Julian McMahon, acteur australien devenu figure marquante du petit écran américain au début des années 2000, est décédé le 2 juillet à Clearwater, en Floride, des suites d’un cancer qu’il avait choisi de combattre loin du regard du public.
Né à Sydney le 27 juillet 1968, fils de l’ancien Premier ministre australien Billy McMahon, Julian s’est d’abord illustré comme mannequin avant de bifurquer vers la comédie dans les années 80. Il débute dans les soaps australiens The Power, the Passion et Home and Away, avant de franchir l’Atlantique pour se faire un nom aux États-Unis.
D’abord visage de Another World, il se fait rapidement remarquer dans Profiler (NBC), puis accède à la notoriété internationale avec son interprétation du démon Cole Turner dans la série culte Charmed (1998-2006), aux côtés d’Alyssa Milano. Cette dernière, effondrée, lui a rendu hommage : « Julian n’était pas seulement mon mari de fiction. Il était un ami très cher. »
Mais c’est Nip/Tuck (2003-2010), série à succès signée Ryan Murphy, qui installe McMahon dans la cour des grands. Pendant six saisons, il incarne avec intensité et ambivalence le Dr Christian Troy, chirurgien esthétique aussi séduisant que torturé. Un rôle charismatique qui lui vaut une nomination aux Golden Globes et qui marque toute une génération de téléspectateurs. Dylan Walsh, son partenaire à l’écran, s’est dit « dévasté » : « Jules, on a tout partagé. Tu avais mon dos, et qu’est-ce qu’on a ri. »
Par la suite, McMahon enchaîne les projets : l’iconique vilain Dr. Doom dans les deux volets Les Quatre Fantastiques (2005 et 2007), des apparitions dans RED, Prémonitions, You’re Not You ou encore The Supremes at Earl’s All-You-Can-Eat. Il revient à la télévision dans Runaways (Marvel, Hulu), et surtout dans FBI: Most Wanted, où il incarne pendant trois saisons l’agent Jess LaCroix, chef d’unité, jusqu’à son départ surprise en 2022. Dick Wolf, créateur de la franchise, a salué « un acteur formidable et un homme profondément engagé ».
Sa toute dernière performance, encore inédite pour beaucoup, a une résonance symbolique. Dans la série Netflix The Residence, McMahon incarnait un Premier ministre australien — un écho direct à son héritage familial. Nicolas Cage, qui avait partagé avec lui l’affiche de The Surfer, présenté à Cannes en 2024, a lui aussi exprimé sa tristesse : « Julian était l’un des acteurs les plus talentueux que j’aie rencontrés. Nos scènes ensemble sont parmi mes préférées de toute ma carrière. »
Julian McMahon laisse derrière lui son épouse Kelly, leur fille Madison, et une carrière marquée par une rare élégance, un regard intense et une capacité à embrasser des rôles troubles sans jamais perdre une forme de grâce intérieure. Si son image reste indissociable de celle du Dr Christian Troy ou de Cole Turner, il aura toujours été plus qu’un séducteur télévisuel : un interprète sincère, élégant et attachant, capable de traverser les époques avec discrétion mais détermination. Son souvenir, à l’écran comme dans le cœur de ses proches, est désormais inaltérable.
Nicolas Peauger
