Sortie Blu-ray/ Les 7 Voleurs de Chicago de Gordon Douglas: critique

Publié par Franck Brissard le 3 septembre 2015

Synopsis : 1920. Au soir de son anniversaire, solennellement célébré au sein d’une impressionnante assemblée de gangsters, Big Jim, l’ennemi numéro un de Chicago, est abattu par plusieurs de ses comparses. L’un des membres de l’assistance, Guy Gisborne, certain d’avoir toutes les qualités requises pour le poste, n’hésite pas à se proclamer le nouveau maître de la ville et le successeur du défunt, avec la bénédiction d’un shérif corrompu du nom de Glick. Malheureusement pour les deux associés, Robbo, gangster qui règne en maître sur la majeure partie de La Nouvelle-Orléans, refuse de se soumettre à la nouvelle hiérarchie…

 

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Les 7 voleurs de Chicago - jaquette

Les 7 voleurs de Chicago – jaquette

En dépit de près de cent œuvres répertoriées, qui incluent courts et longs métrages, séries télévisées et documentaires, le réalisateur Gordon Douglas demeure encore méconnu. Ayant démarré sa carrière en tant que créateur de gags pour l’illustre Hal Roach, il commence par diriger les petits garçons stars Eugene ‘Porky’ Lee et George ‘Spanky’ McFarland dans quelques courts, avant de signer son premier long en 1936 avec General Spanky. Il rencontre alors Laurel et Hardy et les dirige en 1940 dans le célèbre En croisière. Prolifique et éclectique, Gordon Douglas n’aura de cesse de passer d’un genre à l’autre durant sa longue carrière, à l’instar des Monstres attaquent la ville (1954). S’il côtoie des acteurs de seconde voire de troisième zone, il collabore aussi avec stars comme Randolph Scott (L’Homme du Nevada, 1950), James Coburn (F comme Flint, 1967) et surtout trois des membres du Rat Pack (nom inventé par Humphrey Bogart). Comme c’est le cas dans Les 7 Voleurs de Chicago (1964) avec Frank Sinatra, Dean Martin et Sammy Davis Jr. Après Comme un torrent de Vincente Minnelli, L’Inconnu de Las Vegas (Ocean’s Eleven pour les intimes) de Lewis Milestone, Sergeants 3 de John Sturges et Quatre du Texas de Robert Aldrich, le trio illustre du « Club des Rats » est réuni pour un « caprice ». Les 7 Voleurs de Chicago (Robin and the Seven Hoods), produit par Frank Sinatra, est une grosse production en costumes et aux décors clinquants. Cette relecture de Robin des Bois, élégante, raffinée, drôle et musicale n’est certes pas un grand film, mais vaut pour son casting quatre étoiles, son ton léger presque enfantin et ses quelques numéros chantés et dansés.

 

Les 7 Voleurs de Chicago de Gordon Douglas

Les 7 Voleurs de Chicago de Gordon Douglas

 

Frank Sinatra s’approprie le rôle de Robbo, gangster au grand coeur, entouré de sa troupe Little John (Dean Martin), Will (Sammy Davis Jr.), et Allen A. Dale (Bing Crosby). Ils affrontent le gang adverse, mené par un Peter Falk sensationnel qui vole la vedette à chacune de ses apparitions dans le rôle de Guy Gisborne. Cheveux gominés et accent italo-américain à la « You talkin’ to me ? », il est devenu calife à la place du calife. Ce dernier personnage est d’ailleurs interprété par l’immense Edward G. Robinson dans une courte, mais marquante introduction. Tout ce petit monde se défie dans une guerre d’ego afin d’avoir la mainmise sur tous les tripots de Chicago. La pègre s’acoquine avec les autorités, policières et politiques, 7 hommes d’un côté (le clan Sinatra) et 85 types burinés de l’autre avec l’aide du shérif (le clan Falk).

