Le film, qui a été acquis par Netflix au dernier Festival de Cannes, retrace le début de carrière de Jean-Luc Godard et les coulisses du tournage d’À bout de souffle.
“Tout ce qui se voit dans le film s’est produit dans la vraie vie”. C’est par ces mots que le réalisateur américain Richard Linklater et la productrice Michèle Halberstadt ont décrit Nouvelle Vague, œuvre hommage à Jean-Luc Godard (1930 – 2022) lors du Festival Nouvelle Vague de Biarritz.
Le titre, qui évoque un renouveau du cinéma français dans les années 60, nous replonge dans l’origine de ce mouvement et des coulisses du tournage du premier long-métrage de Godard, À bout de souffle en 1960. Le film retraçait la cavale de Michel Poiccard (Jean-Paul Belmondo) et sa liaison avec Patricia Franchini, une jeune étudiante américaine (Jean Seberg).
D’après Variety, le film de 2025 dépeint un jeune Godard interprété par Guillaume Marbeck, d’abord en critique aux Cahiers du Cinéma, puis comme réalisateur.
De nombreux sujets vont y être montrés à l’écran : sa relation avec son producteur Georges de Beauregard, qui a failli mettre fin à sa carrière, son amitié avec d’autres cinéastes de cette Nouvelle Vague comme François Truffaut et Jean-Pierre Melville, mais aussi son rapport particulier avec la star hollywoodienne de l’époque Jean Seberg et son aisance à diriger le jeune Belmondo.
Lors du Festival de Biarritz, Linklater déclare que “ce film nous offre l’occasion de replonger dans le passé et de repenser au cinéma comme à une capsule temporelle. On y plonge tous et on retourne en 1959. On y retrouve non seulement Godard, mais toute la Nouvelle Vague, les Cahiers du Cinéma, et on les côtoie au moment même où Jean-Luc tente de réaliser son premier film”.
Pour replonger dans cette époque, Linklater souhaitait que sa mise en scène évite les anachronismes et s’est donc plié à de nombreuses restrictions pour coller au mieux à la réalité. “C’est très simple, en fait. », explique-t-il. « J’ai dû effacer l’histoire du cinéma après le début des années 60 et ne plus penser aux prises de vue avec grue, ni au Steadicam, ni à la caméra travelling”.
L’autre difficulté pour le réalisateur de Boyhood (2014) a été de tourner le film entièrement en langue étrangère. En effet, ayant deux scénarios différents, un en anglais, l’autre en français, il a opté pour la langue de Molière.
“Nous avions un scénario anglais et un scénario français, et nous avons immédiatement opté pour le scénario français, car je pensais faire un film sous-titré en anglais. Parce que c’est ça, pour moi, la Nouvelle Vague, c’est la belle langue. Pour moi, le cinéma, c’est la langue française, mais avec des sous-titres anglais. J’adore la version sous-titrée”.
Le réalisateur a donc dû s’adapter à un casting francophone avec lequel il observait beaucoup les comportements et veillait à leur confort avec l’aide de Michèle Halberstadt, productrice sur le film et qui a également travaillé sur l’adaptation du scénario.
Nouvelle Vague permet également de lancer de nouveaux acteurs. En plus de Guillaume Marbeck en Godard, Aubry Dullin a aussi droit à un premier rôle dans un long-métrage (et pas n’importe lequel), celui de la légende Jean-Paul Belmondo. Nous retrouvons également Jean Seberg interprété par Zoey Deutch (Juré n°2).
Nouvelle Vague sortira en France le 8 octobre 2025 après son passage à Cannes qui a été sélectionné en compétition officielle.
Florian Rouaud

