y avait deux scénarios sur La Haine : un destiné aux hommes politiques, maires, commissaires de quartier et un second pour nous. Ce sont des versions édulcorées qui montrent uniquement ce que chaque protagoniste doit savoir.

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Une question revient souvent sur les plateaux : « qui a écrit le scénar ? » Cela résume malheureusement la position des scénaristes en France. On retient généralement le nom du metteur en scène s’il l’a écrit lui-même. Mais il peut être coscénariste. Si ceux qui ont travaillé avec lui ne sont pas connus, on retiendra son nom avec sa double casquette « écrit et réalisé par ». Pour s’imposer, il faut être fort. Chez les Anglo-saxons, sa place est plus importante car on considère que son travail a de la valeur. Sur Paris, je t’aime où je me chargeais du mixage, j’ai rencontré Tristan Carné, qui a eu l’idée de découper Paris en 20 morceaux par les 20 plus grands réalisateurs du monde. Il inspirait à tous le respect. Mais ce n’est pas toujours le cas et c’est dommage. Qui connaissait le coscénariste et adaptateur Andrew Birkin  (frère de Jane Birkin) sur Jeanne d’Arc ? Sur ce film, j’ai participé à une réunion avec les représentants des grands studios américains. À propos du scénario, quelqu’un a dit, en parlant de l’héroïne : est-il nécessaire qu’elle brûle à la fin ? Sans commentaire. En ce moment, la grande mode est au biopic des gens célèbres. Depuis quand n’a t-on pas vue passer une idée originale ? Le cinéma perd en qualité à cause de la télévision, de TF1 en particulier. On nivelle par le bas. Et pourtant, j’ai eu en main des scénarios magnifiques, mais qui n’ont jamais vu le jour pour plusieurs raisons : « cela ne répond pas à la demande », « trop en avance », ou… « scénariste inconnu ». »


Le Concert : rencontre avec Radu Mihaileanu

Posted by nathalie dassa On juillet - 1 - 2010 Commentaires fermés

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[Copyright©ND - archive web nov 2009] Après les succès internationaux de Trahir, Train de vie et de Va, vis et deviens, césarisé Meilleur Scénario, retour sur Le Concert de Radu Mihaileanu, une comédie dramatique franco-russe cocasse, subtile et émouvante, nominée six fois aux César, dont Meilleur Scénario Original, Meilleur Réalisateur et Meilleur Film.

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Il est des cinéastes qui vous invitent au voyage lorsqu’on les rencontre pour la première fois. Une promenade verbale interculturelle, émotionnelle et instructive au travers de leur parcours. Radu Mihaileanu, cinéaste français d’origine roumaine et nouvellement président de l’ARP (Société civile des Auteurs, Réalisateurs et Producteurs) depuis juin 2009, est de ceux-là. Marqué par le destin de son père, un journaliste juif déporté, qui a dû changer d’identité, Radu Mihaileanu forge le sien pour ne plus avoir à subir les affres d’une quelconque mainmise sur sa vie.

Dramaturge, metteur en scène et comédien dans une troupe de théâtre en Roumanie, il décide de fuir la dictature de Ceaucescu en 1980 et de se rendre en Israël avant de s’installer en France pour suivre des cours à l’IDHEC. Il débute ainsi sa carrière en tant qu’assistant réalisateur, notamment de Marco Ferreri ou encore de Jean-Pierre Mocky, puis réalise des courts-métrages avant de se consacrer au long. Son point d’ancrage ? Le scénario où se mêle toute une combinaison d’éléments ; il donne à ses films une dimension universelle qui lui permettent d’accéder à la reconnaissance internationale.

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Radu Mihaileanu - Guy Ferrandis @2009 - Les Productions du Trésor

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Un sujet prêt à porter

Le Concert est arrivé entre les mains du cinéaste en 2002. A la lecture du synopsis d’une trentaine de pages, écrit par Hector Cabello Reyes et Thierry Degrandi, le producteur Philippe Rousselet pense immédiatement à lui : « Une seule phrase me correspondait réellement « Un orchestre du Bolchoï débarque à Paris ». J’ai eu l’accord pour réécrire le scénario avec Alain-Michel Blanc, mon coscénariste sur Va, vis et deviens. Nous avons écrit un synopsis d’une dizaine de pages correspondant à la trame de base et on s’est plongé dans la documentation ». Pour eux, un scénario est un voyage sur les lieux où se déroule le film. Ils ont alors interrogé toutes personnes qui ont une influence, fut-elle minime, sur les coutumes, l’évolution de l’histoire du pays, de la culture et du social : des musiciens, le directeur du Bolchoï, le directeur du Conservatoire Tchaïkovski, des responsables politiques sous Brejnev et des personnes lambda, afin d’appréhender leurs réalités : « Je me méfiais un peu de mes connaissances des pays de l’est, même si je suis roumain. Et entre la Roumanie et la Russie, c’est différent. Je connais la dictature et l’âme slave, qui n’ont rien à voir avec le cartésianisme français. C’est un monde à part ».

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Au cours des investigations, le cinéaste a découvert l’histoire de Evgueni Svetlanov, grand chef d’orchestre, qui dirigea le Bolchoï et qui fut renvoyé par Brejnev pour avoir défendu ses musiciens juifs. Le travail d’écriture s’est d’abord construit sur le fait divers du Bolchoï à Paris auquel s’est mêlé cet autre fait historique. Comédie ou non, les sujets de fond qu’il traite, nécessitent un recueil d’informations et d’anecdotes pour nourrir les dialogues et être au plus près de la réalité. Cependant, le financement de plus de 9 millions d’euros s’est avéré difficile. Le cinéaste s’est alors proposé d’en discuter avec Thomas Langmann, qui souhaitait faire un film avec lui. Mais son calendrier étant trop chargé, Alain Attal, des Productions du Trésor, a repris le flambeau en devenant le seul et unique producteur délégué (le film étant co-produit par Radu Mihaileanu). Le Concert a nécessité un mois de répétition avec les acteurs avant le tournage, qui a duré 14 semaines en Roumanie, à Moscou et à Paris, pour un budget global de 14 millions d’euros.

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Le Concert - Guy Ferrandis @2009 - Les Productions du Trésor

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Le choc des cultures

Radu Mihaileanu connaissait la direction à prendre : parler d’amour, d’amitié, de Moscou et de l’évolution des personnes qui y vivent. Ce voyage devait être un accomplissement et provoquer un choc entre deux cultures : « Lorsque j’ai débarqué de Roumanie, je ne comprenais rien de la culture française, ni les codes, ni les comportements. Comme je parlais comme Ivan KGB, j’avais l’impression de vivre sur deux planètes différentes. Aujourd’hui, je m’en amuse, mais à l’époque, je trouvais que les français parlaient de choses insignifiantes et évitaient les vrais sujets. Par pudeur, probablement. Je venais d’une dictature qui forçait les individus à se parler vraiment (car il n’y avait rien d’autre), pour arriver dans une démocratie que j’estimais molle par rapport à sa richesse et sa liberté de choix. J’étais plus extrémiste et les relations humaines en pâtissaient. C’est cela l’âme slave : l’exubérance et l’exaltation assez extrémistes. C’est ce que je voulais montrer ; des barbares, sauvages, brutes, mais avec une vraie chaleur humaine, de la profondeur, de l’énergie et les confronter avec des personnes plus polissées qui, comme dirait un ami roumain, ont des châteaux sur la Loire avec la tour de Louis XIV, du velours et des beaux fauteuils ».

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Le Concert - Guy Ferrandis @2009 - Les Productions du Trésor

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Des dialogues cocasses

Dès leur retour à Paris, ils avaient le matériel suffisant pour se mettre à l’écriture. Ils ont ensuite sélectionné et réaménagé les meilleurs dialogues et scènes, puis bâti le séquencier, la structure et les personnages. Une fois que tout est bien solide au bout de la troisième version, Radu reste seul à écrire le scénario et les dialogues, qu’il affectionne tout particulièrement : « Il y avait trois niveaux de mauvais français qui me plaisaient à écrire. Ivan, c’est beaucoup moi. Andreï représente l’image de la France que j’avais quand je suis arrivé à Paris. J’ai connu un ami de mon père qui vouvoyait sa femme avec des « n’est-ce pas » dans toutes les phrases. J’avais beaucoup ri et je me suis dit que cette particularité irait très bien à Andreï. Sacha, lui, parle le français petit nègre et dit n’importe quoi n’importe quand. Les expressions « je vous baise chaleureusement » et « s’il vous sied » venaient de toute la littérature du XIXe que je lisais. Sorties du contexte premier, elles provoquent un réel décalage ».

Le Concert a nécessité 11 versions (anglais, français, russe). A l’époque, le cinéaste envisage de faire une adaptation américaine avec des acteurs américains. Matthew Robbins s’est chargé de la traduction et a également apporté des idées dans le scénario. Quatre mois de coaching pour Aleksei Guskov (le Depardieu russe), Dimitri Nazarov (star de télévision) et Valeri Barinov (immense comédien de théâtre) qui ne parlaient pas le français. Une traductrice russe l’a renseigné sur les confusions habituelles dans les formulations des russes lorsqu’ils parlent français.

La composition du personnage du Directeur du théâtre de Paris était dédiée à François Berléand :« Je voulais travailler avec lui car en plus d’être hilarant et un véritable mélomane, il est pour moi, l’un des meilleurs comédiens français de cinéma et de théâtre aujourd’hui ». Une fois la version définitive du scénario écrite, Radu la transmet à son coscénariste et aux producteurs pour les dernières remarques.

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Le Concert - Guy Ferrandis @2009 - Les Productions du Trésor

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L’imposture positive

Au delà des thèmes sur l’exil et l’identité, chers au cinéaste, l’imposture positive est également présente dans chacun de ses films. Radu Mihaileanu souhaitait montrer comment des personnes, que l’on a écrasées, humiliées et mises à terre, peuvent s’affranchir à nouveau et retrouver l’estime de soi : « L’être humain se retrouve souvent dans des impasses. Mes personnages correspondent à mon vécu et à celui de mon père. Que signifiait être juif pendant la guerre ? Mon père en a souffert. Contraint de changer de nom, d’identité en troquant son « Buchman » d’origine pour « Mihaileanu », il a dû se cacher, et de surcroît composer avec une autre culture puisqu’il était à chaque fois amener à émigrer. L’imposture positive, c’est être obligé de s’adapter, sans franchir une certaine frontière qui ferait perdre sa dignité totale. Je la qualifie de positive car l’intention est de s’affranchir et non d’écraser l’autre. Toute la violence de l’histoire de l’humanité est fondée sur l’humiliation ».

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Le Concert - Guy Ferrandis @2009 - Les Productions du Trésor

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L’ultime harmonie

Radu Mihaileanu entame sa seconde collaboration avec le compositeur Armand Amar depuis Va, vis et deviens, qui avait reçu une nomination pour le César de la Meilleure Musique. Selon le cinéaste, Tchaïkovski est le plus représentatif de l’âme slave avec ses envolées lyriques et romantiques. Lorsqu’il a écrit cette fin millimétrée, le concerto pour violon et orchestre s’est imposé naturellement : « Ce morceau dure 33 minutes et par rapport aux évolutions dramatiques (les flash-back, la montée d’émotion, la relation et l’orchestre qui renaît), le travail de montage d’Armand Amar est remarquable pour atteindre cette sensation d’ultime harmonie, même s’il ne se voit pas à l’image ». Quatre mois de coaching ont été nécessaires pour que Mélanie Laurent simule le maniement du violon.

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Vente sur scénario

Grâce au succès international de Va, vis et deviens et à la réputation du cinéaste, Vincent Maraval chez Wild Bunch a pu le vendre partout dans le monde. Rares sont les films qui se vendent sur scénario, particulièrement aux Etats-Unis.Lesfrères Weinsteinont acheté Le Concert à un million de dollars. Cette vente exceptionnelle rejoint l’unique autre film français, Amélie Poulain. EuropaCorp devrait le distribuer dans 350 salles.

Radu Mihaileanu planche déjà sur son prochain long-métrage, qui lui trotte dans la tête depuis 8 ans : La source des femmes, coécrit avec Alain-Michel Blanc. Ce sera sa troisième coproduction, via sa maison de production, Oï oï oï Productions, fondée en 2002 : « Coproduire, c’est aussi avoir un contrôle sur mon projet de A à Z, au moins autant que les autres partenaires. J’ai échappé à la dictature de Ceaucescu pour que plus jamais, on me dise ce que je dois faire, sans me demander mon avis ».


Naissance d’Un Prophète

Posted by nathalie dassa On juin - 14 - 2010 Commentaires fermés

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[Copyright©ND - archive web oct 2009] Multi-primé avec 9 César – dont Meilleur Scénario, Meilleur Acteur, Meilleur Réalisateur et Meilleur Film – le Grand Prix du Jury au Festival de Cannes 2009 ou encore le Bafta du Meilleur Film Étranger, Un Prophète est avant tout l’histoire d’un coup de foudre unanime, portée par les protagonistes à l’origine du projet. Retour sur un film magistral et révélateur d’un réel travail d’écriture qui conquiert avec sa structure scénaristique inédite. Rencontre avec Abdel Raouf Dafri, Nicolas Peufaillit et Thomas Bidegain.

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L’idée originale est née en 2003. Abdel Raouf Dafri, nourri par les films américains qui abordent le plus souvent la communauté tel Le Parrain de Francis Ford Coppola (son œuvre suprême de référence), s’est interrogé sur la place des arabes en France et a imaginé un personnage qui se servirait de son esprit pour se structurer. Pour cela, il faudrait un parrain. le scénariste a puisé dans sa propre vie : son éducation, ses lectures. Le Parfum de Süskind l’a beaucoup marqué. L’idée de ce personnage vierge de tout, qui grandit comme un organisme sans avoir conscience qu’il est un être humain, l’a fasciné : il a juste un talent. « Malik est comme cela. Il a une capacité à se fondre, à plier et à comprendre instinctivement où est son intérêt. Il est débarrassé de tous les oripeaux de l’orgueil. Petit à petit, il se constitue, observe, écoute et baisse la tête car il sent qu’il pourra la relever un jour. Les corses l’ont choisi, cela aurait pu être les albanais. Une organisation criminelle peut se fonder dans les quartiers, mais pas avec les voyous des banlieues car ce sont des individualistes complètement désorganisés. Ceux susceptibles de la créer sont les musulmans car ils recadrent. Ils ont l’aura du respect lié à la religion. Même le voyou le plus barbare s’y plie. La première religion présente dans les prisons est musulmane, c’est un fait fondé. Si Malik doit monter une organisation et la structurer, ce sera avec eux».

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Rencontres décisives

Abdel Raouf Dafri et Nicolas Peufaillit se sont rencontrés en 2002 sur la base d’un autre projet chez Canal+ Écriture : « Quand Abdel m’a parlé du Prophète et du personnage, c’était une vraie réalité française avec un tel souffle épique qu’il était impossible de travailler sur un autre projet » indique Nicolas Peufaillit. « Nicolas est beaucoup plus posé, plus réfléchi, il est meilleur que moi en structure » poursuit Abdel Raouf Dafri, « je voulais quelqu’un comme lui pour ne pas tomber dans le film ethnique. Le personnage principal n’est pas arabe et je suis très porté sur mes origines, mais je ne voulais pas aller vers le Spike Lee ».

