Synopsis : Anatole Korda, un homme d’affaires peu scrupuleux, tente de renouer avec sa fille Liesl après des années de silence. Il espère fait d’elle son héritière, et lui confier les commandes du plus important projet de sa vie : le Projet Korda.
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Réalisé par Joseph Kosinski, F1 était l’un des blockbusters les plus attendus de l’année, promettant de plonger le grand public dans l’univers électrisant de la Formule 1. Porté par Brad Pitt, qui incarne un pilote vétéran revenant sur les circuits pour épauler une jeune recrue, le film s’inscrit dans la lignée des grands drames sportifs hollywoodiens : une histoire de dépassement de soi, de rivalités et d’adrénaline. Sur fond de paddocks et de rugissements de moteurs, F1 offre une expérience sur les circuits les plus mythiques du championnat, le tout sublimé par la musique envoûtante de Hans Zimmer. Le pitch est simple : Sonny Hayes (Brad Pitt), ancien grand espoir déchu, accepte de revenir en piste pour concourir au sein d’une écurie en difficulté et faire briller le jeune prodige interprété par Damson Idris. Entre séances d’entraînement, difficultés personnelles et rivalités internes, le duo doit trouver un équilibre pour triompher face à une concurrence impitoyable. Mais derrière le vrombissement des monoplaces, que reste-t-il vraiment ? C’est là que le film démontre sa fragilité. Certes, F1 en met plein la vue. Dès le commencement, le spectateur est happé par la mise en scène nerveuse et immersive de Kosinski, qui capte avec maîtrise l’intensité des scènes de courses. Les caméras frôlent l’asphalte, plongent dans les cockpits et nous donnent presque l’impression d’être vissés au volant. Visuellement, c’est un régal, et la bande-son de Hans Zimmer, entre envolées orchestrales et nappes électroniques, vient amplifier la tension à chaque virage. Le spectacle est incontestablement au rendez-vous.
Mais au-delà de la carrosserie clinquante, le scénario reste étonnamment léger. À aucun moment, le film ne semble vouloir sortir des sentiers battus du blockbuster sportif. La relation mentor-élève, pourtant au cœur de l’intrigue, manque de consistance. Le duo formé par Pitt et Idris fonctionne sans éclat, faute d’un véritable développement psychologique. Leurs dialogues, souvent convenus, laissent l’impression qu’une grande part du potentiel émotionnel est restée sur la ligne de départ. On aurait aimé ressentir davantage le poids du passé du pilote, la pression des sponsors, les dilemmes moraux ou les rivalités internes qui font la richesse de ce milieu. Tout est effleuré, jamais approfondi.
C’est d’autant plus dommage que le film avait le mérite de rendre la Formule 1 accessible à tous. Inutile en effet d’être un expert du championnat ou de connaître les règlements techniques pour suivre l’intrigue. L’histoire se veut grand public, presque familiale, misant tout sur l’émotion brute et la vitesse. Mais à force de lisser les angles, le scénario finit par ressembler à un tour de circuit trop balisé, sans surprise majeure ni virage inattendu. On sent que F1 cherche à séduire le plus grand nombre, mais en sacrifiant parfois l’authenticité d’un univers pourtant riche en tensions humaines et en enjeux économiques.
Cependant, beaucoup de moments, comme les scènes de course nocturnes ou les arrêts au stand filmés au ralenti, frisent la virtuosité. Brad Pitt, malgré un rôle qui manque de nuances, parvient à imposer son charisme habituel, même si l’alchimie avec ses partenaires reste timide. Le film brille aussi par son aspect technique. Le travail sonore, le montage millimétré et l’utilisation de caméras embarquées apportent une dimension sensorielle rarement vue dans un film de sport mécanique. On ressent presque les vibrations du moteur dans les sièges.
Mais une fois sorti de la salle, le constat est là : F1 est un divertissement efficace, spectaculaire et calibré pour le grand écran, mais il ne laissera pas une trace impérissable dans la filmographie de Kosinski ni dans l’histoire du cinéma sportif. On pense forcément à des références comme Rush de Ron Howard ou même à Le Mans 66, qui avaient su conjuguer adrénaline et profondeur dramatique. Ici, la mécanique tourne bien, mais le moteur narratif reste en sous-régime.
Au final, F1 est à l’image de ses bolides : brillant à l’extérieur, mais parfois creux une fois soulevé le capot. Un film à voir pour ses scènes de course grandioses, sa bande originale magistrale et l’expérience immersive qu’il propose, mais qui laisse un léger goût d’inachevé dès qu’il s’éloigne des circuits. Si vous cherchez un grand spectacle, vous serez comblé, si vous espériez une plongée intime dans les coulisses de la F1, il faudra probablement attendre un prochain tour de piste.
Norane Chiali
- F1® LE FILM
- Sortie salles : 25 juin 2025
- Réalisation : Joseph Kosinski
- Avec : Brad Pitt, Damson Idris, Kerry Condon, Tobias Menzies, Javier Bardem, Shea Whigham, Kim Bodnia, Joseph Balderrama, Samson Kayo, Will Merrick, Sarah Niles, Abdul Salis, Callie Cooke, Luciano Bacheta…
- Scénario : Ehren Kruger
- Production : Jerry Bruckheimer, Dede Gardner, Lewis Hamilton, Jeremy Kleiner, Joseph Kosinski, Chad Oman et Brad Pitt
- Photographie : Claudio Miranda
- Montage : Barney Pilling
- Décors : Mark Tildesley
- Costumes : Julian Day
- Musique : Hans Zimmer
- Distribution : Warner Bros et Apple TV
- Durée : 2 h 35


