Disclosure Day de Steven Spielberg : critique

Publié par CineChronicle le 12 juin 2026

Synopsis : Que se passerait-il si on découvrait que l’on n’était pas seuls ? Daniel, en fuite après avoir volé des vidéos confidentielles, est traqué par son ancien employeur et tente de disparaître avec sa compagne. De son côté, une présentatrice météo découvre qu’elle développe soudainement des capacités étranges qui bouleversent sa vie. Leurs destins s’entrecroisent dans une course contre la montre autour de révélations qui pourraient changer la perception du monde.

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Disclosure affiche

Disclosure affiche

Quand on parle d’un nouveau film de Steven Spielberg (Les Dents de la mer, Jurassic Park), l’attente ne peut être qu’à son comble. Surtout que, pour Disclosure Day, le réalisateur américain renoue avec la science-fiction et la question des extraterrestres, dans la continuité de ses films comme E.T. ou Rencontres du troisième type. À 80 ans, cette œuvre semble venir conclure la fascination pour l’Autre qu’il n’a cessé d’explorer tout au long de sa filmographie. Là où ses précédents classiques racontaient avant tout une rencontre intime et l’émerveillement face aux aliens, Disclosure Day s’intéresse davantage aux conséquences politiques et sociales d’une telle révélation. Comme si Spielberg déplaçait son regard de l’individu vers l’humanité tout entière. Résultat ? Un long métrage ambitieux qui reste profondément spielbergien, mais aussi étonnamment intimiste, davantage intéressé par les humains que par les petits hommes verts. Dès la première scène, le rythme effréné est lancé. Le spectateur est plongé dans un combat de boxe mêlé à une course-poursuite alors que l’intrigue a déjà commencé. On récupère ainsi les pièces d’un puzzle que l’on tente de reconstituer au fil des séquences, tandis que de nouveaux personnages sont introduits et que l’histoire semble déjà en mouvement. Le film adopte cette mécanique du début à la fin : les indices s’accumulent progressivement et l’on cherche à comprendre ce qui se passe jusqu’au dénouement, qui arrive assez tardivement. Cela pourra paraître décousu pour certains, mais le procédé s’avère efficace. Il maintient un rythme soutenu qui fait passer les 2 h 25 sans véritable relâchement. Le film suit ainsi les destins croisés de plusieurs personnages. Daniel Kellner (Josh O’Connor), expert en cybersécurité, est en fuite après avoir dérobé des vidéos confidentielles à son employeur, Noah Scanlon (Colin Firth), un antagoniste parfois un peu caricatural. Avec sa petite amie Jane (Eve Hewson), il tente de se cacher et ne peut compter que sur Hugo Wakefield (Colman Domingo), un ancien collègue devenu une sorte de guide optimiste qui les accompagne à distance par téléphone. Ce dernier souhaite révéler au monde entier le contenu de ces mystérieuses vidéos. En parallèle, Margaret Fairchild (Emily Blunt), présentatrice météo sur une chaîne locale, se découvre du jour au lendemain des capacités aussi étranges qu’inexplicables.

 

Emily Blunt dans Disclosure Day - Credit Universal Studios

Emily Blunt dans Disclosure Day / Crédit Universal Studios

 

La réussite du film tient d’abord à ses scènes d’action mémorables. Spielberg multiplie les plans larges audacieux et les courses-poursuites, notamment en voiture, dont l’énergie est amplifiée par les mouvements de caméra. Cette façon de filmer l’action permet au spectateur de rester totalement immergé dans l’intrigue. Certaines séquences prennent alors des allures de thriller d’espionnage particulièrement tendu. Mais loin de se limiter au spectaculaire, Disclosure Day sait aussi se montrer plus intime.

 

Entre deux morceaux de bravoure, il laisse place à des moments d’émotion sincères. Les personnages, malgré quelques clichés, parviennent à nous toucher, parfois jusqu’aux larmes. Il faut d’ailleurs saluer le travail du casting, et plus particulièrement Emily Blunt (Oppenheimer, Sans un bruit), impressionnante dans un rôle qui éclipse souvent ses partenaires. Cette alliance entre action et émotion, portée par la bande originale immédiatement reconnaissable de John Williams, donne naissance à un film particulièrement prenant.

 

Mais au-delà de son intrigue, Disclosure Day se veut profondément humaniste. Si vous attendez avant tout à une rencontre avec des extraterrestres, vous risquez d’être surpris : le film s’intéresse davantage aux humains. Car toute son ambition repose sur une question simple. Dans un contexte de tensions internationales et à la veille d’un conflit mondial, comment réagirions-nous si nous découvrions que nous ne sommes pas seuls dans l’univers ? C’est là que réside le véritable conflit du récit. Pour les uns, une telle révélation provoquerait un chaos susceptible d’aggraver les divisions. Pour les autres, chacun a le droit de connaître la vérité. Spielberg interroge ainsi notre rapport à l’information : faut-il cacher la vérité pour préserver la stabilité du monde, ou faire confiance à l’humanité ?

 

Josh OConnor dans Disclosure Day - Credit Universal Studios

Josh OConnor dans Disclosure Day / Crédit Universal Studios

 

Avec ce film, le cinéaste renoue superbement avec la science-fiction tout en y insufflant une forte dimension humaine. L’œuvre se présente ainsi comme une invitation à comprendre l’autre, à considérer son point de vue et à faire preuve d’empathie. Un regard parfois naïf, presque enfantin, qui peut sembler traiter certains enjeux de manière un peu simpliste, mais qui reste cohérent avec cette foi profonde en l’humanité qui traverse une grande partie du cinéma du réalisateur. Un optimisme constant, parfois teinté d’une dimension quasi religieuse, auquel certains spectateurs n’adhéreront peut-être pas. Spectaculaire sans sombrer dans le sensationnalisme, ce blockbuster s’intéresse finalement moins à la réalité de l’existence extraterrestre qu’à la manière dont l’humanité réagirait à une telle révélation.

 

Résultat : on sort du cinéma émerveillé par certaines scènes, parfois la larme à l’œil, avec malgré tout un sourire aux lèvres. Certes, la fin laisse une légère impression de frustration, mais Disclosure Day reste un film à découvrir sur grand écran, ne serait-ce que pour admirer une nouvelle fois le talent de Spielberg, qui continue, même après plusieurs décennies de carrière, à impressionner.

 

Emma Pauchont

 

 

 

  • DISCLOSURE DAY
  • Sortie en salles : 10 juin 2026
  • Réalisation : Steven Spielberg
  • Avec : Emily Blunt, Josh O’Connor, Colin Firth, Eve Hewson, Colman Domingo, Wyatt Russell, Henry Lloyd-Hughes, Elizabeth Marvel
  • Scénario : David Koepp, d’après une histoire de Steven Spielberg
  • Production : Kristie Macosko Krieger, Steven Spielberg
  • Photographie : Janusz Kamiński
  • Montage : Sarah Broshar, Michael Kahn
  • Décors : Adam Stockhausen
  • Costumes : Paul Tazewell
  • Musique : John Williams
  • Distribution : Universal Pictures
  • Durée : 2 h 25

 

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