Mickey 17, le nouveau film de Bong Joon-ho, réalisateur de Parasite, se révèle un peu plus. Robert Pattinson se démultiplie et souffre à répétition dans ces nouvelles images déjantées.
Bong Joon-ho est de retour. Six ans après Parasite, son immense succès lui ayant valu la Palme d’Or au Festival de Cannes, mais aussi l’Oscar du Meilleur Film (une première pour une œuvre dont la langue principale n’est pas l’anglais), il dévoile cette année Mickey 17, basée sur le roman Mickey7 d’Edward Ashton.
Il s’agit de sa troisième production américaine, après Snowpiercer : Le Transperceneige (2013) et Okja (2017).
Le principe du livre est simple, Mickey Barnes, ou Mickey7, accepte de devenir « Expendable », ou « Remplaçable » en français. C’est-à-dire qu’il va réaliser les pires tâches prévues afin de coloniser le monde glacé de Niflheim. S’il meurt au cours du processus, ses souvenirs seront implantés dans un clone, pour qu’il puisse continuer de travailler.
Il est logique que le metteur en scène sud-coréen, abordant généralement la thématique de la lutte des classes dans ses œuvres, ait choisi d’adapter cette histoire. Mickey, incarné par Robert Pattinson, représentera le prolétariat, exploité par une classe plus aisée, à l’image du personnage de Mark Ruffalo, Hieronymous Marshall.
L’auteur du roman a précisé lors d’une interview avec Nerdist, que Bong Joon-ho allait effectuer de nombreuses modifications par rapport au livre : « Quand je lui ai parlé, il a été très clair. ‘Vous avez un livre de 350 pages. Je vais avoir un scénario de 120 pages. Il y a beaucoup de choses qui vont changer.’ […] je ne suis pas du tout inquiet à ce sujet. À mon avis, cet homme est un génie. Je ne crois pas qu’il ait jamais fait un mauvais film. Et j’espère sincèrement que ce ne sera pas son premier. »
Le synopsis du film reste encore très succinct : « Mickey Barnes (Robert Pattinson), héros improbable, s’est retrouvé dans la situation extraordinaire de travailler pour un employeur qui exige l’engagement ultime au travail… mourir pour gagner sa vie. » La rupture avec ce postulat naîtra de la coexistence simultanée de plusieurs clones.
Bong Joon-ho semble avoir choisi un registre déjanté et comique pour faire passer son message cette fois-ci. La seconde bande-annonce, tout comme la première, voit Robert Pattinson se faire maltraiter par toutes sortes de personnes, lui demandant par exemple de respirer un virus ou de faire face à une créature gigantesque. L’acteur y dévoile un talent impressionnant, notamment en modifiant radicalement sa voix pour incarner Mickey.
L’œuvre ne manque pas pour autant de grandiose, mettant en valeur son univers de science-fiction au travers de grands angles sur des vaisseaux spatiaux. L’échelle principale reste cependant l’humain. Beaucoup de scènes sont tournées en intérieur, proches des personnages. Les acteurs s’en donnent à cœur joie, exagérant leurs expressions du visage pour souligner l’aspect fantasque de cette société.
Aux côtés de Robert Pattinson et Mark Ruffalo, le casting accueillera Naomie Ackie, Steven Yeun ou encore Toni Colette. Rendez-vous dans les salles obscures le 5 mars pour découvrir le film.
Florian Boulland

