Stupid Things de Amman Abbrasi : critique

Publié par CineChronicle le 25 septembre 2017

Synopsis : C’est l’été. Dayveon a 13 ans, et un grand frère mort trop tôt. Dans la chaleur étouffante de sa petite ville de l’Arkansas, sur son vélo, il traine sa mélancolie. Lorsqu’il intègre le gang local, les Blood, c’est à la fois la violence de ce monde et de nouveaux liens d’amitié qui font irruption dans sa vie…

 

♥♥♥♥♥

 

Stupid Things - affiche

Stupid Things – affiche

Dayveon (Devin Blackmon), sur son vélo rose, arpente les routes tortueuses de sa petite ville d’Arkansas et trouve tout ce qui l’entoure « stupide » : les arbres, les abeilles, les gens. Dans une morosité ambiante, l’adolescent traîne sa peine et scrute chaque matin le mur de sa chambre où est apposé un portrait dédicacé de son grand frère, mort il y a peu dans des circonstances indéterminées. Fragilisé par la disparition de son aîné dont il attend toujours un signe de vie, en vain, le jeune homme cherche à s’affirmer malgré les injonctions et les préconisations de Brian (Dontrell Bright), le conjoint de sa sœur Kim (Chasity Moore). Il rejoint alors les Blood, un petit gang local et embrasse le mode de vie et les postures de son frère, érigé en modèle. En témoignent son style vestimentaire et ses poses affirmées, bras croisés devant l’objectif de son téléphone portable. À travers ce gang, Dayveon, en quête de repères, découvre les difficultés à trouver un emploi et la violence dans une ville en perdition, mais aussi une certaine conception de la virilité, la fraternité et l’amitié. Présenté en compétition au 43e Festival de Deauville, après être passé par Sundance et Berlin, Stupid Things est le premier long métrage d’Amman Abbasi, derrière également le scénario, le montage et la bande originale. Tourné au format 4/3, ce drame retranscrit avec soin la dure réalité des gangs ruraux et leurs membres dans une Amérique laissée pour compte, en proie à la misère et aux dérives. En ressort un film au réalisme frappant, à l’image du travail du réalisateur, documentariste à ses premières heures, qui est allé chercher des acteurs amateurs, issus de cet Arkansas qui l’a vu naître.

 

Stupid Things

Stupid Things

 

Une démarche singulière, qui ne l’empêche pourtant pas de tomber dans les travers des films du genre, auxquels cette thématique rebattue fait généralement défaut. Les personnages se révèlent stéréotypés, comme Brian en substitue du frère absent, les membres du gang qui jurent sur leur vie en fumant de la marijuana, et la sœur, seul personnage féminin, enfermée dans son rôle de mère-courage et de femme au foyer. À l’inverse, Dayveon se montre juste et touchant dans la peau de cet adolescent incompris et rongé par la colère et la tristesse. Amman Abbasi fait montre d’une maîtrise certaine dans la mise en scène et offre de jolis moments de poésie où se mêlent douceur et dureté, mélancolie et violence. Les scènes au bord du lac et dans les carrières abandonnées de la petite ville, inondées d’une lumière crépusculaire, portées par une musique envoûtante, révèlent de belles chorégraphies entre Dayveon et son ami Brayden (Kordell “KD” Johnson). Loin de se limiter à un récit centré autour du crime, Stupid Things offre ainsi une histoire de gang plus nuancée mais s’enferme dans l’espace du déjà-vu.

 

Juliette Hay

 

 

 

  • STUPID THINGS
  • Sortie salles : 27 septembre 2017
  • Réalisation : Amman Abbrasi
  • Avec : Devin Blackmon, Kordell “KD” Johnson, Chasity Moore, Lachion Buckingham, Dontrell Bright, Marquell Manning…
  • Scénario : Amman Abbasi, Steven Reneau
  • Production : Amman Abbasi, Lachion Buckingham, Alexander Uhlmann
  • Photographie : Dustin Lane
  • Montage : Amman Abbasi, Dominic LaPerriere
  • Décors : Carlos Conti
  • Costumes : Tiffany Barry
  • Musique : Amman Abbasi
  • Distribution: The Jokers
  • Durée : 1h15

 

A la Une

Eva Marie Saint, doyenne oscarisée des égéries hitchcockiennes, s’en est allée à l’âge de 102 ans

Légende de l’âge d’or du cinéma hollywoodien, l’incarnation de la “blonde glaciale” s’est éteinte hier au terme de sept décennies… Lire la suite >>

Expo / Marie-Antoinette de Sofia Coppola à Versailles : dans les coulisses d’un film devenu culte

À l’occasion des vingt ans de Marie-Antoinette, le château de Versailles ouvre les portes des coulisses du film de Sofia… Lire la suite >>

Oscars 2027 :  Minotaure d’Andreï Zviaguintsev choisi pour représenter la France

Réalisé par le Russe Andreï Zviaguintsev et financé par des producteurs français, ce long-métrage engagé ancré dans la Russie contemporaine… Lire la suite >>

Catherine Ringer, voix déjantée des Rita Mitsouko, nous quitte à l’âge de 68 ans

“C’est la mort qui l’a assassinée.” Près de vingt ans après la disparition du guitariste Fred Chichin, son compagnon à… Lire la suite >>

I Play Rocky : une affiche triomphante pour la chronique biographique de la genèse contrariée du film de boxe culte par Peter Farrelly

Ovationnée lors de sa projection en avant-première au Festival International du Film de Toronto (TIFF), la success story entreprend son… Lire la suite >>

Nos vidéos

Box OFFICE France

Titre Cette sem. Nbr Sem. Cumul
1 HEART OF THE BEAST 502 865 1 502 865
2 RESIDENT EVIL 248 732 2 621 548
3 AVENGERS : ENDGAME EXTENDED 220 616 1 220 616
4 GARANCE 214 952 1 214 952
5 JUSTIN LE JUSTE 98 915 1 98 915
6 TOMBE DU CIEL 91 088 7 2 177 990
7 PRIMETIME 78 214 1 78 214
8 SPIDER-MAN : BRAND NEW DAY 76 403 9 8 388 607
9 L'ODYSSEE 76 278 11 8 012 314
10 LA VIE D'UNE FEMME 69 054 3 330 500

Source: CBO Box office

Nos Podcasts