Isabelle Huppert retrouve l’écrivaine du roman La Pianiste, Elfriede Jelinek, pour une œuvre inspirée de la vie de la comtesse Élisabeth Báthory réalisée par Ulrike Ottinger.
Isabelle Huppert n’a plus rien à prouver. Sa longue carrière internationale lui a permis de côtoyer les plus grands réalisateurs et artistes. Elle peut se permettre d’être sélective quant à ses projets, en témoigne son futur long-métrage, The Blood Countess.
Il s’agit d’une histoire de vampire inspirée d’une figure bien connue du cinéma : Élisabeth Báthory. Comtesse hongroise du XVIe siècle, elle est accusée de meurtres en série ayant donné lieu à de nombreuses légendes. Si les chefs d’accusation font l’objet de discussions car la plupart des témoignages ont vu le jour sous la torture, elle se serait baignée dans le sang de jeunes femmes afin d’obtenir la vie éternelle. Cela lui vaut son surnom de « Comtesse Sanglante » ou encore « Comtesse Dracula ».
Son histoire a été portée à l’écran à plusieurs reprises, à commencer par le film d’horreur italien Les Vampires, de 1958. On retrouve des itérations de la comtesse dans Stay Alive (2006) avec Frankie Muniz, Chroniques d’Erzébéth (2008) de Juraj Jakubisko, ou encore La Comtesse (2009) de Julie Delpy. On y fait aussi référence dans Hostel 2 (2007) d’Eli Roth ou encore dans la cinquième saison d’American Horror Story (2015) où le personnage interprété par Lady Gaga en est clairement inspiré.
Le synopsis promet un projet décalé et comique, ne mettant pas en avant les éléments d’horreur : « Après s’être réveillée d’un long sommeil de beauté et avoir émergé du monde souterrain, la Comtesse Sanglante embarque, au côté de sa servante dévouée (Birgit Minichmayr), dans une quête baroque à travers Vienne pour retrouver l’élixir de vie rouge. Le livre, s’il est trouvé et lu par les ennemis du vampire, menace leur royaume vampirique. [Elles auront] à leurs trousses un neveu végétarien (Thomas Schubert), son psychothérapeute (Lars Eidinger), deux vampirologues, un inspecteur de police et bien d’autres personnages vivants dans cette histoire de vampires tordue et pleine d’humour. »
Il semble que l’intérêt d’Isabelle Huppert pour le projet vienne en partie de l’écrivaine Elfriede Jeline, qui travaille au scénario. En effet, en 2001, l’actrice jouait dans l’adaptation de son roman, La Pianiste, réalisée par Michael Haneke, et recevait le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes.
Ces retrouvailles sont concrétisées par Ulrike Ottinger, artiste avant-gardiste allemande, qui coécrira le scénario et mettra en scène le long-métrage. Ulrike Ottinger est connue pour des films comme Madame X (1977), Aller Jamais Retour (1979), Freak Orlando (1981) ou encore Johanna D’Arc of Mongolia (1988).
La réalisatrice a déclaré : « C’est le bon moment pour la Comtesse Sanglante de se réveiller de son profond sommeil et de savourer le présent [car] le monde est à l’envers et les événements se répètent d’une manière étrange. Vienne, avec ses bâtiments historiques et son style intemporel, est la scène de crime idéale. Avec sa sophistication, sa beauté et ses calculs, la Comtesse Sanglante envoûte tous ceux qui la servent, la fuient ou la poursuivent. »
La société de production Magnify s’est officiellement engagée dans le projet. Isabelle Huppert sera accompagnée au casting d’une majorité d’acteurs allemands et autrichiens, à l’image de Lars Eidinger, de Thomas Schubert ou encore de Birgit Minichmayr.
Aucune date de sortie n’a été annoncée pour le moment.
Florian Boulland
