La 65ème édition de la doyenne des sections parallèles du Festival de Cannes élira domicile sur la Croisette du 13 au 21 mai. Réservée aux premiers et deuxièmes films, elle accompagne, cette année encore, les premiers pas prometteurs des cinéastes de demain, et révèle une compétition 2026 très largement féminine, et riche en récits d’apprentissage.
Au travers d’une sélection de 11 longs métrages (dont 7 en compétition pour la Caméra d’Or) et 13 courts métrages (annoncés le 15 avril prochain), la jeune création et les talents émergents aux univers singuliers sont de nouveau à l’honneur de ce cru 2026.
Venues de tous horizons, ces œuvres de cinéastes en devenir ont chacune été sélectionnées pour leur aptitude à renouveler les récits et expérimenter de nouvelles grammaires cinématographiques. À l’image de Julia Ducournau, figure majeure du body horror, qui doit sa révélation à la sélection de son premier film Grave dans le cadre de la Semaine de la Critique, cinq ans avant le sacre de son œuvre viscérale Titane en compétition officielle.
Grande première dans l’Histoire de la section, c’est une animation qui ouvrira cette édition. Adaptation du roman graphique éponyme d’AJ Dungo par la Franco-vietnamienne Phuong Mai Nguyen, la passion amoureuse naissante d’In Waves, injustement fauchée par la maladie, s’annonce bouleversante.
En séances spéciales, ce sont deux premiers films français qui partageront cette même ambition de nous serrer le cœur. La Frappe de Julien Gaspar-Oliveri assistera ainsi à l’implosion d’une fratrie soudée, causée par la sortie de prison de son père (interprété par Bastien Bouillon, César 2023 du Meilleur espoir masculin pour La Nuit du 12). Du Fioul dans les artères de Pierre Le Gall nous transportera dans une romance entre chauffeurs routiers (dont l’un est incarné par Alexis Manenti, César du Meilleur espoir masculin 2020 pour Les Misérables), difficilement conciliable avec une vie nomade et solitaire passée sur la route.
Dévoilé dans les prochains jours, le jury aura la lourde tâche de départager 7 longs métrages en compétition, dont pas moins de 5 sont réalisés par des femmes, soit autant que de premiers films. Manifestement préoccupée par les traumatismes d’enfance, la sélection se révèle riche en récits initiatiques. À commencer par A Girl Unknown de la Chinoise Zou Jing, qui nous replonge en pleine politique de l’enfant unique à travers la quête identitaire d’une jeune femme abandonnée dès la naissance en raison de son sexe.
C’est le théâtre tragique de la Guerre du Kosovo que choisit quant à elle la cinéaste Blerta Basholli pour explorer les éveils intimes de sa jeune héroïne Dua. Enfin, dans Seis meses en el edificio rosa con azul, le documentariste mexicain Bruno Santamaria Razo consacre sa première incursion dans la fiction à la naissance des émois homosexuels d’un adolescent des années 90, percutée de plein fouet par la séropositivité de son père.
C’est donc en toute logique qu’Adieu monde cruel, premier film de Felix de Givry, viendra clôturer la Semaine par un dernier conte d’émancipation, celui d’un adolescent (incarné par Milo Machado Graner, révélation d’Anatomie d’une chute), qui préfère se faire passer pour mort que d’assumer la honte de sa tentative de suicide échouée.
L’actrice Marion Clavel, premier rôle de l’audacieux premier film Kika d’Alexe Poukins (Semaine de la Critique 2025), prête ses traits apaisés et confiants en l’avenir à cette édition, dont elle occupe l’affiche au premier plan.
Justine Autissier
SÉLECTION 2026
COMPETITION
- A Girl Unknown de Zou Jing | 1er film
- The Station de Sara Ishaq | 1er film
- Dua de Blerta Basholli
- Seis meses en el edificio rosa con azul de Bruno Santamaria Razo | 1er film
- La Gradiva de Marine Atlan | 1er film
- Tin Castle d’Alexander Murphy
- Viva d’Aina Clotet | 1er film
SEANCES SPECIALES
- In waves de Phuong Mai Nguyen | Film d’ouverture
- La Frappe de Julien Gaspar-Oliveri | 1er film
- Du Fioul dans les artères de Pierre Le Gall | 1er film
- Adieu Monde Cruel de Félix de Givry | Film de clôture

