Tron : L’héritage (Tron : Legacy) de Joseph Kosinski (2010)
Le premier opus avait marqué la science-fiction des années 80, à l’avant-garde de la représentation du jeu vidéo au cinéma. Pour marquer le retour dans son univers électronique, la suite se devait d’apporter une nouvelle révolution.
Tron : L’héritage raconte comment le fils de Kevin Flynn va retourner dans l’ordinateur Tron à la rescousse de son père. Malgré quelques faiblesses dans son scénario, ce deuxième volet se démarque par des partis pris esthétiques impressionnants, et surtout par une bande originale d’exception, signée Daft Punk.
Le duo arrive à un moment-clé de sa carrière lorsqu’il est sollicité par Disney Pictures. Après un troisième album froidement accueilli, et un film expérimental qui traite de cet échec, le duo sort tout juste d’un an d’une tournée de concerts triomphale. Et une fois de plus, les robots prennent tout le public par surprise : voilà que ce duo tellement obsédé par le contrôle de son art se met aux ordres de la plus grosse firme au monde !
Loin de les réfréner dans leur art, Disney laisse les deux Frenchies tranquilles, avec l’Orchestre philarmonique de Londres. En résulte une œuvre révolutionnaire, qui mêle thèmes sombres, solennels, joués par l’orchestre, et des sonorités électroniques, dans la droite ligne de ce que le duo avait produit pour ses albums les plus électro.
S’il est connu pour ses compétences en dance music, le duo laisse son côté dansant au placard, exception faite de Derezzed, qui devient par la force des choses « le nouveau single de Daft Punk ». On retrouve quand même ses synthés très reconnaissables, qui viennent s’allier à l’orchestre classique pour des thèmes mémorables comme The Grid ou The Game Has Changed.
Le duo s’offre même un petit caméo le temps d’une scène, dans une boîte de nuit virtuelle, vêtu de nouveaux costumes et casques conçus pour l’occasion. Le film reçoit les Saturn Awards du meilleur acteur pour Jeff Bridges et des meilleurs décors. Quant aux Daft Punk, l’expérience avec un orchestre classique les mènera à la conception de leur quatrième opus, Random Access Memories.
