Synopsis : Le film retrace les aventures de Gustave H, l’homme aux clés d’or d’un célèbre hôtel européen de l’entre-deux-guerres et du garçon d’étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle. La recherche d’un tableau volé, oeuvre inestimable datant de la Renaissance et un conflit autour d’un important héritage familial forment la trame de cette histoire au coeur de la vieille Europe en pleine mutation.

 

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The Grand Budapest Hotel affiche

The Grand Budapest Hotel affiche

Le style de Wes Anderson se bonifie avec le temps. Pour son huitième long métrage, il nous ébahit purement et simplement. Ce créateur fantaisiste est ici passé maître du sens du cadre, de la perspective et de la profondeur de champ. Présenté en avant-première au dernier festival de Berlin, The Grand Budapest Hotel est reparti tout naturellement avec le Grand Prix du Jury. Cette comédie dramatique est une gageure en matière d’expressions artistiques tant par sa photographie sublime et picturale, son matte painting remarquable et ses décors classieux qui deviennent vraiment ici un personnage à part entière. Inénarrable, poétique, émouvant, coloré, inventif et plein de suspense, The Grand Budapest Hotel se place au sommet d’un genre dont Wes Anderson s’est fait la marque de fabrique. Mais si on ressortait de ses récits souvent enthousiasmés, on est ici vraiment impressionnés par la portée dimensionnelle de son film. Dans ces multiples représentations, il nous livre un Agatha Christie exaltant, un Cluedo ludique et astucieux, une peinture vivante ou encore un théâtre filmique mémorable. Il maitrise avec brio la caméra, l’espace scénique et le temps (‘présent’, 1980, 1960, 1930) avec ses différentes tonalités de couleurs, dans ce récit construit en poupées russes : une histoire dans une histoire dans une histoire, qui se font toutes échos entre elles.

 

The Grand Budapest Hotel / © Fox Searchlight Pictures

The Grand Budapest Hotel / © Fox Searchlight Pictures

 

The Grand Budapest Hotel s’ouvre ainsi sur une jeune fille qui se rend devant la statue d’un auteur réputé, lequel – d’abord incarné par Tom Wilkinson puis par Jude Law – va se remémorer sa rencontre avec cet ancien lobby boy Zero Moustafa (F. Murray Abraham), devenu propriétaire de ce célèbre hôtel. Wes Anderson remonte l’histoire et le temps afin de retracer dans les années 30 les aventures de Gustave H (Ralph Fiennes), concierge légendaire de ce palais aux teintes rose situé dans les montagnes pittoresques de la République imaginaire de Zubrowka dans l’Europe de l’entre-deux-guerres, et de son fidèle garçon d’étage et jeune réfugié (Tony Revolori). Sur fond de meurtre, vol de tableau, héritage, complicité et amours, le cinéaste alimente son intrigue de dialogues savoureux tout en distrayant le regard de détails visuels secondaires qui surgissent du cadre. Une volonté de fournir en permanence une porte dérobée par laquelle se faufilent nos deux personnages en cavale pour mieux dévoiler la vérité. Le tandem fonctionne à merveille à l’écran, entre la performance de Ralph Fiennes en excentrique, pointilleux et tout aussi chichiteux que les décors de ce havre luxuriant, et celle du jeune et émouvant Tony Revolori.

 

The Grand Budapest Hotel / © Fox Searchlight Pictures

The Grand Budapest Hotel / © Fox Searchlight Pictures

 

Mais le reste de cette distribution est tout aussi baroque. Car si tout démarre avec la succulente Tilda Swinton dans son infime rôle de vieille lady sans en dévoiler davantage, les stars comme Mathieu Amalric, Jeff Goldblum, Willem Defoe, Saoirse Ronan, Bill Murray, Harvey Keitel, Edward Norton ou encore Adrien Brody se relayent fabuleusement entre rôles-clés et caméos tout en faisant toujours avancer l’intrigue. Chacun devient une pièce fondamentale dans cet échiquier narratif aussi burlesque que bouleversant. The Grand Budapest Hotel renvoie à de multiples références comme notamment celle de rendre hommage aux écrits de Stephan Zweig dans le générique de fin. Si Wes Anderson n’a jamais été aussi inspiré, il ne nous a jamais aussi bien accueilli dans son univers alternatif si fantaisiste, virevoltant, émouvant et drôle. C’est ce qui fait la particularité de cette œuvre qui s’attarde sur l’histoire de cet hôtel avec en toile de fond l’Histoire d’une Europe illusoire et brumeuse en pleine mutation. The Grand Budapest Hotel, qui génère tant sa force que sa gravité dans ce cadre de l’entre-deux-guerres, est un millesime cinématographique exquis et jubilatoire.

 

 

  • THE GRAND BUDAPEST HOTEL écrit et réalisé par Wes Anderson en salles le 26 février 2014
  • Avec : Ralph Fiennes, Tony Revolori, Jason Schwartzman, Edward Norton, Bill Murray, Owen Wilson, Tilda Swinton, Jude Law, Willem Dafoe, Adrian Brody, Saoirse Ronan, Harvey Keitel, Tom Wilkinson, Jeff Goldblum et F. Murray Abraham, Mathieu Almaric et Léa Seydoux.
  • Production : Jeremy Dawson, Scott Rudin, Steven M. Rales, Wes Anderson.
  • Décors : Adam Stockhausen
  • Photographie : Robert D. Yeoman
  • Compositeur : Alexandre Desplat
  • Montage : Barney Pilling
  • Direction Artistique : Gerald Sullivan
  • Costumes : Milena Canonero
  • Distributeur : 20th Century Fox
  • Durée : 1h40.

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