La 79ème édition du Festival de Cannes déroulera son tapis rouge sur la Croisette du 12 au 23 mai prochain. Marquée par l’absence criante des studios hollywoodiens, la sélection fait la part belle aux auteurs européens, ainsi qu’aux cinémas du monde.
Trois fois primé à Cannes, le maître du cinéma de genre Park Chan-Wook succédera à Juliette Binoche à la présidence du jury de cette édition, s’imposant ainsi comme le premier cinéaste sud-coréen à recevoir cet honneur.
L’actrice franco-malienne Eye Haïdara officiera quant à elle en tant que Maîtresse des cérémonies d’ouverture et de clôture, précédemment orchestrées par Laurent Lafitte.
Un quart de siècle après la projection cannoise des premières images de sa saga phénomène Le Seigneur des Anneaux, le réalisateur néo-zélandais visionnaire Peter Jackson recevra, lors de la cérémonie d’ouverture, une Palme d’honneur au titre de l’ensemble de son œuvre.
La cérémonie de clôture verra la même distinction couronner la carrière monumentale de l’icône planétaire Barbra Streisand. L’occasion pour la diva de fouler le tapis rouge cannois pour la toute première fois en l’espace de soixante ans.
À la veille de sa sortie salle, c’est à l’ambitieuse fable d’époque La Vénus électrique de Pierre Salvadori qu’il incombera d’ouvrir le festival, inauguré l’an passé par Partir un jour d’Amélie Bonnin. Il s’agit de la sixième production française consécutive à assumer cette tâche périlleuse bien que prestigieuse, boudée des grosses machines hollywoodiennes.
Hors compétition, certains blockbusters hollywoodiens parmi les plus attendus brillent par leur absence. À commencer par L’Odyssée de Christopher Nolan, dont la post-production reste à achever ; mais aussi Digger d’Alejandro Gonzàlez Inàrritu, qui se réserve selon toute vraisemblance pour la prochaine Mostra de Venise ; ou encore Disclosure Day de Stephen Spielberg, susceptible de se dispenser de toute présentation festivalière.
Sans surprise, certains grands habitués du festival conservent leurs ronds de serviette en compétition. À l’instar du metteur en scène roumain Cristian Mungiu (Palme d’Or 2007 pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours), du Japonais Hirokazu Kore-Eda (Palme d’Or 2018 pour Une Affaire de famille), de l’Iranien Asghar Farhadi (Grand Prix 2021 pour Un Héros), ou encore de l’Espagnol Pedro Almodovar, jamais palmé malgré six sélections.
Le complément de sélection – attendu, comme à l’accoutumé, dans les prochaines semaines – pourrait remédier à l’absence notable de Paper Tiger de James Gray.
De nouveaux entrants viennent toutefois compléter la compétition pour moitié, parmi lesquels la totalité des cinq metteurs en scène hexagonaux (Léa Mysius, Emmanuel Marre, Jeanne Herry, Arthur Harari et Charline Bourgeois-Tacquet), et des cinq réalisatrices de cette compétition.
En ces temps troublés, le cru 2026 se retourne sur les heures les plus sombres de l’Histoire. Coward du metteur en scène belge Lukas Dhont (Grand Prix du Jury 2022 pour Close) ancre ainsi son récit dans les spectacles de tranchées de la première guerre mondiale. Tandis que Notre salut d’Emmanuel Marre explore la dérive d’un écrivain dans la France de Vichy. Devant la caméra de Laszlo Nemes (Grand Prix 2015 pour Le Fils de Saul), Gilles Lellouche incarne Jean Moulin dans le biopic du héros de la Résistance. Enfin, 1949 du Polonais Pawel Pawlikowski (Prix de la mise en scène 2018 pour Cold War) nous embarque dans un road trip aux côtés de l’écrivain allemand Thomas Mann à travers les ruines de l’Allemagne à l’aube de la Guerre froide.
Hors compétition, La Bataille de Gaulle, diptyque d’Antonin Baudry consacré au Général, sous les traits de Simon Abkarian, n’est pas en reste. Pas plus que la La Troisième nuit de Daniel Auteuil et son intrigue au cœur d’une rafle de juifs à l’août 1942.
