Après El Conde et In Her Place, Pablo Larraín retrouve Netflix pour un nouveau projet glaçant. Le cinéaste chilien adapte plusieurs nouvelles de Mariana Enriquez dans My Sad Dead, une mini-série où l’horreur s’immisce au cœur du foyer.
Le réalisateur chilien Pablo Larraín continue d’explorer les zones d’ombre de l’âme humaine. Avec My Sad Dead (Mis muertos tristes), il s’attaque cette fois à l’univers surnaturel de l’autrice argentine Mariana Enriquez, maîtresse du réalisme gothique sud-américain.
La mini-série, composée de quatre épisodes d’une heure, puise dans quatre de ses nouvelles : My Sad Dead, Julie, A Sunny Place for Shady People et Back When We Talked to the Dead.
L’histoire suit Ema, médecin de 60 ans, qui vit depuis toujours avec les voix et apparitions des morts des “présences” qu’elle a appris à ignorer. Mais l’arrivée de sa nièce Julie, dotée du même don, va bouleverser cet équilibre. Chez Julie, le lien avec les morts est intense, sauvage, brûlant. Ensemble, elles déclenchent une série d’événements surnaturels qui ébranlent leur quartier. Le monde des morts se mêle au désir, à la mémoire et aux non-dits familiaux. Pour Ema, il sera temps d’affronter ses propres fantômes.
Pablo Larraín s’est entouré d’un trio d’auteurs pour écrire cette adaptation : l’auteure elle-même, Guillermo Calderón et Anastasia Ayazi. Le réalisateur sera aussi à l’écriture. Il promet une « horreur domestique, ancrée dans la vie réelle », où les tremblements intimes remplacent les effets spectaculaires. Fidèle à son style, il jouera sur la suggestion, les silences et les tensions intérieures.
Le tournage débute fin juin à Buenos Aires et Santiago. Le casting, très argentin, réunit Mercedes Morán, Dolores Fonzi, Alejandra Flechner, Carlos Portaluppi, Germán de Silva, Luz Jiménez et Carolina Sánchez Álvarez.
L’ambiance s’annonce sobre, trouble et sensuelle, à l’image du style littéraire de Mariana Enriquez, déjà traduite dans plus de vingt langues.
Après Spencer, Jackie, ou plus récemment Maria, Pablo Larraín continue ainsi de s’imposer comme un cinéaste de l’intime et du trouble. Avec My Sad Dead, il change de registre mais pas d’obsessions : la mémoire, la filiation, la douleur cachée. Une série où l’horreur murmure plus qu’elle ne crie et c’est ce qui fait tout son effet.
Jigisha Leclair
