Sortie Blu-ray/ Rencontres du Troisième type de Steven Spielberg : critique

Publié par Thierry Carteret le 27 septembre 2017

Synopsis : Des faits étranges se produisent un peu partout dans le monde : des avions qui avaient disparu durant la Seconde Guerre mondiale sont retrouvés au Mexique en parfait état de marche, un cargo est découvert échoué au beau milieu du désert de Gobi. Dans l’Indiana, pendant qu’une coupure d’électricité paralyse la banlieue, Roy Neary, un réparateur de câbles, voit un objet lumineux passer au-dessus de sa voiture. Plus loin, Barry Guiler, un petit garçon de quatre ans, est réveillé par le bruit de ses jouets qui se mettent en route…

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Rencontre du Troisieme Type - jaquette 40e anniversaire

Rencontre du Troisieme Type – jaquette 40e anniversaire

Pour le 40e anniversaire du classique incontournable de Steven Spielberg, Sony Pictures Home Entertainment (SPHE) propose depuis le 20 septembre une édition collector spécialement restaurée en 4K, et pour la première fois disponible en format Ultra HD avec les trois versions du film et un livret de 64 pages. Point d’édition DVD à l’horizon car le film existe déjà dans ce format, mais un beau Blu-ray avec boitier steelbook pour les fans moins argentés et équipés. L’occasion de réviser ce chef-d’œuvre de la science-fiction, et surtout de se rendre compte qu’il n’a pas pris une ride. On a pu le redécouvrir dans une des salles du Grand Rex. Quand Steven Spielberg se lance en 1976 dans la réalisation de Rencontres du troisième type, il vient de connaître un immense succès avec le blockbuster, premier du nom, Les dents de la mer (1975). Le réalisateur, alors âgé de 30 ans et tel un enfant gâté à Noël, est donc en droit d’obtenir des moyens considérables pour son nouveau film qui s’intitule alors Watch the Skies, en référence à un dialogue de La chose d’un autre monde (1951). Le premier scénario signé par Paul Schrader est rejeté et intégralement réécrit par Spielberg. Le scénariste de Taxi Driver ne reconnaît plus son travail et demande à être retiré du générique, une décision que ce dernier regrette plus tard amèrement. Le titre devient Close Encounters of the Third Kind, terme de classification des phénomènes observés en ufologie mis au point par le Dr. J. Allen Hynek, astronome américain par ailleurs conseillé technique, et qui figure dans le film lors du magnifique final tourné dans un immense hangar aménagé dans l’Alabama. Le troisième type correspond au témoignage d’une rencontre visuelle avec les occupants d’un vaisseau spatial extra-terrestre. Le premier type se limite à une observation d’un ovni et le second type à celle de preuves matérielles laissées par ce dernier, telles les traces d’un atterrissage.

 

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Retour en arrière, Steven Spielberg a alors dix sept ans et réalise en super 8, pour un budget de 500 dollars, son tout premier long métrage intitulé Firelight. Le film sort même en 1964 et remporte un mini-succès. L’histoire est celle d’un groupe de scientifiques enquêtant sur une série d’enlèvements par des extra-terrestres. Avec Rencontres du troisième type, Spielberg concrétise le rêve de refaire ce premier film de jeunesse, mais avec des moyens beaucoup plus considérables.

 

 

On saisit ainsi l’importance du projet pour le réalisateur ; un film d’auteur au budget de vingt millions de dollars. Steven Spielberg a également déclaré que l’idée de Rencontres du troisième type est à la source d’un souvenir d’enfance, lorsque son père l’avait réveillé en pleine nuit pour aller admirer une pluie d’étoiles filantes. La beauté et la poésie du film s’avère contenu dans cette action de tourner son regard vers le ciel et ses mystères. Le personnage touchant du savant français Claude Lacombe, incarné par le réalisateur François Truffaut, peut être vu comme une référence directe à la figure paternelle, mais un père de cinéma à l’opposé du jeune père immature Roy Neary, joué par Richard Dreyfuss, sorte d’alter ego de Spielberg. Rencontres du  troisième type est une œuvre profondément optimiste sur le fait de croire à l’incroyable, et au bien universel. Une idée que Spielberg pousse encore plus loin dans E.T. L’extra-terrestre en 1982. Rencontres du troisième type s’oppose à toute une science-fiction classique du cinéma américain des années 50, allant de La guerre des mondes (1953) à Les soucoupes volantes attaquent (1956) et présentant les extra-terrestres comme une menace pour l’humanité.

