Sortie DVD/ Silent Running de Douglas Trumbull: critique

Publié par Thierry Carteret le 25 juin 2016

Synopsis : Suite à un désastre écologique, les derniers reliquats de la biosphère terrestre ont été transférés à bord de vaisseaux spatiaux en vue d’une réimplantation ultérieure. À bord du Valley Forge, le botaniste Freeman Lowell y consacre toute son énergie. Mais un jour la destruction des installations est ordonnée…

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Silent Running - packshot

Silent Running – packshot

Silent Running bénéficie enfin d’une sortie en bonne et due forme dans un superbe combo Blu-ray/DVD+Livre, édité par Wild Side. Une véritable bénédiction pour les fans de cette odyssée spatiale avant-gardiste qui, près de 45 ans après, demeure l’une des plus belles du cinéma de science-fiction. Alors âgé de 29 ans, Douglas Trumbull se voit en effet proposer de réaliser dans les années 1970 son premier long métrage avec Silent Running, dont le titre émane de la course en mode silencieux du vaisseau traqué, après sa cache dans les anneaux de saturne. Remarqué pour son fabuleux travail au poste de directeur des effets visuels sur 2001, L’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick en 1968, ce véritable génie précurseur s’est s’acquitté de la tâche en véritable maître. Il prend ici toujours la charge des effets spéciaux sous l’impulsion du producteur associé Michael Gruskoff (La Guerre du feu), lequel recrute au casting Bruce Dern dont il est l’ancien agent. Sur un scénario de Steven Bochco, Deric Washburne et surtout Michael Cimino, futur grand cinéaste (Voyage au bout de l’enfer, L’ANNÉE DU DRAGON – notre critique), Silent Running s’avère une aventure spatiale très poétique, écologiste, humaniste et à la portée philosophique. Que deviendrait l’homme si les forêts et la nature n’existaient plus, serions-nous encore des humains ? À l’instar de 2001, Silent Running livre un constat pessimiste sur l’évolution du monde dans lequel les machines prennent le relais sur une humanité défaillante. Il ne s’agit pas ici d’une intelligence artificielle prenant le contrôle d’un vaisseau pour le bien d’une mission, mais d’un homme qui doit apprendre à trois petits robots serviteurs (dans lesquels se cachent des acteurs amputés) de préserver le bien le plus précieux : l’écosystème. L’homme, aveuglé par sa propre technologie, ne voit plus utilité de cette nature et veut la détruire. Le dénouement constitue l’un des moments les plus bouleversants du cinéma et son message résonne encore bien plus fort aujourd’hui.

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Silent Running

Silent Running

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Silent Running n’est cependant pas exempt de défauts. On peut notamment lui reprocher des situations souvent très appuyées. Le héros nommé Freeman Lowell est un jardinier botaniste chargé de conserver les dernières forêts dans des serres au sein d’un immense vaisseau spatial, le Valley Forge. Incarné par un excellent Bruce Dern (vu dernièrement dans NEBRASKA – notre critique, LES HUIT SALOPARDS – notre critique), alors ici dans le premier rôle de « gentil » de sa carrière, Lowell apparaît comme le vestige d’une humanité passée, celle pouvant encore s’émouvoir devant la richesse du monde. Ses coéquipiers, interprétés par Cliff Potts, Ron Rifkin et Jesse Vint, semblent dépourvus de toute conscience pour leur condition humaine, hantés par des désirs primaires dont le principal est de revenir sur Terre. Peu leur importe de regagner un foyer où la protection de la nature n’aurait plus de sens. Si leur attitude paraît peu crédible et caricaturale, leur réaction étrange parvient néanmoins à s’inscrire dans cette fable d’anticipation. Lorsqu’il est présenté au tout premier Festival d’Avoriaz en 1973, Silent Running est un véritable événement. Malgré de bonnes critiques, l’accueil public est toutefois mitigé à sa sortie. Le manque de promotion de la part de Universal – espérant le même succès que Easy Rider via le bouche à oreille – n’aide pas son exploitation dans les salles. 

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Silent RunningSilent RunningSilent RunningSilent Running

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Silent Running est néanmoins devenu peu à peu culte, en partie grâce à sa vision écologique et visionnaire, et n’a pas empêché Douglas Trumbull de réaliser dix ans plus tard un autre grand classique de la science-fiction, Brainstorm (1983), avec Natalie Wood et Christopher Walken. Le cinéaste a toutefois fait le choix au cours de sa carrière de développer, tel un pionnier, les techniques de spectacles cinématographiques tout en continuant à apporter son savoir-faire sur le plan des effets spéciaux. Derrière ceux de BLADE RUNNER de Ridley Scott (notre critique) ou encore de Rencontres du Troisième Type de Steven Spielberg, il est également l’inventeur du Showscan, procédé qui accentue la profondeur, la netteté et la vitesse de projection à 60 images par seconde en reprenant les dispositions du 70mm. Il a plus récemment travaillé sur les séquences spatiales de The Tree of Life de Terrence Malick, palme d’or à Cannes en 2011, et les attractions comme Star Tours ou Retour vers le Futur pour les parcs de Disneyland et de Universal Studios. Silent Running déroule une intrigue à la fois simple, prenante et in fine, parfaitement poignante, le tout illustré par les chansons vintage de John Baez et la bande originale de Peter Schickele. Que d’excellentes raisons alors pour se procurer, dès sa sortie dans les bacs, cette œuvre de science-fiction, rare et précieuse, sur le sauvetage de la planète.

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DVD/ Jamais Silent Running n’est apparu aussi beau sur le plan technique – et encore nous n’avons pu tester que DVD de cette édition. L’éditeur Wild Side nous offre ici une image restaurée en HD incroyablement lumineuse et détaillée ainsi qu’un son parfait et précis. Côté bonus, le disque propose un passionnant documentaire d’une cinquantaine de minutes sur le tournage. Très complet, il permet d’apprendre qu’un vieux porte-avions, destiné à la casse, a servi de base pour aménager les décors de l’intérieur du vaisseau. En hommage, le nom de ce bâtiment de guerre, USS Valley Forge, a été conservé pour le vaisseau spatial. Les interviews de Bruce Dern (dix minutes) et du réalisateur Douglas Trumbull (cinq minutes) viennent achever cette édition avec intérêt. En complément s’ajoute également un ouvrage de 74 pages de Frédéric Albert Lévy, richement illustré de photos et d’archives rarissimes, qui revient sur la genèse de cette œuvre unique de la science-fiction moderne.

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  • SILENT RUNNING de Douglas Trumbull disponible en combo DVD/ Blu-ray+Livre le 6 juillet 2016.
  • Avec : Bruce Dern, Cliff Potts, Ron Rifkin, Jesse Vint, Mark Persons, Steve Brown, Charyl Sparks…
  • Scénario : Michael Cimino, Steven Bochco, Deric Washburne
  • Production : Michael Gruskoff, Douglas Trumbull
  • Photographie : Charles Wheeler
  • Montage : Aaron Stell
  • Décors : Francisco Lombardo
  • Costumes : Ann Vidor
  • Musique : Peter Schickele
  • Edition/ Distribution : Wild Side Video
  • Tarif du combo BR+DVD+Livre : 24,99 €
  • Durée : 1h29 ( Blu-ray) – 1h26 (DVD)
  • Sortie en salles : 3 décembre 1975

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