Dolly Parton - Comment se débarrasser de son patron- La Cage aux poules-Rhinestone-Potins de femme

Dolly Parton, de g. à dr.: Comment se débarrasser de son patron ?, La Cage aux poules, Rhinestone, Potins de femmes

Véritable trésor national, l’icône aux cent millions d’albums vendus à travers le monde était l’autrice-compositrice-interprète de trois mille morceaux et comptait onze Grammys à son actif. Vingt-cinq de ses singles ont trusté les sommets des palmarès country et quarante-sept de ses albums ont figuré au top 10 du genre. C’est une incarnation du rêve américain qui s’éteint.

 

 

 

Quatrième d’une fratrie de douze enfants, Dolly Parton voit le jour au lendemain de la Seconde guerre mondiale dans une cabane rustique des Appalaches. Petite fille de pasteur pentecotiste, la petite redneck baigne dans la musique et s’initie aux instruments à cordes en autodidacte sur une guitare de fortune bricolée à partir d’une mandoline munie de cordes de basse. À l’âge de dix ans, elle se produit déjà sur les ondes de radios locales, et dès ses treize ans sur la scène mythique du Grand Ole Opry, où elle est adoubée par Johnny Cash lui-même.

 

À peine sortie du lycée, la jeune prodige part à la conquête de Nashville, capitale de la country, où elle fait aussitôt la rencontre de Carl Thomas Dean, grand amour de sa vie, qui s’éteindra peu de temps avant leurs noces de diamant. Silhouette plantureuse scintillant de mille strass et surmontée d’extravagantes perruques choucroutées et peroxydées, accent nasillard du Sud, voix cristalline de tessiture soprano toute en vibrato… Ni son look de Barbie white trash, ni sa personnalité plus grande que nature, n’échappent au flair de Porter Wagoner, qui l’invite à co-animer son show télévisé. Dolly se fait un nom dans tous les foyers américains.

 

Il lui faudra patienter jusqu’au début des seventies pour connaître ses premiers succès solo. À commencer par Coat of Many Colors, ode à l’art maternel de rapiécer des haillons. Parton y façonne un style d’écriture fait de récits évocateurs, d’une certaine acuité émotionnelle, et d’une indéniable puissance mélodique. La reine de la country compose comme elle respire, et écrit deux de ses plus grands succès en l’espace des vingt-quatre heures les plus lucratives de sa carrière : Jolene, supplication désespérée adressée à une rivale convoitant son homme, et l’illustre I Will Always Love You, qui s’impose à deux reprises aux sommets des charts country.

 

Femme d’affaires avisée, Dolly refuse à regret de céder la moitié de ses droits d’auteur au King Elvis Presley qui souhaitait en enregistrer une reprise. La version monumentale de la petite ballade country interprétée par Whitney Houston pour la bande-originale de Bodyguard caracolera en tête des charts pop pendant pas moins de quatorze semaines consécutives. Le seul regret de Parton ? Que l’occasion d’un duo avec Huston ne se soit jamais présentée.

 

Dans les années 1980, alors au sommet de sa gloire, Dolly Parton franchit les frontières de la musique country. La workplace comedy à succès Comment se débarrasser de son patron ? lui offre son premier rôle au cinéma, doublé de l’opportunité d’une transition vers la pop. À même le plateau, entre deux prises, elle en compose l’hymne protestataire 9 to 5, en tapotant ses faux ongles en acrylique les uns contre les autres pour évoquer le rythme aliénant de la dactylographie. Bien qu’il laisse son public traditionnel sur le carreau, le tube domine le Billboard Hot 100 et lui vaut une nomination à l’Oscar de la Meilleure chanson originale.

 

Les incursions sur grand écran se multiplient. Elle donne la réplique à Burt Reynolds dans l’adaptation de la comédie musicale de Broadway La Cage aux poules, puis à Sylvester Stallone dans le flop musical Rhinestone. Pour Potins de femmes, elle accueille dans son salon de beauté un clan de femmes du Sud à poigne incarnées par Sally Field, Shirley McLaine, Daryl Hannah, ou encore une certaine Julia Roberts pas encore révélée par Pretty Woman.