 

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Si la première partie se montre volontiers inquiétante avec une série d’apparitions d’ovni lumineux et d’enlèvements (le petit garçon, les anciens pilotes d’avion disparus), la conclusion est toute entière tournée vers l’émerveillement et la bienveillance de l’autre. Une parabole humaniste et pacifiste que les extraordinaires effets spéciaux, conçus par Douglas Trumbull, soutenus par la splendide photographie du grand Vilmos Zsigmond, Lauréat de l’Oscar, ne font que renforcer. Il faut aussi ajouter le sublime thème musical de John Williams, variation des cinq notes servant à communiquer avec les extraterrestres. Le film joue constamment sur les signes sonores et visuels pour faire avancer son intrigue, comme cette image obsessionnelle de la montagne Devils Tower dans le Wyoming, qui s’imprime dans l’esprit des élus choisis au hasard par les aliens : la mère célibataire Jillian Guiler (Melinda Dillon) ou le père de famille dépassé (Dreyfuss) qui finit par se choisir un autre foyer, finalement plus rassurant car dépourvu des responsabilités de son statut de pater familias. Une conclusion folle en forme de manifeste pour Steven Spielberg qui définit son chef-d’oeuvre, comme l’odyssée d’un homme qui abandonne tout au profit d’un rêve obsessionnel, exprimant l’idée que les désirs de l’enfance triomphent sur les préoccupations matérialistes de l’âge adulte.

 

Quarante ans après sa sortie au succès phénoménal, Rencontres du troisième type demeure un grand spectacle de science-fiction toujours aussi magique, et encore plus si on a préservé son âme d’enfant. Un monument du cinéma mondial à la puissance émotionnelle intacte, grâce à cette superbe ressortie 4K anniversaire.

 

 

Rencontres du Troisieme Type - 40e anniversaire 4K-BR-DVD-Livret

Rencontres du Troisieme Type – 40e anniversaire 4K-BR-DVD-Livret

Blu-ray et bonus : Les deux disques sont rangés dans un très beau Steelbook. Les trois différents montages (en 1977, édition spéciale de 1980 et Director’s cut de 1998) sont regroupés sur le premier disque. L’option Une vue d’en haut donne des informations à l’écran sur les différences entre ces trois versions. La restauration 4K est tout simplement splendide tant au niveau des couleurs, des contrastes, des détails incroyables. La copie n’a jamais été aussi immaculée. Il en va de même pour le son encodé en DTS-HD Master Audio 5.1. La version originale est bien sûr celle à privilégier, même si la piste sonore française d’origine est absente de cette édition. Les bonus sont proposés sur le second disque en VOST avec des suppléments inédits. Trois types de rencontres est un segment de 22 minutes qui offre des interventions passionnées et passionnantes de Steven Spielberg, J.J. Abrams (Super 8, Star Wars : Le Réveil de la Force) et Denis Villeneuve (Premier Contact, Blade Runner 2049). À la maison et sur le tournage propose de visionner les films personnels de Steven Spielberg pris sur le tournage. Le reste reprend les suppléments déjà présents sur les anciennes éditions, comme celle de Steven Spielberg : 30e anniversaire du film, interview du réalisateur faite en 2007 d’une durée de 21 minutes. On retrouve Le making of de Rencontres du troisième type de Laurent Bouzereau d’une durée de 101 minutes, ainsi que Surveillez le ciel, court documentaire réalisé à l’époque du tournage. L’édition, riche en suppléments, se complète par 9 scènes supplémentaires, une comparaison du storyboard/film, une galerie photos et les différentes bandes-annonces.

 

 

 

  • RENCONTRES DU TROISIEME TYPE (Close Encounters of the Third Kind)
  • Version restaurée 4K
  • Sortie vidéo : 20 septembre 2017
  • Format / Produit : Édition 40e anniversaire – Ultra HD 4K et Blu-ray Steelbook
  • Réalisation : Steven Spielberg
  • Avec : Richard Dreyfuss, François Truffaut, Teri Garr, Melinda Dillon, Bob Balaban, J. Patrick McNamara, Lance Henriksen, Roberts Blossom…
  • Scénario : Steven Spielberg
  • Production : Julia Phillips, Michael Phillips
  • Photographie : Vilmos Zsigmond
  • Montage : Michael Kahn
  • Décors : Phil Abramson
  • Costumes : Jim Linn
  • Musique : John Williams
  • Édition vidéo : Sony Pictures Home Entertainment (SPHE)
  • Tarif : 19,99 € (Blu-ray) – 49,99 € (Ultra HD 4K)
  • Durée totale : 2h14 (version 1977)  – 2h12 (version 1980) – 2h17 (version 1998)
  • Sortie initiale : 16 novembre 1977 (Etats-Unis) – 24 février 1978 (France)

 

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Source: CBO Box office

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