Réalisé par le Russe Andreï Zviaguintsev et financé par des producteurs français, ce long-métrage engagé ancré dans la Russie contemporaine vise à maximiser les chances du pays dans la catégorie du meilleur film international.
La course à la 99e édition des Oscars est lancée. Pour tenter de représenter la France dans la catégorie du meilleur film international, le Centre national du cinéma (CNC) a choisi Minotaure, réalisé par le cinéaste russe Andreï Zviaguintsev et produit par des sociétés françaises. Une décision annoncée ce 16 septembre par le CNC sur son site internet, au terme d’un processus de sélection indépendant.
Minotaure a ainsi su s’imposer face à une concurrence tricolore particulièrement solide : Le Corset de Louis Clichy, La Gradiva de Marine Atlan, L’Inconnue d’Arthur Harari et La Bataille de Gaulle : L’Âge de Fer / La Bataille de Gaulle: J’écris ton nom d’Antonin Baudry. Ce diptyque s’est notamment distingué dans les salles françaises, où le biopic a rencontré un important succès auprès du public.
Une deuxième nomination aux Oscars est donc possible pour le réalisateur, qui avait déjà été nommé en 2018 dans cette même catégorie pour Faute d’amour. Mais la sélection française ne garantit pas encore une place à Minotaure parmi les films en lice pour la statuette. Il faudra attendre janvier pour savoir si le long-métrage poursuivra son parcours jusqu’à la cérémonie, qui se tiendra le 14 mars 2027 à Los Angeles.
Prévu pour sortir en France le 14 octobre, Minotaure raconte l’histoire de Gleb, un chef d’entreprise qui a réussi à construire une vie confortable, jusqu’au jour où ses difficultés professionnelles commencent à s’accumuler. Dans une Russie marquée par la guerre en Ukraine et une instabilité grandissante, ses certitudes et son quotidien se retrouvent peu à peu bouleversés. À travers la chute de cet homme confronté à la violence, Andreï Zviaguintsev dresse le portrait d’une société russe qui se fragilise. Le drame familial devient alors le reflet d’un monde dans lequel tout ce qui semblait solide peut soudainement s’effondrer.
Le choix de Minotaure est particulièrement ambitieux puisque, si le film est porté par une production française, il est réalisé par un cinéaste russe et ne s’inscrit pas dans le cinéma francophone. Pour le CNC, cette dimension internationale constitue toutefois un atout. « Dans une compétition qui s’annonce de haute volée, ce choix rappelle à la fois le rôle unique de la France dans les grandes coproductions mondiales, l’engagement de notre pays aux côtés des cinéastes les plus engagés de notre époque, et maximise nos chances de remporter l’Oscar du meilleur film international », a déclaré Gaëtan Bruel, président du CNC.
Ce choix s’inscrit également dans une tendance récente de la sélection française. L’an dernier, la France avait notamment choisi Un simple accident de Jafar Panahi, un long-métrage lui aussi tourné dans une langue étrangère au français. Une orientation qui témoigne de la volonté de mettre en avant des œuvres à portée internationale et aux thématiques politiques fortes.
Le film d’Andreï Zviaguintsev a déjà réussi à s’imposer dans plusieurs festivals internationaux, notamment à Cannes, où il a remporté le Grand Prix. Reste désormais à savoir si cette sélection française permettra au film d’aller jusqu’à la cérémonie des Oscars et, pourquoi pas, d’ajouter la célèbre statuette dorée à son palmarès.
Emma Pauchont
