Marty est un scénariste hollywoodien en panne d’inspiration. Confronté à l’angoisse de la page blanche, il peine à écrire son nouveau projet de film au titre prometteur « 7 Psychopathes ». Son meilleur ami Billy, comédien raté et kidnappeur de chiens à ses heures, décide de l’aider en mettant sur sa route de véritables criminels. Un gangster obsédé par l’idée de retrouver son shi-tzu adoré, un mystérieux tueur masqué, un serial-killer à la retraite et d’autres psychopathes du même acabit vont alors très vite prouver à Marty que la réalité peut largement dépasser la fiction.

 

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7 Psychopathes affiche francaiseQuand Martin McDonagh décide de repasser derrière la caméra avec 7 Psychopathes, c’est un régal d’humour et de dialogues affûtés, d’intrigues secondaires loufoques et surréalistes, de guest-stars, d’interprétations dynamitées, de tueries expéditives et de fusillades romanesques ! On est d’autant plus enthousiaste que le cinéaste et dramaturge irlandais met en vedette une pléiade de stars, dont trois acteurs principaux mémorables qu’il retrouve pour l’occasion. D’abord Colin Farrell après son excellent premier long-métrage Bons Baisers de Bruges, qui a malheureusement subi les conséquences d’une mauvaise promotion à sa sortie en 2008, puis Sam Rockwell et Christopher Walken dans sa pièce de théâtre A Behanding in Spokane. 7 Psychopathes est une mise en abyme déjantée et acide du scénariste hollywoodien ici cuit aux petits oignons à l’instar d’Adaptation de Spike Jonze et même de The Player de Robert Altman. Car cette comédie noire où l’absurde est maître, à la croisée du film de gangsters et du buddy movie, réunit également Woody Harrelson, Tom Waits, Olga Kurylenko, Harry Dean Stanton, Gabourey Sidibe, Abbie Cornish, Michael Pitt et Michael Stuhlbarg, souvent dans des scènes uniques mémorables. Si les références de 7 Psychopathes tiennent davantage de l’univers tarantinien et ce, dès laséquence d’ouverture renvoyant à Pulp Fiction, Martin McDonagh se réapproprie avec brio les règles du genre dans ce récit qui tente de donner une définition du psychopathe à la sauce britannico-irlandaise. La différence entre les deux cinéastes provient essentiellement de la réflexion même du sujet, plus tourné vers la moralité et la spiritualité sur la vie, la mort et les différentes facettes du psychopathe qui hante l’esprit du cinéaste. Les personnages chez McDonagh sont davantage en questionnement sur eux-mêmes, donc plus fragiles et plus ambigus. Ils assument moins leur condition et sont probablement moins fatalistes (quoique). La frontière dans l’analyse de leur pathologie en devient ainsi plus floue et plus introspective. Par contre les personnages féminins sont moins intéressants et deviennent ici plus accessoires. Ce qui n’est pas le cas chez Tarantino.

 

 

Martin McDonagh nous livre une galerie de portraits hauts en couleurs dont certains se distinguent largement comme Sam Rockwell (MOON – notre critique), sans doute le plus intéressant dans son approche extrême du psychopathe et meilleur ami du protagoniste qui se voit tout à fait ‘normal’. De son côté, Christopher Walken, toujours aussi monumental même en kidnappeur de chiens, est certainement le plus sage dans son attitude non violente à la fois pragmatique, réfléchie et pleine de regrets. Et enfin Woody Harrelson qui, après ses exploits dans Tueurs Nés en 1994,incarne ici un gangster vulnérable à l’extrême suite à l’enlèvement de Bonny, son Shih Tzu adoré. Au centre Colin Farrell semble plus ordinaire et commun. Dans son rôle d’auteur alcoolique qui tente de trouver un sens à cette nouvelle vie entouré de tous ces insensés, il devient finalement un simple observateur avec un seul but précis, écrire et terminer son scénario surréaliste intitulé 7 Psychopathes. Bien que le film propose une réflexion post-moderne sur le scénariste face au syndrome de la page blanche, axé sur l’idée de vivre les expériences face à de vrais criminels pour retrouver l’inspiration, on ne sent pas le protagoniste bénéficier d’un réel changement dans sa caractérisation. C’est sans doute le principal reproche de 7 Psycopathes en dépit de son regard intéressant sur la violence dans la société par le prisme d’un éventail de personnalités psychotiques au travers de plusieurs histoires parallèles renvoyant à plusieurs films cultes : un tueur de tueurs en série qui raconte son passé en caressant un lapin (Tom Waits), un mercenaire masqué qui laisse un valet de carreau sur le corps de ses victimes, un quaker au chapeau noir pacifiste qui venge le meurtre de sa fille (Harry Dean Stanton) ou encore un soldat vietnamien vêtu en prêtre qui se venge de la guerre du Vietnam (Long Nguyen). A l’arrivée, Martin McDonagh prend un malin plaisir à dézinguer le scénariste hollywoodien pour reconstituer dans un montage efficace un puzzle d’intrigues délirantes au rythme d’une bande son de Carter Burwell, compositeur habituel de Spike Jonze et des frères Coen, qui avait déjà signé Bons Baisers de Bruges.

 

 

 

7 PSYCHOPATHES (Seven Psychopaths) de Martin McDonagh en salles le 30 janvier 2013 avec Colin Farrell, Sam Rockwell, Woody Harrelson, Christopher Walken, Tom Waits, Abbie Cornish, Olga Kurylenko, Harry Dean Stanton, Gabourey Sidibe, Michael Pitt, Michael Stuhlbarg. Scénario : Martin McDonagh. Producteurs : Graham Boadbent ; Pete Czenin, Martin McDonagh. Directeur de la Photographie : Ben Davis. Décors : David Wasco. Montage : Lisa Gunning. Musique : Carter Burwell. Costumes : Karen Patch. Distribution : Wild Side Films/Le Pacte. Durée : 1h50.

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