Synopsis : Shelly est meneuse de revue au sein d’un cabaret de Las Vegas depuis 30 ans. Lorsque son spectacle est brusquement interrompu, elle s’interroge sur la suite à donner à sa carrière.
♥♥♥♥♥
Chez les Coppola, le cinéma est une affaire de famille. De Francis Ford Coppola à sa fille Sofia, en passant par son fils Roman et son neveu Nicolas Cage, chaque membre a pu se frayer sa voie dans l’industrie. Gia Coppola, la petite dernière, compte maintenant poursuivre cet héritage avec un regard bien à elle. Après Palo Alto (2013), qui explorait le mal-être adolescent, et Mainstream (2020), une satire du monde numérique, elle offre aujourd’hui son nouveau long-métrage, The Last Showgirl. Coppola se sert du monde du cabaret comme d’un miroir pour explorer le thème de l’obsolescence des femmes qui ne répondent plus aux critères de beauté et de glamour préétablis. Avec Pamela Anderson en tête d’affiche, The Last Showgirl se veut un hommage aux figures féminines reléguées à l’ombre. Malgré de bonnes intentions et des idées intéressantes, le film peine pourtant à atteindre son plein potentiel, probablement en raison de ses contraintes de budget et de temps de tournage. Dès les premières scènes s’installe une atmosphère séduisante, baignée d’un filtre rétro qui rappelle un Las Vegas clinquant, d’un autre temps. L’ambiance qui s’en découle est douce, et traduit une volonté de redonner de la lumière à une époque révolue, mais aussi à l’actrice principale. Pamela Anderson incarne une danseuse de cabaret sur le déclin, poussée vers la sortie au profit de recrues plus jeunes, plus belles. Si le propos du film est pertinent, il manque toutefois de subtilité dans son exécution. L’industrie du divertissement est cruelle avec ses figures féminines considérées comme vieillissantes, un sujet déjà abordé avec force dans d’autres œuvres récentes, comme The Substance de Coralie Fargeat. Alors que ce dernier s’est livré à un exercice de style pour proposer une critique originale, The Last Showgirl adopte une approche plus classique et appuyée.
Il aurait gagné à se démarquer vraiment dans le développement de ses personnages. La scénariste Kate Gersten a su créer des figures attachantes et singulières, mais manquant hélas de profondeur. Plusieurs sous-intrigues sont esquissées, mais jamais vraiment abouties, certaines ayant mérité davantage d’attention que d’autres. Le potentiel de l’œuvre est palpable sans qu’il ne parvienne à être pleinement exploité.
Malgré ses défauts, The Last Showgirl touche toutefois par sa sincérité. Le portrait qu’il dresse de son héroïne est particulièrement émouvant, surtout porté par la performance de Pamela Anderson, nommée aux Golden Globes et aux Screen Actors Guild Awards. Connue pour son rôle iconique dans Alerte à Malibu, et ses apparitions médiatiques, l’actrice ne s’est jamais vraiment vue offert l’occasion de prouver l’étendue de son talent d’actrice dramatique. Ici, elle se dévoile avec une fragilité et une justesse surprenantes. Bien que ce type de rôle soit tout inhabituel pour elle, et cela se ressent quelque peu, elle s’y investit pleinement. En ce sens, ce film s’inscrit dans la même lignée que The Substance, qui mettait Demi Moore au centre du récit pour lui redonner une place de choix dans la réalité d’Hollywood.
En fin de compte, The Last Showgirl ne restera sans doute pas dans les mémoires comme un grand film, mais il a le mérite d’essayer. Il témoigne d’une envie sincère de raconter une histoire, de rendre hommage à une actrice sous-estimée et moquée, et de questionner les standards impitoyables du show-business. C’est une œuvre qui reste une tentative intéressante, et permet à Pamela Anderson de briller à nouveau, ne serait-ce qu’un court moment.
Norane Chiali
- THE LAST SHOWGIRL
- Sortie salles : 12 mars 2025
- Réalisation : Gia Coppola
- Avec : Pamela Anderson, Dave Bautista, Jamie Lee Curtis, Billie Lourd, Jason Schwartzman, Kiernan Shipka, Brenda Strong, John Clofine, Patrick Hilgart…
- Scénario : Kate Gersten
- Production : Robert Schwartzman, Natalie Farrey et Gia Coppola
- Photographie : Autumn Durald Arkapaw
- Montage : Blair McClendon et Cam McLauchlin
- Décors : Natalie Ziering
- Costumes : Jacqueline Getty
- Musique : Andrew Wyatt
- Distribution : Sony Pictures
- Durée : 1 h 28

