
Benicio del Toro et Mia Threapleton dans The Phoenician Scheme de Wes Anderson / Crédits photo Focus Features
Le réalisateur sort son nouveau long-métrage ce printemps, deux ans après la sortie d’Asteroid City.
Un monde pastel, de la symétrie et une galerie de personnages farfelus : la bande-annonce fraîchement dévoilée de The Phoenician Scheme, treizième long-métrage de Wes Anderson, ne laisse aucun doute sur la signature du cinéaste.
Toujours fidèle à ses obsessions habituelles, le réalisateur s’engage cette fois dans une intrigue aux relents de thriller familial, ponctuée de sa touche très personnelle. Prévu pour une sortie en salle le 28 mai prochain, le film s’annonce riche et audacieux.
Dès les premières secondes, on retrouve cet univers à la croisée du théâtre et du livre. Derrière l’esthétique immédiatement identifiable de Wes Anderson, une tension nouvelle émerge. Zsa-Zsa Korda (Benicio del Toro) est présenté, un magnat européen au sommet de son empire, visé par une série de tentatives d’assassinat. Le cœur du récit semble battre au rythme de la relation compliquée qu’il entretient avec sa fille unique, Liesl (Mia Threapleton), une nonne devenue l’héritière inattendue d’un empire familial.
La bande-annonce suggère un huis clos à ciel ouvert, comme souvent chez Anderson, où chaque personnage évolue à la fois en archétype et en énigme. Le tout est servi par une mise en scène burlesque et des répliques pinçantes. La dynamique père-fille, au cœur de l’intrigue, semble rappeler certains motifs chers à Anderson, notamment l’héritage affectif et les non-dits familiaux, déjà brillamment abordés dans La Famille Tenenbaum ou À bord du Darjeeling Limited.
Le film réussit encore à surprendre par un casting foisonnant qui entremêle habitués et nouvelles recrues. Outre Tom Hanks, Scarlett Johansson, Bryan Cranston ou Jeffrey Wright, tous déjà présents dans Asteroid City, le film accueille de nouveaux talents comme Ethan Hawke, Riz Ahmed, Charlotte Gainsbourg ou encore Michael Cera. La jeune Mia Threapleton, fille de Kate Winslet et encore inconnue du grand public, capte également l’attention.
À quelques semaines du Festival de Cannes, où Anderson est devenu un habitué, les spéculations vont bon train sur une présentation sur la Croisette.
Finalement, cette bande-annonce ne dévoile pas tant qu’elle suggère. Fidèle à sa méthode, Wes Anderson semble préférer la sensation au dévoilement, les atmosphères aux rebondissements. Pourtant, derrière les cadres précis et des couleurs feutrées, The Phoenician Scheme promet une nouvelle aventure pleine de paradoxes : douce et violente, drôle et mélancolique, familière et imprévisible.
Norane Chiali