Avec une histoire embryonnaire de 5 pages, Canal+ les dirige vers Marco Cherqui, qui a acheté les droits, avancé les fonds sans réalisateur attitré et investi sur deux inconnus sur la promesse d’un personnage puissant qui évolue dans un milieu carcéral : « on ne voulait pas qu’un producteur arabe ou noir s’empare du projet » confie Abdel Raouf Dafri, « il en aurait fait un film ethnique avec un parti pris ethnique. Lorsque Norman Jewison réalise Dans la chaleur de la Nuit, il est toujours plus intéressant qu’un blanc traite d’un personnage noir qu’un Spike Lee ».

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Scénario original

Leur rencontre avec Jacques Audiard s’est faite sur la base d’un traitement. Au départ, il n’était que conseiller à l’écriture. Son nom était juste apposé sur la page de garde. Les scénaristes avaient des séances de travail informelles avec lui chaque mois : « Quand il l’a eu en main, il nous a dit « Très bien, il y a 6h de films » raconte Nicolas Peufaillit. « C’était pour le coup trop de rise & fall. On a réécrit pendant plus d’un an la V1 et la V2 et Jacques nous posait des questions. Il a vraiment été un scénariste avec nous : l’histoire toujours l’histoire. Lorsqu’il l’a récupéré, il a mis du temps avant d’accepter ».

Leur scénario se divisait en deux : une partie intérieure prison et une partie extérieure tel Full Metal Jacket de Stanley Kubrick. L’histoire commençait dans un centre pour mineur où Malik (14 ans) commettait un acte terrible : « ce n’était ni un costaud, ni un middle-man dans une organisation, il était dans la survie » explique Nicolas Peufaillit, « il fallait montrer le contraste entre le fait qu’on lui donnait 2 jours dans cette prison et l’empathie que l’on ressentait à cet instant car il avait plus fort que lui en permanence. Il se laissait sous estimer car de cette manière, il pouvait se construire ». Les langues corses et arabes étaient déjà présentes dans leur version : « Ce qui m’excitait au départ, c’est que mon personnage était un jeune caïd qui devenait vraiment un gros caïd » précise Abdel Raouf Dafri.

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Déstructuration du scénario

Jacques Audiard a validé le projet en 2006. Thomas Bidegain avait déjà travaillé avec le cinéaste sur De battre mon coeur s’est arrêté à la production Why Not. « Leur scénario dégageait une énergie folle ! C’est en discutant avec Jacques et en proposant « les permissions » de Malik que j’ai pu être sur le projet. Pour que cela reste intéressant et génère de l’ironie, il était nécessaire qu’il rentre en prison au début et qu’il en sorte à la fin. Il devait avoir, au milieu, des perms qui lui permettent de faire dehors en temps compté, ce qu’il faisait en prison en totale liberté. Il fallait qu’il s’endurcisse ».

Après un an et demi d’échanges, Jacques et Thomas ont écrit un traitement d’une trentaine de pages en quatre mois sur la base du scénario original. Thomas a livré une V0 de 150 pages environ qui comportait toutes leurs idées. Ils ont ensuite élagué et réécrit tous les jours pendant 3 ans en s’isolant en dehors de la capitale. Ce fut un travail à quatre mains avec de véritables avancées où les règles se fixaient progressivement : « Malik nous intéresse quand il apprend », le « wysiwyg » (what you see is what you get), le passage du temps, le chapitrage…

Environ 6 versions définitives ont été écrites. Ce qui les a beaucoup aidés, ce fut d’arrêter de travailler en actes, un long processus de déstructuration du scénario. Leur difficulté : la machine à faire passer le temps : « Leur version se passait sur une dizaine d’années » explique Thomas Bidegain, « il aurait fallu trois comédiens pour jouer Malik. Nous avons réduit le temps à 6 ans. En abandonnant la structure en actes, méthode venue des séries où il n’y a pas de rise & fall, de dedans/dehors et d’histoire en 3 actes, cela a donné plus de souffle, de liberté et d’insécurité ; à savoir pas de repère visible, un personnage peut arriver sans qu’on s’y attende. C’est l’effet de réel. Ce scénario fonctionne par épisode, d’où le chapitrage chronologique et thématique du film ».

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Un Prophète de Jacques Audiard

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Work in progress

Le personnage de Malik est désormais présenté comme un sdf sans identité et non plus comme un jeune caïd. Ses facultés d’apprentissage vont devenir le centre d’intérêt ; il apprend à lire, à écrire, le corse, le business et à manipuler tout le monde : « nous avions une règle le « wyziwyg », explique Thomas Bidegain. « Le danger, c’est apprendre pour devenir omniscient ; à savoir un personnage parti de très bas qui tout d’un coup devient savant et prévoit le mouvement des uns et des autres. Malik est dans cette dynamique. Le spectateur doit le voir répéter sa leçon, apprendre le corse… Il comprend vite ce qu’on attend de lui et la place qu’on va lui donner. Il n’est donc plus un inadapté mais un suradapté. Le personnage fantôme « Reyeb » est la première humanité qu’il enlève et cela devient son acte fondateur qui va lui donner une conscience et lui permettre de s’imaginer ailleurs, d’observer et de comprendre. Tout le côté folklore corse et imam faisait partie du « papier peint ». Malik devait naviguer entre plusieurs communautés. C’est la fiction qui nous intéressait, pas de partir sur un fait de société ».

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Un Prophète

Jacques Audiard et Thomas Bidegain ont transmis à Abdel Raouf Dafri et Nicolas Peufaillit le scénario définitif. « Le Prophète » était devenu « Un Prophète » : « notre version tendait vers le polar, le film noir, dur, tendu, nerveux. Leur version a beaucoup plus de hauteur de ton avec la comédie, le fantastique, l’onirisme et la poésie » précise Nicolas Peufaillit. « Ils ont rendu Malik plus humain, plus touchant et plus empathique » renchérit Abdel Raouf Dafri, « ils ont montré tout le background qu’on ne voulait pas forcément montrer. Jacques Audiard a compris ce que le mental arabe voulait dire. Sa version du film est inédite quand on voit la production habituelle du cinéma français. On a vraiment eu la chance d’avoir un grand metteur en scène qui est en plus un grand scénariste. C’est comme Scorsese, Stone ou Coppola, car à la base ce sont des auteurs ! ».

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De g. à dr. : Thomas Bidegain, Nicolas Peufaillit, Jacques Audiard, Tahar Rahim, Hichem Yacoubi et Abdel Raouf Dafri

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Thomas Bidegain

Après avoir été distributeur (Ice Storm de Ang Lee, sélectionné à Cannes en 1997), producteur chez Why not et écrivain (Arrêter de fumer tue, publié en 2007), Thomas Bidegain s’affirme aujourd’hui comme scénariste. Il a coécrit avec Bernard Chambaz et Marion Doussot, le film S qui sera réalisé par Gilles Porte, adapté librement du roman Indochine Camp 117. Il travaille actuellement sur le prochain film de Jacques Audiard, adaptation d’Un goût de rouille et d’os du canadien Craig Davidson, sur une série TV, Berlucci, créée par Abdel Raouf Dafri, produite par Tetra Média pour Canal+, et sur le prochain long-métrage de Nicolas Bary, Soda, coécrit avec Nicolas Peufaillit.

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Nicolas Peufaillit

Coscénariste sur Chrysalis, Les enfants de Timpelbach et consultant sur Un coeur simple et La Horde de Yannick Dahan et Benjamin Rocher, Nicolas Peufaillit travaille actuellement avec l’humoriste Manu Payet, sur une comédie produite par LGM ainsi que sur un film noir, inspiré de la vie d’Antonio Ferrara, produit par la Pan Européenne. Pour la télévision, il a développé avec Haut et Court Les Revenants, une série de 10×52′ pour Canal+, dont il a créé la bible et les personnages. Il travaille actuellement sur Berlucci d’Abdel Raouf Dafri. En parallèle, il est le créateur d’une jeune société de production, pépinière de jeunes auteurs, spécialisée dans le développement et le script doctoring : 3 projets originaux (cinéma et télévision) sont en train de voir le jour.

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Abdel Raouf Dafri

Créateur de la série La commune sur Canal+ et scénariste sur le diptyque Jacques Mesrine, Abdel Raouf Dafri travaille sur le prochain film de Romain Gavras, produit et distribué par Gaumont, avec Tahar Rahim dans le rôle-titre. Créateur de la série TV, Berlucci, il écrit avec Thomas Bidegain et Nicolas Peufaillit. Il travaille également avec ce dernier sur Les Tuniques bleues, produit par Marco Cherqui. Il a terminé l’écriture de L’Aviseur avec Gérard Depardieu, réalisé par Pierre Morel.


Logorama : les difficultés d’’un film d’’animation irrévérencieux

Posted by nathalie dassa On juin - 4 - 2010 Commentaires fermés

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[Copyright©ND - archive web fev 2010] Les obstacles furent nombreux auprès du CNC et du service juridique de Canal+ pour faire aboutir le projet de Logorama. Rencontre et explication avec le producteur du film, Nicolas Schmerkin chez Autour de Minuit.

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Le producteur Nicolas Schmerkin connaissait déjà le travail des 3 réalisateurs et avait organisé une rétrospective H5 sur leurs clips en 2003. La même année, en parallèle il avait travaillé sur une production similaire : Fast Film. Entièrement fait en origami, ce court de 15 minutes reprend des extraits de films hollywoodiens, allant de Buster Keaton à Indiana Jones. Il s’est chargé du cofinancement et de la distribution à l’international, emmenant déjà le film jusqu’aux Oscars : « lorsqu’ils sont venus me voir pour Logorama, ils avaient déjà développé un début de story-board sur le principe du film choral tel Short Cuts de Robert Altman. Ce film a un potentiel de blockbuster dans le domaine du court-métrage, de par ses références sur les films d’actions et de catastrophes hollywoodiens. Forcément, j’ai dit oui tout de suite. Des projets comme ça, il y en a un tous les dix ans ».

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Ce film irrévérencieux touche le droit des marques et la représentation des grosses compagnies et pour Nicolas Schmerkin, c’était « un coup de poker sur un sujet sensible » : « si le film est réussi et s’il a une bonne carrière, les marques suivront. Il est clair que nous connaissions les risques dès le départ : 3000 procès ! Mais nous avions également des arguments de défense avec le droit à la caricature, qui existe en France. Notre avocat possédait tout un dossier de jurisprudences relatif au détournement/caricature/droit à la parodie, tel Toniglandyl. Mais tout se passe bien ! Les marques ont compris que ce n’était pas mauvais pour elles. Selon certaines études**, à chaque clignement d’œil à l’extérieur, l’individu enregistre à peu près en moyenne deux mille logos sans les voir. Il y a un effet subliminal. Sur le versant politique, Logorama est en quelque sorte un pendant de nos logos : au fil de l’histoire, ils disparaissent et laissent place aux personnages ».

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À l’origine, l’idée était prévue pour un clip de George Harrison. L’histoire, qui se déroulait en Louisiane, montrait la fin de la consommation et la reprise de la nature sur les logos et la végétation. Le projet n’a pas abouti suite au refus catégorique de la production d’intégrer de véritables logos et au décès du musicien. Le déclic du court-métrage a démarré grâce à Nicolas Schmerkin et à la contribution du CNC. L’idée d’un film de deux minutes, avec l’envie de le réaliser en deux mois, a finalement bifurqué vers un mini blockbuster de 17 minutes six ans plus tard…

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Logorama @H5

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Production et distribution à l’international
L’objectif de Nicolas Schmerkin, spécialisé vers ce nouveau mode d’écriture décalé dans l’animation et l’expérimental, est d’être toujours accessible du grand public, afin de rester dans le système de financement classique avec les commissions et de pouvoir ainsi circuler dans les grands Festivals tel Cannes.
Le film, financé en grande partie avec des fonds publics, a obtenu l’aide du CNC, la région IDF, Arcadi, Canal+, la SCAM… Les rendus de comptes s’élèvent à 400 000 euros. En réalité, son coût est plus onéreux compte tenu du travail fourni : « C’est un court-métrage. Les réalisateurs, la production et différents coproducteurs ne sont donc pas rémunérés pendant cinq ans » précise Nicolas Schmerkin ; « rien que le fait de mettre les 3 réalisateurs au smic, le film aurait été impossible à financer. Dans ce budget global il y a un apport important en industrie de 150 000 euros de Mikros Images, en charge de l’animation (machines, salaires de techniciens), H5 et Addict et, à peu près 120 000 euros entre Canal+ et les subventions levées tel le CNC de 40 000 euros ».

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A l’époque, chez Canal+, le projet ne passait pas au service juridique et l’équipe n’avait rien à montrer encore. Nicolas Schmerkin et les réalisateurs sont donc revenus en 2008 avec un extrait du film, pour enfin entrer en coproduction, car il manquait de l’argent. Grâce à Pascale Faure, en charge des programmes courts, et Ara Aprikian, le directeur des programmes, le film a pu finalement aboutir.
Dès sa sortie, Logorama a connu un départ dans les starting-blocks et fait une très belle carrière entre Cannes, Sundance, Clermont-Ferrand et maintenant les Oscars (prix du Meilleur court-métrage d’animation). Pour Nicolas Schmerkin « l’orage est passé » : « Commencer par Cannes était quelque peu stratégique. On jauge, puis on le diffuse sur Canal+, impliquée dans la production et la distribution. On a procédé par étapes. Ce qui facilite aussi, c’est que le court-métrage d’animation est de loin le plus diffusé à l’international comparé à un court-métrage classique. Tous les ans, les salles aux Etats-Unis diffusent un programme avec tous les films nominés aux Oscars. Les distributeurs étrangers veulent le montrer. L’idéal maintenant serait un César de l’animation. Mais l’Académie n’est pas encore dans le créneau pour rallonger la cérémonie, ils ont besoin d’un temps d’antenne pour la publicité ».

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L’animation expliquée au CNC
Nicolas Schmerkin fait partie d’un collectif de producteurs de courts-métrages d’animation depuis 2 ans, dont le but est d’expliquer l’importance de ce genre, sa place et ses différentes techniques aujourd’hui. Le dossier Logorama contenait un traitement de 5/6 pages, une note d’intention, le story-board avec des exemples de logos et un test d’animation de 10 secondes, qui a été le plus parlant au final. De plus il existait tout un chapitre sur la manière d’utiliser l’imagerie numérique. Une seule réunion a eu lieu avec tous les auteurs et Nicolas pour expliquer le concept et le vendre : « notre but était de faire comprendre au CNC qu’il investissait 3 fois moins pour un court d’animation alors que les coûts sont plus élevés que pour un court de fiction, tourné en DV pendant 2 semaines avec quelques personnages. » explique Nicolas Schmerkin « Ce fut tout un travail de pédagogie auprès des membres. L’animation n’est pas que du dessin animé, ni un type tout seul dans sa cave qui travaille. Il existe différents types d’animation (2D, 3D, volume ou stop motion, flash). Le CNC demandait le coût moyen pour une minute d’animation. Difficile de répondre car les paramètres divergent selon le temps de recherche, de création graphique, le degré d’animation et le nombre d’animateurs qui travaillent dessus. Logorama coûte 10 fois plus cher qu’un court en 3D d’une même durée tel Flesh (60 000 euros). Petit à petit, le CNC a augmenté le montant de l’aide, ce qui représente presque le plafond de ce qu’il donne maintenant en moyenne en fiction (120 000 euros). Notons que le plafond s’élève environ à 80 000 euros pour un court-métrage d’animation. Sans compter le délai de 2 ans à respecter. On a reçu un rappel en rouge en septembre 2008 pour rendre le film rapidement sinon on perdait l’aide. Ils m’ont accordé un délai, celui d’une prise de vue réelle, qui prend quand même moins de temps ».

