Deauville 2017/ Blueprint de Daryl Wein : critique

Publié par Antoine Gaudé le 7 septembre 2017

Synopsis : Un jeune Afro-américain vit à South Side, dans les quartiers sud défavorisés de Chicago. Une fusillade qui a causé la mort de l’un de ses amis l’amène à remettre en question les fondements mêmes de son identité.

♥♥♥♥♥

 

Blueprint

Blueprint

Après la communauté asiatique (Gook) et juive (Brooklyn Yiddish), Deauville présente en compétition Blueprint de Daryl Wein, une énième réflexion sur la communauté afro-américaine dans l’Amérique d’aujourd’hui, violente, raciste et apeurée dans la lignée d’un Moonlight, qui a visiblement suscité des vocations. Si le sujet n’est plus l’homosexualité, mais le deuil – où comment le héros Jerod va-t-il se remettre de la mort de Reggie, son meilleur ami, violemment tué par la police –, le film utilise les mêmes procédés emphatiques. Focalisé sur Jerod, père d’une petite fille sans emploi qui vit chez sa mère, la caméra le suit dans ses lamentations alcoolisées qui aboutissent à leur lot de scènes « intenses » et « authentiques » : les disputes entre Jerod et son ex, les prêches de l’Église, les réactions instinctives de ses potes, les souvenirs avec Reg. Reliée à une actualité politique toujours aussi chaude, la mise en scène échoue à mettre la meurtrissure de Jerod au coeur de cette communauté, à joindre l’intime et le collectif sans en passer par des motifs clichés du cinéma « auteuriste », comme le choix des morceaux de musique, certains plans symboliques (la course du dernier plan, les enfants qui jouent dans le parc) et discours sans relief politique.  En revanche, ce que le film réussit, et lui donne une valeur anthropologique très haute, c’est l’importance que cette communauté réserve à la religion, à la messe et aux prêches. De manière presque naturelle, les américains finissent par avoir recours à cet opium, source d’un nouveau « courage » pour affronter la vie, si dure soit-elle. C’est presque déroutant de voir Jerod bannir aussi facilement ses démons et se libérer soudainement d’un poids après son retour à l’Église. Tel un « mode d’emploi » transcendant à suivre pour survivre, la religion remplace ici les modèles humains qui ont jadis portés politiquement la révolte et incarnés cette lutte millénaire (Malcolm X, Black Panthers, Luther King). Leur ombre reste encore très prégnante au sein d’une communauté de plus en plus divisée et qui n’a toujours pas réussi à les remplacer.

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  • BLUEPRINT
  • Sortie : prochainement
  • Réalisation : Daryl Wein
  • Avec : Jerod Haynes, Tai’isha Davis, Sandra Adams-monegain, Edgar Miguel Sanchez, Shanesia Davis-Williams, Stefhon Hannah…
  • Production : Christian Everhard, Jerod Haynes, Daryl Wein
  • Scénario : Jerod Haynes, Daryl Wein
  • Photographie : Toshihiku Kizu, Daryl Wein
  • Montage : Jamie Kennedy, Daryl Wein
  • Musique : Jukebox
  • Distribution :
  • Durée : 1h16

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