Rush de Ron Howard: critique

Publié par Nathalie Dassa le 9 septembre 2013

Synopsis : Situé durant l’âge d’or de la Formule 1, RUSH retrace le passionnant et haletant combat entre deux des plus grands rivaux que l’histoire du sport ait jamais connus, celui de James Hunt et Niki Lauda concourant respectivement pour les illustres écuries McLaren et Ferrari. Issu de la classe des privilégiés, charismatique et beau garçon, tout oppose le play-boy anglais James Hunt à Niki Lauda, son adversaire autrichien, réservé et méthodique. RUSH suit la vie instable de ces deux pilotes, sur les circuits et en dehors, et retrace leur rivalité depuis leurs débuts.

 

 

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Rush affiche

La toute dernière fois où Ron Howard avait fortement marqué les mémoires, c’était avec l’excellent Frost/Nixon – l’heure de vérité, dans lequel il relatait les interviews télévisées historiques, qui acculèrent l’ancien président des Etats-Unis, à avouer au monde entier ses mensonges, manipulations et trahisons envers son propre pays. Le cinéaste américain revient – toujours accompagné du scénariste chevronné Peter Morgan et du compositeur Hans Zimmer – avec un nouveau duo tout aussi captivant qui a marqué tout autant l’Histoire… mais celle de la Formule 1. Rush retrace de manière exaltante, l’une des plus grande rivalité/amitié sur quatre roues, dans les années 1970, entre l’Anglais James Hunt de l’écurie MacLaren et l’Autrichien Niki Lauda sponsorisé par Ferrari. En d’autres termes, Rush est un film de personnalités guidées par la rage de leurs motivations personnelles, l’esprit de compétition et leur soif de gloire et de triomphalisme. Par sa mise en scène, Ron Howard est parvenu à révéler à l’écran la plus profonde et respectueuse amitié entre ces deux fougueux pilotes concurrents. Mais ce qui fait la réussite absolue de ce récit en profondeur, c’est la propension connue du cinéaste à savoir mêler tous les bons ingrédients notoires afin de concevoir l’un des meilleurs films de l’univers des courses automobiles de haut niveau.

 

Rush

 

Sa nouvelle collaboration avec Peter Morgan est l’un des éléments clé de ce spectacle grosse cylindrée. Si elle met parfaitement en lumière sa plume virtuose, sachant gérer avec un certain génie un traitement narratif construit de manière chronologique au fil des courses et des dialogues plein d’esprit et à l’humour affûté, elle crée surtout un vrai resserrement de l’intrigue dans la trajectoire de ces deux figures totalement opposées. Cela apparaît particulièrement après l’accident de Niki Lauda, qui a failli mourir dans l’embrasement de sa voiture au championnat de 1976. Un resserrement d’autant plus saisissant et magnétique qu’il est émotionnellement soutenu par les performances exceptionnelles de l’Australien Chris Hemsworth – sexy en diable – et de l’Allemand Daniel Brühl, au travers d’un montage finement orchestré. Le spectateur suit en alternance et de manière équitable l’évolution individuelle des deux protagonistes, au travers de leurs visions et de leurs cultures d’origines bien distinctes, via leurs carrières et leurs vies personnelles. L’un savoure sa condition de playboy charismatique aimé de tous, mais avec pour rituel de vomir avant chaque course, alors que l’autre est plus réservé, pragmatique et méthodique, forcé de couper tous liens avec sa famille aisée pour se lancer seul dans sa quête du graal. Mais ces deux élites ont en commun de posséder un atout précieux : l’art de la réplique et de la répartie face aux médias. Si l’on tombe plus facilement sous le charme de la personnalité du séduisant Hunt dans cette compétition, défiant à pleine vitesse la mort à chaque virage, on reste néanmoins profondément touchés par le combat de Lauda, à jamais brûlé au visage, et qui fut trois fois champion du monde des pilotes.

 

Rush

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Rush fait vrombir certes les moteurs dans un rythme effréné lors des scènes de courses haletantes, qui devraient satisfaire les initiés de la F1, mais il impose avant tout son identité propre en se démarquant intelligemment d’œuvres notables comme Le Mans impacté par le bruit assourdissant des bolides. Howard et Morgan greffent astucieusement les sous intrigues, comme leurs vies privées avec entre autres la superbe Olivia Wilde (le mannequin Suzy Miller mariée brièvement à Hunt) et la douce Alexandra Maria Lara (la femme de Lauda), tout en abordant les règles et politiques du sport (comme le documentaire Senna) démarrant de la F3 jusqu’à la F1. Ron Howard recréé donc cette atmosphère sur les chapeaux de roues, ainsi que toute une époque au travers de décors et de costumes élégants vintages, accompagnées par la bande son de Hans Zimmer – qu’il retrouve pour la cinquième fois après Frost/Nixon – et d’une somptueuse photographie matifiée d’Anthony Dod Mantle. On garde d’ailleurs visuellement en mémoire cette ultime épreuve par temps de pluie dont la brume s’abat dangereusement sur le circuit. A l’arrivée, Rush fait monter l’adrénaline et déclenche les émotions en se dégageant rapidement de tout sentimentalisme superflu pour offrir une histoire vraie immersive passionnante et palpitante qui met à l’honneur ce sport élitiste international.

 

 

 

RUSH de Ron Howard en salles le 25 septembre avec Chris Hemsworth, Daniel Brühl, Olivia Wilde, Alexandra Maria Lara, Natalie Dormer, Pierfrancesco Favino. Scénario : Peter Morgan. Producteurs : Ron Howard, Brian Grazer, Peter Morgan, Brian Oliver, Andrew Eaton, Eric Feliner. Compositeur : Hans Zimmer. Photo : Anthony Dod Mantle. Montage : Daniel P. Hanley. Décors : Mark Digby. Costumes : Julian Day. Distribution : Pathé. Durée : 2h03.

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