120 Battements par minute de Robin Campillo (2017)
Après deux films remarqués en festivals, Robin Campillo signe un film très personnel, quasi-autobiographique.
Il y raconte la mobilisation militante de l’association Act Up pour lutter contre l’indifférence avec laquelle est traitée l’épidémie de sida qui sévit depuis près de dix ans en France. Entre actions coup de poing pour interpeller la population, opérations choc pour dénoncer l’industrie pharmaceutique et réunions d’information dans les lycées, on suit l’émergence d’une romance entre deux militants aux styles très différents.
C’est le DJ Arnaud Rebotini qui est choisi pour produire la bande originale du film. Un choix évident, surtout au vu du titre, qui fait allusion directe à la house music. Robin Campillo explique dans les brochures presses : « Cette musique, à la fois festive et inquiète, est un peu la bande originale de cette époque ».
Il en résulte une bande originale véritablement pensée comme un DJ set. À part quelques morceaux acoustiques, de moins d’une minute à trois minutes, la plupart des pistes sont construites comme des morceaux house : tous ont des intros et des outros, et durent autour de cinq minutes. On retrouve même un morceau de Mr. Fingers, pionnier de la scène.
L’effervescence de cette scène musicale, initialement pensée par et pour la communauté homosexuelle, est parfaitement reflétée dans le travail de Rebotini. Le DJ français ne néglige pas les moments sombres et mélancoliques du film, pour arriver à une œuvre qui colle parfaitement aux images de Robin Campillo.
Sélectionné en compétition à Cannes 2017, le film repart avec quatre prix, dont le Grand Prix du Jury. Aux Globes de Cristal, 120 Battements par minute reçoit les récompenses du meilleur film et du meilleur acteur. La grande razzia a lieu aux César 2018, où six récompenses reviennent à Robin Campillo et son équipe, dont celle de la meilleure musique originale pour Arnaud Rebotini.
