We-Are-What-We-Are-affiche

Le premier trailer oppressant de WE ARE WHAT WE ARE réalisé par Jim Mickle sur un script coécrit avec Nick Damici, présenté en première à Sundance et à la 45e Quinzaine des Réalisateurs au dernier festival de Cannes, est enfin dévoilé via un communiqué US transmis directement à CineChronicle par eOne.

 

Ce thriller horrifique, qui tourne autour d’une famille de cannibales, est le remake américain de Ne nous jugez pas (Somos Lo Que Hay) du mexicain Michel Grau, qui fut également présenté à la Quinzaine des Réalisateurs en 2010.

 

WE ARE WHAT WE ARE est programmé dans les salles américaines le 27 septembre prochain, avec en vedette Bill Sage, Ambyr Childers, Julia Garner, Jack Gore et une Kelly McGillis plutôt méconnaissable. Si le film ne dispose pas encore de date de sortie en France, il sera distribué par Wild Side Films / Le Pacte.

 

Synopsis : Les Parker sont connus dans le village pour leur grande discrétion. Derrière les portes closes de leur maison, le patriarche, Franck, dirige sa famille avec rigueur et fermeté. Après le décès brutal de leur mère, Iris et Rose, les deux adolescentes Parker, vont devoir s’occuper de leur jeune frère Rory. Elles se retrouvent avec de nouvelles responsabilités et n’ont d’autre choix que de s’y soumettre, sous l’autorité écrasante de leur père, déterminé à perpétuer une coutume ancestrale à tout prix. Une tempête torrentielle s’abat sur la région, les fleuves débordent. Les autorités locales commencent à découvrir des indices qui les rapprochent du terrible secret des Parker…

 

Cependant, vous pouvez retrouver la chronique positive de Nathalie Dassa parue dans le numéro double juillet/août 2013 de l’Ecran Fantastique (n°334), dans le compte rendu du 66e festival de Cannes.

 

Le troisième long métrage de Jim Mickle se révèle une bonne petite surprise. We Are What We Are est le remake de Ne Nous Jugez Pas du Mexicain Jorge Michel Gruau, lui-même sélectionné à la Quinzaine en 2010. Tout l’intérêt de cette relecture, ancrée cette fois dans le contexte américain, qui tourne autour d’une famille anthropophage, réside dans la façon dont le cinéaste parvient à se réapproprier les éléments narratifs pour mieux les réinventer. On sort donc du cadre de l’œuvre auteurisante de Gruau pour un rendu plus sombre et à la tonalité plus cynique, concentré davantage sur les personnages et leurs motivations personnelles. Mickle et son scénariste Nick Damici ont choisi ainsi d’inverser des rôles dans la dynamique de la famille et d’y injecter un rituel religieux fanatique ancestral, en évitant toute sorte de surenchère gore. Ainsi We Are What We Are nous propulse dans une atmosphère anxiogène d’une petite ville de Pennsylvanie, frappée par une tempête torrentielle qui fait remonter à la surface des secrets bien gardés de la famille Parker. On suit d’abord une femme, au visage blafard, susurrer une prière pour ses enfants avant de régurgiter un liquide noir et mourir sous la pluie, puis on pénètre dans la demeure obscure du patriarche Parker, adorateur de Dieu, autoritaire et désormais veuf, campé par un angoissant Bill Sage, avec ses deux jolies jeunes filles, au teint pâle presque fantomatique, et son fils. Contraintes de se soumettre au rite initiatique, elles deviennent malgré elles les bourreaux d’un père illuminé pour poursuivre une tradition des plus obscurantistes afin de nourrir la famille. Au menu : un cadavre avec les marques de découpe au rouge à lèvres, une maladie à prion, des os humains retrouvés et une âme perdue noyée dans sa foi aveugle. Mickle joue habilement sur la fausse piste avec l’enlèvement d’une jeune femme enchaînée dans une cave. Si l’on s’attend ainsi à voir une bonne scène de torture, le film instille plutôt une atmosphère d’angoisse palpable en appliquant judicieusement l’effet de suggestion, pour ainsi mieux nous livrer son twist final bien mordant dans sa célébration mortuaire du ‘jour de l’Agneau’, qui fait tout le piment – si ce n’est le sel – de ce thriller d’horreur carnassier.

 

Nathalie Dassa

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