Synopsis : Le Loup-garou a été réveillé par des pilleurs de tombes. L’idée de tuer des innocents les soirs de pleine lune pour l’éternité ne lui plaisant guère, il recherche le Dr Frankenstein pour trouver un moyen de mourir. Mais le docteur est mort, et il ne trouve que sa créature, qui elle veut vivre…

 

♥♥♥♥♥

 

Frankenstein rencontre le Loup-garou - jaquette

Frankenstein rencontre le Loup-garou – jaquette

Si le succès du SPECTRE DE FRANKENSTEIN (notre critique) fut moins évident que celui des précédents opus, cela n’a pas empêché les studios Universal de mettre rapidement en chantier la suite des aventures de leur créature la plus lucrative. Soucieux de faire perdurer sa franchise, les producteurs décident de croiser le fruit des expériences du docteur Frankenstein avec le Loup-garou. Frankenstein rencontre le Loup-garou est ainsi l’un des premiers crossovers de l’histoire du cinéma. Habitué des adaptations de Sherlock Holmes, le réalisateur Roy William Neill est appelé pour mettre en scène cette rencontre annoncée partout dans les médias en 1942. Alors que Lon Chaney Jr vient de succéder à Boris Karloff dans Le Spectre de Frankenstein, il interprète cette fois le loup-garou éponyme, tandis que Béla Lugosi, précédemment Ygor dans LE FILS DE FRANKENSTEIN (notre critique) et Le Spectre de Frankenstein, incarne à son tour le monstre. Ce jeu des chaises musicales peut perdre le spectateur, d’autant qu’il ne s’agit pas de Frankenstein mais bel et bien de la créature du docteur qui affronte le lycanthrope. Mais honnêtement, il faut vraiment s’accrocher pour reconnaître les deux comédiens sous leur maquillage. La seule et unique transformation de Béla Lugosi, qui avait pourtant décliné l’offre pour endosser le rôle du monstre dans l’original de James Whale en 1931, est quelque peu ratée ici (les maquillages sont pauvres) et s’avère moins charismatique que Boris Karloff et Lon Chaney Jr. En revanche, ce dernier s’avère particulièrement épatant en Lawrence Talbot qui se transforme en lycanthrope lorsque la pleine lune surgit. Sa malédiction pèse sur ses épaules et il souhaite en finir avec la vie.

 

Frankenstein rencontre le Loup-garouFrankenstein rencontre le Loup-garouFrankenstein rencontre le Loup-garouFrankenstein rencontre le Loup-garou

 

Si Le Spectre de Frankenstein marquait un net recul quant à l’intérêt du scénario, celui de Frankenstein rencontre le Loup-garou patine véritablement et marque le déclin de la série des Universal Monsters. La mise en scène demeure sans génie, plate, et peine à donner un rythme à une histoire qui en a grandement besoin. Pourtant, elle est signée par un habitué du genre, Curt Siodmak, à qui l’on doit quelques classiques de l’horreur et de la science-fiction comme Le Retour de l’homme invisible (1940), Le Loup-garou (1941) et Le Fils de Dracula (1943). Le film se concentre davantage sur le désespoir et la quête du personnage de Lon Chaney Jr. Le monstre n’apparaît qu’au bout de 35 minutes, soit à la moitié du métrage, pour faire essentiellement de la figuration. Quelques séquences sortent néanmoins du lot à l’instar de celle introductive dans le cimetière où deux hommes, lors d’une nuit d’orage, rentrent par effraction dans un caveau afin de dérober quelques bijoux avec lesquels un jeune homme a été enterré. Manque de chance, celui qui repose apparemment en paix n’est autre qu’un loup-garou qui saute très vite à la gorge de l’un d’entre eux. Les effets visuels, notamment les maquillages, ont pris de nombreuses rides, mais le charme subsiste néanmoins, surtout la transformation à l’aide du morphing artisanal. S’ensuit un voyage durant lequel Lawrence Talbot se met en quête du journal du docteur Frankenstein, dont on découvre une nouvelle descendante. Ce document peut l’aider, selon lui, à mettre fin à sa malédiction, jusqu’à ce qu’il retrouve la créature, emprisonnée dans la glace. Si les décors et la photo de George Robinson restent de qualité, Frankenstein rencontre le Loup-garou n’a guère marqué la mémoire des cinéphiles en raison de son histoire écrite à la va-vite et qui racle les fonds de tiroir pour faire subsister le bestiaire horrifique aux yeux des spectateurs.

 

 

 

Frankenstein rencontre le Loup-garou

Frankenstein rencontre le Loup-garou

TEST BLU-RAY : Dans les suppléments, Jean-Pierre Dionnet replace le film de Roy William Neill dans son contexte. Durant sept petites minutes, il détaille le casting, les partis pris esthétiques, la musique et les costumes, mais semble cette fois galérer pour trouver quelques arguments. Il présente également dans un autre bonus le mythe de Prométhée (11’) décliné à travers les arts et les diverses adaptations au cinéma de Frankenstein. On peut retrouver également dans le boîtier le petit livret « Les Monstres ne meurent jamais » de Damien Aubel, rédacteur en chef de Transfuge. Cette édition restaurée en Haute définition contient encore un lot de points, griffures, poussières, fils en bord de cadre et rayures, surtout durant le générique en ouverture. Signalons que ces défauts tendent à s’amenuiser au fil du visionnage. Si le noir et blanc retrouve une certaine fermeté, une clarté plaisante et une densité indéniable, le piqué et la gestion du grain restent aléatoires. Des fondus enchaînés décrochent, un bruit vidéo est notable mais aidé par un encodage solide et un effet de clignotement peut agacer, tandis que diverses séquences se révèlent particulièrement belles. La superbe photographie de George Robinson est détaillée et digne du support Blu-ray made in Elephant. La copie est proposée dans son format 1.33 respecté et en 1080p. La bande-son a été restaurée, en version française et originale. Les deux pistes sont proposées en DTS HD Dual Mono Mono 2.0. Les dialogues, tout comme la musique, demeurent propres et distincts sur la piste anglaise. Certains échanges sont peut-être plus étouffés que d’autres, un petit souffle est parfois audible, surtout sur la version française. Celle-ci se focalise d’ailleurs essentiellement sur le report des voix, mais le confort acoustique est très appréciable.

 

 

 

  • FRANKENSTEIN RENCONTRE LE LOUP-GAROU (Frankenstein Meets the Wolf Man) réalisé par Roy William Neill, disponible en combo DVD/Blu-ray depuis le 21 octobre 2015.
  • Avec :Bela Lugosi, Lon Chaney Jr, Maria Ouspenskaya, Ilona Massey, Patric Knowles, Lionel Atwill, Dennis Hoey…
  • Scénario : Curt Siodmak
  • Production : George Waggner
  • Photographie : George Robinson
  • Montage : Edward Curtiss
  • Décors : Russell A. Gausman
  • Costumes : Vera West
  • Musique : Hans J. Salter
  • Editeur : Elephant Films
  • Tarif : 19,99 €
  • Durée : 1h10
  • Distribution initiale : Universal Pictures
  • Date de sortie initiale : 5 mars 1943 (Etats-Unis), 15 décembre 1954 (France)

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