
Affiches Indiana Jones et la Dernière Croisade, Retour vers le Futur II et Les Goonies par Drew Struzan
Surnommé “Le prodige de l’affiche”, Drew Struzan apportait une dimension visuelle iconique aux films. Il laisse derrière lui plus de 150 affiches à jamais gravées dans les mémoires collectives.
C’est ce mardi 14 octobre 2025, sur son compte Instagram officiel que la nouvelle a été annoncée par son épouse : « C’est le cœur lourd que je dois vous dire que Drew Struzan a quitté ce monde hier, 13 octobre. Il me semble important que vous sachiez combien de fois il m’a exprimé la joie qu’il ressentait en voyant à quel point vous appréciez son art. »
Il luttait depuis plusieurs années contre la maladie d’Alzheimer, qui l’a contraint à se retirer de la vie publique et ne pouvait plus exercer sa passion.
Drew Struzan, de son vrai nom Howard Drew Struzansky, est né le 18 mars 1947 à Oregon City (Oregon, États-Unis), où il grandit au sein d’un milieu modeste. Il avoue lui-même que la pauvreté de son enfance l’a amené à utiliser du papier de toilette pour dessiner, faute de ressources, forgeant très tôt son amour du dessin.
À 18 ans, il s’inscrit à l’Art Center College of Design de Los Angeles où deux choix de carrière s’offrent à lui : l’illustration ou les beaux-arts. Le conseiller de l’université lui décrivant les beaux-arts comme une voie où il pourrait peindre ce qu’il a envie et de l’autre l’illustration, où il pourrait peindre pour l’argent. Il déclare : “Je serai illustrateur, j’ai besoin de manger”. Struzan est diplômé cinq ans plus tard. Pendant cette période, il se marie et devient père de son premier et seul enfant : Christian.
Après ses études, il débute comme graphiste dans un studio appelé Pacific Eye & Ear, où il réalise des pochettes d’album entre autres pour The Beach Boys, Bee Gees, Earth, Wind & Fire ou encore Alice Cooper. L’une de ses pochettes, celle de l’album Welcome to My Nightmare d’Alice Cooper, fut saluée comme une des pochettes les plus marquantes de son époque.

Affiches par Drew Struzan : L’Empire des fourmis géantes, Star Wars: Un Nouvel Espoir et Soudain… les monstres
C’est à partir des années 1970 que Struzan se tourne vers les affiches de films, réalisant d’abord celles pour des productions de série B comme Soudain… les monstres (1976) ou encore L’Empire des fourmis géantes (1977). Il y élabore et perfectionne son style, mêlant peinture acrylique, usage d’aérographe, et crayon de couleur pour les détails.
Le tournant majeur survient en 1977-78, lorsqu’il collabore avec l’artiste Charles White III pour créer l’affiche de la ressortie de Star Wars: Episode IV Un nouvel Espoir. White se charge des éléments mécaniques et des personnages de Dark Vador et C-3PO, tandis que Struzan se consacre aux personnages humains, créant une affiche très évocatrice et marquante pour l’époque.
Repéré alors par Steven Spielberg et George Lucas, il devient, au fil des années 80, un illustrateur recherché dans le monde du cinéma. Parmi les plus célèbres et iconiques : Retour vers le futur, Indiana Jones et le Temple maudit, Indiana Jones et la dernière croisade, Blade Runner, Star Wars : l’empire contre-attaque, Star Wars : Le retour du Jedi, Rambo, Les Goonies, The Thing et bien d’autres.
Avec l’émergence, dans les années 90 des nouvelles technologies sur ordinateur qui permettent elles aussi de créer des affiches par la manipulation d’images, Struzan a bien évidemment été impacté par le déclin des techniques traditionnelles. Mais ce ne l’a pas empêché de livrer quelques créations avec Harry Potter et la Pierre philosophale (2001), Hook et Hellboy.
En plus des affiches de cinéma, son travail s’étend aussi à l’univers de la musique avec des pochettes de disques et de la librairie avec de nombreuses couvertures de livres et comic books.
Son travail fut largement reconnu pour lequel il reçut de nombreux prix et distinctions et sa notoriété lui a offert un documentaire en 2013 réalisé par Erik Sharkey. Drew: The Man Behind the Poster retrace sa carrière avec de nombreux témoignages de cinéastes, acteurs et collaborateurs.
Drew Struzan laisse un héritage visuel immense. Au-delà du simple support promotionnel, ses affiches sont des œuvres d’art, qui ont marqué plusieurs époques et gravées dans l’imaginaire des films aussi iconiques que leurs affiches. Il capturait l’essence des films, comprenant parfaitement l’atmosphère dans laquelle le spectateur allait être plongé.
Et qui de mieux pour conclure que la déclaration de Steven Spielberg sur son travail ? « Drew créait de l’art événementiel. Ses affiches faisaient de nos films de véritables destinations… Et le souvenir de ces films, de l’époque où nous les avons découverts, revient toujours en un éclair dès qu’on pose les yeux sur ses images iconiques et photoréalistes. Dans son propre style inventé, personne ne dessinait comme Drew. »
Florian Rouaud
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