Synopsis : Andrew Cooper, un gestionnaire de fonds spéculatifs new-yorkais, traverse une période difficile après un récent divorce et la perte de son emploi. Déterminé à maintenir le niveau de vie confortable de sa famille, il entreprend de voler les résidents fortunés de sa banlieue chic…
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Dix ans après avoir incarné l’iconique Don Draper dans l’épisode final de Mad Men (2007-2015), Jon Hamm est de retour dans la peau d’un cadre d’entreprise charismatique en chute libre. Un personnage qui lui va décidément comme un gant. Vrais voisins, faux amis, satire grinçante de la banlieue américaine ultra-riche et superficielle, est sortie discrètement le 11 avril dernier sur la plateforme Apple TV+, mais mérite clairement d’être vue. Créée par Jonathan Tropper (à l’œuvre sur Banshee avec Antony Starr, alias Homelander dans The Boys), la série suit Andrew Cooper (Jon Hamm), gestionnaire de fonds spéculatifs new-yorkais récemment licencié et divorcé, dont la vie se désintègre sous ses yeux. Pour maintenir son train de vie, entre pension alimentaire et frais de scolarité, lui qui vit dans une banlieue aisée de la côte Est, se lance inopinément dans des cambriolages chez ses voisins fortunés. À mesure de ses vols, il découvre les petits secrets de ceux qu’il côtoie au quotidien dans les soirées mondaines et les country clubs de la région. La série capte immédiatement l’attention par le biais d’une scène choc (celle qui va faire basculer la série et la vie de son personnage), qui intervient dès les premières minutes et nous invite ensuite à revivre les événements la précédant. C’est cette scène qui introduit le personnage principal et nous plonge d’emblée dans l’intrigue. La narration en voix-off, celle de Cooper, est d’un cynisme jubilatoire et nous guide à travers sa vie amoureuse et professionnelle tout au long des neuf épisodes, nous plongeant dans sa psyché. Sa narration évolue en même temps que son parcours, agissant comme une thérapie pour lui. Cet homme qui pensait que toute sa vie était acquise doit désormais apprendre à se battre pour ce qu’il veut et, plus encore, pour ce qu’il veut être.
La série brille surtout par une distribution impeccable. Jon Hamm, dans le rôle de l’attachant « Coop », est tout simplement génial. Sa prestation souligne parfaitement les caractéristiques de cet homme désespéré qui, tout en cherchant à sauver les apparences, se perd dans ses propres mensonges. L’acteur montre une profondeur émotionnelle rare, offrant un personnage complexe qui suscite autant l’empathie que la sympathie.
À ses côtés, Amanda Peet, Olivia Munn, Mark Tallman et Hoon Lee livrent également des performances remarquables. Chacun incarne des personnages qui, s’ils semblent mener une vie idyllique à première vue, cache des vérités bien moins parfaites et où le sourire de façade laisse place aux traumatismes. L’alchimie entre les acteurs est palpable, rendant chaque interaction crédible, chargée de tension et d’émotions.
La série prend également un angle intéressant en mettant en lumière les « invisibles » de cette société : ceux qui servent les puissants dans l’ombre. Le personnage d’Helena (Aimee Carrero), la femme de ménage, incarne ce contraste. En la filmant dans sa routine quotidienne, de son réveil à ses trajets interminables vers cette banlieue, Vrais voisins, faux amis met en lumière la fracture entre ces classes sociales pour mieux souligner les dynamiques de pouvoir subtiles souvent ignorées. Helena devient pour Cooper une guide inattendue qui, à travers son quotidien modeste, l’aide à mieux cibler ses vols, mais aussi à réévaluer ses choix de vie.
La direction artistique de la série mérite également d’être saluée. Si les décors modernes et impeccables du quartier résidentiel peuvent sembler minimalistes et brillants de prime abord, ils deviennent plus oppressants à mesure que l’histoire avance. Le réalisateur Craig Gillespie (Cruella, Moi, Tonya) utilise habilement l’architecture et l’environnement pour renforcer cette atmosphère tendue, avec des scènes où chaque coin de rue semble abriter un secret. Les choix de lumière et de cadrage, souvent sombres et rapprochés, contribuent à créer une ambiance étouffante.
La série peine toutefois à éviter quelques clichés dans une partie de son dénouement qui frôle le déjà-vu ou bien vis-à-vis de certains personnages dont les actions semblent artificiellement exagérées.
Cela dit, Vrais voisins, faux amis s’impose comme une comédie satirique réussie, à la fois cynique et profondément humaine, qui dépeint la richesse et ses excès avec une vision rafraîchissante. Et malgré un nombre important de récits similaires (Desperate Housewife), la série se distingue par sa lucidité sur les failles du rêve américain et par la prestation de Jon Hamm, qui trouve ici un de ses meilleurs rôles depuis Mad Men.
Florian Rouaud
- VRAIS VOISINS, FAUX AMIS (Your Friends and Neighbors)
- Diffusion : depuis le 11 avril 2025
- Plateforme / Chaîne : Apple TV+
- Créateur : Jonathan Tropper
- Réalisation : Craig Gillespie
- Avec : Jon Hamm, Olivia Munn, Amanda Peet, Mark Tallman, Hoon Lee, Lena Hall, Aimee Carrero, Isabel Gravitt, Donovan Colan, Eunice Bae, Sandrine Holt, Corbin Bernsen, Sarah Thompson, Daniel Dale, Gino Vento…
- Durée : 9 épisodes de 46 à 55 minutes



