Synopsis : Après une vie passée dans le trafic de cocaïne, Dan (Dan Bronchinson) s’est promis de ne pas retomber. Se voyant offrir un dernier deal qui lui permettrait de réaliser son rêve d’enfance : déménager en Australie avec sa fille. Il accepte la proposition. Commence alors une descente aux enfers qui le replonge pendant 24 heures dans ce milieu impitoyable, fait de mensonges, violence et trahisons, où il devra sauver sa fille et survivre par tous les moyens.

 

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Dealer - affiche

Dealer – affiche

Comment faire basculer l’ensemble d’une existence entière en cinq minutes montre en main ? Demandez à Dan, un gangster parisien actif dans le trafic de drogue, qui n’hésite jamais à accepter le moindre business un tant soit peu lucratif. Interprété par l’atypique franco-congolais Dan Bronchinson, le personnage central de Dealer est l’archétype du voyou armé d’une gueule, d’une dégaine et d’une fâcheuse tendance à distribuer généreusement les baffes. Un vrai bandit des temps modernes. Impossible de s’y tromper, le premier long métrage de Jean-Luc Herbulot s’affirme d’emblée comme un polar bien en règle avec une bonne dose d’adrénaline, de punchlines et d’hémoglobine. Si Dealer bénéficie de séquences bien tendues (la scène gore d’interrogatoire), il n’échappe hélas pas à l’un des symptômes majeurs des œuvres françaises dans le cinéma de genre, à savoir cette forme excessive de citations référentielles. L’ombre envahissante de Pusher ne quitte jamais le scénario, conçu par Herbulot et Samy Baaroun. Des choix de mise en scène, à la caractérisation des personnages, en passant par la construction narrative, Dealer peine à se défaire des liens de filiation avec l’œuvre fondatrice de Nicolas Winding Refn. On retrouve de sympathiques brigands aux prises avec un revendeur qui ne quitte jamais ses locaux. Défendu par un colosse géant et sanguinaire, celui-ci veut à tout prix retrouver son magot. Somme toute classique, ce schéma narratif était transcendé par un style brut de décoffrage chez Refn. La caméra se situe au plus proche des personnages, nerveuse et furtive. Mais plutôt que de s’en inspirer, Herbulot reproduit le modèle sans imposer un style singulier en allant jusqu’à imiter le twist final. Il multiplie également les allusions au mémorable Snatch de Guy Ritchie (les gitans, le sabre, l’attente en voiture…) sans approfondir ses citations génériques.

 

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Ces films phares reposent naturellement sur des récits en béton mais surtout sur un jeu d’acteurs novateur. De personnages typiques, les comédiens ont transformé leur rôle en figures emblématiques : le duo Frank et Tonny de Pusher (Kim Bodnia/Mads Mikkelsen) en lutte avec Milo et Radovan (Zlatko Buric/Slavko Labovic) ; Mickey et son accent incompréhensible dans Snatch, entouré de Turkish (Jason Statham) et Tonny « Dents de plomb » (Vinnie Jones). Si la direction d’acteurs reste un élément clé des œuvres pré-citées, elle se révèle être l’un des points faibles de Dealer. Trop stéréotypés, les rôles font l’objet de choix dramatiques souvent convenus. Seul Dan Bronchinson parvient à tirer son épingle du jeu grâce à l’expressivité de son faciès.

 

Dealer avait pourtant tout le potentiel en matière de mise en scène, mais s’avère être hélas un périlleux exercice de style. Herbulot et Bronchinson proposent un portrait déjà-vu des films boostés par un mix de billets verts et de poudre blanche. On n’a jamais la possibilité de sortir ici du traitement ultra-codifié. Vraiment dommage, car de nombreux ingrédients étaient réunis pour concevoir une première œuvre intéressante. Tourné en douze jours, Dealer repose sur une production totalement indépendante, majoritairement financée par les services de Bronchinson lui-même et de sa boîte Multipass Prod à hauteur de 165 000 euros. Quoi de plus évident quand on apprend que le script s’inspire de la vie tumultueuse menée par l’acteur-producteur. Le film incarne la preuve qu’avec de la volonté et de l’envie, chacun peut parvenir à ses fins. Cependant, plutôt que d’ouvrir le film vers un questionnement sur les codes de ses aînés, la démarche de Jean-Luc Herbulot enferme hélas maladroitement Dealer dans une véritable prison cinématographique.

 

 

 

  • DEALER réalisé par Jean-Luc Herbulot, disponible sur Vimeo on Demand depuis le 1er octobre 2015 et en VOD dès le 1er novembre.
  • Avec : Dan Bronchinson, Salem Kali, Elsa Madeleine, Herve Babadi, Bruno Henry, Hervé Babadi, Dimitri Storoge, Fatima Adoum, Didier Merigou, Maïa Bonami…
  • Scénario : Jean-Luc Herbulot et Samy Baaroun
  • Production : Dan Bronchinson
  • Photographie : Lionel Sautier, Regory Turbellier, Nicolas Salet
  • Montage : Jean-Luc Herbulot, Zohar Michel
  • Décors : Charlotte Boyou-Beauchamps
  • Musique : Reksider
  • Durée : 1h15

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