Mémoires du Cinéma : La Guerre des Étoiles de George Lucas (1977)

Publié par Philippe Descottes le 22 décembre 2017

LA PRESSE DE L’ÉPOQUE

 

Star Wars - Un Nouvel Espoir

Star Wars – Un Nouvel Espoir

 

Pour

 

« Star Wars tire la pulpe fantastique emmagasinée dans nos souvenirs, et comme c’est fait très brillamment, cela réactive de vieux frissons, peurs et exaltations que nous croyions avoir laissés derrière nous en lisant notre dernier numéro de « Amazing Stories« . Roger Ebert – Chicago Sun-Times

 

« Star Wars est un film magnifique. Le résultat est égal au génie de Walt Disney, Willis O’Brien et d’autres tenants reconnus de ce qu’Irwin Allen appelle : « La magie du cinéma ». Tel un bol d’air frais, Star Wars a balayé le cynisme qui a obscurci ces dernières années les concepts de courage, de dévouement et d’honneur. » Art Murphy – Variety

 

« Star Wars est une célébration qui, dans un ultime hommage aux temps passés, crée un univers solide et autonome qui ne nécessite aucun effort de mémoire pour être pleinement apprécié… C’est un Buck Rogers niveau bac + 8 sans aucune trace de cynisme ou de névrose, un bonbon lancé au galop dans un futur lointain rempli de vocabulaire, de créatures et de coutumes exotiques qui coexistent avec des personnages auxquels nous pouvons tous nous identifier. » Charles Champlin – Los Angeles Times

 

« Le film de Lucas est plus décontracté que pompeux. Une des raisons pour laquelle la cantina de (John) Barry semble si chargée d’humour est que Lucas ne s’y attarde pas comme Kubrick s’attardait sur les décors du night-club d’Orange Mécanique. (…) La prodigalité du style de SF de Lucas est ludique et pleine d’humour. » Gary Arnold – Washington Post

 

« Star Wars est autant une apothéose des serials de Flash Gordon qu’une critique fine qui crée des liens entre des styles de littératures dont la sélection n’est en rien de moins qu’éclectique : Quo vadis ? Buck Rogers, Ivanohe, Superman, Le Magicien d’Oz, L’évangile selon St Mathieu, la légendre du roi Arthur et les Chevaliers de la Table Ronde. » Vincent Canby – New York Times

 

«  (…) par fidélité à son adolescence, George Lucas a choisi de réaliser une aventure homogénéisée, dans la grande tradition des « quick foods » et des doubles programmes. Son odyssée de l’espace est un hamburger géant, un super-ice cream de péripéties mécaniques, un dragster trafiqué qui file plus vite qu’il n’est permis., un tutti-frutti de clichés cinéphiliques transcendés par son génie de mécano planant. » Robert Benayoun – Positif n°197 – Septembre 1977

 

« Mais à quoi bon bouder notre plaisir s‘il peut nous apporter l’illusion de vivre une seconde jeunesse ? «Peau d’astre» nous est contée. Pourquoi ne pas y prendre un plaisir extrême ? » François Chalais – Le Figaro du 15 octobre 1977

 

« Le mode d’emploi de ce film champion de tous les box-offices est simple : il faut le voir sans arrière-pensée, en s’abandonnant naïvement à ses merveilles. Orson Welles comparait autrefois le cinéma à un train électrique. C’est le plus ingénieux, le plus sophistiqué, le plus divertissant des trains électriques que George Lucas vient de lancer dans le champ des étoiles. » Jean de Baroncelli – Le Monde du 21 octobre 1977

 

« Tout le monde est invité à faire joujou comme autrefois avec ce que Welles avait appelé « le plus beau train électrique du monde » – le cinéma, Hollywood – en famille (comme à la télé), sous l’oeil candide et serein d’une maman bien décidée à garder la (le) moral(e). L’Amérique de Carter ? Mais c’est aussi le capital dans son ensemble qui parle dans un tel film. » Serge Le Péron – Les Cahiers du Cinéma – N° 293 – Décembre 1977

 

Contre

 

« Star Wars, c’est comme recevoir un paquet de Cracker Jacks pour unique prix. C’est le film du scénariste-réalisateur George Lucas, son propre film, départi de toute interférence commerciale, et pourtant c’est un film totalement inintéressé par tout ce qui ne se rapproche pas de l’audience de masse. Il n’y a aucun répit dans le film, aucun lyrisme ; la seule tentative de beauté se résume au double coucher de soleil. C’est appréciable en soi, mais c’est également épuisant : c’est comme emmener des gamins au cirque… C’est épique, mais pas onirique ». Pauline Kael – New Yorker

 

« Ce film a été fait pour ceux (surtout des hommes) qui se baladent avec un sanctuaire portatif de leur adolescence, un calice du c’était mieux avant d’entrer dans le monde du réel ou, d’une façon plus complexe, avant de subir l’intrusion de leur vie sexuelle. » Stanley Kauffmann – New Republic n°18 – juin 1977

 

« Enlevez à Star Wars ses images souvent marquantes et son jargon scientifique prétentieux, et vous obtenez une histoire, des personnages et des dialogues d’une écrasante banalité, sans même un style « futur ». Des êtres humains, des anthropoïdes, ou robots que vous pourriez probablement trouver tels quels aujourd’hui dans le centre-ville de Los Angeles… Ô stupide nouveau monde ! » John Simon – New York magazine

 

«  d’abord destiné aux enfants », (le film n’est qu’une) « exposition de gadgets (…). Érotisme banni. Humour à ras de terre (un comble dans l’espace !). Trame linéaire : les bons contre les méchants. Sans surprise ni suspense… »  Annie Coppermann – Les Echos du 21 octobre 1977

 

« Il n’y a là, certes rien qui autorise à crier au scandale ; mais, non plus, rien qui justifie de tomber en pamoison. La science-fiction n’est ici qu’un emballage comme un autre, recouvrant une marchandise dont la majorité des ingrédients appartiennent au passé, et même au présent, du vieux cinéma hollywoodien. Les voilà démontés et gentiment raillés de façon tellement ambiguë qu’on en vient à s’interroger et à se demander, à la limite, s’il ne s’agit pas d’une remise à jour mercantile, frappés du sceau de la mauvaise conscience, du vieil arsenal. » F.M. – L‘Humanité du 22 octobre 1977

 

« (…) sous ses charmes onctueux, Star Wars n’en constitue pas moins le dernier gadget engagé dans la guerre des films par l’Impérialisme culturel américain.  » Ignacio Ramonet – Libération du 19 octobre 1977

 

« Tout y passe : prêchi-prêcha religieux, obscurantisme, élitisme fascisant, racisme, relents de sionisme, etc. (…) Qu’est-ce que cette planète désertique où de méchants hommes du désert harcèlent quelques familles européennes sinon la Palestine vue par le sionisme ? (…) L’état-major de l’Empire ressemble étonnamment à une brochette de généraux de Brejnev. »  Le Quotidien du Peuple du 10 novembre 1977

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