Résumé : Le cinéma a ses aficionados, le train ses tifosi et quand on croise ces deux populations de passionnés, on obtient des amateurs qui ont accueilli avec enthousiasme une première sélection d’une centaine de films, depuis L’Arrivée d’un train en gare de la Ciotat des frères Lumière, dans un premier volume : Le train fait son cinéma. Mais toute sélection – fût-elle savante ou gourmande – est toujours réductrice, tant le train est une star de cinéma non seulement en France et aux États-Unis mais finalement sur tous les continents. Les auteurs se sont remis à l’ouvrage, élargissant leur propos à près de 130 films. Ce deuxième volume est ainsi l’occasion de retrouver et peut-être découvrir de grands films français, américains tchèques ou égyptiens, comme Casablanca, Slumdog Millionaire, où le « Cheval de Fer » occupe tout l’écran et fait la concurrence aux premiers rôles.

 

♥♥♥♥♥

 

Le train fait son cinéma (T1 et 2)

Le train fait son cinéma (T1 et 2)

En 1896, lors de sa première présentation publique, L’Arrivée d’un train en gare à La Ciotat impressionna particulièrement les spectateurs d’alors et continue de saisir ceux d’aujourd’hui. D’une durée d’environ 50 secondes, le film est tourné sur le quai de la gare de La Ciotat. Filmée en plan fixe, légèrement de biais, la ligne ferroviaire s’étend vers l’horizon. Un train apparaît au loin, s’approche, puis dépasse l’objectif de la caméra et s’immobilise. Les portes s’ouvrent, arrivants et partants se croisent. Une scène quotidienne devenue spectaculaire par le miracle de la captation cinématographique. On pressent ici, dans le choix du sujet et dans la manière de le traiter, un désir de dramatiser l’évènement par la seule force de l’image en mouvement. Ce court prouve le lien consubstantiel unissant le cinéma et le train, le second offrant au premier un large panel de possibilités narratives et audiovisuelles. Cette remarque liminaire justifie l’entreprise menée par Patrick Brion, historien du cinéma et auteur de nombreuses monographies de cinéastes et d’acteurs, et Georges Di Lallo, président de l’association des clients du fret ferroviaire européen, et par ailleurs auteur de biographies consacrées à Errol Flynn et Robert Redford. En deux tomes, quelque 500 pages et autant d’illustrations, les auteurs reviennent sur nombre de films marquants ayant de près ou de loin un rapport avec le train. Du célèbre court métrage des frères Lumière au GRAND BUDAPEST HOTEL de Wes Anderson en 2013 (notre critique), Brion et Di Lallo offrent à leur lecteur un résumé de chaque film ainsi qu’un court commentaire explicatif. On y trouvera au choix : des analyses de films, des anecdotes de tournage ou un retour sur la réception critique de l’époque.

 

The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson

The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson

 

Si le premier tome, sorti en décembre 2012, s’attache surtout aux incontournables de l’histoire du cinéma, le second, paru en novembre 2015, cherche à proposer quelques œuvres plus confidentielles ou mésestimées. Ainsi de Pacific 231 (1949), film expérimental réalisé par Jean Mitry, ou de Cat Ballou (1965), curieux western mis en scène par Elliot Silverstein. En privilégiant l’approche chronologique, les auteurs renoncent en partie à l’apport thématique et iconologique qu’aurait su susciter leur sujet. Ce choix a pour première conséquence de donner l’impression que le train ne constitue dans certains cas qu’un élément secondaire, simple argument facultatif permettant de s’attarder sur une œuvre aimée. On aurait souhaité que la problématique ferroviaire permette de se préoccuper plus longuement des questions plastiques et dramatiques engagées par la présence d’un train dans le champ.

 

L’ouvrage traverse donc les époques, les genres et les pays. Des États-Unis à la France en passant par l’Égypte, la Pologne ou le Japon, les auteurs font preuve d’une cinéphilie éclectique et démocratique. Terreur dans le Shanghaï Express (Horror Express, Eugenio Martin, 1972) répond au Paris brûle-t-il ? (1966) de René Clément, tandis que la comédie italienne bataille à égalité avec les musicals hollywoodiens. Les commentaires, à la fois relatifs à la production de l’œuvre et à sa mise en images, restent néanmoins inégaux. On s’amuse à découvrir les divergences d’opinion que suscita la sortie française du Lion et le vent (The Wind and The Lion, John Milius, 1975), mais on reste perplexe lorsque les auteurs remarquent, à propos de Grand Budapest Hotel, que « la critique américaine se montra enthousiaste en lui octroyant la note de 8,4/10 », sans qu’aucune source ne soit citée. Car si les références sont nombreuses, relevant tout à la fois du domaine de la critique et de la théorie, une bibliographie manque cruellement à l’appel. On notera cependant la présence d’un index des le plaisir ressenti à la lecture de ces deux monumentaux tomes.

 

 

 

  • Les tomes 1 et 2 de LE TRAIN FAIT SON CINÉMA par Patrick Brion et George Di Lallo, parus respectivement en décembre 2012 et novembre 2015 chez Riveneuve Éditions, Collection « Cinéma ».
  • Tome 1 : 248 pages, 34 €
  • Tome 2 : 256 pages, 34 €
  • Format 21,5 x 28.5 cm

A la Une

Oscars 2027 :  Minotaure d’Andreï Zviaguintsev choisi pour la représenter la France

Réalisé par le Russe Andreï Zviaguintsev et financé par des producteurs français, ce long-métrage engagé ancré dans la Russie contemporaine… Lire la suite >>

Catherine Ringer, voix déjantée des Rita Mitsouko, nous quitte à l’âge de 68 ans

“C’est la mort qui l’a assassinée.” Près de vingt ans après la disparition du guitariste Fred Chichin, son compagnon à… Lire la suite >>

I Play Rocky : une affiche triomphante pour la chronique biographique de la genèse contrariée du film de boxe culte par Peter Farrelly

Ovationnée lors de sa projection en avant-première au Festival International du Film de Toronto (TIFF), la success story entreprend son… Lire la suite >>

Sandra Hüller incarnera l’écrivain Wolfgang Herrndorf dans le prochain film de Maria Schrader

Sandra Hüller continue d’enchaîner les projets aux horizons très différents. L’actrice allemande prêtera ses traits à l’écrivain Wolfgang Herrndorf dans… Lire la suite >>

Jours de tonnerre 2 : Anne Hathaway rejoint Tom Cruise pour le retour du film culte

Près de quarante ans après le film de Tony Scott, Jours de tonnerre revient sur grand écran. Tom Cruise retrouvera… Lire la suite >>

Nos vidéos

Box OFFICE France

Titre Cette sem. Nbr Sem. Cumul
1 HEART OF THE BEAST 502 865 1 502 865
2 RESIDENT EVIL 248 732 2 621 548
3 AVENGERS : ENDGAME EXTENDED 220 616 1 220 616
4 GARANCE 214 952 1 214 952
5 JUSTIN LE JUSTE 98 915 1 98 915
6 TOMBE DU CIEL 91 088 7 2 177 990
7 PRIMETIME 78 214 1 78 214
8 SPIDER-MAN : BRAND NEW DAY 76 403 9 8 388 607
9 L'ODYSSEE 76 278 11 8 012 314
10 LA VIE D'UNE FEMME 69 054 3 330 500

Source: CBO Box office

Nos Podcasts