Inspiré de faits réels, le thriller biographique chronique une page décisive de la télévision américaine. Pourtant à son apogée, le phénomène cathodique To Catch a Predator se retrouve alors au cœur de la tourmente.
Au milieu des années 2000, To Catch a Predator, segment du magazine d’actualité Dateline NBC, est aussi incontournable que controversé. Incarnée par le journaliste Chris Hansen, alors au sommet de sa popularité, l’émission de téléréalité piège les prédateurs sexuels, appâtés par des comédiens se faisant passer pour mineurs.
Avec la complicité des forces de l’ordre et de l’association Perverted Justice, le true crime expose leur arrestation sous l’œil sensationnaliste de la caméra, aux heures de grande écoute.
Premier long-métrage de fiction du documentariste Lance Oppenheim, Primetime s’inscrit dans le prolongement d’une filmographie qui pose son regard dans les recoins les moins conventionnels de la culture américaine.
Coproduit par Ari Aster, chef de file de l’elevated horror (Hérédité, Midsommar), son scénario troublant s’inspire de l’article de fond Tonight On Dateline This Man Will Die, signé Luke Dittrich.
Le journaliste du magazine Esquire y investigue en longueur le suicide d’un substitut du procureur texan piégé par les caméras, une polémique qui sonnera le glas de l’émission suite à une enquête du magazine d’information 20/20, doublée d’une plainte de la sœur du défunt.
Présenté l’année dernière au Festival de Sundance, le documentaire Predators de David Osit revenait déjà sur l’impact culturel incontestable de l’émission.
Véritable plongée dans les coulisses d’un format avant-gardiste en pleine ascension, Primetime interroge la zone grise située entre l’éthique du journalisme d’investigation et la mise en scène du spectacle médiatique. Atmosphère sordide, mécanique manipulatrice, incarnation charismatique aux répliques iconiques, le film explore les dérives d’une croisade inlassable contre le crime et pour l’audimat.
Après l’anti-romcom The Drama, le drame indépendant Die My Love et le péplum L’Odyssée, Robert Pattinson n’a décidément pas dit son dernier mot cette année.
En attendant le threequel de Dune et le film de casse Here Comes the Flood attendu sur Netflix, R-Patz tient probablement avec Primetime son véhicule le plus sérieux pour une première nomination aux Oscars. Il y donne la réplique à Merritt Wever (Nurse Jacky, Unbelievable), Skyler Gisondo et la chanteuse Phoebe Bridgers, ainsi qu’à l’ancien PDG de NBC Jeff Zucker dans son propre rôle.
Primetime s’apprête à concourir pour le Lion d’Or à la prochaine Mostra de Venise, avant une sortie française le 23 septembre 2026, en pole position pour la saison des récompenses.
Justine Autissier

