Human Traffic de Justin Kerrigan (1999)
Dans la droite lignée de Trainspotting, ce film est devenu une pierre angulaire de la culture clubbing des années 1990-2000.
On y suit le week-end de fête et de drogues de cinq jeunes gallois, tous dans leur vingtaine. Chacun fait face à ses propres problématiques personnelles, avec en toile de fond les thématiques de l’aliénation, du chômage et de la consommation de drogue.
Si le film a autant marqué le milieu de la dance music, c’est aussi grâce à la bande originale, minutieusement sélectionnée par les DJs stars, Pete Tong et Carl Cox.
En résulte une compilation de deux CD : le premier se pose en reflet des goûts musicaux de ses personnages, entre techno, house, jungle et hip-hop, et le deuxième rajoute une heure de musique signée par les artistes plébiscités à l’époque.
Les deux DJs sont d’ailleurs intégrés à l’histoire : on peut entendre Pete Tong animer son émission du vendredi sur BBC Radio 1 lorsque les personnages se rendent au bar. Quant à Carl Cox, il incarne Pablo Hassan, le patron du club que le personnage principal embobine pour parvenir à avoir sa place pour la soirée.
Bien que moins connu, le film se pose en petit frère de Trainspotting. Le deuxième film de Danny Boyle est même directement cité, et Underworld est également présent sur la bande originale. Mais plus largement, la thématique d’une jeunesse aliénée, en quête d’échappatoire, est aussi très présente.
Par ses partis pris esthétiques et ses métaphores visuelles très innovantes, Human Traffic reste comme une petite pépite trop peu connue, bien que primée au Dinard British Film Festival, au Festival International du film de Thessalonique, aux British Independant Film Awards, et l’année suivante au Brussels International Film Festival, au Bermuda International Film Festival, et aux BAFTA Gallois.
