Mémoires du Cinéma : Blade Runner de Ridley Scott (1982)

Publié par Philippe Descottes le 31 décembre 2017

LA PRESSE DE L’ÉPOQUE

 

Ridley Scott et Harrison Ford - Blade Runner

Ridley Scott et Harrison Ford – Blade Runner

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Première version (1982)

 

« Le fantastique, ici, est démonstratif, et repose plus sur un – subjuguant – savoir-faire que sur une élaboration formelle cohérente, ce qui ne réduit par ailleurs en rien les mérites d’un scénario fort bien agencé et riche des rebondissements nécessaires. » Gilles Colpart – La Revue du Cinéma n°375 – Septembre 1982.

 

« Scott est un spécialiste de la gravure ancienne et il filme comme si chaque plan devait être un tableau, avec un sens du mouvement que seule possède cette jeune équipe américaine qui comprend, entre autres, Spielberg et Coppola ». Claude Klotz – VSD du 17 septembre 1982.

 

« Le film (…) n’égale pas Alien. Il disparaît un peu sous l’ombre écrasante de Kubrick, constamment présente. Reste cependant ce qui fait le prix du film, une narration vive et claire (quoique un peu poussive au début), un talent réel pour dessiner et filmer les architectures (…) ou pour créer une lumière d’aquarium. » Alain Philippon – Les Cahiers du Cinéma n°339 de septembre 1982.

 

« …Ridley Scott a tant soigné le décor et les ambiances qu’il en a quelque peu oublié l’histoire et les personnages auxquels pourtant Harrison Ford et trois « découvertes » : Rutger Hauer, Daryl Hannah et Sean Young s’efforcent de donner vie… L’écrin est superbe mais… un peu vide, peut-être ? » Jean-Pierre Lavoignat – Première n°66 de septembre 1982.

 

« (…) il serait aisé d’esquisser à partir de Blade Runner le projet d’un film idéal où aucun besogneux travail scénaristique ne viendrait parasiter la cohérence visuelle et sonore. L’oeuvre fonctionnerait ainsi parfaitement dans une longue mise en place contemplatrice de son univers et de son décor. (…) Ridley Scott se fourvoie en ce qu’il n’assume pas le formalisme absolu de son film. » Didier Goldschmidt – Cinématographe n°81, septembre 1982.

 

« L’adaptation  du roman de Philip K. Dick (…) telle qu’elle a été faite dans Blade Runner, montre que ni le sujet, ramené à une simple intrigue dramatique, ni ses implications, abâtardies en une philosophie de roman-photo (la pérennité des sentiments), et de plus, exprimés maladroitement, ni sujet, ni implications donc, n’ont intéressé Ridley Scott. ». Alain Garsault – Positif n° 261 de novembre  1982.

 

« Blade Runner, c’est un « Canada Dry » à l’envers. Ca ressemble à un film de science-fiction, une de ces grosses machines hollywoodiennes et pleines d’effets spéciaux, mais pour l’ivresse et la saveur, Blade Runner est beaucoup plus proche de films européens comme Diva ou L’Ami américain que d’un sundae ». F. Pouille – Jeune Cinéma n° 147 – Décembre 1982/Janvier 1983.

 

« Au lieu d’une célébration des pouvoirs du simulacre (ce qui est le film avec tout son faste), le livre en était une critique… nuance non négligeable ! « . Jean-louis Cros – La Saison cinématographique 1983.

 

La version 1992

 

« (…) le film de Ridley Scott, visuellement, reste incroyable : pas un plan où la lumière ne tombe en diagonale (pour rappeler que l’intimité n’existe plus), pas un cadre où le moindre objet ne soit parfaitement graphique. » François Forestier – L’Express du 3 décembre 1992.

 

« Blade Runner prend soudain une autre dimension. D’un film intelligent et brillant sur les dangers qui menacent notre futur, il devient une étrange réflexion sur l’humanité et le monde (…). En prenant le pouvoir sur Hollywood et en ressortant son film dans la version initialement prévue, Ridley Scott devient créateur à part entière. » Isabelle Danel – Télérama n°2239 du 9 décembre 1992.

 

« (…) on rend grâce à Ridley Scott de ne pas avoir cédé à la tentation de trop rallonger son film : dans sa version « définitive » il dure toujours moins moins de deux heures. Des trognes, du rythme, Blade Runner garde sa force, aujourd’hui comme hier ». Thomas Sotinel – Le Monde du 12 décembre 1992.

 

« En dix ans, Blade Runner est devenu un film-culte, ce qui permet à son auteur de le ressortir dans sa version d’origine, c’est-à-dire sans le commentaire explicatif en voix off imposé par les distributeurs, avec au moins deux séquences supplémentaires (…) et une conclusion beaucoup plus pessimiste. Le film y gagne en crédibilité, sans rien perdre – au contraire – de sa splendeur visuelle et, surtout, de sa véritable gravité. » D.R. L’Evénement du Jeudi du 10 au 16 décembre 1992.

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