La 56e sélection de la Quinzaine des Cinéastes se révèle avec des films indépendants, engagés et atypiques à travers le globe.
Moins d’un mois avant l’ouverture de sa 77e édition, le Festival de Cannes continue de dévoiler sa sélection officielle. Et après une compétition chargée en noms de prestige, parmi lesquels Francis Ford Coppola, Yórgos Lánthimos, Jacques Audiard ou Paolo Sorrentino, c’est à présent à la Quinzaine des Cinéastes de présenter sa sélection.
Là où la compétition officielle est parfois l’occasion de retrouver des réalisateurs reconnus et des films d’envergure, la Quinzaine propose au contraire des œuvres indépendantes, bien souvent mises en scène par des cinéastes débutants.
Cette sélection 2024 ne fera pas exception à la règle, et si plusieurs noms déjà identifiés se sont glissés dans la sélection, ce sont en majorité des metteurs en scène méconnus qui seront à découvrir sur cette partie de la croisette.
En ouverture de la Quinzaine, c’est Ma vie, ma gueule, film posthume de Sophie Fillières, qui a été choisi par les sélectionneurs. Mettant en scène Agnès Jaoui et Philippe Katerine, cette comédie dramatique sera l’occasion de rendre un dernier hommage à sa réalisatrice, décédée en 2023.
Dans un registre plus acide, la Quinzaine se clôturera sur Les Pistolets en plastique de Jean-Christophe Meurisse. Habitué des sélections cannoises, la semaine de la critique en 2016 avec Apnée ou la séance de minuit en 2021 avec Oranges Sanguines, Meurisse s’inspire cette fois de l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès sous l’angle de la comédie.
Également présent sur la croisette, Thierry de Peretti présentera son nouveau long-métrage, À son image, après la réussite d’Enquête sur un scandale d’état. L’occasion pour le réalisateur corse de revenir sur l’histoire de l’île, à travers l’histoire d’une jeune photographe.
Si le cinéma français occupe une place importante dans la sélection, la Quinzaine des cinéastes présentera également des œuvres à travers le monde. Du Japon avec Desert of Namibia au Brésil avec The Falling Sky, la sélection promet de rendre hommage à un cinéma varié.
À noter également, la présence de To a Land Unknown, film palestinien de Mahdi Fleifel , retraçant le périple de deux cousins à travers l’Europe. L’occasion d’une projection qu’on imagine déjà très engagée et riche en émotions.
Émotion qui devrait également être au rendez-vous pour East of Noon de Hala Elkoussy, film égyptien suivant un musicien en rébellion contre la société égyptienne. Un scénario d’autant plus fort que le gouvernement égyptien n’hésite pas à censurer ses auteurs contestataires.
La Quinzaine des Cinéastes a pour particularité d’être non compétitive. Les différents films présentés peuvent cependant concourir pour la caméra d’or, prix récompensant le meilleur premier film du Festival, toutes sélections confondues.
La 77e édition du Festival de Cannes se déroulera du 14 au 25 mai prochain.
Timothée Giret
SÉLECTION QUINZAINE DES CINÉASTES 2024
Les longs-métrages
- Ma vie, ma gueule, de Sophie Fillières (Film d’ouverture)
- À son image de Thierry de Peretti
- Christmas Eve in Miller’s Point de Tyler Taormina
- Desert of Namibia(« Namibia no sabaku ») de Yôko Yamanaka
- East of Noon (Sharq 12) de Hala Elkoussy
- Eat the Night de Caroline Poggi & Jonathan Vinel
- Eephus de Carson Lund
- Gazerde Ryan J. Sloan
- Ghost Cat Anzu (Bakeneko Anzu-chan/Anzu, chat-fantôme) de Yôko Kuno & Nobuhiro Yamashita
- Good One de India Donaldson
- Mongrel de Chiang Wei Liang & You Qiao Yin
- La Prisonnière de Bordeaux de Patricia Mazuy
- Savanna and the Mountain (« A savana e a montanha ») de Paulo Carneiro
- Sister Midnight de Karan Kandhari
- Something Old, Something New, Something Borrowed (« Algo viejo, algo nuevo, algo prestado ») de Hernán Rosselli
- The Falling Sky (« A queda do céu ») de Eryk Rocha et Gabriela Carneiro da Cunha
- The Hyperboreans (« Los hiperbóreos ») de Cristóbal León et Joaquín Cociña
- The Other Way Around (« Volveréis ») de Jonás Trueba
- To a Land Unknown de Mahdi Fleifel
- Une langue universelle (« Universal Language ») de Matthew Rankin
- Les Pistolets en plastiquede Jean-Christophe Meurisse (Film de clôture)
- Histoires d’Amérique : Food, Family and Philosophy de Chantal Akerman (Séance spéciale)
Les courts-métrages
- Après le soleil de Rayane Mcirdi
- Extremely short (« Totemo mijikai ») de Kōji Yamamura
- Immaculata de Kim Lêa Sakkal
- Les Météos d’Antoine de Jules Follet
- Mulberry Fields (« Một lần dang dở ») de Nguyễn Trung Nghĩa
- Our Own Shadow (« Nuestra sombra ») de Agustina Sánchez Gavier
- The Moving Garden (« O jardim em movimento ») de Inês Lima
- Very Gentle Work de Nate Lavey
- When the Land Runs Away (« Quando a terra foge ») de Frederico Lobo