L’actrice canadienne s’est éteinte à son domicile de Los Angeles. Connue pour ses rôles emblématiques au cinéma et à la télévision, sa carrière s’étale sur plus de quatre décennies, marquée par une forte présence dans la comédie nord-américaine.
Catherine O’Hara nous a quittés le 30 janvier 2026, à la suite d’une maladie récemment diagnostiquée, après s’être tenue à l’écart de la vie publique ces dernières semaines. Son entourage avait confirmé un problème de santé sans en préciser la nature. L’annonce de son décès a rapidement provoqué une vague de réactions dans le monde du cinéma et de la télévision, saluant une actrice reconnue pour sa rigueur, sa longévité et son influence sur la comédie contemporaine.
Née le 4 mars 1954 à Toronto, Catherine O’Hara débute sa carrière au sein de la troupe de la Second City, vivier majeur de la comédie d’improvisation canadienne et américaine. Elle se fait connaître à la télévision grâce à Second City Television (SCTV), émission satirique diffusée à partir de la fin des années 1970. O’Hara s’y démarque par son style, fondé sur l’exagération contrôlée, la transformation physique et un sens aigu du rythme comique. Cette période marque le début de collaborations durables, notamment avec Eugene Levy.
Dans les années 1980, elle amorce une carrière au cinéma en parallèle de son travail télévisuel. Elle apparaît dans plusieurs comédies avant d’être remarquée dans Beetlejuice (1988) de Tim Burton, où elle interprète Delia Deetz. Le film devient culte et contribue à ancrer O’Hara dans un registre de comédie visuelle et décalée. Deux ans plus tard, elle atteint une reconnaissance internationale avec Maman, j’ai raté l’avion ! (1990), dans lequel elle joue Kate McCallister. Le succès mondial du film et de sa suite fait d’elle une figure familière du cinéma des années 1990.
Catherine O’Hara ne cherchera pourtant pas à capitaliser uniquement sur ce registre. Elle alterne alors projets grand public et films plus discrets tels que Le Journal (1994) de Ron Howard, avec Michael Keaton et Robert Duvall, Les Légendes de l’Ouest (1995) de Jeremiah Chechik avec Patrick Swayze, ou A Mighty Wind (2003) de Christopher Guest et co-écrit par Eugene Levy.
Elle poursuit également une activité régulière à la télévision et dans le doublage, comme dans L’Étrange Noël de monsieur Jack (1993) de Tim Burton ou Un Monstre à Paris (2011) de Bibo Bergeron.
C’est à partir de 2015 que sa carrière connaît un nouveau tournant avec la série Schitt’s Creek. Elle y incarne Moira Rose, ancienne star de soap opera contrainte de s’installer dans une petite ville après la faillite de sa famille. Le rôle lui vaut une reconnaissance critique unanime et plusieurs récompenses majeures, dont un Golden Globe de la Meilleure actrice dans une série musicale ou comique. La série est un succès international, et Moira Rose devient l’un des personnages les plus identifiés de la télévision des années 2010.
Dans ses dernières années, Catherine O’Hara continue de travailler régulièrement, apparaissant dans des séries, des films et des projets variés, tout en restant sélective. Elle n’a jamais annoncé de retrait officiel, mais avait ralenti son rythme de tournage à partir de 2024. Elle apparaît pour la dernière fois au cinéma en 2024 dans Beetlejuice Beetlejuice, suite du film qui l’aura révélée au grand public près de quarante ans plus tôt.
Mariée depuis 1992 au réalisateur et chef décorateur Bo Welch, elle était mère de deux fils. Catherine O’Hara laisse une filmographie qui l’aura érigée comme une figure centrale de la comédie nord-américaine, et restera reconnue autant pour sa contribution artistique que pour sa capacité à évoluer avec les formats et les époques.
Norane Chiali
