En marge de la Sélection officielle, la 58ème édition de la section parallèle la plus indépendante et non-compétitive du festival prendra ses quartiers à Cannes, du 13 au 23 mai. 19 metteurs en scène, dont 6 primo-réalisateurs, y jouiront des faveurs de leurs pairs.
Espace privilégié destiné à la révélation de talents encore inconnus issus de tous les continents, comme aux œuvres audacieuses de cinéastes plus confirmés, la Quinzaine vise, comme de coutume, à la découverte des écritures les plus radicales du cinéma contemporain.
Ambassadeur du cinéma queer à la française, Alain Guiraudie, Prix de la Mise en scène 2013 de la section Un certain regard pour L’Inconnu du Lac, prête un cliché fantasmagorique exposé à la galerie parisienne Crèvecoeur à l’affiche de cette Quinzaine.
Lors de la cérémonie d’ouverture, le Carrosse d’Or célébrera la liberté et l’acuité du regard sans cesse réinventé de la cinéaste Claire Denis. Le Prix Alpine récompensera quant à lui la créativité de la réalisatrice Alice Winocour à l’occasion de la clôture de la Quinzaine.
Plusieurs adaptations libres et délocalisées d’œuvres classiques étonnent. Le cinéaste roumain Radu Jude s’approprie Le Journal d’une femme de chambre d’Octave Mirbeau. July Jung transpose le cas freudien de l’hystérique Dora sur une île sud-coréenne. Enfin, les frères Esiri revisitent Mrs. Dalloway de Virginia Woolf dans une version nigériane et contemporaine intitulée Clarissa.
Fait rare, l’animation et le documentaire seront amplement représentés, à hauteur de 3 entrées chacun.
Sébastien Laudenbach, co-réalisateur du merveilleux César du Meilleur film d’animation 2024 Linda veut du poulet !, revient avec Carmen, l’oiseau rebelle, adaptation animée du célèbre opéra de Bizet. We Are Aliens, premier film du Japonais Kohei Kadowaki, ausculte trente années d’une amitié fusionnelle rendue toxique par un accident. Mais c’est surtout l’insaisissable Quentin Dupieux qui crée la surprise en dévoilant en clôture Le Vertige, intrigante animation 3D réalisée en motion capture, avec Alain Chabat, Jonathan Cohen et Anaïs Demoustier.
Côté documentaires, le premier film Gabin de Maxence Voiseux, suit une décennie de la vie d’un adolescent du monde rural, dispositif qui n’est pas sans rappeler Boyhood de Richard Linklater. Dix ans après le décès de son père William, David Greaves monte pour Once Upon a Time in Harlem ses archives des retrouvailles du mouvement Harlem Renaissance tournées dans les années 70. Mais c’est évidemment vers Merci d’être venu, ultime épisode du journal filmé d’Alain Cavalier, défricheur des premières heures de la Quinzaine, que se tourneront tous les regards.
Justine Autissier
QUINZAINE DES CINÉASTES 2026
LONGS MÉTRAGES
- Butterfly Jam de Kantemir Balagov | Film d’ouverture
- Once Upon a Time in Harlem de William et David Greaves
- Le Journal d’une femme de chambre de Radu Jude
- Dora de July Jung
- Gabin de Maxence Voiseux | 1er film
- Clarissa d’Arié et Chuko Esiri
- L’Espèce explosive de Sarah Arnold| 1er film
- Low expectations d’Eivind Landsvik | 1er film
- La Libertad doble de Lisandro Alonso
- We Are Aliens de Kohei Kadowaki | 1er film
- Merci d’être venu d’Alain Cavalier
- I See Buildings Fall Like Lightning de Clio Barnart
- Atonement de Reed Van Dyk | 1er film
- Shana de Lila Pinell
- Death Has No Master de Jorge Thielen Armand
- Carmen, l’oiseau rebelle de Sébastien Laudenbach
- 9 Temples to Heaven de Sompot Chidgasornpongse | 1er film
- La Perra de Dominga Sotomayor
- Le Vertige de Quentin Dupieux | Film de clôture
COURTS MÉTRAGES
- The Joyless Economy de Marjorie Conrad
- Oh Boys d’Antonio Donato
- Madrugada de Sebastian Lojo
- Eri de Yano Honami
- Pithead de Wannes Vanspauwen et Pol de Plecker
- Daughters of the Late Colonel d’Elizabeth Hobbs
- Nothing Happens After Your Absence d’Ibrahim Omar
- Free Eliza (Notes on an anatomical imperfection) d’Alexandra Matheou
- À la recherche de l’oiseau gris aux rayures vertes de Saïd Hamich Benlarbi