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Test pour le CNC pour expliquer l’idée des logos – @H5

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L’avenir appartient à ceux qui s’animent tôt
Dans les productions d’Autour de Minuit, aucun réalisateur n’est formé dans une école de cinéma. La plupart sortent des Beaux-Arts, de Penninghen, des Arts Déco ou sont des graphistes, des autodidactes… Nicolas Schmerkin précise qu’ils sont dans une notion de graphisme et n’ont donc pas d’idées préconçues sur le champ-contrechamp ou les dialogues. Il peut être ainsi amené à les orienter vers une narration cinématographique : « Obras était très graphique et très abstrait au départ, j’ai poussé le réalisateur à trouver une certaine narration pour mettre un peu de cinéma. Ce film mélange architecture, design, peinture, photo, vidéo, plein de genres, de techniques et de formats différents. Le but est d’essayer de trouver une nouvelle combinaison entre le très artistique et le trop cinématographique ».

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Depuis une dizaine d’années, les studios d’animation se développent dans l’hexagone. De plus en plus de films sont aidés et circulent à l’étranger, des nouveaux talents apparaissent, sans oublier l’engouement d’un public friand en attentes. Nicolas Schmerkin est confiant : « les festivals acceptent de les mélanger dans des sélections normales alors qu’auparavant ces films concouraient dans des compétitions ghettos et off. Aujourd’hui, il y a une émergence d’un nouveau type de cinéma lié à l’imagerie même et à la démocratie des outils. Rares sont les films, tous formats confondus, qui ne recourent aux effets spéciaux ou d’animation. Cela a gagné toutes les strates de l’image. Et maintenant avec Avatar, la barre est encore plus haute. Cela ne peut qu’évoluer dans le bon sens… ».

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** Le Logo de Benoit Heilbrunn

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Articles sur le même thème

  1. Création d’un César de l’Animation (long-métrage)
  2. Logorama, decryptage avec les créateurs Hervé de Crécy, François Alaux et Ludovic Houplain

Logorama : l’ovni français à Hollywood

Posted by nathalie dassa On juin - 4 - 2010 Commentaires fermés

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[Copyright©ND - archive web fev 2010] Primé à la 82ème cérémonie des Oscars, à la Semaine de la Critique au 62ème Festival de Cannes, à Lille, à Cinanima au Portugal, à Clermont-Ferrand… et sélectionné à Sundance, Logorama est une petite révolution. Donner vie à 2500 logos qui se confrontent dans un scénario catastrophe de 17 minutes, sans demander l’avis aux marques, il fallait le faire. Hervé de Crécy, François Alaux et Ludovic Houplain l’ont fait dans leur premier court-métrage d’animation ! Rencontre avec les créateurs.

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Bandeau Logorama

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Au delà de son concept subversif et de ce qu’il symbolise, l’intérêt de Logorama se porte également sur l’émergence de nouveaux talents, venus d’univers autres que le cinéma ou la télévision. Une volonté de créer des histoires se dessine de plus en plus du côté des graphistes/illustrateurs et des dessinateurs de BD (Les beaux gosses de Riad Sattouf, Gainsbourg, vie héroïque de Joann Sfar). Ils apportent avec eux une nouvelle façon d’appréhender l’écriture scénaristique.

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Ludovic Houplain, Hervé de Crécy et François Alaux (diplômés ESAG Penninghen) du collectif H5 développent des concepts visuels et des logos pour des publicités et des vidéo-clips. Les plus populaires : The Child d’Alex Gopher, où chaque élément est représenté par sa typo et son mot approprié, et Remind Me de Royksöpp, montrant une femme à Londres à travers des pictos. Tous deux annoncent les prémices de ce qu’est Logorama : un film pop art, acidulé, surfant sur une tendance cinématographique actuelle, le film d’action catastrophe, avec des logos très colorés et où les personnages sont totalement pervertis. Les cinéphiles peuvent reconnaître de nombreux films dont L’Arme Fatale, Die Hard, Batman, Superman, James Bond, Ghostbusters, Invasion Los Angeles

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Aujourd’hui, Hervé de Crécy et François Alaux ont quitté le collectif H5 et développent actuellement un projet de moyen-métrage.

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Le synopsis

Course-poursuite effrénée dans la ville de Los Angeles. Deux flics (Michelin) prennent en chasse un gangster (Ronald McDonald) qui prend en otage deux enfants (Haribo et Big Boy) et menace de leur faire sauter la tête avec sa mitraillette (sigle de la Fraction Armée rouge). Le bain de sang est interrompu par un séisme qui fout la ville par terre, et notamment le zoo, d’où s’échappent le lion de MGM, le crocodile Lacoste, le panda WWF et bien d’autres…

 

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Concept et langage cinématographique

Logorama est avant tout un manifeste revendiquant le droit de raconter une histoire avec des logos. Sans cette audace, ce mini chef d’œuvre n’aurait jamais vu le jour.

 

Ludovic Houplain : C’est surtout un droit de réponse aux marques, car aux États-Unis, chaque logo placé dans un film doit avoir une autorisation préalable et leur placement engendre de nombreuses contraintes. Nous avons fait un film interdit que les américains ne se permettent pas. De cette manière, il devient un ovni à Hollywood. En France, nous avons la liberté d’expression. Et notre but est que ce film soit vu et devienne en quelque sorte « libre de droit ». Qu’il soit sur internet en HD pour tout le monde, je suis ravi.

Hervé de Crécy : Le langage cinématographique faisait partie de notre trame elle-même. On voulait un film iconique et logotypé, une caricature des films américains avec de grosses ficelles. C’est notre principe de diversion des logos. L’histoire décrit la société de consommation et les États-Unis sont l’exemple parfait. Ils ont eux-mêmes établi des règles de base sur la consommation. Los Angeles est une ville linéaire, façonnée par les marques, où il n’existe aucune norme architecturale. Les rues sont comme des grilles que nous avons matérialisées au sol avec Burberry. Par ce biais, nous voulions opposer également l’idée de détruire cette ville, ordonnée et structurée, par un cataclysme où tout va se mélanger. C’est ainsi qu’on peut voir la tête des Chicago bulls sur le corps de Michelin. Hommage à Tintin dans les 7 boules de cristal.

François Alaux : Ce film n’est pas américain, mais la plupart des marques dans le monde sont américaines et on ne peut rien y faire. Le logo français est en pleine décadence et pour compenser avec la culture anglo-saxonne du logo, nous avons pris ceux qui ont une force énorme par leur forme. Logorama, c’est confronter des forces : comment faire fonctionner tous ces logos, qui sont par définition tous concurrents ? Tout était dans la difficulté de ce rendu.

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Un scénario, deux story-boards

En publicité comme sur les clips, leur travail se construit d’abord avec l’image. D’une idée d’un pitch rédigée sur une ou deux pages présentant le concept/l’histoire et la manière dont ils vont la traiter à la réalisation, ils story-boardent ensuite. Ils ont procédé de la même manière avec Logorama.

Ludovic Houplain : Nous avons construit l’histoire en deux étapes. Nous avons réalisé un premier story-board sur l’histoire, puis construit un second qui inclut les logos. On s’est rendu compte qu’il était impossible de travailler directement sur l’objet même dès le début. Partir de l’histoire était nécessaire pour pouvoir évoluer. Dans la première version, Mamie Nova avait le rôle de la mère de Ronald. On s’est aperçu que les deux personnages ont exactement la même coupe de cheveux, la même tête. C’est sa mère par essence ! L’accident de Ronald dans le Diners Club International était déclenché par une embrouille avec sa mère. On avait réuni également de vieux logos dans cette scène. On voyait Mamie Nova dans un transat en train d’écouter Pathé Marconi sur son phonographe, une mama noire (la marque alimentaire Aunt Jemima) et Paul Newman en Newman’s Own. Le monteur américain a décidé de s’en séparer car la scène ne fonctionnait pas avec l’accident. C’est dommage car ça lui donnait une vie et de la profondeur.

Hervé de Crécy : Le cadre général défini, le processus scénaristique s’est construit jusqu’à la fin du premier montage. Des scènes et des dialogues ont été ajoutés au fur et à mesure. De l’étape du story-board, on est arrivé à l’étape d’animatique. Comme nous ne sommes pas habitués à un travail classique de cinéma, ça peut paraître désordonné, mais le rendu est assez efficace.

François Alaux : Nous voulions surtout construire des situations où plusieurs protagonistes se retrouvent dans un drame commun en pleine ville de Los Angeles et ensuite les développer en partant du dessin. Au départ, le personnage de Ronald, dessiné par Hervé, était un homme avec une moustache. Ce fut un processus de travail et d’écriture, basé sur l’instinct et le principe de rebond entre nous où rien n’est verrouillé, pour ne pas tomber dans un exercice graphique froid.

 

 

Dialogues et Adaptation

François Alaux a été le superviseur pour la partie dialogues. Pour la version originale, les voix des Pringles sont interprétées par Andrew Kevin Walker (Pringles Hot & Spicy) et David Fincher (Pringles Original). Pour la version française adaptée par les auteurs des Lascars, les voix sont de Omar & Fred.

Hervé de Crécy : Toute une phase de travail a été faite très en amont sur l’écriture des dialogues avec un américain, Paul Hahn, pour construire la psychologie des personnages. On a retravaillé ensuite avec Greg Pruss. Il a réalisé un travail incroyable, lié à la contrainte du scénario déjà construit, en apportant la dernière couche de caractérisation avec une culture très L.A.

François Alaux : On en est venu à travailler avec eux par le biais de RSA Film où nous sommes représentés, maison de production de Ridley Scott. On a montré notre montage à la productrice qui l’a fait voir aux productions Scott Free, qui se chargent des longs-métrages des frères Scott. On a eu un quart d’heure pour discuter avec le producteur, Michael Costigan (Brokeback Mountain, American Gangster). Très réactif, nous avons obtenu un rendez-vous avec le scénariste Andrew Kevin Walker (Seven, Sleepy Hallow) et Greg Pruss. Et en un mois Greg Pruss a écrit un dialogue vrai et absurde et très LA. Dans les films, les méchants ont souvent l’accent anglais, allemand et/ou français. L’acteur Bob Stephenson (Zodiac, Fight Club, Seven) qui interprète Ronald et le sheriff Bibenbum, a suggéré que pour le flic Michelin local avec le chapeau, un accent de la Nouvelle Orléans serait adéquat. La version française a été difficile à traduire littéralement, les auteurs des Lascars ont dû procéder à une adaptation.

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Logorama @H5

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Archivage et Modélisation des logos
Sur une base de 45 000 logos, 2500 ont été sélectionnés. Quentin Brachet, en charge des recherches de décors, de personnages, a pris les commandes de tout l’archivage et de la modélisation.

Hervé de Crécy : Son énorme travail a été de les catégoriser et de les ranger dans des rubriques (nature, personnages, véhicules, animaux…) et des sous rubriques (par ex : dans « nature », recensement des logos de montagnes comme celles d’Évian). Dans la sélection, Quentin a dû tous les redessiner en volume car un logo n’est fait que de face. Sur des planches, il a construit des mises en place dans la ville, fait des simulations de logos dans l’environnement où l’action se passe. Lorsqu’on avait une scène à construire en pleine ville, on recherchait dans « équipements urbains » les logos appropriés (bancs, poubelles, réverbères…). Tout ce travail d’archivage a duré environ 3 ans, mais nous a permis ensuite d’aller beaucoup plus vite pour la fabrication du film.

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Vidéo logo Ronald McDonald, modélisé en volume – @H5

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Un casting bankable : quel personnage pour quel logo ?

Pour sélectionner ceux qui feraient partie de la seconde étape dans l’écriture du scénario, ce fut pour les auteurs un aller-retour perpétuel entre les personnages et les logos.

François Alaux : L’idée du casting nous plaisait, un personnage/un logo comme un personnage/un acteur pour mieux détourner les marques. La sélection s’est faite essentiellement sur des logos complets avec un corps pour pouvoir les manipuler dans une contrainte de mise en scène, de variations avec un jeu par rapport aux marques elles-mêmes. Les garnements Big Boy et Haribo ont été choisis pour cette raison et pour être aussi comparés aux logos Bic, qui ressemblent à des élèves d’une école privée anglo-saxonne tel le lycée français à LA. Tout le monde est en uniforme, on a le stylo dans le dos et on est bien rangé. De par cette opposition dans la composition des personnages, l’équilibre s’installe. Le personnage de Ronald McDonald (le Joker) est venu très vite, tout comme Michelin pour les flics. Ce logo a une force dingue. Il est hyper bien dessiné, charismatique, puissant. Par contre, il a été difficile de trouver notre personnage féminin. Le monde de l’image des marques est extrêmement misogyne. Nous sommes allés chercher dans les années 60 pour sélectionner la Pin Up Esso. Certains sont venus de la publicité, comme Energiser pour les lampadaires. D’autres ont été rapides et amusants à installer comme le logo USB pour les cactus. Monsieur Propre est un personnage qu’il faut voir assis car le reste de son corps est une spirale. C’est un génie. Les Pringles, eux, n’ont qu’une tête et parfois des mains. C’est pour cette raison qu’on les voit uniquement au volant d’un camion et assis à une table. Les petits bonshommes jaunes AOL sont comme des figurants et représentent Monsieur Tout-Le-Monde.

Ludovic Houplain : IBM a été la seule marque à demander à figurer dans le film (sans directive d’emplacement) pour des raisons liées à Mikros.

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Logorama @H5

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Animatic et Rotoscopie

François Alaux et Hervé de Crécy ont réalisé des prises de vues réelles qu’ils ont ensuite rotoscopées. L’animation a décalqué leurs mouvements et leurs expressions, qui donnent ce côté réaliste. Cette version représente un mode d’écriture intéressant. Dès le départ le rythme, découpage et le cadrage du film d’action sont définis. Pour interpréter les Bic, Big Boy, Haribo, les fils de Ludovic Houplain se sont également prêtés au jeu car il est impossible de rotoscoper un adulte pour jouer un enfant.

Hervé de Crécy : Pour l’étape de l’animatic, nous nous sommes servis de dessins que nous avons animés sommairement. Nous avons ensuite pris des extraits de films existants avec les plans qui nous plaisaient. Par exemple, pour des plans d’hélicoptère sur un toit, nous avons pris l’extrait d’un plan d’arrivée dans La Chute du Faucon Noir de Ridley Scott. La rotoscopie, inventée par Disney sur Blanche-Neige, consistait à aller plus vite dans l’animation. Il filmait une actrice et les animateurs décalquaient sur l’image celles prises, les unes derrières les autres. Aujourd’hui, il est possible de réutiliser cette technique en 3D. Les animateurs peuvent travailler, avec en toile de fond, une image vidéo tournée. L’avantage est d’être directement lié au mouvement des personnages. L’animateur peut accélérer, faire des mouvements plus forts. Ca laisse une liberté d’interprétation pour nos personnages, qui sont tous différents et tout, sauf humains. On ne pouvait pas se caler sur un mouvement humain pour tous.