 

Etrangement Sinatra et Martin traversent le film sans se fouler, décontractés, le verre de whisky dans une main et le flingue dans l’autre, poussant parfois la chansonnette. Mais en revoyant Les 7 Voleurs de Chicago, c’est indéniablement Peter Falk qui se taille la part du lion. Ses mimiques, son bagou, son énergie, son immense talent d’acteur emportent tout. L’histoire est prétexte à quelques bons numéros de chanson et de chorégraphies endiablées, à l’instar du mythique My Kind of Town de Sinatra, Any Man Who Loves His Mother de Dean Martin et le génial Bang ! Bang ! de Sammy Davis Jr., entre flingues, claquettes et sulfateuses. L’essentiel repose sur le naturel des comédiens, toujours le sourire au coin des lèvres et l’œil de velours. L’empathie est immédiate, on rit devant « l’hénaurmité » des situations, le cabotinage parfois incroyable des acteurs. Mais ils le font tellement bien qu’on leur pardonne tout. On aurait aimé que la mise en scène de Gordon Douglas soit un peu plus enlevée et que le rythme épouse un peu plus celui des comédiens, mais Les 7 Voleurs de Chicago reste un très bon moment.

 

 

 

 

Les 7 Voleurs de Chicago de Gordon Douglas

Les 7 Voleurs de Chicago de Gordon Douglas

TEST BLU-RAY : Warner nous livre un commentaire audio non sous-titré de Frank Sinatra Jr. Ajoutez à cela trois courts-métrages d’animation mettant en scène un petit écureuil valeureux, Daffy Duck et Bugs Bunny, tous ayant pour thème principal Robin des Bois. En plus de la bande-annonce, l’éditeur joint également une petite featurette d’époque (7’) qui dévoile les coulisses du tournage. Remasterisé numériquement et entièrement restauré à partir des éléments d’origine, Les 7 Voleurs de Chicago fait désormais peau neuve en Blu-ray. Ce lifting lui sied vraiment à ravir. Tout d’abord, la copie affiche une propreté incontestable, aucune scorie n’a survécu à l’attention des restaurateurs, la clarté HD et la colorimétrie pimpante flattent les rétines. Dès la fin du générique d’ouverture, les contrastes trouvent une fermeté inédite : le piqué est renforcé et les noirs plus denses, les détails sur les décors et les costumes abondent, tandis que les effets de transitions (fondus enchaînés) n’entraînent pas de décrochages. Certes, quelques plans peuvent paraître plus doux en terme de définition, et persistent quelques fourmillements et flous intempestifs, mais le constat est formel. Si le master a été un chouia trop lissé, jamais le film de Gordon Douglas n’avait bénéficié d’un tel traitement de faveur. La célèbre bande originale est mise en valeur grâce à la piste anglaise DTS-HD Master Audio 1.0. Si le report des voix manque parfois de force, les scènes musicales et chantées s’avèrent plaisantes, beaucoup plus que sur la piste française Dolby Digital 1.0, au doublage par ailleurs excellent. Sur cette version, les dialogues paraissent couverts, parfois chuintants. Privilégiez évidemment la piste anglaise, plus dynamique, propre, fluide et naturelle.

 

 

 

  • LES 7 VOLEURS DE CHICAGO (Robin and the 7 Hoods) de Gordon Douglas, disponible en Blu-ray inédit depuis le 2 septembre 2015.
  • Avec : Frank Sinatra, Dean Martin, Sammy Davis, Jr., Bing Crosby, Peter Falk, Barbara Rush, Victor Buono, Robert Foulk, Edward G. Robinson, Barry Kelley, Bill Zuckert, Bill Curtis, Barry Kelley, Sonny King…
  • Scénario : David R. Schwartz
  • Production : Frank Sinatra
  • Photographie : William H. Daniels
  • Montage : Sam O’Steen
  • Décors : Raphael Bretton
  • Costumes : Donfeld
  • Musique : Nelson Riddle
  • Editeur : Warner Bros.
  • Tarif : 14,99 €
  • Durée : 2h08
  • Date de sortie initiale : 24 juin 1964 (Etats-Unis) et 16 octobre 1964 (France)

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