Synopsis : Dans un monde ravagé par une mystérieuse pandémie, Hig survit dans une base aérienne isolée du Colorado avec son chien et un ancien marine. Lors d’un vol de reconnaissance, une mystérieuse transmission radio lui redonne espoir et le pousse à envisager qu’il existe encore une autre forme de vie au-delà de leur refuge.
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Ridley Scott sans doute l’un des plus grands réalisateurs de ces dernières décennies. Pourtant, ses derniers films ont connu des fortunes diverses, aussi bien sur le plan critique que commercial. Après Napoléon, qui n’a pas rencontré le succès espéré, Gladiator II a lui aussi peiné à convaincre totalement, malgré 462 millions de dollars récoltés au box-office mondial pour un budget estimé à 310 millions. Pour autant, dès que le nom de Ridley Scott apparaît au générique d’un nouveau projet, difficile de ne pas ressentir une certaine curiosité. À plus de 80 ans, le cinéaste continue d’explorer de nouveaux univers et de prendre des risques, quitte à diviser. Alors, que vaut The Dog Stars ? Même si l’on sent parfois un réalisateur moins inspiré, le long-métrage reste suffisamment singulier et divertissant pour renouer, au moins en partie, avec ce qui fait l’intérêt de son cinéma. Le film suit Hig (Jacob Elordi) et son chien Jasper dans un futur proche, après qu’une pandémie inconnue a décimé la société américaine. Les survivants vivent reclus, tandis que la violence s’est installée dans un monde presque à l’arrêt. Hig tente de survivre grâce à ses talents de pilote et s’est installé dans une base aérienne abandonnée du Colorado avec Bangley (Josh Brolin), un ancien marine particulièrement méfiant. Lors de ses patrouilles aériennes, Hig capte un jour une transmission radio. Une simple voix suffit à faire renaître en lui un espoir qu’il pensait disparu : celui qu’une vie meilleure puisse encore exister au-delà de leur périmètre sécurisé. Il décide alors de partir à la recherche de cette mystérieuse transmission, mais aussi, peut-être, d’une forme d’humanité qu’il ne retrouve plus dans son quotidien.
Sur le papier, l’intrigue est efficace et permet à Ridley Scott de s’aventurer dans un registre qu’il connaît moins directement : celui du récit post-apocalyptique intimiste. Certaines séquences sont tendues et peuvent prendre aux tripes, quand l’action reste secondaire. Sur deux heures, The Dog Stars prend surtout le temps d’installer son univers et ses personnages, avec une première partie parfois trop contemplative. Cette lenteur n’est pas toujours gênante, car elle permet de comprendre le quotidien de ces survivants et les mécanismes qui régissent leur existence. Mais elle donne aussi par moments l’impression que le récit peine à avancer et cela peut dérouter.
Hig, Jasper et Bangley forment ainsi un trio marqué par la peur, la méfiance et l’isolement. Le film s’intéresse moins à la survie physique qu’à la difficulté de rester humain lorsque tout ce qui constituait la société a disparu. Comment continuer à faire confiance lorsque chaque rencontre peut représenter une menace ? Comment accepter de laisser entrer quelqu’un dans sa vie après avoir passé des années à se protéger des autres ? C’est dans l’évolution des relations entre les personnages que The Dog Stars trouve ses moments les plus touchants.
Cette approche explique aussi pourquoi les scènes de combat sont finalement moins marquantes que les moments consacrés aux personnages. Certaines séquences d’action fonctionnent efficacement, mais elles restent classiques. À l’inverse, les passages les plus émotionnels sont mieux maîtrisés. Le choix des décors participe d’ailleurs à cette impression. Loin des productions multipliant les lieux et les environnements, le long-métrage repose sur un nombre limité de décors. Cette économie permet de renforcer le sentiment d’enfermement des personnages. Même lorsque Hig prend les airs, le monde semble immense mais profondément vide. Une approche assez surprenante pour un cinéaste habitué aux grandes fresques historiques ou aux univers spectaculaires
L’un des principaux atouts du film reste sa photographie. Les paysages sont séduisants et donnent presque envie de partir explorer cette partie des États-Unis. Les plans aériens, rendus possibles par les séquences mettant en scène l’avion de Hig, offrent quelques très beaux moments. Ridley Scott filme une nature verdoyante qui semble reprendre ses droits après la disparition des humains. Ce contraste entre les paysages magnifiques et la situation désespérée des personnages fonctionne bien. Le monde est détruit, mais la nature, elle, continue son chemin.

Jacob Elordi et Margaret Qualley dans The Dog Stars de Ridley Scott / Crédit photo 20th Century Studios
Du côté des acteurs, le casting se montre solide. Les principaux rôles fonctionnent bien et permettent au long-métrage de reposer sur des relations crédibles. Allison Janney (Moi, Tonya, La Couleur des sentiments) se distingue dès qu’elle apparaît à l’écran. Ses scènes, pourtant peu nombreuses, comptent parmi les plus réussies du film et permettent à Ridley Scott de flirter à nouveau avec le cinéma d’horreur.
Les jeux de lumière, les silences prolongés et la mise en scène installent alors une atmosphère inquiétante, tandis que l’interprétation d’Allison Janney renforce cette sensation de malaise. Le réalisateur se montre ici le plus inspiré, au point de regretter que cette dimension horrifique ne soit pas davantage développée. Ces moments rappellent le Ridley Scott d’Alien, une facette du cinéaste que l’on aurait aimé voir davantage présente dans le film.
The Dog Stars n’est donc pas le meilleur de sa filmographie, mais il possède une identité suffisamment forte pour mériter l’attention. Ridley Scott continue surtout de prendre des chemins différents.
Emma Pauchont
- THE DOG STARS
- Sortie salles : 26 août 2026
- Réalisation : Ridley Scott
- Avec : Jacob Elordi, Josh Brolin, Margaret Qualley, Guy Pearce, Allison Janney, Benedict Wong, Ewen Bremner, James Craze, Sai Bennet…
- Scénario : Mark L.Smith et Christopher Wilkinson, d’après le livre La Constellation du chien par Peter Heller
- Production : Michael Pruss, Cliff Roberts, Ridley Scott, Mark L. Smith
- Photographie : Erik Messerschmidt
- Montage : Sam Restivo, Claire Simpson
- Décors : Chris Seagers
- Costumes : Janty Yates
- Musique : Harry Gregson-Williams
- Distribution : The Walt Disney Company France
- Durée : 1 h 59