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Logorama @H5

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Une lecture en 3D pour un film en 3D

Alors que certains ne voient en Logorama qu’une gigantesque publicité, la majorité identifie aisément les différents niveaux de lectures, tant sur les personnages, les logos que sur les messages qu’il véhicule : « Il y a d’abord une lecture primaire sur n’importe quelle histoire ou blockbuster américain » explique Ludovic Houplain « ensuite celle sur la liberté d’expression et une dernière lecture instantanée de notre société contemporaine avec les logos d’aujourd’hui ». Du point de vue des personnages, des protagonistes principaux à Fido Dido et Élèves Bic au second plan, les auteurs ont été soucieux du détail. Tous ont une vie presque en 3 actes jusqu’à donner une lecture du figurant au troisième plan avec les piétons AOL, représentant Monsieur Tout-Le-Monde. Les auteurs ont eu un plaisir non dissimulé à malmener Fido Dido, icône des années 80 : « On a malmené aussi beaucoup la cacahuète » ajoute François Alaux « On écrase les M&Ms et la pauvre tête de Mr Peanut éclate dans le bar. À Cannes, certains se sont demandés si se cachait un message particulier… ». Enfin, une double lecture s’inscrit également dans la confrontation des logos comme Ronald McDonald, qui prend en otage Big Boy (autre marque de fast food) finalement vaincu par Weight Watchers. Ou encore la marque Formica, intéressante par son double sens entre le fond et la forme. Le logo, qui s’appelle Formica, a la forme d’une table, utilisé dans le Diners Club International, dont la plupart sont souvent de ce matériau. Des coïncidences qui contribuent à la réussite de film.

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Logorama Trailer

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Festival du cinéma israélien 2010

Posted by nathalie dassa On juin - 2 - 2010 Commentaires fermés

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[Copyright©ND - archive web mars 2010] Le Festival israélien de Paris, parrainé par Yvan Attal, a fêté son dixième anniversaire du 10 au 16 mars 2010. Après le Cinéma des Cinéastes, le MK2 Bibliothèque, le Max Linder et le Lincoln, ce fut au tour du Gaumont Opéra côté Capucines d’accueillir l’événement pendant six jours. Compte-rendu.

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Le rendez-vous incontournable pour tous les fervents du made in Israël

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Charles Zrihen, fondateur et directeur du festival, dont l’ambition est de promouvoir depuis sa création la production cinématographique israélienne auprès d’un public friand de découvertes, privilégie les films les plus récents et les plus percutants pour concourir au Prix du Public. La particularité et la richesse de ce festival, organisé par une association à but non lucratif, est de faire découvrir des œuvres où le social, la religion et la politique sont remis en question, présentés et analysés avec cette capacité d’esprit critique, qui caractérise le cinéma israélien, tout en restant dans un contexte d’information sur la culture du Moyen-Orient.

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Un jeune cinéma au succès international

Aujourd’hui, Israël dispose de cinq écoles de cinéma et d’une seule cinémathèque installée à Tel-Aviv. Depuis quelques années, ce jeune cinéma est devenu le fer de lance du renouveau de l’image d’Israël en France et rencontre un succès international. Présenté et primé en compétitions dans plusieurs festivals tel Cannes (une Caméra d’Or respective pour Mon Trésor en 2004 et Les Méduses en 2007 et Téhilim en sélection officielle en 2007), c’est la 3ème année consécutive qu’il se trouve nominé aux Oscars dans la catégorie Meilleur Film Étranger (Beaufort en 2008, Valse avec Bachir en 2009 et Ajami en 2010). La cérémonie d’ouverture s’est déroulée le 9 mars au soir en présence d’Yvan Attal, Limor Livnat (Ministre Israélienne de la Culture et des Sports), Daniel Shek (Ambassadeur d’Israël en France) et le réalisateur Léon Prudovsky, dont le premier long-métrage À 5 heures de Paris – une comédie romantique – a lancé l’événement et est le seul à ce jour à avoir trouvé un distributeur.

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La programmation a offert une bonne dose de nouveautés avec 10 longs-métrages de fiction, dont le huis clos Phobidilia de Yav et Doron Paz, l’excellent diptyque Une histoire du Cinéma Israélien de Raphaël Nadjari (Tehilim), Le Chat de Mme Moskovitch de Jorge Gurvich, Adam Ressuscité de Paul Schrader (American Gigolo, La Féline), une mini fiction Freeland, 7 documentaires, 4 films consacrés au courant musical sur des groupes et/ou des chanteurs israéliens, des courts-métrages d’étudiants et un hommage à Ram Loevy (scénariste, réalisateur et producteur de cinéma et de séries TV) considéré comme le père du cinéma sociétal israélien, avec 3 films projetés (Le Pain, L’indien au soleil et Football en Israël).

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En cadeau, un Best-Of !

Pour souffler cette dixième bougie, un Best-Of inédit avec 11 films présentés durant la décennie (Made in Israël d’Ari Folman, My Father My Lord de David Volach, La Visite de la Fanfare d’Eran Kolirin, Beaufort de Joseph Cédar, Les Sept Jours de Ronit et Shlomi Elkabetz…) et une rétrospective sur le cinéma des années 30 intitulé L’épopée des bâtisseurs, dont entre autres L’enfant Perdu de Chaim Halachmi, premier long-métrage de cinéma en hébreu (1933) et Le Labeur de Helmar Lerski, documentaire sur l’accomplissement du travail manuel, agricole et technologique des premiers immigrants juifs en Palestine (1935).

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Deux programmes de courts-métrages ont été également projetés, avec pour thème les relations entre juifs et arabes :

  1. I am you are, projet initié par la cinémathèque de Jérusalem depuis 1999, réunit 5 groupes de 30 juifs et palestiniens (garçons et filles) de 15 à 17 ans avant leur service militaire, encadrés par des étudiants formateurs d’une école de cinéma. Leur objectif est d’écrire et de réaliser, en un mois pendant les grandes vacances, une série de courts-métrages sur le thème de l’identité de la jeunesse juive et arabe. Ce sont essentiellement des sujets sociaux (premier amour, plaisir du tatouage…).
  2. Jérusalem Moments 2009 entame sa deuxième année. Yael Perlov, professeur de cinéma à Jérusalem, monteuse et productrice, est venue présenter ce projet de 7 documentaires de 86’, réalisés en 6 mois par 7 jeunes Israéliens et Palestiniens. Cet ensemble de courts-métrages a pour ambition d’évoquer les difficultés et la complexité du quotidien au cœur même de Jérusalem dans le contexte du conflit israélo-palestinien. Ces films sont visibles à la cinémathèque de Jérusalem.

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Le Son et le Séfarade à l’honneur

Le festival a également inauguré deux événements majeurs et inédits, qui se sont déroulés le week-end du 13 mars : une Masterclass et une Table ronde. La première Masterclass avait pour objet le travail et les méthodes de la bande son et était animée par l’ingénieur du son Gil Toren (Tu n’aimeras point, Les Méduses, Tu Marcheras sur l’eau, La Fiancée Syrienne, Les Citronniers, The Bubble, La Visite de la Fanfare…) et Hervé Buirette, qui a remporté avec son équipe le César du Meilleur Son pour L’Ennemi Public Numéro 1.

Dans le cinéma Israélien, l’ingénieur du son a une place importante dès le premier draft du scénario : « la bande son commence dès l’écriture. Le scénariste nous explique le déroulé de l’histoire, le style de chaque héros, l’environnement, les décors et les costumes. », explique Gil Toren « Une image en close-up d’un acteur ne permet pas vraiment de déduire des informations sur son environnement. Mon travail est de créer une atmosphère par le son, pour faire comprendre au spectateur le contexte émotionnel, le background général de l’histoire. Par exemple : un enfant joue dans l’herbe. On entend, en fond sonore, la radio qui diffuse les informations sur le passage du Canal de Suez pendant la guerre des six jours. Le son rend compte de cette information contextuelle, indiquée déjà dans le scénario, ce qui n’est pas le cas de l’image ».

La particularité du travail de l’ingénieur son provient de la proximité entre lui et le scénariste. Il a la possibilité de faire modifier des scènes dans le scénario. Par exemple, au moment du repérage, une place particulièrement bruyante située à Haïfa devait être mêlée à un dialogue clé entre deux personnages et cela ne fonctionnait pas. Il a proposé de faire cette scène dans un restaurant de la place et les changements ont été validés. Rarissime, Hervé Buirette précise qu’il ne peut « imaginer ce genre de réaction et de contact sur un film français ».

Autres différences par rapport à la France, qui conditionne également à travailler différemment : le temps et l’argent. Le budget moyen d’un film israélien est de 1M$ et si le cinéma israélien envisage de réaliser un péplum biblique, il faudrait compter 200M$ en moyenne. « Le financement de ces films est 5 fois moindre qu’en France. Leur exploitation s’adresse à un public potentiel de 2 millions de personnes, ce qui représente 10 fois moins que dans l’hexagone » souligne Hervé Buirette « Heureusement, le cinéma israélien s’exporte de plus en plus et les coproductions étrangères aident énormément. Le temps de mixage est aussi très inférieur (10 jours) à celui de la France (5 semaines). C’est la raison pour laquelle Gil Toren est très méthodique et travaille très en amont, tout en sachant qu’à Tel-Aviv, un seul auditorium existe pour le mixage, pas encore très bien équipé. Il prépare au maximum son travail dans son studio pour terminer en France dans un auditorium plus grand, avec un matériel plus adapté. Tous ces enjeux motivent fortement les troupes ! ».

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La première table ronde a abordé le thème « Le Séfarade dans le cinéma israélien », animée par Yehuda Nouriel, journaliste d’un grand quotidien israélien (Yedioth Aharonot), en présence de l’emblématique Ronit Elkabetz (actrice, scénariste et réalisatrice de Prendre Femme et Les Sept Jours), Benny Torati (réalisateur de Desperado Square – Section Best-Of) et Ram Loevy (qui a remporté le Prix d’Israël – récompense la plus prestigieuse pour une œuvre de création – pour l’ensemble de sa carrière). Des extraits du répertoire classique du cinéma israélien ont été projetés, montrant de manière caricaturale, exacerbée, comique et dramatique, l’évolution de l’identité séfarade. Le juif oriental a eu souvent plusieurs représentations : il a joué le rôle de l’arabe, il a été incarné par des acteurs ashkénazes et il a aussi représenté celui qui renonce à son identité arabe afin de s’intégrer et d’obtenir une légitimité israélienne.

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  1. Le phénomène Sallah Shabati, sorti en 1964, écrit par l’écrivain Éphraïm Kishon et coréalisé par Menahem Golan et Ephraïm Kishon. Le film raconte l’intégration d’une famille d’immigrants originaire du Maroc au début de la création de l’état d’Israël, qui a fait l’aliyah (la montée vers Israël qui consiste à s’établir en terre promise et représente le rêve sioniste de réunir tous les juifs). L’acteur Chaim Topol (Un Violon sur le Toit) incarne un immigrant séfarade confronté aux réalités du 20ème siècle. Pour mémoire, ce classique a remporté le Golden Globe du Meilleur Film Étranger et fut également nominé pour la première fois aux Oscars dans cette catégorie en 1965.
  2. Policier Azoulay, également écrit et réalisé par Ephraïm Kishon, sorte de Pinot simple Flic, présente à nouveau le regard ashkénaze sur l’oriental, voire même l’arabe (seconde nomination aux Oscars et seconde récompense aux Golden Globes en 1972). C’est l’histoire d’un homme simple et honnête, interprété par Shaike Ophir. Ses supérieurs souhaitent le mettre à la retraite plus tôt que prévue, alors que lui-même tient à rester parmi les forces de l’ordre, de même pour les criminels de Jaffa qui n’ont aucune envie de le voir partir.
  3. Sh’Chur (1994), écrit par Hana Azoulay-Hasfari et réalisé par Shmuel Hasfari, fut l’un des tout premiers films à parler des séfarades eux-mêmes, de leurs sentiments, dans leur propre langue et montrer un autre regard que celui de l’ashkénaze, longtemps évoqué dans la société israélienne. Rachel, présentatrice de télévision, apprend la mort de son père. Elle se rend aux funérailles, accompagnée de sa fillette autiste et de sa sœur Pnina, débile légère internée depuis 20 ans. Le passé de Rachel, qu’elle avait définitivement enfoui, va resurgir en une série de souvenirs violents et fulgurants avec son cortège de superstitions, de rites, d’envoutements et d’exorcisme…
  4. Desperado Square, écrit et réalisé par Benny Torati, se déroule dans le quartier très fermé sur lui-même d’Hatikva, aux portes de Tel-Aviv, où vit cette génération de juifs originaires de Grèce, qui n’avait aucune représentation dans la société ou dans le cinéma israélien. La quiétude des lieux va être perturbée par la décision aussi brusque qu’extraordinaire des frères Mandabon de remettre en service le vieux cinéma de quartier, fermé depuis 25 ans, pour projeter le film indien Sangam de Raj Kapoor (1964).

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Prise de paroles des invités sur la question orientale…

Ram Loevy : « La question orientale a été souvent mise de côté, excepté par ceux qui sont réunis autour de cette table ronde. C’est peut-être un sujet qui ne fait pas énormément d’audience et qui n’intéresse pas… les ashkénazim. Mes films ont été reconnus et appréciés. La censure que j’ai subie tourne autour de la question israélo-arabe. Elle ne porte pas sur les coupes dans mes films, mais sur leur diffusion reportée. J’ai travaillé pour la télévision publique israélienne. Une seule chaîne existait au début. Les autorités de radiodiffusion publiques israéliennes m’ont permis de réaliser les films que je voulais. Et j’en suis reconnaissant. J’avais réalisé un film sur la guerre de 1948, parlant d’un évènement où les soldats israéliens entrent dans un village arabe et chassent la population. Ce film n’a pas été projeté à la date où il aurait dû sortir. Il a été repoussé. Un autre film parlait des enquêtes au sein même de l’armée. Il est important de préciser que c’est la chaîne publique de l’état israélien qui a permis de le réaliser. Ce n’est pas banal. Mais une fois réalisé, il a fallu attendre 10 mois pour que le film sorte ».

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Ronit Elkabetz : « Le cinéma israélien s’est développé avec la société israélienne. Les séfarades ont mis du temps à aborder leur identité. Pendant 50 ans, le cinéma israélien traitait de la question orientale du point de vue de l’ashkénaze, avec un accent un peu ridicule. C’était souvent de la caricature, même si on avait d’excellents réalisateurs tel Ephraïm Kishon. Cette 2ème ou 3ème génération d’immigrés séfarades a eu l’audace de raconter l’histoire. Avec Les Sept Jours et Prendre Femme, j’avais envie d’évoquer à voix haute et en toute intimité mes racines, mon existence et de montrer comment les marocains se voient eux-mêmes et non comment les autres les voient. J’avais déjà joué dans Sh’chur, qui traitait de l’identité de la femme et de la question : qu’est-ce qu’être une femme séfarade dans la nouvelle société ? Mais pour la première fois, dans Les Sept jours et Prendre Femme, on découvre des personnes originaires du Maroc vivre leur vie. Prendre Femme a été complètement rejeté en Israël et a suscité beaucoup de problèmes. On s’est fait insulter. Dans les festivals et les projections internationales, on parlait souvent du statut de la femme dans la société israélienne patriarcale, très violente pour une immigrée. Dans le monde entier, des femmes se sont reconnues. Un très grand chemin a été parcouru. Les Sept jours, au contraire, a été une révolution chez les spectateurs et a reçu beaucoup de récompenses. C’est la première fois qu’on voyait des femmes couvertes, acheter un billet et voir un film. Ces mères et grands-mères n’avaient jamais vu un cinéma de l’intérieur. Cela s’est passé l’année dernière et j’en suis très fière ! Malgré les censures, le racisme, les difficultés, la guerre qu’on subit depuis notre naissance, il s’agit d’un pays qui a fait énormément de progrès dans beaucoup de domaines. Le cinéma Israélien a réussi à faire beaucoup plus que n’importe quel politique. Aujourd’hui, on touche des gens dans le monde entier et le discours dans les rues change ».

