Midnight Express d’Alan Parker (1978)
On suit ici l’histoire vraie de William Hayes, emprisonné pendant plusieurs années en Turquie pour détention de drogue. S’inspirant du livre autobiographique de Hayes, Oliver Stone signe le scénario qui mettra en scène Brad Davis, Randy Quaid et John Hurt.
La bande originale marque un tournant dans l’émergence de la musique électronique au cinéma. Alan Parker avait prévu d’utiliser des compositions préexistantes de Vangelis, mais la production lui présente Giorgio Moroder. À l’époque, il sort tout juste de deux succès avec Donna Summer pour qui il a produit Love to Love You Baby et I Feel Love, toujours considéré comme le premier morceau grand public de musique électronique.
Face à ce style très marqué, Alan Parker est d’abord hésitant, avant d’accepter de travailler avec Moroder. Bien lui en aura pris, puisque la bande originale qui en résulte recevra l’Oscar de la meilleure musique, préfigurant les prochains travaux marquants de Moroder (Flashdance, Scarface, L’Histoire sans fin, Top Gun).
Là encore, les synthétiseurs Moog permettent d’accoucher d’une œuvre musicale à part entière. Le morceau Chase marquera tout particulièrement les esprits, jusqu’à se retrouver dans l’enregistrement du testament de Jacques Mesrine et dans les sets de nombreux DJs encore aujourd’hui.
Le film suscite une vive polémique en Turquie, qui en interdit la diffusion pendant 20 ans. Si Alan Parker s’est toujours dit fier de son film, Oliver Stone a depuis reconnu avoir « surdramatisé » son scénario. William Hayes s’est quant à lui excusé pour le film, lorsqu’il est retourné en Turquie en 2007.
L’accueil reste très positif, faisant remporter au film les Oscars de la meilleure musique et du meilleur scénario adapté. Il ramène également trois BAFTA et six Golden Globes, dont un pour Giorgio Moroder.
