Le réalisateur, scénariste et producteur Park Chan-wook présidera le jury de cette 79e édition, devenant ainsi le premier cinéaste coréen à occuper cette fonction.
Park Chan-wook s’est imposé au fil des années comme une figure emblématique du cinéma coréen et international. Il est aussi intimement lié au festival de Cannes, raflant trois récompenses. En 2004, il remporte le Grand Prix pour Old Boy, pièce maîtresse de sa trilogie de la vengeance. En 2009, il reçoit le Prix du Jury pour Thirst, ceci est mon sang. Et en 2022, il repart avec le Prix de la mise en scène pour Decision to Leave.
De nombreux films, réalisateurs, acteurs coréens se sont également révélés sur la Croisette, permettant de mettre en avant et de faire connaître un cinéma virtuose, inventif et piquant. Cette nouvelle vague coréenne atteint son apogée en 2019, lorsque la Palme d’or est remportée par Bong Joon-ho pour Parasite, satire sociale grinçante de la société coréenne, qui a également conquis l’Amérique avec quatre Oscars.
“L’inventivité de Park Chan-wook, sa maîtrise visuelle et son penchant à capturer les multiples pulsions de femmes et d’hommes aux destins étranges ont offert au cinéma contemporain des moments d’anthologie. », déclare la présidente du Festival de Cannes Iris Knobloch.
“Nous nous réjouissons de célébrer son immense talent et plus largement ce cinéma total d’un pays ancré dans les questionnements de notre époque. », ajoute le délégué général Thierry Frémaux.
“La raison pour laquelle nous sommes assis dans le noir dans la salle de cinéma, c’est pour mieux voir la lumière de l’œuvre que nous regardons. », conclut de son côté Park Chan-wook, qui se réjouit de cette nomination. « La raison pour laquelle on se cloître dans la salle, c’est pour que l’âme soit libérée à travers la fenêtre qu’est le film. Je suis impatient de vivre cette double captivité volontaire avec les membres du Jury : être enfermé pour regarder un film, être enfermé pour discuter du film. En cette époque de haine et de division, je crois que le simple fait de se rassembler dans une salle de cinéma pour regarder un film en même temps, en synchronisant nos respirations et nos battements de cœur, permet de créer de la solidarité, émouvante et universelle.”
Puisant ses inspirations chez Hitchcock, Kurosawa, Bergman et Visconti, Park Chan-wook a une jolie actualité en perspective, rythmée par la sortie ce 11 février 2026 de son nouveau et douzième long-métrage, Aucun autre choix. Il retrouve en outre Lee Byung-hun (Squid Game), acteur avec lequel il avait collaboré sur Joint Security Area (2000) et Trois Extrêmes (2004).
Cette présidence cannoise s’inscrit dans une trajectoire cohérente : celle d’un cinéaste majeur dont l’œuvre, à la fois radicale et élégante, continue d’interroger les fractures morales et politiques de nos sociétés contemporaines.
Florian Rouaud