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Benny Torati : « Israël est un peu comme un corps étranger, entouré d’arabes et de la culture arabe au Moyen-Orient. Ce n’est pas un hasard si j’ai choisi un acteur arabe pour jouer le rôle principal dans Desperado Square. Ce n’est pas non plus un hasard si pour beaucoup de raisons caractéristiques, la population s’en sent également plus proche. Ce serait très bien si cette proximité pouvait aller jusqu’en Egypte, en Jordanie et ailleurs. Dans Desperado Square, je voulais rendre un hommage à une autre époque et mon choix s’est porté sur le cinéma indien et la musique grecque. Avec l’arrivée dans les années 50 de nombreux immigrés orientaux, le cinéma et la musique arabe ont été longtemps et souvent considérés comme l’ennemi. On n’aimait pas trop le montrer. Dans cet espace, est arrivé le cinéma indien qui ne gênait personne et la musique grecque, agréable à l’oreille. Je pense vraiment que si je ne parle pas de certains sujets, personne ne le fera ».

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« Le cinéma israélien est devenu l’ambassadeur le plus authentique d’Israël, des Israéliens et des juifs car il donne la possibilité de faire entendre des voix multiples qui peuvent s’exprimer. Ceux qui s’en prennent à des créateurs comme ceux présents à cette table ronde, ne rendent pas service à la paix et au combat identitaire et minoritaire qui sont fondamentaux car nous luttons contre le racisme » a conclu le journaliste Yehuda Nouriel, pour refermer cette table ronde.

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La cérémonie de clôture s’est déroulée le mardi 16 mars. La remise du Prix du Public a été faite par la Fondation David Hadida, qui a créé, il y a deux ans, cette récompense de 5000 euros, représentée par une étoile de cristal, pour récompenser le film et le(s) réalisateur(s) choisi(s) par le public. Cette année le lauréat est Phobidilia, premier long-métrage de Yoav et Doron Paz, qui évoque le traumatisme émotionnel, l’enfermement, l’agoraphobie et la peur d’affronter et de vaincre ses propres angoisses. Phobidilia a été le seul film à représenter Israël au Festival de Berlin dans la section Panorama Fiction.

L’événement s’est conclu avec le distributeur Ad Vitam, venu présenter en avant-première Ajami de Scandar Copti (arabe israélien) et Yaron Shani (juif israélien), primé par 5 Ophirs (équivalent des Oscars). Ce film bouleversant, tiré de faits réels, expose sans concession les violences et difficultés de cohabitation entre les 3 communautés juive, arabe et chrétienne évoluant à Ajami, quartier de Jaffa et ville historique arabe de Tel-Aviv.

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Les films génétiquement modifiés

Posted by nathalie dassa On juin - 1 - 2010 Commentaires fermés

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[Copyright©ND - archive presse mars 2009] Depuis quelques mois, un nouveau format a investi nos écrans télévisuels : le 14/9. François Ede, réalisateur, chef opérateur et restaurateur de films pointe du doigt les méfaits et les dangers de ce format qui n’a jamais existé au cinéma.

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Membre du conservatoire des techniques cinématographiques et de la cinémathèque française, François Ede est un des professionnels qui aime le cinéma dans sa nature la plus pure. Il a d’abord été directeur de la photographie sur quatre longs-métrages de Raoul Ruiz avec lequel il a écrit le scénario des Trois couronnes du matelot. Il a réalisé plusieurs documentaires d’actualité et sur les œuvres des artistes de cinéma : Charlie Chaplin, Jacques Tati, Henri Cartier-Bresson et Willie Ronis. Il a également publié deux ouvrages consacrés à Jacques Tati aux Éditions Cahiers du Cinéma.

François EdeEn parallèle de son métier, il contribue à la sauvegarde du patrimoine cinématographique et soutient son développement en se chargeant de la restauration de films qu’il exerce en indépendant : Jour de fête et Playtime de Jacques Tati, Yoyo de Pierre Etaix et Lola Montès de René Clément, diffusé dernièrement au Festival de Cannes dans la section Cannes Classics et qui est ressorti au cinéma.

Chaque film de répertoire est un cas particulier lorsqu’il se lance dans le long processus de la restauration au niveau image et son. Un travail d’archéologue qui peut s’étendre sur plusieurs années et qui demande beaucoup de recherches, de moyens et de connaissances : « Les classiques du cinéma, dont les muets, ont forcément des imperfections » explique François Ede « On ne peut pas faire une restauration flambant neuve. Il faut respecter la patine du temps. Ces vieux films traînent les cicatrices de leur histoire. Les premiers films parlants ne sont plus vus dans leur format d’origine et d’autres ne peuvent même pas être restaurés car ils ont été dupliqués et mal dupliqués ».

Conspué à sa sortie en 1955, Lola Montès notamment a subi bon nombre de mutilations par les producteurs qui ont détourné les intentions de départ du réalisateur : raccourci et remonté à plusieurs reprises en modifiant format, couleurs, langues et bande-son, amputé de ses flash-back en racontant l’histoire de manière chronologique accompagnée d’une voix off et de dialogues réenregistrés, ce film est d’autant plus à voir ou à revoir dans sa version d’origine.

Depuis ses débuts, le cinéma a évolué avec différents formats de pellicules ; en premier lieu, un format presque carré (1,33) pour les films muets tels que ceux de Chaplin ou de Méliès. Les premiers films sonores proposèrent un ratio de 1,25 afin de pouvoir intégrer la bande son. Ce n’est que vers les années 1940 que les films de cinéma ont pu être tournés au ratio 1,37. La télévision l’a repris en l’adaptant légèrement au format 4/3. Mais sa popularité aux Etats-Unis poussa l’industrie du cinéma à faire preuve d’innovation pour éviter la baisse de fréquentation dans les salles en proposant des formats panoramiques tel que le cinémascope d’origine, crée par la Fox (2,55).

Aujourd’hui, les normes sont le 1,77 (écrans télévisuels 16/9), 1,66 (Europe, France), 1,85 (USA) et 2,35 (cinémascope actuel) ; ils représentent l’essentiel de la production cinématographique.

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Création et incidence du format 14/9

L’œuvre restaurée et diffusée sur grand écran reprend donc corps devant un public amateur et se destine également à la nouvelle génération, passionnée de cinéma. Malheureusement, le format de projection qui correspond aux choix artistiques des réalisateurs n’est pas forcément adopté en télévision, voire même en DVD. Un mal qui s’aggrave avec l’apparition récente du format 14/9, créé à l’origine pour la publicité : « Lorsque les téléspectateurs regardent les publicités sur leur poste 16/9, précise François Ede, l’image 4/3 est légèrement moins haute et étirée en largeur pour se rapprocher du 16/9 et remplir la largeur de l’écran. Ce format est un compromis pour ne pas couper le texte en bas des messages publicitaires.

Cette pratique douteuse s’est étendue maintenant à la diffusion des longs-métrages ». Paris brûle-t-il, diffusé en 14/9 en septembre 2008 sur France 3, a donc été l’élément déclencheur de la lettre ouverte de François Ede. Pour lui, il est essentiel de sensibiliser tous les professionnels de l’audiovisuel. En effet, aucune information n’a été transmise et chacun s’est retrouvé devant le fait accompli. Résultat : Sa diffusion a dénaturé la mise en scène initiale.

Les industries techniques telles que la FICAM et la CST (Commission supérieure technique) qui ont pour vocation de faire des expertises qui dépendent du CNC, ont rédigé une recommandation visant à laisser l’initiative aux diffuseurs de recadrer les films : « Cette recommandation, qui n’est pas une norme, a été écrite dans un coin entre quelques bureaucrates. Aucun professionnel n’a été consulté. Le 14/9 est une règle qui aurait dû s’appliquer uniquement pour les écrans publicitaires et non pour les films de cinéma. Elle est complètement dérogatoire car les films en scope et en 1,85 peuvent être recadrés au bon vouloir des diffuseurs.

Jusqu’à présent, les chaînes publiques respectaient peu ou prou le format alors que les chaînes privées taillaient allègrement. Elles passaient par exemple le début d’un film en cinémascope, au format scope pour laisser le téléspectateur lire le générique du début, puis recadraient en 4/3 ». Même si le recadrage en 16/9 ne dénature pas complètement l’œuvre du réalisateur en 2,35, il provoque à fortiori une perte de 30 % de l’image. De plus, lorsque les chaînes publiques diffusent ces mêmes films en 4/3 pour une diffusion en télévision, ils utilisent le procédé pan&scan, qui consiste à les recadrer avec de faux mouvements de caméra pour passer d’un visage à un autre, remplaçant gauchement le plan fixe du format originel. L’opération pulvérise alors l’œuvre du réalisateur.

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President de Lionel Delplanque 2,35

Président de Lionel Delplanque - Format originel cinémascope 2,35

President de Lionel Deplanque 1,77

Président en 16/9 (format 1,77) - Photogramme tronqué

Président en 4/3 (format 1,33) - photogramme tronqué

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Dans un texte concernant « La nouvelle ambition du service public (réforme des cahiers des charges) », la SACD donne en exemple le métrage Président de Lionel Delplanque et ajoute après illustration, que lorsque Claude Rich se recule très légèrement sur son siège, il disparaît complètement du cadre et devient alors une voix off.

La SACD s’interroge : les formats originels sont parfaitement respectés sur les DVD et sur les chaînes payantes de cinéma, avec les spectateurs au rendez-vous. Pourquoi n’est-ce pas le cas sur les chaînes hertziennes et en particulier sur le service public ? « Ce qui risque de se passer, c’est que les gros propriétaires de catalogues ressortent des versions remasterisées en 14/9 ou en 16/9 pour que les films s’intègrent dans les lucarnes télévisuelles », ajoute François Ede. Le danger est là : voir des films totalement dénaturés dans quelques années. La projection cinématographique va devenir de plus en plus numérique. Les majors hollywoodiennes l’utilisent de plus en plus, ce qui leur permet de mieux protéger les films du piratage. C’est un de leurs arguments principaux. On verra donc de moins en moins de projections avec ce support photochimique. L’image numérique peut être manipulée n’importe comment à la télévision. Ces masters ne respecteront ni le format, ni l’image, ni le son, ni la couleur. Un film de répertoire restauré et remasterisé avec le son stéréophonique 5.1 en DVD, ce n’est pas non plus respecter le format d’origine. « Ce qui me choque très souvent, poursuit François Ede, ce sont les documentaires d’actualité comme la première et seconde guerres mondiales. La plupart du temps, ils sont recadrés en 16/9 dénaturant le format d’origine (4/3, 1,33 ou 1,37). J’avais arrêté une projection de Jour de fête qu’ils avaient recadré en 1,66. Tati était coupé au ras du képi. Des films sont massacrés par les exploitants ou les projectionnistes car ils n’ont pas le matériel pour projeter la fenêtre ou le bon objectif ».

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Commission d’étude à venir ?

Par ailleurs, les éditeurs de DVD indépendants posent un autre problème. Dans un article sur le site DVDrama, le réalisateur Pascal Laugier dénonce la mauvaise réédition du DVD Full Circle de Richard Loncraine, sorti en 1978 en 2,35, conçue par l’éditeur PVB qui annonce le film au format d’origine 1,77 respecté. Le cinéaste poursuit que PVB « disposant d’un vieux master 4/3, tient tout de même à sortir le film en 16/9, donc recadre au format 1,77 et pan&scan. Puis zoomboxe dans l’image, ce qui la rend totalement floue et coupe de l’information en haut et en bas ; donc plus aucun plan large, uniquement des plans moyens et serrés. L’image, étrangement anamorphosée, a pour effet d’étirer en écrasant les visages des acteurs. La version française proposée n’est pas non plus le doublage d’origine, mais une post-synchro refaite des années auparavant ». Résultat : 50 % d’image en moins pour visionner ce film réédité en Zone 2 français, première édition au monde.

Soutenu par l’AFC, la Fondation Groupama Gan, la SACD et la presse, l’objectif de François Ede est d’organiser une commission d’étude avec les interlocuteurs les plus aptes à défendre les droits d’auteurs et le droit moral (SRF, réalisateurs, ayants droits, chefs opérateurs, CST, AFC, SACD…) pour sauvegarder, protéger et respecter le patrimoine cinématographique en diffusant enfin les films correctement.


Martyrs, première victoire sur la censure

Posted by nathalie dassa On juin - 1 - 2010 Commentaires fermés

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[Copyright©ND - archive presse oct 2008] Quatre mois et trois projections en commission auront été nécessaires à Pascal Laugier pour que Martyrs soit reconnu comme une œuvre de création cinématographique à part entière et puisse vivre de son exploitation commerciale. Rappel des faits et explications des principaux protagonistes.

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Un projet viscéral

Martyrs est né d’un concours de circonstances. Pascal Laugier développait avec le producteur et patron d’Eskwad, Richard Grandpierre un projet différent lorsque Manuel Alduy, aujourd’hui Directeur du Cinéma du Groupe Canal+, qui était à la recherche de scénarios de genre pour sa case « French frayeur », se rapprocha d’eux. Leur précédente collaboration fructueuse sur Saint-Ange leur avait donné l’envie de retravailler ensemble. Ils repartent pour une nouvelle aventure.

Pascal Laugier L’écriture a duré 7 mois, 3 versions pour un budget d’un peu plus de 2,5 millions d’euros. Le thème du film est inspiré par l’état d’esprit dans lequel se trouvait le réalisateur, il y a un an et demi. L’idée et le lien qui lui tenaient à cœur étaient de raconter l’histoire d’Anna (Morjana Alaoui) qui est amoureuse de Lucie (Mylène Jampanoï). Une histoire impossible. Pascal Laugier sortait d’une expérience similaire : « J’étais à un passage de ma vie très compliqué, très noir. Des choses autour de moi m’asphyxiaient. Certaines histoires d’amour vous tuent. Vous tombez désespérément amoureux de personnes dont vous sentez qu’elles vont vous emmener à votre propre mort. Vous êtes incapables de bouger. Et vous devez mourir pour pouvoir quitter cette histoire. Martyrs est un film sentimental, je l’ai écrit d’une manière mélodramatique, sans aucune réflexion, ni autocitation, ni référence. Je l’ai perçu comme un moyen d’en parler au premier degré, sans rien laisser hors champs. Quand on manipule un matériel aussi délicat et fragile que la torture et le traumatisme des enfants, bien évidemment, j’ai réfléchi et j’ai analysé le matériel. Aujourd’hui, j’assume et je signe chaque plan et chaque ligne du scénario ».

La première scène que le cinéaste avait en tête : « Une fille tape à la porte d’une famille française qui prend son petit-déjeuner un dimanche matin et lorsque le père ouvre, elle abat tout le monde à coups de fusil de chasse ». Il s’est ensuite posé la question : pourquoi fait-elle cela ? Il est allé en amont et en aval du scénario et l’histoire s’est déroulée instinctivement.

Un film totalement visuel, avec soixante lignes de dialogues tout au plus, qui se décompose en 3 actes. La volonté de Pascal Laugier était que le spectateur ne devait pas avoir 5 minutes d’avance sur le scénario. Il égrène ainsi un certain nombre de questions et les réponses sont données tout au long du film jusqu’au 3ème acte, inattendu, extrêmement dur, déstabilisant et bouleversant.

Le tournage à Montréal a duré une quarantaine de jours, en grande partie en studio. Il fut difficile et extrême : « Martyrs est un film très organique », explique Pascal Laugier. Mylène Jampanoï devait pleurer et hurler tous les jours pendant 12 heures d’affilée. C’était un investissement physique et d’énergie intense. Quand elle était prête, il fallait que tout soit prêt pour filmer la scène.

