L’actrice emblématique du cinéma européen, naturalisée française et profondément italienne de cœur, laisse derrière elle une carrière de plus de soixante ans, des rôles mythiques et une aura intemporelle.
Claudia Cardinale, née le 15 avril 1938 à La Goulette, en Tunisie, d’une mère française et d’un père sicilien, est devenue l’un des visages les plus inoubliables du cinéma de la deuxième moitié du XXᵉ siècle. Elle s’est éteinte ce 23 septembre à Nemours, en Seine-Et-Marne, où elle résidait depuis plusieurs années, entourée de ses enfants, selon l’annonce de son agent. « Elle nous laisse l’héritage d’une femme libre et inspirée, tant dans son parcours de femme que d’artiste. »
Le destin de Claudia Cardinale bascule à 17 ans quand elle remporte un concours de beauté à Tunis, faisant d’elle la désormais bien célèbre « plus belle italienne de Tunisie ». La récompense : un voyage à la Mostra de Venise. Cette expérience lui permet de pénétrer dans l’univers du cinéma italien. Elle est rapidement engagée par le producteur Franco Cristaldi avec qui elle partagera de forts liens, professionnels et personnels.
Malgré une voix rauque, un accent marqué, et des débuts difficiles face aux codes très normés du cinéma de genre, elle se révèle être une actrice capable d’incarner simultanément la pureté, la sensualité, la force, le mystère, dans des registres très divers. Elle collabore avec les plus grands : Luchino Visconti dans Rocco et ses frères et Le Guépard, Federico Fellini dans Huit et demi, Sergio Leone dans Il était une fois dans l’Ouest, et bien d’autres metteurs en scène européens et américains.
Elle aura tourné dans plus de 150 films, au cours d’une carrière s’étendant de la fin des années 1950 jusqu’au début des années 2020. Elle reçoit à Venise un Lion d’Or pour l’ensemble de sa carrière en 1993, et un Ours d’Or à Berlin en 2002, distinctions qui reconnaissaient non seulement son talent d’actrice mais aussi sa longévité et son importance comme icône.
Les hommages se sont multipliés dès l’annonce de son décès. Claudia Cardinale n’était pas seulement un visage, mais un symbole. Symbole de la Méditerranée, du cinéma d’auteur, d’une génération capable de combiner glamour et gravité, sensualité et profondeur.
Dans ses derniers temps, elle continuait à cultiver cette image d’autonomie et d’indépendance, soutenant la culture, les jeunes artistes, les causes qui lui tenaient à cœur. Sa fondation, créée en soutien l’art contemporain, son rôle de militante et féministe engagée, les témoignages des proches révèlent qu’elle n’a jamais cessé de vouloir transmettre, inspirer, être utile.
Norane Chiali
