L’Attrape-rêves de Claudia Llosa : critique

Publié par Philippe Descottes le 27 octobre 2016

Synopsis : À Nunavut, dans le Grand Nord canadien, Nana Kunning consulte un guérisseur pour l’un de ses fils. Cette rencontre va bouleverser le cours de son existence. Vingt ans plus tard, son fils aîné part sur les traces de sa mère, accompagné d’une journaliste française. Nana est devenue guérisseuse de renom aux confins du Cercle polaire…

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L'attrape-rêve de Claudia Llosa - affiche

L’attrape-rêve de Claudia Llosa – affiche

Fausta, le second long métrage de la réalisatrice péruvienne Claudia Llosa, avait remporté l’Ours d’or du meilleur film ainsi que le Prix FIPRESCI de la Critique internationale au Festival de Berlin 2009. Il fut aussi le première oeuvre péruvienne à avoir été nommé à l’Oscar du meilleur film étranger en 2010. Madeinusa, sa première réalisation, avait lui aussi pour cadre le Pérou. Changement de latitude radical, et par contre-coup, de température et de lumière, dans L’Attrape-rêves tourné au Canada, à Winnipeg dans la province du Manitoba, avec ses étendues froides et glacées. Néanmoins, la femme, double ici, avec Jennifer Connelly et Mélanie Laurent, est toujours au cœur du récit. Il y est également question de croyances populaires et de traumatismes, ainsi que de corps et d’âmes meurtris. Une certaine perplexité est de mise devant ce type de coproduction au casting international hétéroclite et de plus en plus fréquent, contexte économique oblige. Un a priori renforcé par le fait que ce drame sort en France plus de deux années après sa présentation au Festival de Berlin en 2014. Des craintes pourtant infondées pour ce voyage initiatique et poétique auquel nous convie la cinéaste péruvienne. Quant aux choix des comédiens, il se justifie pleinement, tant pour les trois acteurs principaux que pour les tout jeunes interprètes. Les premières images donnent l’impression d’être dans un monde post-apocalyptique intemporel et montrent Nana (Jennifer Connelly), une mère célibataire qui élève seule ses deux garçons. Gully, le cadet, est atteint d’une maladie incurable. Comme d’autres personnes, elle consulte un guérisseur qui pratique dans une étrange cabane faite de brindilles et de branchages. Mais le faucon apprivoisé par Ivan, l’aîné, s’échappe et provoque un début de panique. Le scénario effectue ensuite un bond en avant dans le temps. Ivan (Cillian Murphy) est un jeune père de famille et élève toujours un faucon. Il reçoit la visite d’une journaliste française, Jania Ressmore (Mélanie Laurent), qui veut réaliser un documentaire sur sa mère. D’abord opposé à cette idée, il accepte finalement de l’accompagner, direction le Grand Nord.

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Jennifer Connelly - LAttrape-reve

Jennifer Connelly – LAttrape-reve

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Pendant toute la durée, une époque alterne avec l’autre. Le spectateur est ainsi amené à suivre deux histoires qui, telles deux lignes parallèles, finissent par se rejoindre et révèlent les maux dont souffrent les principaux protagonistes et les terribles secrets qui les hantent. À l’habilité de la narration, il faut y associer le soin apporté à l’image. L’immensité des paysages enneigés ou gelés de la banquise, sauvages, à la fois beaux et oppressants, contraste, sans pour autant choquer, avec le cadrage des acteurs, filmés au plus près, en gros plans. Quant à la musique, elle accompagne discrètement, souligne sans excès, les atmosphères et véhicule un sentiment de mystère et de suspense. En dehors d’un titre français pour le moins curieux et qui fait allusion au capteur de rêves des cultures amérindiennes dont il est très peu question, le traduction du titre original, Aloft, qui signifie en haut, en l’air, étant nettement plus explicite, on peut reprocher à ce troisième long métrage une certaine lenteur. Un moindre détail malgré tout.

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  • L’ATTRAPE-RÊVES (Aloft) de Claudia Llosa en salles depuis le 26 octobre 2016.
  • Avec :  Jennifer Connelly, Cillian Murphy,  Mélanie Laurent, William Shimell, Zen McGrath, Winta McGrath, Oona Chaplin, Peter McRobbie
  • Scénario : Claudia Llosa
  • Production : José Maria Morales, Ibon Cormenzana, Phyllis Laing
  • Photographie : Nicolas Bolduc
  • Montage : Guillermo De La Cal
  • Décors : Eugenio Caballero 
  • Costumes : Heather Neale
  • Musique : Michael Brooks
  • Distribution : Jour2Fête
  • Durée : 1h34 

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