En plein milieu du tournage et avant qu’elle ne débute toutes ses scènes très physiques, Morjana Alaoui s’est cassée trois os, suite à un accident sur le plateau. Tout a été interrompu pendant deux mois le temps qu’ils se ressoudent. C’était symbolique de la difficulté à faire ce film. Le processus de tournage était également ingrat. Caméra portée la plupart du temps, avec aussi des travellings et des plans fixes. On ne répétait quasiment plus car je voulais que les réactions soient prises sur le vif. Puis l’enfer absolu des effets spéciaux qui ne fonctionnent pas quand il le faut : le sang, les prothèses en latex. Quand on doit combiner cela avec la comédienne qui pleure pour de vrai, c’est difficile ».

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Buzz et Polémique

Le visionnage de Martyrs a eu lieu le 24 avril en sous-commission, recevant une mesure d’interdiction aux moins de 18 ans (16 ans + avert = 1 voix / 18 ans = 5 voix). Cette sous-commission n’est là qu’à titre indicatif et sert en quelque sorte de baromètre, mais lorsqu’elle se prononce en faveur d’une interdiction, le film est projeté en commission plénière.

Trois semaines plus tard, le Festival de Cannes débute. Le métrage franco-canadien, non retenu aux sélections, est montré au Marché du Film. Une cinquantaine de pays l’achètent. De par son scénario structuré sur la manière de traiter la souffrance physique et psychologique à l’état brut, sa liberté de ton et de réalisation, sa radicalité poussant son cinéma d’horreur jusqu’au boutisme sans jamais présenter de violence gratuite, le cinéaste provoque un buzz qui délie les langues sur la croisette et oblige l’audience à se positionner. Certains le considèrent comme l’un des meilleurs films de genre de l’histoire du cinéma français, d’autres le clouent au pilori.

Le 29 mai, Martyrs est projeté en commission plénière. L’interdiction aux moins de 18 ans est maintenue à une voix près (18 ans = 13 voix / 16 ans = 12 voix). C’est surtout la seconde partie du film qui a suscité un débat houleux. Lorsque les membres débattent sur une oeuvre, l’appréciation s’effectue sur des thèmes comme la violence, les repères de comportement, les références culturelles et sociales, le climat de l’œuvre, la place que le film fait au spectateur…

Ils ne jugent pas sur l’aspect artistique, sur l’imaginaire ou sur le sens des images, mais ils connaissent les conséquences économiques fâcheuses de diffusion lorsqu’elle vote en faveur de cette interdiction. Un producteur, représentant de l’UPF au nom de l’APC, avait assuré à Richard Grandpierre qu’il serait présent pour défendre Martyrs. Mais il n’est pas venu : « Nous aurions obtenu l’égalité des votes et dans ce cas de figure, la voix de la présidente de la Commission compte double. Nous aurions pu probablement éviter cette sanction. Je lui ai fait bien comprendre mon courroux ». Résultat : une vingtaine d’organisations du cinéma et de la critique s’élèvent contre cet avis dans leur communiqué respectif « dénonçant l’irresponsabilité de la Commission de Classification et demandent au Ministre de la Culture, Christine Albanel, de procéder à un réexamen.

Aujourd’hui, la mesure du moins de 18 ans correspond à une interdiction quasi-totale d’exploiter le film ». La SRF précise que la décision prise est en totale contradiction avec sa mission, celle de protéger sans censurer. Le cinéma est un procédé de création qui a pour objectif de satisfaire tous les publics.

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Lorsque Saw III a écopé du moins de 18 ans, il n’y a eu aucune mobilisation car c’est un film américain connu qui a déjà un succès mondial. La profession avait cependant prévenu que cela toucherait bientôt un film français. Mentalement, ces films estampillés moins de 18 ans sont assimilés au X pour la plupart des spectateurs, y compris juridiquement pour le CSA et les télévisions dans leur programmation. Économiquement, l’exploitation en salles est réduite et le circuit UGC ne souhaite plus les distribuer. Le film est déjà mort-né avant même sa sortie et part avec un handicap majeur. Wild Bunch a donc annoncé la suspension de la sortie du film, prévue le 18 juin.

Le 3 juin, le distributeur adresse une lettre au Ministre de la Culture, lui demandant « de ne pas suivre la recommandation et de prononcer une mesure de restriction aux moins de 16 ans qui paraît plus appropriée pour cette œuvre ». Le 8 juin, Pétition pour sauver Martyrs lancée et mise en ligne sur le net par le site belge cinemafantastique.be. Le 9 juin, Le réalisateur, le producteur et le distributeur sont reçus par le cabinet du Ministre de la Culture pour présenter les arguments de l’auteur, notamment la démarche artistique à l’origine de ses choix. « Nous avons surtout insisté sur le fait que nous n’étions pas contre cette interdiction » ajoute Richard Grandpierre « Le problème, c’est qu’elle représente une sanction économique et condamne le film à être vu par personne. Canal+ l’a préacheté et n’aurait pas pu le diffuser. La chaîne a droit à 2 films moins de 18 ans par mois. Elle aurait donc déprogrammé un porno pour le diffuser un samedi soir à partir de minuit, une seule fois. C’était difficile d’être assimilé à ce type de films ».

Censure Martyrs - source SRFSuite à cet entretien, la Ministre décide alors « de recourir à l’article 4 du décret du 23 février 1990 qui prévoit qu’avant de statuer sur le visa d’un film, le ministre chargé de la culture a la faculté de demander à la commission un nouvel examen du film ». Le 13 juin, Manifestation Martyrs, Place du Palais Royal à Paris, face au Ministère de la Culture, lancée par le réalisateur Fernando de Azevedo. Le 18 juin, en réponse à la lettre du distributeur et à l’entretien avec les protagonistes du film, la Ministre s’adresse à la Présidente de la Commission, Sylvie Hubac, et lui suggère de disposer d’une nouvelle délibération. Le 1er juillet, lors du nouvel examen au CNC, la Commission statue sur une mesure d’interdiction aux moins de 16 ans avec avertissement (16 ans = 14 voix / 18 ans = 12 voix). Le 2 juillet, la Ministre suit cette recommandation et délivre un visa assorti à cette interdiction. Le 3 juillet, la sortie du film est enfin annoncée officiellement pour le 3 septembre 2008.

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Martyrs a ému une grande majorité de professionnels du cinéma, de la presse et de spectateurs. Tous se sont mobilisés et la décision s’est réglée en faveur du film, disposant d’une nouvelle jurisprudence après celle de Saw III. « Malheureusement, ce qui s’est passé avec Martyrs n’ouvrira pas de brèche » avoue Richard Grandpierre « Ceux qui sont susceptibles d’écrire, de réaliser et même de produire ce type de film, ne prendront pas le risque d’écoper d’un moins de 18 ans. Ils feront des films un peu plus aseptisés. Cela va probablement freiner une part de créativité ».

Martyrs a été distribué dans 69 salles en France seulement, dont 12 sur Paris/Périphérie. Richard Grandpierre reste plus optimiste sur le DVD : « Les ventes peuvent proportionnellement mieux marcher qu’en salle. La clientèle est plus affirmée sur les films de genre. Si les premières semaines d’exploitation à la FNAC ou Virgin sont bien mises en avant, les clients l’achèteront, en partie grâce à son écho médiatique. À l’international, Martyrs a été sélectionné au TIFF, à Sitges, à Rome… et aura une exploitation vidéo par ceux qui l’ont acheté. Pour Pascal Laugier, le pari est gagné. En tant qu’auteur et metteur en scène, ce film lui donne un certain galon ».


Messieurs les censeurs!…

Posted by nathalie dassa On juin - 1 - 2010 Commentaires fermés

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[Copyright©ND - archive presse octobre 2008] La Commission de classification des œuvres cinématographiques a pour mission de protéger la jeunesse et d’informer le public sans censurer. Le réalisateur Hervé Bérard, membre représentant la Société des Réalisateurs de Films (SRF) et spécialiste de la censure depuis 10 ans, nous éclaire sur les conséquences des décisions de la Commission.

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La SRF, qui n’a jamais voté le « moins de 18 ans », est présente dans toutes les commissions depuis sa création en 1968. Son rôle est de défendre la liberté des réalisateurs, la liberté de création, de circulation des œuvres et la liberté individuelle qui est un droit fondamental des spectateurs concernant tous les films, qu’ils soient français ou étrangers.

Présidée par un Conseiller d’État, la commission de classification compte aujourd’hui 28 membres dont la majorité des sièges est accaparée par les ministères et leurs experts : l’Intérieur, la Justice, l’Éducation, la Jeunesse, la Famille et même la Santé : « On trouve aussi les institutions pas toujours exemptes de motivations moralistes » explique Hervé Bérard. « L’UNAF (créé sous Vichy afin de défendre la famille et de lutter contre l’immoralité), le CSA (qui tenta d’interdire en vain le sexe à la télé en 2002), le Défenseur des enfants, un petit groupe d’étudiants dont certains se montrent plus sévères que tout le monde et un collège de professionnels minoritaires (1/3 des sièges). Quant aux réalisateurs, nous n’avons qu’un siège et demi sur 28 ».

La commission propose la catégorie « tous publics » et 3 types de restrictions : 12, 16, 18 ans. Le classement X et l’interdiction totale y figurent toujours mais ne sont plus actifs à ce jour. Chaque année en moyenne, 1 000 œuvres, dont 600 longs-métrages, sont visionnées et 1 à 2 films sont assortis d’un visa « interdit aux moins de 18 ans ».

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Les fluctuations du sceau 18 ans

De la naissance du cinéma jusqu’aux années 1960, l’interdiction était fixée à 16 ans, même si la majorité était à 21 ans, excepté pendant la seconde guerre mondiale où le « moins de 18 ans » fonctionnait sous la loi allemande. Michel Debré instaure en 1961 le moins de 18 ans en lieu et place du moins de 16 ans, à cause des films de Roger Vadim (Et Dieu créa la femme, Les liaisons dangereuses, Barbarella…). Pour éviter cette surenchère d’érotisme en France, il casse la parité au sein de la commission et installe la censure sur scénario, qu’il fallait soumettre avant que le film ne soit tourné.

Deux sortes de censures existent : celle diffusée sur le territoire national et celle sur les films exportés. En 1975 apparaissent les films à caractère pornographique au cinéma et l’entrée du classement X avec surtaxation : « Cette mesure s’est abattue sur plusieurs films de genre » rappelle Hervé Bérard. « Ils ont d’abord été ixés (X violence) comme Mad Max, Massacre à la tronçonneuse, Maniac, Zombie ou encore The Warriors

La tactique du « donnant donnant » s’est installée entre les censeurs et les distributeurs (« Plus tu coupes, moins je censure ») pour ne pas écoper d’une interdiction trop importante. Mad Max par exemple : la Warner a refusé de sortir le film en France en 1980 à cause de ce classement. Après avoir été amputé de 173 mètres de pellicule, il est représenté en commission. Cette fois-ci, il est question d’interdiction totale. 30 mètres de coupes supplémentaires sont nécessaires pour permettre au film de sortir en 1982 avec l’interdiction aux moins de 18 ans ».

C’est avec le décret de Jack Lang, en 1990, que les coupes furent définitivement supprimées et tous les films interdits aux moins de 18 ans, libérés et abaissés à 16 ans.

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Retour et dérapage

Le rétablissement du moins de 18 ans en 2001 date de l’affaire Baise-moi de Virginie Despentes et Coralie Trin Thi. Lorsque le film sort sur les écrans en 2000 avec une interdiction aux moins de 16 ans, il n’y reste que très peu de temps. L’association d’extrême droite Promouvoir monte au créneau, saisit le Conseil d’État en affirmant que le film tombe sous le coup de l’article 227-24 qui punit de 3 ans d’emprisonnement et de 175 000 euros d’amende le fait de diffuser des messages à caractère violent ou pornographique susceptibles d’être vus par des mineurs. « C’est un texte très dangereux, incontrôlable, aggravé par le flou de son énonciation qui permet à une association de porter plainte contre la plus anodine des images érotiques ou de violence » indique Hervé Bérard.

Aucune mesure n’existait pour ce type de film, hormis le moins de 16 ans et le classement X, qui implique le retrait total sur les écrans puisqu’il n’existe plus de salles spécialisées depuis 1996. « Au lieu de modifier cet article, la gauche a préféré réintroduire le moins de 18 ans qu’elle avait elle-même supprimé 10 ans plus tôt. En accord avec la profession, Catherine Tasca a rétabli cette mesure en 2001, non pas pour réhausser la majorité cinématographique à 18 ans, mais pour permettre au public d’avoir accès à des œuvres adultes. Sans cette disposition, des films avec des scènes de sexe comme Baise-moi, 9 songs… seraient interdits d’exploitation au regard de cet article.

Pour que l’interdiction aux mineurs reste exceptionnelle, la règle exigeait que le « moins de 18 ans » soit voté à une majorité qualifiée, d’au moins 2/3 des voix. Au départ, cette mesure a été créée pour Baise-moi qui a pu ressortir en salle en 2001 ».

Ken Park 2002Depuis ce dispositif juridique, des films ont subi des attaques perpétuelles : Irréversible, Dead or Alive, La Chatte à deux têtes… Ils ont pu être sauvés grâce au vote des 2/3, qui a malheureusement disparu fin 2003 : « Il y a eu un mouvement assez réactionnaire de la censure en France entre le retour de l’ordre moral avec les présidentielles de 2002 et ceux qui considéraient que tous les maux de la société venaient des films violents en télévision ».

Ken Park, troisième œuvre interdite aux moins de 18 ans, est sortie fin 2003 avant la mise en place des nouvelles conditions de contrôle. « Le film avait reçu initialement une interdiction aux moins de 16 ans sans débat en commission. L’association Promouvoir a saisi le Conseil d’État une nouvelle fois, qui a annulé le visa considérant que le ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon avait fait une application inexacte par rapport aux films comportant des scènes de sexe explicites. Mais Ken Park était déjà sur les écrans depuis un bout de temps. Ce reclassement l’a privé de diffusion en télévision ».

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Conséquences économiques

À ce jour, sept œuvres ont été interdites aux moins de 18 ans, dont Saw III (film d’horreur) et Quand l’embryon part braconner (film de répertoire), qui ne comprennent pas de scènes pornographiques. Ce dernier, réalisé en 1966 par Koji Wakamatsu, est sorti sur les écrans en 2007, à l’occasion d’un hommage rendu à ce cinéaste japonais jadis controversé. Le dérapage pressenti par certains professionnels du cinéma s’est donc réalisé. Cette mesure fut rétablie en vue de se protéger de l’article 227-24, mais elle compromet l’exploitation commerciale en salles, en télévision et en vidéo.

Depuis Saw III, qui a remporté un vif succès en salles (767 340 entrées), les exploitants tels UGC refusent dorénavant de distribuer ces films qui sont difficiles à mettre en place : « Les gens n’étaient pas habitués à effectuer des contrôles dans les multiplexes. Il y avait deux vérifications : lors de l’achat à la caisse et à l’entrée des salles où étaient postés des vigiles. Dans la file d’attente, des adultes étaient refoulés pour non-présentation des papiers. De toute façon, pour la plupart des gens, le « moins de 18 ans » est lié au porno, c’est repoussoir ».

