Synopsis : Dans une auberge isolée, le temps se répète sans fin dans une boucle de deux minutes. Les occupants, pris au piège, cherchent à comprendre l’origine de ce phénomène étrange.
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Le réalisateur japonais Junta Yamaguchi s’est progressivement fait un nom grâce à ses explorations originales autour du temps. Il s’est notamment fait remarquer avec Beyond the Infinite Two Minutes, un film au concept audacieux mettant en scène une boucle temporelle en temps réel, tourné presque entièrement en un unique plan-séquence. Son travail se caractérise par une approche minimaliste et un goût pour les récits où la temporalité devient un véritable personnage. Yamaguchi n’est pas un metteur en scène cherchant à impressionner avec des effets spectaculaires, mais plutôt un artisan du cinéma qui privilégie la simplicité, la fluidité narrative et surtout la dimension humaine de ses histoires. En boucle s’inscrit parfaitement dans cette veine. L’histoire nous plonge dans une auberge où le temps s’est figé dans une répétition de deux minutes dans laquelle se retrouvent piégés les différents occupants. Peu à peu, ils réalisent que cette boucle est en fait causée par la panne d’une machine à voyager dans le temps et décident d’unir leurs forces pour réparer cette anomalie et échapper à ce cycle infernal. La mise en scène est particulièrement sobre. Yamaguchi opte pour une réalisation très simple, brute. Le cadre est classique, la caméra reste stable et ne prend pas de risque esthétique. Cette simplicité reflète le choix de miser davantage sur la force de la narration et la qualité des interprétations. Le film offre une expérience intimiste qui invite à se concentrer sur les personnages et leurs interactions. Les acteurs sont surprenants de justesse. Tous véhiculent dans leur jeu beaucoup de naturel et de conviction, et il se dégage une belle alchimie qui donne vie à cette communauté forcée d’évoluer ensemble dans cette crise interminable. Leur interprétation rend crédible cette situation étrange et permet de réellement s’attacher à eux.
Narrativement, En boucle évolue, de manière inopinée, vers une romance délicate. Cette dimension amoureuse, assez touchante, vient enrichir le propos du scénario et lui donne une portée émotionnelle inattendue. Au-delà de l’intrigue, le film offre une réflexion poétique sur la nature du temps et sur la façon dont sont vécues nos relations. La boucle temporelle symbolise cette envie universelle de vouloir parfois arrêter le temps, de suspendre les instants précieux, mais elle montre aussi l’impossibilité d’une telle immobilité. L’histoire invite à accepter cet écoulement, avec ses changements et ses imprévus.
Au final, En boucle est une œuvre attendrissante, qui brille par son humanité et son regard sensible sur le temps qui passe. Sa modestie lui confère sincérité, portée par des acteurs convaincants et une écriture délicate. C’est une invitation à savourer les instants de la vie et à apprécier la richesse des relations humaines, même dans un cadre aussi insolite qu’une boucle temporelle. Pour les amateurs de récits contemplatifs et originaux, ce film offre une expérience cinématographique agréable et réfléchie.
Norane Chiali
- EN BOUCLE (Ribā, nagarenaide yo)
- Sortie salles : 13 août 2025
- Réalisation et Scénario : Junta Yamaguchi
- Avec : Riko Fujitani, Manami Honjō, Gōta Ishida, Yoshimasa Kondō, Kazunari Tosa, Yūki Torigoe, Munenori Nagano, Takashi Sumita, Yoshifumi Sakai
- Production : Takahiro Otsuki
- Photographie : Kazunari Kawagoe
- Montage : Junta Yamaguchi
- Décors : Aya Tsunoda
- Costumes : Atsuko Kiyokawa
- Musique : Kōji Takimoto
- Distribution : Art House Films
- Durée : 1 h 26