 

Dans une industrie éminemment masculine, Dolly Parton met un point d’honneur à contrôler son patrimoine artistique colossal en toute indépendance. Douée d’un sens aiguisé des affaires, elle bâtit un empire et pousse la diversification jusqu’à l’à l’acquisition d’un parc d’attraction abandonné rebaptisé Dollywood, dont les retombées pour l’Etat du Tennessee s’élèvent à 1,8 milliard de dollars annuels, soit douze fois plus que ce que ne rapporte Graceland. Elle coproduit également la série culte Buffy contre les vampires et son spin-off Angel, ainsi que le remake du Père de la mariée avec Steve Martin et Diane Keaton.

 

À la tête d’une fortune personnelle estimée à un demi-milliard de dollars, Dolly Parton cumule les activités philanthropiques. En hommage à son père, elle fonde le programme d’alphabétisation Imagination Library, qui a pour mission de fournir un accès gratuit à la lecture aux enfants. Lors de la pandémie de COVID-19, elle fait don d’un million de dollars à la recherche pour le vaccin Moderna. Bien qu’elle se prétende apolitique, ses engagements en soutien des droits LGBTQIA+ et du mouvement Black Lives Matter trahissent ses opinions et l’érigent en icône queer capable de fédérer républicains et démocrates indifféremment.

 

Au chevet de son mari malade, Dolly Parton avait négligé sa propre santé. Ses problèmes rénaux ne cessaient de se dégrader, la poussant à annuler une résidence au Caesars Palace de Las Vegas, ainsi que sa participation à la cérémonie des Governors Awards, où elle devait se voir décerner un prix. Elle succombera finalement à une brève bataille contre le cancer.

 

En guise d’hommage national, le Président Donald Trump a ordonné la mise en berne du drapeau américain sur l’ensemble du territoire des États-Unis pendant une semaine. À New York, l’Empire State Building s’est paré de rose dès 9.25 pm en hommage à son titre 9 to 5.

 

Justine Autissier

A la Une

Sir Patrick Stewart, légendaire Capitaine Picard de Star Trek et Professeur X des X-Men, s’est éteint à l’âge de 86 ans

C’est non seulement l’un des comédiens shakespeariens les plus accomplis de sa génération, mais aussi une véritable icône de science-fiction,… Lire la suite >>

Tom Skerritt, second rôle mémorable d’Alien et de Top Gun, s’est éteint à l’âge de 93 ans

Acteur versatile, Tom Skerritt est mort de causes naturelles ce mercredi 21 octobre, au terme de six décennies d’une carrière… Lire la suite >>

Léa Seydoux, présidente de la 52e cérémonie des César

De La Vie d’Adèle à James Bond, Léa Seydoux a su imposer son style et s’affranchir des frontières. Le 25… Lire la suite >>

Juste après l’aube : une intrigante bande annonce pour le survival de science-fiction made in France

Au terme d’une dizaine d’années d’une gestation semée d’embûches, la création originale CINE+ OCS Signature lève le voile sur ses… Lire la suite >>

Narnia – Le Neveu du magicien : le trailer de Greta Gerwig dévoile un univers magique aux couleurs éclatantes

Daniel Craig, Emma Mackey, Meryl Streep et une chanson mythique de Led Zeppelin : le nouveau Narnia ne manque pas… Lire la suite >>

Nos vidéos

Box OFFICE France

Titre Cette sem. Nbr Sem. Cumul
1 MOULIN 346 178 1 346 178
2 LES MISERABLES 244 431 3 1 153 967
3 KARMA 232 581 2 595 552
4 DUCOBU ET LE FANTOME DE SAINT-POTACHE 230 301 4 1 203 239
5 LE FANTOME DE L'OPERA 136 880 1 136 880
6 MOCHY 118 387 3 553 964
7 L'ILE DES SOUVENIRS 115 393 2 356 952
8 HOPE 114 705 1 114 705
9 LA MAISON DE NOS REVES 113 078 4 858 103
10 CLAYFACE 110 260 2 282 627

Source: CBO Box office

Nos Podcasts