Le dispositif de classification du CSA situe l’interdiction aux moins de 18 ans en catégorie V, intégrant sur le même rang la violence et la pornographie. Ces films sont alors interdits totalement et privés de diffusion sur les chaînes hertziennes (ainsi que leurs bandes-annonces). Canal +, les chaînes cinéma du câble et du satellite, certaines chaînes cryptées et les services de paiement à la séance sont seuls autorisés à diffuser ces programmes entre minuit et 5 heures du matin. « La dérive du « moins de 18 ans » n’est pas seulement due au discours ambiant sécuritaire, c’est aussi parce que ce dispositif très ancien de visa préalable aurait dû être supprimé depuis longtemps.

Cette sorte de « police administrative » qui vérifie chaque œuvre avant son exploitation et qui décide à la place des parents de ce qui peut être ou non vu par le jeune public, n’existe nulle part ailleurs. La maintenir telle quelle demeurera une menace permanente de censure et de formatage ».

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Un cheval de bataille toujours en marche

Aujourd’hui, la censure s’applique sur la violence montrée. Dans un article de Télérama sur Saw III, Sylvie Hubac déclare : « rétablir ce label « moins de 18 ans » est une décision politique. Je ne suis pas hostile à sa suppression, mais puisqu’il existe, nous l’employons. Et la violence, plus que le sexe, est notre préoccupation majeure. Il s’agit de signifier par une mesure extrême qu’il y a des limites et que non, tout le monde ne peut pas tout voir. » « Il n’y a rien de rationnel, poursuit Hervé Bérard. Pourquoi Saw III et pas Saw IV ou Hostel ? »

La sanction sur Martyrs en commission plénière le 29 mai a, par conséquent, fait déferler les communiqués. La SRF ainsi que l’ARP, la SFFC, le BLOC, le DIRE, l’APC, l’Observatoire de la liberté de création, la Ligue des droits de l’homme, le groupe 25 images, l’UGS considèrent que « cette mesure, qui devait revêtir un caractère exceptionnel et répondre à des cas très particuliers, constitue désormais un palier supplémentaire dans la restriction à la diffusion des films ».

Suite à la décision du ministre en faveur du film, Laure Tarnaud, déléguée générale de la SRF et co-déléguée du BLOC, ainsi que l’ARP et la SFCC, alertent une nouvelle fois le ministre dans une lettre datée du 23 juillet : « Il n’y a pas de liberté cinématographique sans possibilité d’exploitation commerciale ». Ils demandent « d’organiser au plus vite une mission de concertation, de réflexion et de propositions avec l’ensemble des professionnels du cinéma et de la critique sur les modalités de la classification des œuvres ».

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Jacques Mesrine, de l’homme au gangster

Posted by nathalie dassa On juin - 1 - 2010 Commentaires fermés

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[Copyright©ND - archive presse juin 2008] Braqueur de banque, kidnappeur, criminel, sociopathe, ennemi public n°1 ou héros encensé par les médias, Jacques Mesrine n’a pas fini de faire parler de lui. Un biopic, scindé en deux longs métrages, retrace le parcours de cet homme aux mille visages, incarné par Vincent Cassel. Rencontre avec le scénariste, Abdel Raouf Dafri.

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Initiée par le producteur Thomas Langmann, l’idée d’adapter à l’écran la vie de Jacques Mesrine court depuis six ans. À l’origine, Guillaume Laurant, scénariste d’Amélie Poulain, devait écrire le scénario et Barbet Schroeder le réaliser. Mais le film présentait Jacques Mesrine comme un héros et faisait l’apologie de sa violence. Cet aspect n’intéressait pas Vincent Cassel, déjà pressenti pour le rôle, qui s’était retiré. Le projet resta en sommeil.

Abdel Raouf DafriAbdel Raouf Dafri est à l’époque un scénariste débutant au talent prometteur. Il a grandi dans les banlieues du Nord de la France et connaît bien l’esprit criminel, les voyous et les délinquants. Il n’avait encore rien prouvé. Il était en réflexion sur sa série La Commune (Canal+) mais c’est surtout le scénario Le Prophète, coécrit avec Nicolas Peufaillit, lu par Thomas Langmann et cautionné par Jacques Audiard, qui lui a donné une crédibilité dans la profession. Le projet Mesrine était alors une véritable opportunité et Dafri s’est impliqué à 100%. Une réunion a eu lieu plus tard avec le producteur, Vincent Cassel, le cinéaste Jean-François Richet (pressenti après la sortie de son film Assaut sur le Central 13, remake de John Carpenter) et Abdel Raouf Dafri. « Je n’avais encore rien écrit et j’avais très peu lu sur le personnage lorsque j’ai donné ma vision du film. Mais nous étions tous d’accord. Jacques Mesrine était un homme qui aurait pu avoir une belle vie, mais qui a préféré se forger un destin ». Ce projet de 45 millions d’euros est donc ressorti.

Dès le départ, Thomas Langmann voulait faire deux films car artistiquement, c’est plus intéressant. Aujourd’hui, les salles diffusent de moins en moins de films de 3 heures qui font perdre des séances. Ce biopic est donc scindé en deux longs métrages qui ne se définissent pas comme deux parties à suivre de manière chronologique. « Lorsque le premier film a été écrit, la question s’est tout de suite posée sur la pertinence du second », raconte Abdel Raouf Dafri. « C’est comme Kill Bill, les deux films sont très différents. Et nous avons eu de la chance car Mesrine n’est pas le même lorsqu’il revient du Canada. Dans le premier, c’est un jeune homme qui devient un homme et dans le deuxième, c’est un homme qui devient un personnage ».

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Deux films et des scoops

L’instinct de mort est la première adaptation cinématographique. Thomas Langmann a obtenu les droits auprès de la fille, Sabrina Mesrine. Frédérique Lo Ré, de La Petite Reine, a fourni une source d’informations très riche : le roman, les archives de presse de 1973 à 79, les livres de Sylvia Jeanjacquot et de Jeanne Schneider…

Vincent Cassel est Jacques MesrineDafri a vu et lu tout ce qui existait sur Mesrine pour savoir à qui il avait à faire. Ces deux films ont plusieurs particularités : ils divulguent des scoops qui n’ont pas été dits en presse. Tout a été vérifié et confirmé afin d’éviter d’être poursuivis en diffamation. Les témoins proches de Mesrine (gardiens de prison, policiers, personnes qui ont travaillé directement avec lui et certains de ses complices) ont été interviewés. Des révélations sont faites aussi sur les conditions de son évasion de la prison de la Santé. « À l’époque, il y a eu beaucoup de supputations et de corruption autour de cette affaire ».

Vincent Cassel a subi des transformations physiques. Mesrine changeait souvent de visage et en jouait pour ne pas être reconnu. Des citations extraites de son livre, d’articles et d’interviews sont reprises dans le scénario comme entre autres : « Ennemi public, ça ne veut rien dire. Je ne suis pas l’ennemi du public, je suis l’ennemi d’un service public : les banques. Et quand je vole les banques, j’ai l’impression de voler plus voleur que moi ». « Mesrine était un communicant », explique Abdel Raouf Dafri. « C’est entre guillemets le bon sens démago populaire français. Après sa mort, lors de la conférence de presse, le préfet aurait dit de lui : « Mesrine est un voyou qui avait le sens du marketing ». L’interview de Paris Match avec la séance photo faite par la journaliste passionnée de faits divers, Isabelle de Wangen, est également mise en scène.

Ces deux longs-métrages prometteurs au casting d’envergure (Cassel, Depardieu, C. de France, Le Bihan, Amalric, G. Wilson, Sagnier, Gourmet…), tournés en France et au Canada, sont le résultat d’un réel travail d’équipe et de recherche.

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L’instinct de mort

Le film démarre à la fin de la guerre d’Algérie et se termine au Canada quand Mesrine devient l’ennemi public n°1. On assiste à la constitution du personnage au travers des femmes qu’il rencontre : Sarah, la prostituée dont il est fou amoureux et pour laquelle il va tuer. Sofia, son épouse espagnole avec laquelle il aura des enfants. Et Jeanne Schneider (Cécile de France), qui fut sa campagne de sexe et d’action et la confidente qu’il a immensément aimée.

Le scénario a été écrit en 75 jours, une véritable performance. Il est basé essentiellement sur le livre, sur les archives canadiennes grâce auxquelles ils ont pu retracer son parcours et sur le témoignage de Jeanne Schneider. « L’instinct de mort a été publié grâce à elle », révèle Abdel Raouf Dafri. « En France, à l’époque, les femmes n’étaient pas encore fouillées au corps. Pendant les visites, elle glissait dans ses bas les pages qu’il griffonnait. Et le livre est sorti comme cela de la prison.

Mais je me suis affranchi sur l’adaptation du livre. Mesrine se vante d’exploits qu’il n’a pas faits. C’est le syndrome du gangster : il dit qu’il pêche une baleine alors qu’il pêche un requin. Au Canada, Mesrine commençait à faire parler de lui en kidnappant le millionnaire George Deslauriers ».

Abdel Raouf Dafri voulait avoir une vraie réflexion sur la société française et sur la part humaine du personnage. Toute l’esbroufe autour ne l’intéressait pas. « Mesrine braquait des banques ! Vous n’allez pas faire deux films de 2 heures uniquement pour voir un mec entrer dans une banque avec un flingue à la main ! ». Il a préféré saisir la complexité du personnage et être embarqué avec lui. Les péripéties sont présentes dans L’instinct de mort, mais quel est le propos de fond ? Un homme qui a été aimé ; il a eu des femmes, des enfants. Toutes les personnes qui l’ont rencontré disent encore aujourd’hui qu’il était formidable.

Jeanne Schneider a transmis à Dafri toute la correspondance qu’ils ont échangée pendant deux ans en 1973, alors qu’il était en prison. « Une pile de lettres d’amour hallucinantes, émouvantes avec des dessins de fleurs, de nuages, de campagnes un peu naïfs mais qui ne le sont pas dans le contexte dans lequel il se trouvait. Et je me suis demandé, mais qui est cet homme ? On nous vend un flingueur et je me retrouve face à un autre homme. Vincent Cassel joue parfaitement les différentes facettes. Il peut passer du type le plus adorable, le plus affectueux et le plus séduisant au type le plus violent ».

Dafri précise que Mesrine n’est pas un psychopathe mais un sociopathe. Le psychopathe tue pour le plaisir de tuer. Le sociopathe refuse les règles de la société. Il sait où est le bien et le mal mais il s’en moque. « Ce qui intéresse Mesrine, c’est sa conception personnelle de ce qui est bien et mal. Et il le revendique : « Je ne suis pas une victime de la société, je suis un professionnel du crime ». Ce type fait sourire, mais il le croit vraiment et le mentionne dans L’instinct de mort : « J’ai découvert que j’étais doué pour faire des braquages, donc je braque. Si j’avais découvert que j’étais doué pour la peinture, je serais peintre ». »

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L’ennemi public n°1

Le second scénario fut plus long à écrire. Le problème ne provenait pas de la structure, mais plutôt du parti pris. Le personnage perd tout contrôle sur lui-même. Mesrine a pris du poids, il est beaucoup plus sombre, plus dur, borderline, antipathique, arrogant car les journalistes l’encensent, notamment depuis son évasion de la prison de la Santé. « Toutes les décisions les plus folles qu’il prenait lui sauvaient la mise. Cette période de 1973 à 79 est une farce permanente. Mesrine était médiatisé et Paris était devenu son parc d’attractions.

L'ennemi public n°1Il y a une part de fascination/répulsion dans son comportement. Il fallait extraire le mensonge, la part de spectacle qu’il donnait aux médias comme l’interview de Paris Match. Vincent Cassel voulait saisir toutes ces zones d’ombres et ces ambiguïtés. Mesrine était lucide sur lui-même. Il ne se voyait pas comme un héros. Il l’a déclaré et il l’a écrit : « il n’y a pas de héros dans la criminalité ! » Et dans son livre, lui-même ne s’épargne pas ».

Le reflet politique est aussi en filigrane tout au long du film. Mesrine s’empare de la tribune que les médias lui donnent pour pointer les QHS (Quartiers de Haute Sécurité). « Les prisons représentent une violence de l’état de droit », explique Abdel Raouf Dafri. « Mesrine ne nie pas et n’est pas contre leur existence. Il était bien traité. Il avait deux cellules : son bureau et là où il dormait. Il était connu et son livre avait été un best-seller. Mesrine avait choisi de se battre pour les prisonniers qui, eux, étaient des victimes de la société et se rebellaient contre le système ».

La scène de l’assassinat Porte de Clignancourt, le 2 novembre 1979 par la brigade antigang a été tournée en deux jours un 15 août. « L’émotion a été intense, lorsque Sylvia Jeanjacquot (Ludivine Sagnier) est tirée de la voiture et se met à hurler. Un silence « de mort » a régné. Jean-François Richet a dit « Coupez ». Et les techniciens ont investi le plateau. Mais la foule autour continuait de regarder, silencieuse, saisie par l’action… Il n’y a pas à polémiquer sur l’assassinat, c’est un fait.

Mesrine a été condamné à mort sans avoir été jugé dans un état de droit qui se dit respectueux des droits de l’homme. En l’assassinant de cette manière, il prouve qu’il avait raison. Sa violence a lui est artisanale mais celle de l’état est orchestrée, préméditée, froide et calculatrice. Nous, ce que nous faisons, c’est du cinéma, on recrée une réalité en essayant d’être le plus précis et le plus honnête possible. Quand on regarde les images d’archives de l’époque après sa mort, les personnes interviewées disent qu’il n’avait aucune chance. Le public n’aime pas les gangsters mais quand la police emploie les mêmes méthodes que les gangsters, il peut légitimement se demander de quel côté est le bon droit… ».

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Biographie ABD


La science-fiction en bleu, blanc, rouge

Posted by nathalie dassa On juin - 1 - 2010 Commentaires fermés

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[Copyright©ND - archive presse mars 2008] Quatre réalisateurs investissent le genre dans l’hexagone : Marc Caro (Dante 01), Julien Leclercq (Chrysalis), Franck Vestiel (Eden Log) et prochainement Mathieu Kassovitz (Babylon AD). Coïncidence, démarche assumée ou effet de mode ? C’est l’occasion de poser un regard sur ce phénomène, et de voir s’il existe une écriture de science-fiction made in France.

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Selon le Petit Larousse « la science-fiction est un genre littéraire et cinématographique envisageant l’évolution de l’humanité et, en particulier, les conséquences de ses progrès scientifiques ». Il s’agirait avant tout d’une affaire de visionnaires. Née dans la littérature avec, pour la France, l’incontournable Jules Verne, la science-fiction se décline au cinéma au début du siècle dans Le voyage dans la lune de Georges Méliès. Plus tard, à l’époque de la nouvelle vague, Godard (Alphaville), Truffaut (Farenheit 451), Vadim (Barbarella) ou encore Chris Marker (La jetée) s’approprient le genre en tranchant radicalement avec le style américain par leur originalité et leur minimalisme.

Dans les années 1990, Luc Besson (Le cinquième élément), Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro (DelicatessenLa cité des enfants perdus) se retrouvent propulsés sur le devant de la scène française et internationale. Le premier adapte les méthodes françaises de réalisations aux standards américains, les seconds créent un concept novateur pour l’époque sur le plan des effets spéciaux. De son côté, Enki Bilal fait son entrée dans le cinéma et se différencie également en s’inspirant de son graphisme en bande dessinée, avec Bunker Palace HotelTykho moon, puis avec Immortel dans les années 2000, qui mélange 3D et acteurs réels. Dernièrement, Christian Volckman réalise Renaissance, son premier long-métrage d’animation SF. Tous ces cinéastes nous offrent des registres différents qui ont un point commun : mettre en évidence des idées neuves et créatrices pour nous transmettre, selon leurs personnalités et leurs parcours, leur perception du genre.