Plus contemporaine, la section Un certain regard semble davantage animée par la complexité des liens familiaux. Qu’il s’agisse de retrouver les traces d’un père absent, dans Quelques mots d’amour de Rudi Rosenberg ; d’apprivoiser une paternité imposée, dans Club Kid, premier film de Jordan Fistman ; de sauver une soeur en crise, dans A jamais ton animal maternel de Valentina Maurel; ou bien de recueillir l’ex-petit-ami d’une enfant dont il est suspecté d’avoir causé la mort, dans Everytime de Sandra Wollner.
Enfin, le portrait documentaire est à l’honneur en séances spéciales. Steven Soderbergh (Palme d’Or 1989 pour Sexe, mensonges et vidéo) y révélera les arcanes de l’ultime interview de John Lennon, tandis que David Tryhorn et Ben Nicholas retraceront la carrière d’Eric Cantona, et Ron Howard rendra hommage au photographe américain Richard Avedon.
Les sections parallèles révéleront leurs sélections lundi 13 avril pour la Semaine de la critique, et mardi 14 avril pour la Quinzaine des cinéastes et l’Acid.
Justine Autissier
SÉLECTION OFFICIELLE
COMPETITION
- Minotaur d’Andreï Zviaguintsev
- El ser querido de Rodrigo Sorogoyen
- The Man I Love d’Ira Sachs
- 1949 de Pawel Pawlikowski
- Moulin de Làszlo Nemes
- Histoires de la nuit de Léa Mysius
- Fyord de Cristian Mungiu
- Notre salut d’Emmanuel Marre
- Gentle Monster de Marie Kreutzer
- Quelques jours à Nagi de Koji Fukada
- Hope de Na Hong-jin
- Sheep in the Box de Hirokazu Kore-eda
- Garance de Jeanne Herry
- L’Inconnue d’Arthur Harari
- Soudain de Rysuke Hamaguchi
- L’Aventure rêvée de Valeska Grisebach
- Coward de Luka Dhont
- La Bola negra de Javier Calvo et Javier Ambrossi
- La Vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet
- Histoires parallèles d’Asghar Farhadi
- Noël amer de Pedro Almodovar
UN CERTAIN REGARD
- Teenage Sex and Death at Camp Miasma de Jane Schoenbrun | Film d’ouverture
- De toutes les nuits, les amants de Yukiko Sode
- Everytime de Sandra Wollner
- Quelques mots d’amour de Rudi Rosenberg
- I’ll be gone in June de Katharina Rivilis | 1er film
- Yesterday, the eye didn’t sleep de Rakan Mayasi
- A jamais ton animal maternel de Valentina Maurel
- El Deshielo de Manuela Martelli
- La mas dulce de Laïla Marrakchi
- Ula de Viesturs Kairiss
- Club Kid de Jordan Firstman | 1er film
- Congo Boy de Rafika Fariala
- Ben’imana de Marie-Clémentine Dusabejambo | 1er film
- Le Corsetde Louis Clichy
- Les Elephants dans la brume d’Abinash Birkam Shah | 1er film
HORS COMPETITION
- La Vénus électrique de Pierre Salvadori | Film d’ouverture
- Her Private Hell de Nicolas Winding Refn
- L’Abandon de Vincent Garenq
- Diamond d’Andy Garcia | 1er film
- Karma de Guillaume Canet
- L’Objet du déli d’Agnès Jaoui
- La Bataille de Gaulle : L’âge de fer d’Antonin Baudry
SEANCES DE MINUIT
- Colony de Yeon Sang-ho
- Roma elastica de Bertrand Mandico
- Sanguine de Marion Le Corroller | 1er film
- Full Phil de Quentin Dupieux
- Jim Queen de Marco Nguyen et Nicolas Athane | 1er film
CANNES PREMIERES
- Vol de Nuit pour Los Angeles de John Travolta | 1er film
- Le Bois de Klara de Volker Schlöndorff
- Le Chateau d’Atioka de Kiyoshi Kurosawa
- The Game de Juan Cabral et Santiago Franco
- La Troisième nuit de Daniel Auteuil
SEANCES SPECIALES
- John Lennon: The Last Interview de Steven Soderbergh
- Les Matins merveilleux d’Avril Besson | 1er film
- Avedon de Ron Howard
- Rehearsals for a Revolution de Pegah Ahangarani | 1er film
- Les Survivants du Che de Christophe Dimitri Réveille | 1er film
- L’Affaire Marie-Claire de Lauriane Escaffre et Yvo Muller
- Cantona de David Tryhorn et Ben Nicholas
