Son nom était Connery… Sean Connery

Publié par Jacques Demange le 31 octobre 2020
Sean Connery - Aston Martin DB5 - Goldfinger

Sean Connery devant son Aston Martin DB5 – Goldfinger

Triste période pour la cinéphilie. Alors que la sortie du dernier James Bond avec Daniel Craig a été repoussée à mars 2021, Sean Connery, premier acteur à avoir prêté ses traits au célèbre agent secret, vient de nous quitter à l’âge de 90 ans ce 31 octobre 2020.

 

 

 

Sean Connery - Goldfinger

Sean Connery – Goldfinger

Sean Connery, né en 1930 dans un quartier populaire d’Édimbourg, cultive tôt le goût pour l’aventure. À quinze ans, il prend la décision de quitter l’école pour s’engager dans la Royal Navy, avant d’enchaîner les petits boulots, de maçon à vernisseur de cercueils.

 

Son intérêt pour l’art dramatique se déploie d’abord sur les planches du théâtre et se consolide à travers différents petits rôles au cinéma et à la télévision. En 1961, le London Express organise un concours pour trouver l’acteur qui incarnera 007, l’agent spécial de sa Majesté inventé par le romancier Ian Fleming. Un an plus tard, Connery porte le smoking dans Dr No et devient une star internationale.

 

Ses répliques cinglantes, son élégance et son flegme en font le symbole de la classe britannique. Loin de jouer en sa défaveur, ses origines plébéiennes et son physique athlétique confèrent au personnage un aplomb qui dépasse la simple sophistication de surface. Connery pose les bases de son rôle, le modèle à la façon d’un costume que devront, tant bien que mal, endosser ses successeurs.

 

Si jusqu’au début des années 1970, la filmographie de Connery est largement dominée par la figure de Bond, l’acteur cherche à se diversifier avec plus ou moins de bonheur auprès de cinéastes de renom : Hitchcock (Pas de printemps pour Marnie), Sidney Lumet (La Colline des hommes perdus), Edward Dmytryk (Shalako), Katalatozov (La Tente rouge).

 

Après Les diamants sont éternels en 1971, Connery décide de s’affranchir tout à fait de son personnage de prédilection. Cette nouvelle décennie le voit affirmer l’étendue de son talent d’acteur. The Offence (Sidney Lumet, 1973) ou Zardoz (John Boorman, 1973) lui permettent de mettre à mal son image de marque en incarnant une certaine vulnérabilité devenue symbole d’une virilité brisée.

 

Son sourire canaille, sa présence physique, ainsi que l’ambiguïté qui anime les expressions de son visage assurent la réussite de ses interprétations dans L’Homme qui voulut être roi (John Huston, 1975) et Le Lion et le Vent (John Milius, 1975). Le Crime de l’Orient-Express (Sidney Lumet, 1974) et La Rose et la Flèche (Richard Lester, 1976) valorisent quant à eux son naturel dans des rôles de composition renvoyant directement à ses origines britanniques.

 

Mais on échappe difficilement à son ombre. En 1983, Connery revient à James Bond avec Jamais plus jamais. Ses traits marqués et ses tempes grisonnantes confèrent une nouvelle profondeur au personnage. Le charme inégalé de l’agent secret gagne ainsi en maturité et annonce souverainement le caractère fêlé que Daniel Craig assignera au personnage à partir de Casino Royale (2006).

 

Cet ultime retour à Bond ne doit pas s’interpréter comme le signe d’un déclin. Dans les années 1980, Connery continue d’exceller, notamment dans Le Nom de la rose (Jean-Jacques Annaud, 1986) et, plus discrètement, dans Les Incorruptibles (Brian De Palma, 1987). Recouvert d’une soutane ou casquette béret vissé sur la tête, Connery prouvait que le style est d’abord une question d’attitude.

 

Car c’est bien cette présence, entre nonchalance et assurance, qui restera à jamais gravée dans les mémoires.

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