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Trois films de science-fiction française viennent tour à tour d’investir les écrans. Deux sont écrits et réalisés par de jeunes talents : Julien Leclercq et Franck Vestiel. Tout comme leurs prédécesseurs, ils ont été nourris essentiellement des images des maîtres du genre (Carpenter, Lucas, Cameron, Spielberg, Scott) et des mots des écrivains américains (Bradbury, K. Dick, Asimov), sans oublier les inoubliables planches de Métal hurlant.

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Malgré ce sursaut dans l’actualité, cette catégorie de films a encore du mal à s’imposer dans la culture française, au profit du cinéma d’auteurs et de comédie. Ce positionnement est donc semé d’embûches du point de vue budgétaire car il n’éveille pas toujours l’intérêt des chaînes de télévision, qui régissent aujourd’hui le cinéma français. Cependant, depuis début 2006, Canal+ lui attribue une place dans son rendez-vous de programmation « la séance interdite » le vendredi en 2ème partie de soirée, destinée au cinéma de genre de tous pays (SF, horreur, fantastique). Son nom de code : « French frayeur ». Ainsi, la chaîne cryptée permet à des jeunes cinéastes français prometteurs, de sortir des sentiers battus, d’écrire et de réaliser les films qu’ils ont envie de voir à l’écran.

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« L’objectif est de déghettoiser le cinéma français »

Depuis son lancement, Manuel Alduy, Directeur des Acquisitions du Cinéma français chez Canal +, reçoit chaque année une dizaine de projets bien aboutis : « Nous assistons à un renouveau du cinéma de genre au niveau mondial qui donne de l’appétit aux réalisateurs et aux producteurs. Ces 10 dernières années, un savoir faire français adapté au genre, a vu le jour avec EuropaCorp, Wild Bunch, Studio Canal, Gaumont, Pathé, UGC… Pour la SF, il faut comprendre à la fois sa particularité et savoir la vendre à l’étranger. Mais, elle restera, je pense, une expérience ponctuelle en France. Elle n’intéresse pas les chaînes hertziennes nationales car c’est un genre segmentant et qui demande des moyens. Canal+ est la seule chaîne française qui ait envie de ce genre de cinéma. Il y a un vrai public parmi les abonnés. L’objectif est de répondre à ses attentes, de déghettoiser le cinéma français en accompagnant des projets jusqu’à terme et ouvrir une porte à toute cette génération de réalisateurs en soif de genre. Pour l’instant, on arrive à en préacheter 3 sur 5 ».

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La dépense moyenne est de 600 000 € par projet, en cumulant l’investissement de la chaîne et celui de Ciné Cinéma, pour diffuser le film après Canal+. Ce sont idéalement des films en dessous de 2M€, mais dans certains cas, le budget peut être légèrement dépassé. Tous sont des premiers longs-métrages : IlsFrontière(s)A l’intérieur et Eden Log, qui fut une expérience différente pour Canal+ car il y avait un vrai univers de science-fiction. Et d’autres sont en cours de tournage ou de financement : Lady blood, suite de Baby blood d’Alain Robak (Horreur SF), Ruiflec (Fantastique SF), MutantMartyrs et La horde (Horreur), Hameau (Fantastique paranormal) et Humains (Survival Aventure)…

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Le genre science-fiction est donc encore en quête de reconnaissance dans le paysage cinématographique français, mais sa distribution est facilitée par les ventes à l’international, le DVD et la VOD. Car son public, tourné vers les nouvelles technologies, est plus jeune, peu nombreux, mais présent partout dans le monde.

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Chrysalis, sorti en octobre 2007, est le premier long-métrage de Julien Leclercq. Ce jeune cinéaste a été très vite remarqué, par le producteur Franck Chorot de la Gaumont en 2004, pour son court-métrage Transit, une fiction d’anticipation. « Il y a une nouvelle génération de metteurs très prometteuse aujourd’hui, des gens de ma génération qui ont tous vu les films de James Cameron et de John Carpenter. Cela fait partie de notre quotidien. Donc consciemment ou inconsciemment plus tard, on est amené à vouloir réaliser ce genre de filmsChrysalis avait une chance sur 50 de voir le jour. Les chaînes de télévision ont hésité. Le film fait référence à Minority Report, Bienvenue à Gattaca. Montrer le quotidien dans 20 ans avec des machines, des écarteurs d’yeux, des chorégraphies de combats et imaginer des acteurs comme Dupontel ou Marthe Keller, dans le scénario, cela faisait « ovni ». Aujourd’hui, les gens ont besoin d’identifier et d’être rassuré. Mais grâce à C+, une nouvelle vague de films peut être tournée à moins de 3 millions ».

Le tournage a duré 49 jours à Paris et région parisienne, en partie en studio (sur 1000m2) avec un budget s’élevant à 8,7 millions €. Les effets spéciaux n’ont pas représenté un budget très important par rapport au financement global. Le film a été montré dans plusieurs festivals à l’étranger : « A Sitges en Espagne, le public et les producteurs ont adoré. À Cannes également. Les américains ont été très enthousiastes. Je suis allé à Los Angeles au mois de juillet. J’ai rencontré des grands producteurs des studios Universal, Paramount. Ils m’ont proposé des films, mais j’ai refusé. Je suis un cinéaste français qui veut faire des films en France. Je suis rentré pour préparer mon prochain film GIGN sur l’assaut de Marignane. Et c’est là que je suis tombé sur des critiques presse. C’est hallucinant la différence d’accueil pour ce genre de cinéma entre l’étranger et la France. La presse française considère que tout ce qui est beau est suspect. Je parle d’un point de vue esthétique qui va dans le sens du genre et de l’anticipation. Ils ont reproché le côté trop américanisant. Dès que tu t’intéresses autant à la forme qu’au fond, c’est un massacre ».

L’écriture a duré un an et demi, avec trois autres scénaristes. Julien Leclercq a débuté avec Aude Py, puis avec Nicolas Peufaillit pour terminer avec Franck Philippon. Ils ont tout d’abord écrit chacun de leur côté, puis se sont retrouvés pour finaliser. Julien Leclercq écrit ce qu’il va tourner. Il filme juste après la séquence écrite, avec des petites caméras, des Barbies et des Ken. Il fait ce qu’il appelle des « prévis en 3D » (story-board virtuel). Rare en France, mais pas aux Etats-Unis. La séquence de l’opération hologramme graphique (décor, action) est entièrement prévisualisée en 3D sur des ordinateurs. Julien a utilisé un playmobil qui représentait Marthe Keller. L’ordinateur lui a recréé la focale, les mouvements, les hauteurs de caméra. Avec Julien Leclercq, tout est story-boardé, maquetté, préparé.

On retrouve dans le film ses penchants pour la technologie, le design, la moto, le noir et blanc. La seule couleur présente est le rouge sang qu’il a désaturée. Et la moto qui apparaît dans le film est la sienne (une Ducati 749 Biposto). Toute l’équipe s’est mise très vite d’accord sur le casting. Albert Dupontel a suivi toutes les versions du script et a donné son avis sur les changements.

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Eden Log, sorti fin décembre 2007, est le premier long-métrage de Franck Vestiel, qui a fait ses armes en tant que premier assistant réalisateur sur Saint Ange de Pascal Laugier, Ils de Xavier Palud et David Moreau et sur Dante 01 de Marc Caro. Franck a une vision plus pragmatique sur le sujet : « Je pense que ces sorties sont des concours de circonstances. Les opportunités qui nous sont offertes aujourd’hui sont les ventes à l’international car les Américains nous regardent. Ce qui nous aide, c’est le marché du DVD, la multiplication des chaînes câblées qui ont besoin d’être nourries. Je ne crois pas à l’émergence d’un cinéma de genre en France et à une nouvelle génération de réalisateurs. Personnellement, je ne m’inscris pas dedans. Je ne suis pas plus un réalisateur de genre qu’un réalisateur tout court. J’espère bien faire des films qui toucheront tous les codes. L’ouverture de la case « French frayeur » par Canal+ est née d’une volonté d’avoir quelques films français de ce genre et que des producteurs s’y intéressent. Mais quand Canal+ décidera d’arrêter, les producteurs arrêteront… ».

Eden Log est un film d’anticipation mais pas dans le sens classique du terme. L’intention première de Franck Vestiel n’était pas d’imaginer à quoi ressemblerait la technologie de demain car la réponse coûte cher à l’image. Son film est donc intemporel. Il n’y a aucun appareil, aucun cadran. Son objectif est de faire vivre le film à hauteur de Tolbiac, le personnage central, incarné par Clovis Cornillac. La caméra à l’épaule ajoute à la volonté d’adhérer à sa vision. Le projet a duré plus d’un an et demi ; 7 mois d’écriture en collaboration avec Pierre Bordage, auteur de science-fiction (Abzalon, Les guerriers du silence), également co-scénariste sur Dante 01, plus 10 mois entre sa rencontre avec le producteur Cédric Jimenez chez Impéria Film, et la livraison de la copie finale en deux versions (français, anglais). Le tournage a duré 5 semaines dont 2 dans un souterrain (20m de profondeur) à 30km de Paris. Une performance, avec très peu d’effets spéciaux à cause d’un budget restreint (moins de 2M€).

Franck Vestiel a travaillé à la fois sur l’écriture du scénario et la conception graphique et visuelle du film : « Le film commence comme un film photographique avec des images animées. Je voulais faire un premier film avec une première séquence qui s’ouvre comme ma découverte au cinéma. La première chose que j’ai faite, ce sont des photos que j’ai petit à petit animées. J’ai fait ensuite venir le son, la couleur, la projection et le film se termine sur la 3D ».

Sa culture du genre est très riche. Il a dévoré tous les auteurs de Metal Hurlant (Moebius, Druillet, Bilal), mais aussi Franck Miller, Alan Moore… Avec l’arrivée du magnétoscope, il a découvert tous les maîtres américains du genre, puis il s’est plongé dans l’expressionnisme allemand dont la faculté de raconter des histoires sans paroles l’impressionnait. C’est une des raisons pour laquelle le personnage de Tolbiac a très peu de dialogue.

Eden Log a été vendu dans 18 territoires majeurs avant sa sortie : Magnolia Pictures aux Etats-Unis, Weinstein Company en Australie, Comstock au Japon, Momentum Pictures en Angleterre, Tiberius Films en Allemagne. Malheureusement, en France, le film n’a obtenu que très peu de salles : 3 à Paris, 7 en banlieue parisienne et 56 en province… Soit un total de 66 salles, ce qui est dérisoire et qui explique le faible nombre d’entrées.

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Dante 01, sorti début janvier 2008, marque le retour à la réalisation de Marc Caro. Il a débuté sa carrière dans la bande dessinée, l’illustration, le graphisme, l’infographie. Il a créé des affiches, des story-boards, des scénographies, des costumes, des décors de films, des musiques pour spectacles, des courts-métrages, des clip-vidéos, des génériques TV et des films d’animations.

Il a collaboré avec des artistes comme Découflé, Chopinot et Jean-Paul Gaultier. Quelques années après sa co-réalisation avec Jean-Pierre Jeunet, il s’est chargé du Design et de la Direction artistique de Vidocq de Pitof, Le dernier chaperon rouge de Jan Kounen, King Shot de Jodorowsky et d’Alien la résurrection de Jeunet. « J’oeuvre dans la SF depuis mes débuts dans la Bande dessinée à Métal Hurlant… J’ai l’impression d’avoir poursuivi cette direction dans mes collaborations avec Jean-Pierre Jeunet au travers de Bunker de la dernière rafale,  de Delicatessen ou de La cité des enfants perdus qui développent chacun à leur manière des thèmes de la science-fiction. Dante 01 n’aurait pas vu le jour si Vincent Maraval n’avait pas cru au projet et si Wild Bunch n’avait pas pré vendu le film à l’étranger. Quand je vois l’accueil qui est fait à ce genre de film par la presse et par le public, je suis assez dubitatif sur son avenir solide en France… mais j’espère vraiment que la diversité va continuer à exister ».

Ses scenarii ayant été souvent jugé trop ambitieux, Marc Caro tente avec Dante 01 de trouver un sujet qui puisse être financé en France. Huit mois d’écriture puis 40 jours de tournage et 25 plans quotidiens : « Il est toujours très difficile de trouver les moyens de faire ce type de film en France malgré le succès que peut rencontrer ce genre lorsqu’il vient de l’étranger. Les contraintes sont essentiellement budgétaires. La solution passe par une unité de lieu et de personnages par exemple afin de réduire les coûts. Il y a eu plusieurs étapes dans l’écriture du scénario avec Pierre Bordage, qui a écrit aussi les dialogues… Ensuite vient le découpage au travers d’un story-board. D’habitude je dessine mon story-board moi-même, mais cette fois-ci pour des raisons de temps, Fred Blanchard et Gess, deux excellents auteurs de bande dessinée, s’en sont chargés. J’ai dû également m’adapter en changeant radicalement ma manière habituelle de tourner, avec beaucoup de caméra à l’épaule ».

Marc Caro porte un soin particulier à tous les personnages et pas seulement aux rôles principaux. Son choix s’est fait sur un véritable casting de « gueules » que l’on découvre crânes rasés dans le film (Dominique Pinon, François Hadji-Lazaro, Bruno Lochet, Yann Collette…). Dominique Pinon étaient présents à son esprit dès l’écriture. D’autres comme Lambert Wilson ont été de belles rencontres de casting. Les effets spéciaux du film existent grâce à la Buf compagnie et à l’effort et au soutien de Pierre Buffin. Une véritable complicité s’est établie entre eux au fur et à mesure de leurs précédentes collaborations. Complicité aussi avec les studios SFP grâce au soutien financier de la Région Ile de France qui a permis au tournage de rester en France.

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Babylon A.D est une adaptation de « Babylon babies » de  l’écrivain français Maurice G. Dantec. Premier long-métrage de Mathieu Kassovitz sur le thème de la science-fiction, co-écrit avec Eric Besnard et dont le tournage s’est déroulé à Prague. Babylon AD, co-produit par la Fox, s’inscrit lui dans le panorama des films internationaux, tels que Le cinquième élément. En onze ans, c’est ainsi le second film SF français à gros budget qui se concrétise. Encore une denrée rare.

Toutefois, le film fait preuve d’une autre spécificité. Afin de rendre son environnement plus réaliste, Mathieu Kassovitz a lancé en juillet dernier un concours sur le web, avec pour objectif d’imaginer des fausses publicités ou des flash info futuristes de 10s, rendant compte de l’état du monde dans 15-20 ans. La liste des gagnants s’est affichée en octobre et compte 28 jeunes talents qui verront leurs films intégrés les multiples supports présents dans le film (TV, mur interactif…) ainsi que leurs noms au générique. Le réalisateur entrouvre une nouvelle porte en encourageant des artistes de tous bords à se tourner ainsi vers le cinéma de genre. La sortie du film, prévue initialement en début d’année, interviendra en août 2008 et les informations sur son contenu restent encore confidentielles.

En dépit de sa place particulière en France, la science-fiction reste un genre artistique à part entière, qui nécessite une écriture scénaristique pointue. Deux difficultés majeures s’imposent ensuite aux cinéastes : Budget restreint et contraintes de temps. Ils doivent alors faire appel à leur capacité d’adaptation en utilisant des techniques de réalisations propres à chacun d’eux et le fameux système D. À ce jour, on ne compte véritablement qu’une trentaine de long-métrages français qui répondent au critère de la science-fiction dans l’histoire du cinéma français…


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